
Péché « mortel » : faut-il une confession pour être pardonné ?
Existe-t-il un « péché mortel » nécessitant confession et sacrement pour obtenir le pardon ? Un pasteur protestant explique pourquoi Dieu pardonne directement, et pourquoi guérir son être profond et réparer envers les victimes comptent autant que le pardon lui-même.
Question posée :
Bonjour à vous mon Père,
Je me pose une question assez simple : comment être pardonné d’un péché « mortel » (avec une confession ? un sacrement ?), et est-ce que les confessionnaux sont toujours ouverts en cette période, et quel est leur but ?
Merci d’avance pour votre future réponse.
Cordialement,
Réponse d’un pasteur :
Bonjour Monsieur,
Cette histoire de « péché mortel » a été inventée par des théologiens au cours des siècles.
Le Christ n’a jamais parlé de cela. Il a annoncé le pardon de Dieu, son amour même pour ses ennemis. Jésus n’a pas condamné, par exemple, la femme adultère, qui n’a rien fait pour mériter ce pardon : il la bénit et l’envoie en paix vers une meilleure vie.
Dans notre façon d’être chrétien (le protestantisme), nous n’avons pas l’obligation de nous confesser à un homme, mais directement à Dieu, ce que nous pouvons faire en confiance, puisqu’il nous aime comme son enfant.
Au-delà du pardon : deux questions essentielles
Cela dit, la question du pardon n’est pas tout. Il reste deux questions essentielles :
- La question est de guérir notre être profond. Si on a péché, c’est déjà que quelque chose dans notre être n’était pas très en forme. Et le fait d’avoir péché n’arrange pas les choses, bien au contraire : cela creuse encore en vous le chemin d’un chaos qui prend de la force. La question est d’avancer, de cheminer, de soigner le pécheur que nous sommes ; la question est de changer ce qui ne va pas.
- La question est aussi celle des victimes éventuelles de notre faute. Si cela est possible, reconnaître notre faute devant la victime peut être extrêmement important pour elle. Et réparer, si possible, ce qui a été commis, comme Zachée dans l’Évangile, qui va plus que dédommager les victimes de ses vols.
Bravo de vouloir avancer ainsi sur un beau chemin de vie, avec l’aide de Dieu.
Il vous pardonne, vous relève, vous bénit et vous accompagne.
par : Marc Pernot, pasteur à Genève
À lire aussi : cette question d’une autre personne, récemment.
En écho à ce texte :
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Le pardon de Dieu ? Pour soi ? Et quoi pour la victime ?
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Confesser son péché à Dieu suffit-il, ou faut-il aussi en parler à quelqu’un ?
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Quelles sont les conditions pour obtenir le pardon du Christ ?

Bonjour Pasteur ,dans une lettre de Saint Jean il nous dit que « Ceux qui sont née de Dieu » ne peuvent pas pêché or nous savons que nous sommes tous pécheurs comment expliquer cette phrase ? De plus il nous demande de ne pas prier pour ceux qui sont en état de pêché mortel mais cela est injuste car justement nous devons le plus prier pour cela car il est si facile de tomber malgré toute notre bonne volonté.
Jean n’est pas idiot, il sait bien qu’il n’existe pas un seul juste.
Par conséquent, c’est la bonne part de chacun dont il parle ici. Comme dit dans cette lettre, celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. Mais personne n’aime à 100% (sauf Dieu), par conséquent, il s’agit de ce qui aime (en chacun) qui est né de Dieu et ce qui est méchant ou mort dans la personne est par contre éloigné de Dieu. Et nous sommes tous à la fois l’un et l’autre.
Jésus prie pour les soldats romains qui viennent de le crucifier et qui se moquent de lui. Vous avez donc raison, il est bon de prier même pour un pécheur. Mais peut-être que l’on pourrait dire de ne pas prier en faveur de la haine qui est dans une personne, on prie plutôt que cette haine faiblisse, disparaisse. Et on prie en faveur de l’enfant de Dieu qui existe dans cette personne, qu’il se développe, s’épanouisse.