09 septembre 2026

Une danseuse est assise contre l emiroir, songeuse - Photo de Elesban Landero Berriozábal sur https://unsplash.com/fr/photos/femme-en-debardeur-noir-assise-par-terre-TmXZ-Fgssb4
Foi

Affirmations positives et foi chrétienne : peut-on les concilier sans culpabiliser ?

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Ce texte explore la compatibilité entre les affirmations positives, le développement personnel et la foi chrétienne. À travers la question d’une jeune femme, il montre comment s’approprier des paroles valorisantes pour construire une saine estime de soi, tout en restant ancré dans une relation vivante et respectueuse avec Dieu.


Une interrogation sur la foi et le développement personnel

Bonjour,

Je me permets de vous poser une question.

Je suis une chrétienne de 28 ans et je cherche toujours à faire plaisir à Dieu, à lui plaire. Je n’y arrive pas toujours, mais si je peux éviter d’attrister le Saint-Esprit, je veux le faire.

Depuis quelques temps, j’écoute des affirmations positives pour démarrer ma journée, je trouve que je réfléchis mieux. Cependant, j’écoute des affirmations pour femmes, si je peux dire, qui me permettent de me sentir belle, intelligente. Donc je répète ces phrases car je veux avoir confiance en moi et arrêter de me dénigrer car je n’ai jamais vraiment eu de mots doux dans mon enfance. Mais ces paroles disent aussi que je suis une déesse, créatrice de ma vie, etc.

La Bible dit, il me semble, que la langue a pouvoir de vie ou de mort. Je ne veux pas offenser Dieu ni être mon propre Dieu.

Pourriez-vous m’aiguiller ?

Que Dieu vous bénisse.

Recevoir les paroles d’encouragement comme un don de la grâce

Chère Élisa,

Ce que vous dites ne me choque absolument pas. Vous pouvez même écouter ces affirmations positives comme venant de Dieu directement et s’adressant à vous. Parce que c’est bien cela « la grâce de Dieu » : il nous considère comme héritiers de son royaume, prince ou princesse.

Vous êtes enfant de Dieu par l’Esprit de Dieu qui vous a été donné : vous avez donc effectivement du divin en vous : cela fait de vous une déesse et une reine, une prophétesse et une apôtre. Et en même temps vous êtes fille de l’humanité, fille de la terre, ce qui est une qualité aussi. Nous avons cette double nature. Il est bon que notre nature d’enfant de Dieu gouverne notre nature d’enfant de la terre, mais les deux sont une bénédiction, les deux dimensions sont à honorer et à soigner.

Vous pouvez donc recevoir ces bonnes paroles comme venant de Dieu. Directement. Vous pouvez vous les dire, et rendre amour à Dieu ensuite, par exemple avec ce verset de la Bible : « Éternel, je te chante de ce que je suis une créature si merveilleuse » (Psaume 139:14) : voir la médiation sur ce verset.

Progresser et grandir dans sa vocation

En même temps, il est bon de noter que nous avons une marge de progression. Ce n’est pas pour nous culpabiliser, au contraire, c’est parce que nous sommes dignes de progresser. La personne humaine est si riche que nous pouvons progresser dans toutes les directions : approfondir notre façon de voir, élever nos idéaux, notre foi, notre espérance, élargir notre amour et nos sujets de joie, nous pouvons aussi avancer, évoluer, défricher de nouveaux espaces, entrer en relation et en dialogue, servir…

Cette qualité de déesse et de reine n’est pas pour se faire servir en regardant de haut les autres, cette dimension est faite pour que nous nous sentions responsables d’autres personnes, pour créer, faire progresser la justice et la paix en ce monde. Dieu lui-même est comme cela, lui, le roi des rois, est créateur pour augmenter la vie et pour aider chacune et chacun, pour l’écouter, l’accompagner. Comme nous ne sommes pas Dieu, il nous revient donc de chercher notre propre vocation.

Dieu ne veut jamais nous humilier ni nous culpabiliser, mais nous aider à prendre conscience de notre incroyable valeur, et que cela nous encourage à faire de belles choses en ce monde.

Accueillir le soutien de l’Esprit de Dieu

Un grand bravo de faire une place à Dieu dans votre espérance. J’aime beaucoup cette citation que vous faites d’un conseil de l’apôtre Paul : « N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu » (Éphésiens 4:30). C’est exactement cela : si nous nous prenons pour Dieu, ce n’est pas que cela fâcherait Dieu, mais cela l’attristerait car cela est un poison dans notre conscience, alors que l’Esprit de Dieu en nous est bénéfique : à la fois il nous fait sentir que nous sommes fils ou fille de Dieu, d’une valeur infinie, et en même temps il nous fait sentir que c’est bien Dieu qui est au-dessus de tous, en tous. Il est donc bien utile de s’encourager et de se laisser encourager par l’Esprit de Dieu. La prière est un bon exercice pour cela, pour nous ajuster.

Je suis profondément désolé que vous n’ayez pas reçu dans votre enfance tous les encouragements qu’une enfant devrait recevoir. Vous avez trouvé en Dieu un parent qui vous aime comme sa fille bien-aimée. Et vous répondez à son amour par votre amour, vous entendez au fond de vous sa joie de voir votre bonne personnalité et de vous voir bien vivante et en relation avec lui. Tout cela est excellent et bien inspirant pour nous.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

pasteur Marc Pernot

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