
Offrande à l’Église ou don à un proche dans le besoin ? La réponse d’un pasteur
Faut-il verser son offrande à l’Église ou peut-on la donner pour aider directement quelqu’un dans le besoin ? Un pasteur répond : il n’y a pas d’obligation, mais un appel à la liberté, à la sincérité du cœur et au discernement de chacun.
Question posée :
Bonjour Pasteur, j’ai une question. Est-ce que l’offrande doit toujours être versée à l’Église ? Est-ce qu’elle ne peut être donnée ailleurs pour faire du bien aux autres ?
Réponse d’un pasteur :
Bonjour,
Pour commencer, il n’y a pas et il ne doit pas y avoir d’offrande obligatoire, à mon avis. En effet, Jésus nous indique que c’est vraiment une question qui doit rester intime entre Dieu et nous (Matthieu 6:3-4), comme la prière. Ce sont certaines églises, ou plutôt certains chefs d’église cupides, qui ont inventé cette histoire de dîme obligatoire.
Votre exemple est excellent, il est d’ailleurs abordé par Jésus. Si nos parents étaient dans le besoin, c’est plus prioritaire que de donner pour que l’église puisse exister (Marc 7:11-13).
Le don, doublement utile
Donc, l’essentiel est de vivre quelque chose qui est de l’ordre du don.
C’est doublement utile :
- pour la cause que l’on aide ainsi,
- et pour soi-même, car le don nous apprend à mettre le spirituel comme gouvernant le matériel dans notre être, ce qui est un bon exercice.
Pour que cela marche en ce qui concerne le premier objectif, cela demande d’avoir une bonne lucidité, cela demande d’observer le monde, cela demande de prier et de réfléchir sans avoir d’a priori, sans être dans la bête obéissance mais dans la liberté du chrétien, avec l’esprit prophétique qui est donné à chaque personne.
Pour que cela marche en ce qui concerne le second objectif, cela demande de la sincérité, et donc de l’intériorité, du secret. Jésus insiste là-dessus : notre don ne regarde personne, pas même notre autre main ! Encore moins l’église et ses « autorités », mais notre conscience et Dieu. C’est pourquoi l’idée même d’un don obligatoire fixé par l’église est nocive : cela casse cet élan qui doit venir de nous-mêmes, à la fois cette bonne volonté et cette crise de conscience qui nous dit que nous devrions garder cet argent pour nous. Et dans cette liberté que nous avons de décider, c’est précisément notre conscience, notre foi, notre intelligence qui apprennent à fonctionner ensemble pour faire au mieux. Pour apprendre à faire un compromis, puisque notre foi nous dit de donner 100 % de ce que nous avons, ce qui n’est évidemment pas possible puisque même en ce qui concerne l’air que je respire, je ne peux le donner entièrement sans mourir, ce qui n’est pas la volonté de Dieu. Toute personne doit donc apprendre à la fois à garder pour soi et à donner. C’est précisément ce tragique assumé devant Dieu qu’il est intéressant d’expérimenter avec cœur et intelligence, en confiance dans l’amour de Dieu, bien sûr.
Église, prochain ou soi-même : trois priorités à équilibrer
Alors, faut-il donner à l’église ou pour faire du bien aux autres ? C’est précisément là qu’est la question à se poser, chacun pour soi-même, en fonction des circonstances.
- En même temps, il faut soutenir l’église, car elle aide bien à annoncer l’Évangile dans le monde, et c’est une mission particulièrement prioritaire dans notre monde aujourd’hui, si individualiste et matérialiste.
- En même temps, nous ne pouvons pas laisser notre prochain mourir de faim, de soif, de solitude, d’angoisse pour son avenir.
- En même temps, il nous faut aussi penser à nous-mêmes, pour être en forme demain, et continuer aussi à vivre l’Évangile comme nous le pourrons. Si nous tombons malades, si nous nous privons au point d’être tristes et grognons, cela n’aidera personne. Et ce n’est pas non plus ce que Dieu espère.
Car c’est cela, et cela seul, que nous dit Jésus, pour nous aider à avancer d’une belle façon : écouter Dieu et l’aimer, aimer notre prochain comme nous-mêmes (Marc 12:30-31). Et il ajoute d’aimer et d’écouter Dieu avec intelligence. C’est, je pense, à méditer chaque jour. Et se sentir libre, responsable, et pardonné. À mille lieues de toute culpabilisation, de devoir imposé, de pourcentage. Juste par le cœur.
Bravo pour ce bel élan de foi, d’intelligence, de cœur et de liberté.
Dieu vous bénit et vous accompagne.
À lire aussi : Sur le sens théologique et spirituel de l’Argent, voir cet article dédié dans notre Petit Dictionnaire de Théologie.
En écho à ce texte :
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