beau graphisme comme une flame figurant un diable - Photo by Marek Piwnicki on https://unsplash.com/fr/photos/visage-de-femme-dans-la-chambre-noire-OUl8bV3Jk50
Bible

Dans les écritures on parle du diable, est ce une partie de nous même ? Et les miracles ?

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Le diable, Satan, le tentateur : faut-il y voir un être extérieur ou une dimension de nous-mêmes ? Un pasteur explique aussi comment lire les miracles de Jésus, guérisons et prodiges, comme des récits porteurs d’un sens spirituel pour notre propre libération.


Question posée :

Bonsoir cher pasteur,
Dans les Écritures, on parle de Satan, le diable, le tentateur, en Matthieu chapitre 4 entre autres…
Qui est-il ? Est-ce un état d’esprit, une partie de nous-mêmes ? Je n’arrive pas à comprendre.
Les miracles aussi que Jésus accomplit, la guérison des paralysés, des aveugles… comment les interpréter ?
Merci pour vos enseignements.
Soyez béni,
Anne

Réponse d’un pasteur :

Chère Anne,

Merci pour ces deux questions qui perturbent bien des personnes sensées dans leur lecture de la Bible.

Qui est le diable : un être extérieur ou une dimension humaine ?

Le mot même de « diable » dans la Bible désigne avant tout une fonction : ce qui disperse, ce qui déconstruit, divise, fait retourner au chaos, ce qui nous tire vers le bas…

Certains pensent qu’il existe une sorte de demi-dieu, ou de dieu néfaste, puissant dans l’univers entier. Cette croyance est directement inspirée de cultures polythéistes (plein de dieux plus ou moins sympathiques), ou dualistes (deux dieux en miroir, l’un bon et créateur, l’autre méchant et destructeur, diabolique au sens littéral). Personnellement, et avec bien d’autres chrétiens, je ne pense pas du tout que ce genre d’être existe. Car cela ne semble pas bien expliquer l’existence du mal dans la nature (catastrophes naturelles et maladies spontanées), qui frappent souvent au hasard, en dehors de tout plan concerté.

C’est pourquoi j’ai tout à fait la même conception que vous : le diabolique existe en chacun de nous, pas comme une sorte de bête qui nous aurait infestés, mais comme vous le dites très bien, c’est en nous comme un état d’esprit : c’est notre égoïsme, notre folie, notre faiblesse, nos blessures anciennes. Il y a manifestement du diabolique en nous, mais il y a aussi du divin : un élan de création (à l’image de Dieu), et un esprit de corps avec nos prochains (une recherche de trouver place dans un groupe, de complémentarité et de solidarité, d’engendrement et de transmission aussi).

C’est trop facile d’accuser un « diable » extérieur, alors que c’est une dimension de nous-mêmes, et que pour se défendre du diable, cela nous demande de nous remettre en cause, bien sûr, et donc de mourir un peu à ce que nous étions hier afin d’avancer encore dans notre conversion, dans notre repentance, dans notre cheminement, dans nos pensées et nos actes. C’est joyeux une fois réalisé, et fécond, mais sur le moment c’est inconfortable car cela nous place en déséquilibre. Cela demande de nous ouvrir à la Parole de Dieu, alors que souvent nous préférons nos propres idées humaines, nos doctrines et nos « vérités ». C’est en ce sens que l’on a pu dire parfois que le diable est un ange déchu : c’est notre propre intelligence dévoyée au lieu d’être éclairée par l’Esprit de Dieu.

Heureusement que rien de ce qui serait diabolique en nous n’est cause d’un rejet par Dieu. Au contraire, sans cesse il cherche à nous aider à avancer, par amour pour nous. Comme le Christ cherche à soigner et libérer la personne qu’il rencontre de ses maladies et de ses démons (une image du diabolique en nous).

En lien avec cette réflexion : Comprendre les fondements de la notion de diable – satan grâce au Petit Dictionnaire de Théologie.

Cela nous amène à votre seconde question :

Comment interpréter les miracles de Jésus ?

Il me semble historiquement plausible que Jésus soignait et guérissait des gens. C’est intéressant comme attitude, montrant de la compassion non seulement pour les détresses spirituelles, intellectuelles et morales, mais aussi dans la santé du corps, de la personne tout entière.

Seulement, ce qui intéresse les évangiles est de dire le salut de Dieu pour nous à travers des récits de prodiges. Les guérisons physiques en particulier sont reprises manifestement dans un sens spirituel : la guérison d’un aveugle évoque plus pour nous une libération grâce à une lucidité meilleure, nous permettant de saisir par nous-mêmes les enjeux et de pouvoir discerner la meilleure voie pour nous. La guérison d’un paralytique, d’un sourd-muet, d’une personne tourmentée… ont des sens spirituels clairs. Pour les prodiges comme de marcher sur l’eau, il me semble qu’il n’y a pas de réalité historique matérielle, et que ce récit est vrai et réel sur le plan spirituel : combien de tempêtes et de tourments, de chaos devons-nous traverser, avec l’aide de Dieu !

Voir aussi ces articles : sur les miracles, sur leur valeur historique, et un cycle de pas moins de 4 conférences sur ce sujet.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Réponse du visiteur :

Bonsoir et MERCI encore une fois pour vos réponses éclairées, je vais m’atteler à visionner vos conférences à ce sujet.
Soyez béni,
Anne

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