Peut-on se prétendre chrétien et refuser son aide aux nécessiteux ?

Par : pasteur Marc Pernot

Une mendiante dans la rue (illustration) - by Geir Halvorsen 
 https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/ http://www.flickr.com/photos/91731765@N00/485155522

Question d’un visiteur :

Cher Pasteur,

Ce matin, j’ai encore croisé un mendiant et j’ai encore évité de donner. Cela m’arrive de donner. Pas tout le temps.
Je crois cependant vivre selon les valeurs de compassion, de respect, d’amour, qui m’ont été données par mon éducation…

J’arrive quelques fois à justifier mes refus par des raisonnements qui m’arrangent (donner ce n’est pas les aider, j’ai déjà donné aujourd’hui, on ne peut pas aider tout le monde…). Mais n’étant pas dupe de ma diversion, la question que je me pose demeure : en tant que chrétien, n’avons nous pas le devoir d’aider ceux qui sont dans le besoin ? Donner une pièce au mendiant posté à la sortie du culte, à celui qui use sa voix dans le métro, pendant que je grignote ma barre chocolatée préférée, achetée avec gourmandise au distributeur automatique.

J’ai parfois le sentiment de trahir lorsque je suis dans l’hypocrisie (?) du « désolé, pas de monnaie » alors que je pourrais très bien donner, ou lorsque je me fais juge de qui mérite ou non mon don, qui a l’air le plus misérable, le plus digne…

Bref, peut-on se prétendre chrétien et parallèlement refuser son aide aux nécessiteux ?

D’aucuns diraient qu’on ne peut aider tout le monde…mais peut être que cela n’est qu’une excuse? Que si je donne à tous ceux qui me sollicitent, ne serait-ce que 10 centimes, ce serait toujours mieux que rien ? Car on ne croise pas tant de nécessiteux en vérité. Peut être une dizaine, une vingtaine par mois. À 20 centimes, cela représente pas plus de 4 euros, mais une aide, une reconnaissance, une petite main tendue à 20 personnes. Et si tout le monde en faisait de même, peut être limiterions nous l’impact de la pauvreté…bref.
Qu’en pensez-vous ?
Bien à vous.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour monsieur

Bravo pour ces préoccupations pleines de cœur et d’intelligence. Préoccupations essentielles, à vrai dire.

Quand Jésus nous dit d’aimer notre prochain comme nous mêmes, c’est à la fois responsabilisant et c’est en même temps très déculpabilisant. Car nous avons à peu près à ce jour 7 466 964 777 prochains (population mondiale le 1er mai 2017), auxquels il faudrait ajouter les personnes des générations futures, et peut-être aussi les êtres vivants d’un autre ordre que nous. Comme vous dites ce n’est pas possible de nous mettre au service de toute cette petite famille. D’autant plus que nous avons en plus, selon Jésus, nous-même à aider et servir (dans « aime ton prochain comme toi-même », il y a aussi « aime toi-même », car nous le valons bien, et que sinon nous n’aurons plus rien à apporter à personne et le monde ne sera pas plus avancé).

Par conséquent, il faut discerner notre propre vocation parmi tous ces possibles. C’est là que l’aide de Dieu mais encore notre intelligence sont bien utiles. C’est ce que Jésus nous donne comme clef avant même de nous dire d’aimer notre prochain comme nous-même. Au traditionnel « Aime Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force » (ça aussi, nous ne risquons pas d’y arriver parfaitement, mais c’est une orientation), Jésus ajoute d’y mettre aussi notre intelligence (cet impératif est ajouté par Jésus, il n’était pas dans l’original qu’il cite).

Donc oui, cela demande du discernement, de la prière et de l’observation de celles et ceux qui nous entourent, cela demande de la réflexion, une entrée au plus profond de soi même, une analyse de nos dons et faiblesses, notre force et de ce qui nous motive le plus… y mettre de l’intelligence et de l’esprit de décision. Puis un effort de fidélité à ce que nous aurons décidé, et une souplesse et une audace pour le réviser, une humilité pour sentir ses limites et pour chercher à faire équipe pour les repousser ensemble…

Cela demande de chercher le juste dosage entre don de soi et soin de soi (qui veut aller loin ménage sa monture, pour vraiment aider il vaut mieux le faire joyeusement que trop épuisé).

Dieu a sans doute des choses à nous insuffler comme idées sur la question, mais en large partie, il est plutôt du genre à ouvrir l’éventail de nos choix possibles, nous laisser libre de choisir, et de nous accompagner après.

Cela demande de compter sur l’aide de Dieu afin de tenir bon sur ce que l’on a décidé, de nous concentrer sur la ou les personnes qui nous sont confiées pour que nous essayons de les aider. Et de nous aider à changer, au contraire, s’il le fallait.

Dieu enfin, nous aide à nous pardonner à nous-mêmes de n’avoir pu faire que ce que nous avons pu faire. Ce n’est pas un pardon à bon compte, mais un pardon réel, une paix qui seule peut venir de Dieu. Oui nous ne sommes pas Jésus-Christ, et même lui savait renvoyer tout le monde pour prendre du temps pour lui, temps de repos, de prière, temps pour lui-même, aussi.

Avec mes amitiés fraternelles

pasteur Marc Pernot

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2 réponses

  1. DJOUECHE dit :

    Qui suis-je ?

    Je m’appelle Florentine je suis Chrétienne ça fait aujourd’hui 21 ans sur mes 36 ans d’âge. j’ai reçu le Baptême par immersion et j’ai toujours marché sous les principes Chrétienne vivant du mieux que je pouvais avec l’aide du Seigneur une vie de sanctification car Dieu a toujours été mon TOUT.

    Je suis issus d’une grande famille Bénie de Dieu . j’ai fait des études et j’ai pu être diplômé par la grâce de Dieu.

    Je suis gracier d’une parfaite santé physique, et d’un coeur plein d’amour .

    Mais je souffre. Ma vie n’est que douleur et tristesse .ma vie est plainte et regret . rejet et mépris. Je vie l’enfer sur terre lié par une angoisse grandissante ,une dépression paralysante . mes jours sont douleur et mes nuits pleure. Je n’arrive plus à rien.

    Oui j’ai 36 ans et je suis perdue dans une incapacité lié par la peur de l’échec.
    Je suis issue d’une grande et belle famille mais je suis seul .
    Celle qui a son âge reçois encore des coups de poid et des coups d’un géniteur qui a juré me détruire la vie et m’ anéantir selon ces mots exacte si je ne quitte pas ça maison . physiquement comme spirituellement détruite .

    Oui, j’ai une grande famille mais je suis seul on me répète la vie c’est une place chacun doit se battre pour réussir « aide toi et le ciel t’aidera » mais moi comment m’aide ?

    Rien ne me réussir ,tous me déteste et me rejette. Même trouver un travail je n’y arrive et je ne cherche même plus de peur de pas trouver . toute les portes sont fermes .

    Oui une prière pour moi sera bien mais après que ferais-je . je désire vivre au lieu juste d’exister , je veux être vivante pas juste figurante . je désire quitte mon pays . avoir une nouvelle vie . être heureuse et me trouver c’est ce que je veux. Même si je dois servir toute ma vie dans une église et pour la cause du faible ,du rejeté et du délaisser j’en serai si heureuse. Je ne rêve pas d’avoir des millions où des bien matériel , je ne rêve pas d’une réussite matériel où d’une aisance financière car je connais vivre comme la colombe du ciel. je rêve juste trouvé le bonheur et le communiqué aux autres.

    Je ne suis pas parfaite mais moi aussi j’ai besoin qu’on m’aide je désir même plus qu’on m’aime car j’ai appris qu’on peu vivre sans amour et qu’on peu aider sans aimé .

    C’est moi là .j’ai été très brève pour ne pas être longue pour ne pas pleurer. Car depuis le matin que le papa m’a encore répété que j’ai intérêt pour mon bien de quitter sa maison je n’ai que mes yeux pour laisser coulée mes larmes et mon seul ami mon téléphone pour écrire et partager avec toi dans le virtuelle car au réel je suis seul .

    je veux pas qu’on ait pitié de moi car je ne mérite pas qu’on ait pitié de moi car moi aussi Dieu m’aime j’en suis certaine .

    Je veux juste partir de cette maison avoir du travail aller le plus loin possible pour disparaître de leur vie . Je veux qu’on m’aider a partir j’ai asse d’être insulté, frappé menacé, je n’en peut plus …
    Je n’en peu vraiment plus j’y arrivée pas ,j’y arrive vraiment pas.

    • Marc Pernot dit :

      Votre message si sincère et vrai est un vrai stimulant pour nous tous. Afin de penser les uns aux autres.
      Nous prierons pour vous, penserons à vous.
      Avec ce bon cœur, peut-être effectivement pourriez vous porter votre candidature auprès de toutes les associations humanitaires, associations d’entraide de votre région, et espérer un poste même très simple pour commencer ? L’idéal serait que vous soyez logée sur place afin d’être protégée et de vous extraire rapidement de ce milieu toxique.
      Il me semble que le fait d’avoir vécu cela, et d’avoir connu la détresse, au lieu de vous briser peut vous aider à comprendre les personnes en détresses et les victimes.
      Dieu vous bénit et vous accompagne

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