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Bible

Doit-on donner la dîme ? Le sens du don selon Jésus

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Faut-il donner la dîme à l'église pour être béni ? Un pasteur explique pourquoi cette idée de "donnant-donnant" trahit la logique de grâce de l'Évangile, et propose une autre manière de penser le don : libre, joyeux, ajusté à ses moyens et pas seulement financier.


Question posée :

Bonsoir,
J’ai une question sur l’argent.
Doit-on donner la dîme à l’église ?
Jésus disait de donner avec joie, est-ce nécessairement de l’argent ?
Doit-on donner à la veuve et à l’orphelin ?
Certaines églises affirment que ne pas donner sa dîme, c’est fermer la porte à la prospérité matérielle…
Merci pour votre réponse.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir,

Je pense que, certainement, cette idée que « Ne pas donner sa dîme, c’est fermer la porte à la prospérité matérielle… » est une invention de dirigeants d’église afin de pousser les fidèles à donner 10 % de leurs revenus à l’église. Cela a des effets pervers, car cela encourage à la fois l’égocentrisme (car alors, si l’on donne, c’est en vue de son intérêt personnel), mais encore pire : cela pousse à penser que la bénédiction de Dieu n’est pas motivée par son amour, mais par une sorte de chantage, un donnant-donnant.

Or, ça ne marche pas comme ça et ça ne doit pas marcher comme ça.

Ça ne marche pas comme ça, car :

  • Le principe même de Dieu, c’est la grâce : il donne tout ce qu’il peut de bénédictions pour aider chacun, parce qu’il s’intéresse à nous et nous aime. Jésus dit que Dieu fait pleuvoir (ses bénédictions) sur les justes et sur les injustes, qu’il fait du bien à ceux qui lui font du mal, qu’il bénit (aussi) ceux qui le persécutent.
  • Cette idée de recevoir la prospérité ou la vie future si l’on donne des sous à l’église : ce n’est donc vraiment pas dans la logique de l’Évangile du Christ. C’est plutôt la logique de ce monde où, quand on va à la boulangerie, on doit donner le prix affiché pour avoir sa baguette de pain. C’est normal pour le commerce. Mais l’amour ne se marchande pas. C’est un autre domaine, une autre logique, même entre deux amoureux, ou entre de bons parents et de bons enfants.

Et la générosité ne doit pas marcher comme ça, sous pression :

  • Parce que si l’on est dans l’idée que, si l’on donne, on sera récompensé en retour : alors, si l’on donne à l’église ou à un pauvre, ce serait en pensant avoir soi-même un avantage en retour (avoir de la prospérité, de la chance, ou même gagner son petit paradis pour la vie future) ? Mais alors, si l’on donne au pauvre, ce n’est plus tellement en pensant à la personne qui est dans le besoin, mais c’est à soi-même que l’on pense, et le pauvre n’est plus pour nous qu’un vulgaire accessoire qui nous permet d’améliorer notre confort dans le futur ! Et dans cette logique, si l’on donne à l’église, ce n’est pas par reconnaissance à Dieu ou pour que l’Évangile puisse être annoncé, mais c’est (aussi, et peut-être d’abord) pour soi-même. Cela n’a plus rien à voir avec le cœur, le don, la générosité, ou un idéal.
  • Et si l’on annonce que les personnes qui donnent bien à l’église sont récompensées par de la prospérité matérielle : cela injurie les personnes dans la misère. Non seulement elles ont du mal à vivre à la fin du mois (peut-être même dès le début du mois), mais en plus on leur suggère que si elles sont pauvres, ce serait de leur faute, parce qu’elles n’auraient pas assez de foi, ou n’auraient pas assez donné dans le passé, ou qu’elles seraient moins aimées de Dieu ! Quel cruel message, juste le contraire de l’Évangile du Christ.
  • Et puis, s’il y a un tarif pour ce que l’on devrait donner, même s’il n’est que suggéré par l’église à titre indicatif : « donnez tant de % de votre revenu pour l’église, et tant de % pour les pauvres », cela peut être très culpabilisant. La vie est parfois difficile : on a pu avoir un problème de voiture, on a pu mal calculer ses frais et avoir pris un logement un peu au-dessus de ses moyens, on peut avoir à payer des études pour son enfant, on peut avoir besoin de vacances pour reprendre des forces après une année stressante… ou tout simplement on peut avoir du mal à donner car on est esclave de ses possessions. Alors, si l’on n’arrive pas à donner ce que l’église a indiqué, comment le vivre ? Certaines personnes vont le vivre en culpabilisant de ne pas avoir atteint l’objectif indiqué, peut-être même en se disant que Dieu serait déçu de nous, ou peut-être même fâché ? C’est complètement faux de le penser, et c’est très cruel de le laisser penser à quelqu’un. Dieu n’est pas comme ça : il comprend, il pardonne, et il cherche à tout faire pour nous aider à avancer.
  • Au contraire, quelqu’un qui a donné plus que ce qui aurait été suggéré pourrait se dire qu’il est un bon chrétien, et que si sa vie matérielle est facile, ce n’est que justice, et que s’il tombe malade, il en voudra à Dieu (qui n’y peut rien, bien sûr, il n’est source que de vie, pas de la maladie).
  • Et puis, s’il y a un tarif de don indiqué, cela coupe tout esprit prophétique. C’est à chacun de voir ce qu’il fait de créatif avec sa vie, ses ressources, son argent, son temps, ses dons. Jésus l’explique avec une petite histoire qu’il invente : un homme est agressé et reste blessé sur le bord du chemin ; par hasard, un bon Samaritain passe, voit le blessé et lui vient en aide. Personne ne lui a dit de faire cela, il le fait par le cœur et la foi, par l’inspiration personnelle de l’instant, il n’avait là rien de planifié, rien de commandé par un autre. Et Dieu nous donne son Esprit, qui fait de chacun de nous un ou une prophète, afin que nous soyons capables d’avoir ce génie de trouver ainsi ce que l’on peut faire de bien.

Bref, je suis assez horrifié par l’idée même qu’il faudrait payer pour avoir la foi et les autres bénédictions de Dieu ! C’est comme si l’on demandait à l’enfant nouveau-né de sortir sa carte bancaire avant de pouvoir téter le sein de sa mère !

Jésus n’a jamais demandé de dîme ni de don

Mais de toute façon, Jésus n’a jamais dit qu’il faudrait donner la dîme. Il n’a même jamais demandé un centime de don de la part des gens, ni pour leur annoncer l’Évangile, ni pour les aider. Jamais. Bien sûr, comme Jésus a arrêté son travail de charpentier pour annoncer l’Évangile un peu partout, il faut bien qu’il soit aidé par certaines personnes pour vivre, mais ces personnes le font volontairement, par amitié pour lui (comme Marthe), par curiosité (comme un pharisien qui reçoit Jésus à table), ou par reconnaissance, par volonté de participer à la diffusion de cette bonne parole. Mais Jésus n’a pas levé de taxe à 10 %, ni même à 0,02 %… Pour « justifier » la loi de la dîme dans leur église, certains parlent d’Abraham, qui donne 10 % de son butin à Melchisédek (Genèse 14.20). Mais quand Abraham fait ce don, précisément, personne ne lui dit de le faire : c’est juste un don libre et volontaire. Il aurait aussi bien pu ne rien donner, ou donner 99 % de sa fortune comme le milliardaire américain Warren Buffett.

Le vrai conseil de Jésus : aimer Dieu, les autres et soi-même

En réalité, que conseille Jésus ? D’aimer Dieu de tout son être et d’aimer son prochain comme soi-même. Pour être parfait, combien faudrait-il donc donner ?

  • 100 % de son argent, de son temps, de son cœur pour Dieu
  • 100 % de son argent, de son temps, de son cœur pour les autres humains, qui ont besoin de notre aide
  • 100 % de son argent, de son temps, de son cœur pour nous-mêmes, car si nous ne sommes pas en forme, nous ne pourrons plus aimer ni Dieu ni personne, ni aider la veuve, le pauvre et l’orphelin.

Ce n’est pas possible ? Évidemment que ce n’est pas possible, pour personne, pas même pour Jésus ! Mais ce texte n’est pas un commandement à appliquer dans la soumission : ce que Jésus nous donne, c’est ce conseil de faire attention à ces trois axes, et ensuite de faire au mieux, de faire selon notre cœur, selon notre choix personnel, selon nos forces aussi, et de le faire avec intelligence, grâce à Dieu.

Chacun donne ce qu’il veut, ce qu’il peut

Donc chacun donne ce qu’il veut, ce qu’il peut. Dans notre église, c’est comme cela aussi, et les autres personnes de l’église ne sauront pas si l’on donne, combien on donne, ou si l’on ne donne pas. C’est bien ainsi, car la valeur essentielle est le cœur et la sincérité, et personne ne connaît les difficultés que rencontre telle ou telle personne dans sa vie matérielle.

Du coup, c’est vrai que bien des personnes ne donnent rien, certaines personnes sont très généreuses, d’autres ne donnent que quelques sous. Alors… notre église a souvent de la peine à boucler son budget, nous faisons attention aux dépenses, et nous faisons moins que ce que nous pourrions faire. Mais au moins les dons à l’église sont faits de bon cœur, et pour de belles raisons, pas pour acheter une première place ni à l’église ni au ciel.

Donner au-delà de l’argent, par compassion

Et vous avez bien raison : le don offert à Dieu ne se résume pas au don d’argent pour l’église : on peut aussi donner de son temps et de son énergie à l’église, et l’on peut donner aussi hors de l’institution, par exemple en témoignant de sa foi auprès de ses proches.

Et vous avez vraiment raison, il est normal que l’amour de Dieu pour nous inspire des sentiments de compassion pour ceux qui souffrent. Nous pouvons alors ressentir l’envie d’aider une personne qui a besoin d’aide matérielle, ou d’une parole, ou d’un coup de main. Et quand nous pouvons le faire, c’est une joie, mais jamais une obligation. Et il est utile d’essayer de faire sentir à la personne que nous avons aidée qu’elle n’a pas de dette envers nous à cause de cela, que si un jour elle a l’envie et la possibilité d’aider une autre personne, cela sera génial.

Dieu bénit votre don, et en a une gratitude joyeuse, de toute façon.

Marc Pernot, pasteur à Genève

À lire aussi : Sur le sens théologique et spirituel de l’Argent voir cet article dédié dans notre Petit Dictionnaire de Théologie.

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En écho à ce texte :

20 Commentaires

  1. Jean-Pierre dit :

    Bonjour Pasteur Marc Pernot,
    Bonjour chers amis visiteurs de ce site,
    Je remercie le pasteur Marc Pernot et vous tous pour ces excellents commentaires.
    À ma connaissance, aucun verset du Nouveau Testament n’ordonne aux chrétiens de payer la dîme.
    Une indication nous est donnée en 2 Corinthiens 9:7 (Bible version Louis Segond) : « Que chacun donne comme il l’a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte; car Dieu aime celui qui donne avec joie. »
    Les chrétiens ne sont plus sous la loi de Moïse qui ordonnait de payer la dîme mais sous la loi du Christ qui est la loi de la grâce dans l’amour de Dieu.
    Amitiés fraternelles,
    Jean-Pierre

  2. Aissatou BARRY dit :

    Bonsoir Pasteur ,MARC
    vraiment je tiens a vous remercier pour vos explications explicites aux sujets des dîmes mais je suis soulagée sincerement et bien éclaircie sur ce thème Merci que Dieu vous benisse

  3. Luc dit :

    Bonjour pasteur je suis vraiment inquiet voici ma vie je suis pause et je n ai meme plus 1euro pour Donner ma dime est ce que dieu va me punir pour ca j attends avec impatience votre response merci beaucoup

    1. Marc Pernot dit :

      Bonjour
      Le Christ n’a jamais imposé de payer la dîme à l’église. C’est un commandement inventé par certaines églises (pas toutes). Cette obligation est tout à fait injuste, elle culpabilise et affame des pauvres, et elle permet à des riches de se sentir fier de donner seulement la dîme demandée, alors qu’ils pourraient avoir des projets de philanthropie magnifiques.

      Ne vous inquiétez pas, Dieu connaît, Dieu vous comprend et il vous aime.

      Et ce que demande Dieu, en réalité, ce qu’il espère c’est tout simplement que vous lui fassiez confiance, que vous avanciez grâce à son amour. Il n’a pas besoin de sacrifices, comme le disent les grands prophètes de la Bible (Osée 6:6). Ce que Dieu espère et a comme projet, ce n’est pas de vous affamer ! c’est au contraire que vous puissiez être un peu au large dans votre budget, afin d’être en forme pour pouvoir faire des projets, pour pouvoir aider d’autres, pour avoir l’esprit plus tranquille pour prier Dieu.

      Et donc, plutôt que de vous demander de l’argent, l’église ferait mieux d’en donner aux pauvres qui ont faim dans leur assemblée.

      Dieu vous bénit et vous accompagne.

      1. lydie dit :

        Bonjour pasteur je combine deux boulots, le 1er boulot où je gagne plus je verse la dîme à l’eglise. Et le 2eme où je ne gagne pas assez j’ai eu à coeur d’aider les pauvres avec. Après avoir demandé conseil à un aîné de l’église il m’a dit que toutes les dîme doivent obligatoirement revenir à l’église. Qu’en pensez vous?

        1. Marc Pernot dit :

          Chère Lydie,

          Bravo pour cette générosité. Vous le faites par la foi, et c’est tout à fait excellent.

          Mon opinion très nette est que cette obligation de verser la dîme à l’église est de l’abus spirituel.

          Cela ne vient pas du Christ, au contraire. C’est seulement bien pratique pour remplir les caisses de l’église. Dieu, lui, n’a pas besoin de notre argent !!!

          Ensuite, bien sûr que l’Église est utile pour annoncer l’Évangile dans le monde et que cela demande des moyens, cela peut nous inspirer de la soutenir, et heureusement que des personnes le font. Mais c’est à chaque personne de voir librement ce qu’elle veut mettre de côté pour soutenir son église. Le Christ nous appelle à servir notre prochain, à y mettre notre cœur, vous avez donc parfaitement raison de penser à l’aide des pauvres directement, c’est fidèle à ce que dit Jésus. Soutenir l’église fait partie du service des autres, c’est vrai, mais Jésus n’a jamais dit de verser 10 % de ses revenus à l’église, bien sûr. Voir cet article sur la dîme.

          Je vous trouve donc admirable. Ce qui m’inquiète, c’est que votre église semble tellement attachée à l’argent qu’elle est très autoritaire pour imposer à ses fidèles de lui donner des sous. Peut-être que vous feriez mieux de chercher une église moins attachée à l’argent et plus attachée à l’Esprit, plus attachée au respect de la conscience des fidèles, à leur propre vocation travaillée directement entre Dieu et nous sans intermédiaire humain, une église, donc, attachée à la liberté de chaque personne.

          Dieu, qui nous rend libres en Christ, vous bénit et vous accompagne avec tendresse et admiration.

  4. Rufine dit :

    Bonsoir,
    Aujourd’hui à l’église notre pasteur nous a précisé que désormais nous payerons la dîme par le biais d’une carte. Car Dieu lui a dit que les membres de l’église ne prospèrent pas à cause de la dîme. Sur la carte notre nom sera inscrit ainsi que le montant de la dîme payée à déposer dans l’offrandier. Au moment du partage des cartes, j’ai refusé de la prendre parceque cette manière de faire ne me convenait pas dans mon cœur. J’ai toujours apprécié de faire des dons librement. Je fais partie du staff de l’église et le fait que j’ai refusé devant l’assemblée a fait l’objet de commentaires puisque j’étais la seule à décliné. Aïe je mal agir ?

    1. Marc Pernot dit :

      Bonjour
      Je pense que vous avez fort bien agi.
      Cela me semble même prophétique.
      Un amour véritable ne s’achète pas. L’amour de Dieu est le plus grand amour. Il est impossible d’imaginer que sa bénédiction dépende de nos dons.
      Et comme vous dites, avec Christ nous sommes sous la grâce, pas sous des lois. C’est librement par l’Esprit que nous donnons ce que nous pouvons mettre de côté pour le service que nous choisissons nous-même.
      Jésus lui-même dit que notre main gauche ne sache même pas ce que notre main droite a donnée. Le montant de votre offrande ne regarde que vous. Ce n’est à personne de juger.
      Je pense que cette église prend un mauvais virage, promettant la prospérité à ceux qui donnent plus de sous à l’église. C’est souvent le pasteur qui est dans la prospérité, en prenant l’argent des pauvres…
      Dieu vous bénit et vous accompagne

  5. Rose dit :

    Bonsoir,
    Ce soir en priant avec mes enfants j’ai lu Proverbes 3 le verset 9. Et cela fait quelques mois où je ne donne plus ma dîme à cause de problèmes financiers extrêmes. Je suis veuve et malade et j’ai 3 enfants. Nous vivons que de ma pension et la plupart du temps ce sont des associations qui nous aident. Je suis membre d’une église où on ne plaisante pas avec la dîme et que ne pas payer sa dîme c’est comme s’attirer une malédiction financière en quelques sortes. Je n’ose en parler à personne de ma connaissance ce soir et en cherchant des articles parlant de dîme je suis arrivée à ce site et j’ose demander conseil. Je n’ai que quelques sous en banque et si je retire les 10% de ma dime je ne sais pas comment on fera pour terminer le mois. En priant j’ai eu tellement peur que DIEU est en train de me reprendre parce que je n’ai pas obéi que je n’ai pas pu terminer notre prière en famille tant j’ai été prise de peur et d’angoisse. Merci de m’aider. Pardon pour la longueur du message. DIEU vous garde.

    1. Marc Pernot dit :

      Chère Rose
      Je suis désolé, vraiment désolé que vous subissiez une telle oppression de la part d’une église chrétienne.
      C’est terrible car à la fois :

      1. ils vous mettent en difficulté matérielle, vous risquez des problèmes, et vous risquez de moins bien vous nourrir et vous soigner, ce qui n’est pas bon pour la santé
      2. ils vous donnent également du stress, avec cette charge supplémentaire sur les épaules, pour vous et votre famille
      3. En plus ils vous poussent à la peur de Dieu, donnant de Dieu une image de tyran, d’oppresseur exerçant chantage et menaces pour soutirer de son nécessaire à une famille pauvre ! Quel scandale alors que le Christ a montré par son sang que Dieu est un infini amour, compassion, soin, miséricorde pour les justes et pour les pécheurs. Le propre de l’Evangile du Christ est de permettre d’être en pleine confiance en Dieu, c’ets ce qui permet de s’ouvrir à lui cœur à cœur. Quelle pitié de ruiner cette confiance en la grâce de Dieu dans le bit de remplir les caisses de leur église.

      C’est donc l’être entier du pauvre que les responsables de cette église n’hésitent pas à abîmer.

      Au contraire : faites confiance à Dieu. Rien à craindre de lui, il vous comprend et vous aime.

      Il vous a confié ces enfants, votre santé fragile : c’est une priorité. Bien sûr. Cet argent que cette église veut vous voler, à vous pauvre veuve aimé de Dieu, cet argent dépensez-le en chauffage et en nourriture, en soins, et s’il en restait un peu à la fin du mois, n’hésitez pas à acheter quelques gourmandises qui seront comme une bénédiction que Dieu vous offre. Votre louange sera votre offrande, de grand prix aux yeux de Dieu.

      Le vrai bien que vous pouvez offrir à Dieu c’est votre confiance en lui. C’est cela qui donne de la joie dans le ciel, nous dit Jésus. La joie de Dieu est de vous voir plus heureuse et plus en forme, vous et votre famille.

      Je pense qu’il serait bon de quitter ce genre d’église qui pratique la rapine sur les pauvres, qui transforme la grâce de Dieu en menaces.

      Lisez tranquillement les Evangiles, chantez votre louange, priez en confiance dans votre chambre, dans le secret de votre cœur.

      Et si par bonheur vous trouviez une église proche de chez vous : une église qui vit elle même la grâce de Dieu, acceptant le don libre et joyeux sans pression sur les fidèles. Alors, il sera temps peut-être de vous joindre à cette communauté.

      De toute façon, Dieu vous bénit et vous accompagne

  6. Midokpe dit :

    Je peux utiliser mon argent de dime pour aider ceux qui sont dans le besoin?

    1. Marc Pernot dit :

      La dîme n’est pas obligatoire. Vous pouvez ajouter votre don en plus et en moins selon vos moyens et vos besoins du moment. Ensuite, oui, vraiment, je pense que le mieux est de donner avec le cœur selon ce que l’on discerne dans la prière, selon votre propre vocation. Donc oui, je pense que vous avez raison de discerner par vous même l’objet de votre don.

  7. Gauthier dit :

    À propos de la dîme dont nous parlent les écritures en Malachie 3.

    Malachie nous dit d’apporter nos dîmes à la maison de l’Eternel…

    Mes questions sont celles-ci :

    – cette appel à la dîme, à qui il a été adressé ?
    – à qui sert précisément cette dîme ?
    – à qui précisément devons- nous la donner ?
    – je peux utiliser mon argent de dîme pour aider ceux qui sont dans le besoin ?

    Merci pour vos éclaircissement. Que Dieu vous bénisse.

    1. Marc Pernot dit :

      Vous parlez de ce verset du livre du prophète Malachie :

      « Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes, Afin qu’il y ait de la nourriture dans ma maison »
      (Malachie 3:8-10)

      A la lumière de Jésus-Christ, quand il est question de trésor que nous amassons est dans les cieux, il ne s’agit pas du trésor d’une église ou pour que le pasteur et sa famille vivent dans l’opulence.

      « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent; mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur. » (Matthieu 6:19-21)

      En la Maison de l’Eternel qui sera dans l’opulence, Jésus en parle comme étant son corps, et donc notre corps (à son image, à sa suite). Effectivement, elle est faite pour être riche de prières, de louange, et non plus spécialement de sacrifices d’animaux qui étaient achetés. La « maison de l’Eternel », c’est le temple de notre corps qui reçoit l’Esprit Saint, disait aussi l’apôtre Paul.

      C’est vrai qu’Abraham a payé la dîme à Melchisédec, ce n’était en rien obligatoire, il l’a donné librement, par choix de sa part, alors qu’il était dans une grande abondance. Il pouvait se le permettre largement sans manquer de rien. Jésus aussi a pu bénéficier de l’aide de personnes riches, leurs dons étaient entièrement libre et volontaires, ce n’était absolument pas une question de dîme obligatoire. Connaissant Jésus Christ, on ne peut pas imaginer qu’il fasse payer ou rendent obligatoire de payer quoi que ce soit. Il offrait son enseignement, ses soins, et même le pique-nique dans l’herbe.

      Dieu vous bénit et vous accompagne

  8. Karen dit :

    Je suis dans une église d’où nous sommes dans l’obligation de donner 3fois la dîme le jour du sabbat donc tu prépares 3 enveloppes depuis chez toi mais au début cela ne me posait aucun problème mais maintenant qu’il ya cette pandémie j’ai du mal à donner ma dîme car nous suivons la prédication en ligne mais les enveloppes doivent toujours être préparées pour après aller le déposer à l’église car il ya deux diaconesses qui y sont pour vous recevoir et notez que je suis une étudiante je ne travaille pas je vis au dépend de mes parents et avc cette pandémie ya du mal que je reçoive de l’argent comme avant du coup je me serres les coudes mais dans les messages il ya une sœur de l’église qui sera toujours là à me rappeler d’aller déposer la dîme bref cette semaine j’ai promis m’y rendre pour les déposer les enveloppes du sabbath passé mais après cela je penses mettre fin car je n’ai plus d’économie pour les dîmes et voir mm suspendre mm de prier à l’église …alors avez vous un conseil à me donner svp merci et que Dieu vous bénisses .

    1. Marc Pernot dit :

      Bonjour

      Je suis profondément désolé que vous ayez subi cela.

      Le Christ n’a absolument jamais JAMAIS demandé un seul centime à qui que ce soit. Bien sûr, tout le monde doit manger et donc les pasteurs aussi, et Jésus aussi. Comment faisait-il ? Il vivait avec ses disciples grâce aux personnes qui faisaient des dons et qui les recevaient chez elles, comme Marthe et d’autres. Et Jésus donne cette consigne très claire à ses disciples : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. » (Matthieu 10:8).

      Il me semble que vous devriez chercher une église qui ne fasse pas commerce de l’Evangile, une église où le don est libre. Si un jour vous avez de l’argent, un salaire, et que vous êtes reconnaissante de l’église qui vous a apporté un peu de nourriture pour votre réflexion, votre foi, votre prière, alors vous donnerez généreusement. Et ce sera un vrai don, venu du cœur, par gratitude. Par contre, la sorte de taxe imposée par cette église vénale n’est pas un don puisque c’est obligatoire.

      L’Evangile du Christ, c’est fondamentalement le don gratuit, par amour.

      Comme l’a bien entendu le prophète Esaïe, l’Eternel proclame avec force :

      Vous tous qui avez soif, venez aux eaux,
      Même celui qui n’a pas d’argent !
      Venez, achetez et mangez,
      Venez, achetez du vin et du lait,
      sans argent, sans rien payer !
      Pourquoi pesez-vous de l’argent pour ce qui ne nourrit pas ?
      Pourquoi travaillez-vous pour ce qui ne rassasie pas ?
      utez-moi donc, et vous mangerez ce qui est bon,
      Et votre âme se délectera de mets succulents.
      Prêtez l’oreille, et venez à moi,
      Ecoutez, et votre âme vivra :
      Je traiterai avec vous une alliance éternelle…
      Esaïe 55

      Ne vous inquiétez donc de rien, Dieu vous bénit et vous accompagne. Gratuitement.

  9. Towon Eben-Ezer KPAN dit :

    La Bible déclare : « Ce qu’un homme aura semé il le moissonnera aussi. » Et il est écrit : que celui qui ne travaille pas ne mange pas non plus.

    1. Marc Pernot dit :

      Dans la Bible il est écrit aussi que Jésus a dit « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. » (Matthieu 10:8)

      Et heureusement que l’enfant qui ne travaille pas peut boire le lait de sa mère, que le handicapé peut être aidé, que celui que ne travaille pas le jour du Sabbat peut néanmoins manger ce jour là…

      Comme quoi, la Bible est un livre pluraliste et complexe que l’on ne peut pas utiliser en tirant un seul verset hors de son contexte et sans le mettre en tension avec d’autres passages. Cela rend ces écritures si fécond pour celui qui accepte de se poser des questions, avec l’aide de Dieu.

      Cela dit, bien sûr que les personnes travaillant pour l’église ont besoin d’un salaire pour pouvoir manger et vivre. Jésus aussi avait besoin de la générosité de Marthe, par exemple, pour avoir un toit, se reposer et manger.

      Mais en ce qui concerne la dîme, c’est autre chose. Le don est une question de générosité personnelle. Pour le reste, si une personne ne donne rien, l’évangile lui sera bien entendu annoncé. C’est ainsi que l’évangile lui est annoncé gratuitement, et si elle fait un don, ce sera alors gratuitement qu’elle donnera, pas parce que ce serait indiqué.

  10. Sim dit :

    Bonjour Pasteur,
    Réflexion intéressante. Cependant, quid des passages de l’ancien ou nouveau testament qui parle de la dîme ou simplement de donner ? J’ai l’impression que vous n’adressez pas vraiment la question.

    1. Marc Pernot dit :

      Quand Abraham donne la dîme à Melchisédek, c’est de sa propre initiative, par générosité du cœur, mais sans aucun ordre.
      Dans le livre du Lévitique, il est question d’une dîme, cela fonctionne comme un impôt, comme nous en avons dans nos pays, sauf que c’est maintenant bien plus juste que cela, c’est en général un impôt qui est plus élevé pour les plus riches.
      Ensuite, Jésus dit que notre aumône devrait être libre et secrète, donc sans aucune obligation par l’église. Bien sûr. Quand Jésus parle de la dîme c’est plutôt pour critiquer les intégristes de l’époque qui adoraient ce système.
      C’est pourquoi, je ne pense sincèrement pas que cette sorte de taxe religieuse soit fidèle à l’évangile, mais trouve plutôt sa racine dans la cupidité des hommes. C’est à chacun de voir ce que sa conscience, éclairée par l’Esprit, lui indique de donner, comment, à qui. Le don est alors une grâce, pour l’œuvre aidée, pour le pauvre secouru, mais aussi pour le donateur dont la foi a librement produit des fruits de grâce, c’est à dire sans aucune obligation. Pour la beauté du geste. Pour la joie de faire du bien. Et sans idée de mérite (Dieu ne l’aimerait pas moins s’il ne donnait pas, et Dieu ne l’aimera pas plus s’il donnait puisque Dieu l’aime déjà de toute la force de son amour).

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