Jean Calvin et la prière « Quand vous priez, dites… » (Matthieu 6:5-13)

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2 réponses

  1. Valérie dit :

    Ma sensibilité chrétienne est vraiment très proche de celle des réformés et tout mon cheminement m’a plutôt toujours conduite dans un univers protestant, même si je n’en ai pas reçu dès le départ l’éducation ou la transmission…
    Mais il y a un gros point d’interrogation qui persiste et revient chaque fois que je tombe sur un texte de Jean Calvin.
    J’ai eu l’occasion de lire l’essai de Stefan Zweig, violence et conscience où il est relaté principalement le procès de ce médecin théologien Michel Servet…
    Je me dis… Quand même… Une condamnation juste pour une question de dogme… Il m’a l’air plutôt sympathique en plus ce médecin théologien, et son interrogation sur la trinité ne me semble pas du tout remettre en question la foi chrétienne… Il suffisait juste de débattre verbalement, la controverse étant justement une source d’enrichissement…
    Je me dis encore … Cela ne va pas du tout dans le message de l’évangile de condamner un homme juste pour une histoire de dogme.
    Pourquoi les deux hommes n’ont ils pas pu trouver la paix christique justement ?

    Est ce que cela peut alors se comprendre par le fait que nous avons ces deux natures en nous, à la fois une essence divine et une nature humaine qui nous fait faire le contraire malgré nous de ce que nous souhaiterions faire… Nature si justement décrite par l’apôtre Paul lorsqu’il écrit que « je ne fais pas le bien que je veux … »…

    Je voulais avoir votre ressenti de pasteur, justement sur cette histoire… Cela pourrait m’aider à revisiter l’œuvre Jean Calvin.
    Merci et bien à vous

    • Marc Pernot dit :

      Bonjour

      Être un grand homme demande d’avoir un esprit très fort, mettre une ardeur de vivre considérable et donc une certaine sûreté de soi. C’est ce qui leur permet de mener de superbes combats, fort utiles. Il est vrai que cela peut aussi faire faire de grandes erreurs, en passant. C’est le cas de Calvin sur cette affaire Servet dont il a refusé la théologie non trinitaire, et qu’il a laissé brûler. C’est une horreur, évidemment, et il n’est pas question de le défendre. La figure de Sébastien Castellion est bien plus intéressante, bien plus novatrice que celle de Calvin sur cette question, il s’est brouillé avec son maître Calvin à l’époque sur cette question et a dû partir de Genève dans la misère avec sa famille nombreuse à cause de cela, Castellion avait écrit contre l’attitude de Calvin à propos de Servet : « tuer un homme ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. » mais cette attitude était plus profonde, il était plus pour la confiance en Dieu que dans l’adhésion aux doctrines.

      Je ne défendrais pas non plus la dangereuse doctrine de la prédestination de Calvin, ni sa raideur dans son gouvernement. Mais c’est comme tout, avec de la bienveillance, il y a beaucoup à garder de ce grand homme.
      Je ne défendrais pas non plus Luther sur bien des points, son horrible attitude à la guerre des paysans, ainsi que contre les juifs, et dans bien d’autres domaines, cependant il y a beaucoup à garder de ce grand homme.

      Mais c’est pourquoi nous ne sommes ni calvininiens ni luthériens mais essayons d’être chrétiens.

      Sur la trinité, que certains professent leur foi de cette façon ne me gène pas, même si personnellement, je trouve plutôt maladroit et dangereux ce développement théologique. Et oui, il ne devrait pas y avoir là dessus de quoi se fâcher, si l’on était vraiment attaché au Christ.

      Dieu vous bénit et vous accompagne

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