Extrait d"un tableau de Spitzweg représentant un bibliothécaire
Dictionnaire de théologie

Croyant – Fidèle

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Cet article dissipe un malentendu fréquent sur ce que signifie « croire ». Il met en lumière la différence profonde entre l’adhésion à un ensemble de dogmes et la foi biblique, qui se vit d’abord comme une relation de confiance, d’amour et d’espérance, accessible à tous, même dans le doute.


Le malentendu autour du verbe « croire »

Sur ce que signifie être « croyant », il y a un malentendu entretenu par une ambiguïté du verbe « croire » en français.

Dans les Évangiles, il y a souvent marqué que l’essentiel est de « croire » : croire en Dieu, croire en Jésus-Christ, croire en son nom… Quand on entend une telle affirmation, on peut penser que cela veut dire que ce serait une question de vie et de mort éternelle d’avoir telle ou telle croyance. Or, le verbe traduit alors par « croire » dans ces passages ne veut pas du tout dire ça.

La foi comme relation plutôt que croyance

Le verbe pisteuo (en grec) ou aman (en hébreu) n’est pas du domaine de la croyance mais du domaine de la foi, c’est-à-dire d’une certaine relation à Dieu, d’une relation maintenue même si parfois elle s’oppose à lui (comme Abraham devant Sodome et Gomorrhe – Genèse 18:23, ou Moïse sur la montagne – Exode 32:12) ou doute de lui (comme David dans le Psaume 22)…

L’approche de Jésus : l’élan intérieur avant la doctrine

À partir du malentendu sur ce verbe croire, on a parfois enseigné aux personnes qu’il fallait croire ceci pour être sauvé, mais surtout ne pas croire cela parce qu’alors on serait perdu en dehors de la « vraie foi ». Des personnes ont donc souvent pris peur, évitant de penser et prenant pour sacrées telles ou telles croyances qu’enseignait leur église. Mais Jésus n’est pas comme ça, il insiste sur la foi, même si nous avons une « petite foi » comme ses apôtres dans les évangiles. Et bien souvent il nous montre des personnes très éloignées des bonnes doctrines, de la religion et des valeurs essentielles comme étant des personnes qu’il respecte et honore.

L’exemple du centurion romain

En particulier Jésus dit qu’il n’a jamais vu une si grande foi que celle d’un centurion romain qui est venu le voir (Matthieu 8:10). Pourtant cet homme rendait un culte à l’empereur de Rome comme à son dieu, il était un envahisseur violent de son pays. Cela montre bien que pour Jésus, « la foi » et être « croyant » ne répondent pas à des critères de croyances ou de religion mais à quelque chose de plus profond qui est de l’ordre de l’élan intérieur, laissant au moin sun petit peu s’exprimer l’Esprit de Dieu dans la personne.

L’amour et la recherche de Dieu comme véritables critères

Il est donc très risqué de se permettre de juger en disant qu’une personne n’est pas fidèle à Dieu. Nous ne sommes pas Dieu pour en juger. C’est ainsi que l’apôtre Jean dit que « L’amour est de Dieu, quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. » (1 Jean 4:7-8). Le critère n’est ici pas non plus une question de croyances, ni de religion, ni de prières, mais est dans le fait que Dieu nous a au moins un petit peu engendrés intérieurement par son amour. Le fruit étant ici un cœur capable d’aimer un petit peu.

Chercher Dieu dans le doute

Le critère pour être croyant n’est même pas d’être certain que Dieu existe. C’est à la fois plus et moins que ça. Il y a des personnes qui pensent que Dieu existe mais qui ne pensent presque jamais à lui : elles ont la croyance en Dieu mais elles ne sont pas croyantes au sens de l’Évangile, leur relation à Dieu est en réalité quasiment nulle. Par contre, pour quelqu’un qui doute de l’existence de Dieu ou qui ne sent pas sa présence, il est possible de le chercher et d’espérer en lui, il lui est possible de lire la Bible et même de prier, il peut ainsi chercher à vivre en espérant faire l’expérience de l’aide de Dieu un jour. Il est alors un vrai « croyant ». UN croyant qui peut grandir dans la foi.

pasteur Marc Pernot

Cet article est extrait de notre Petit Dictionnaire de Théologie (niveau 2), voir aussi les Définitions de base (niveau 1), les Mots qui piquent (niveau 3), et les Notions (niveau 4). 
 

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