Illustration : personnes âgées allant faire les courses au bras l
Ethique

Est-ce que ça suffit de confesser son péché à Dieu, ou est-ce que je dois en parler à quelqu’un ?

Par : pasteur Marc Pernot

Illustration : personnes âgées allant faire les courses au bras l'un de l'autre - Image parMabel Amber, still incognito... de Pixabay

Question posée :

Bonjour Pasteur,

J’espère que vous allez très bien avec la grâce de notre Dieu. Je suis contente de vous écrire parce que je n’ai personne a qui faire part de mes peurs à part Dieu, mais parfois on a besoin d’une personne comme nous pour en parler. Y a pas trop longtemps que j’ai senti dans mon cœur devoir parler d’un péché que j’ai commis, mais c’est un péché pour lequel j’ai demandé pardon a Dieu presque tous les jours. Je pense que j’ai été pardonné mais la ça vient encore et encore dans mon cœur et presque tous les messages que j’écoute ou que je lis me rappellent que je dois confesser ce péché a la personne contre qui j’ai péché. Je n’ai jamais parlé a personne de ce péché mais j’ai confessé a Dieu je ne sais combien de fois.

Et puis, est-ce que ça suffit de confesser son péché à Dieu, ou est-ce que je dois en parler à quelqu’un ? A chaque fois que j’ai envie de parler de ce péché à quelqu’un, il y a quelque chose dans mon cœur qui me dit que ce n’est pas nécessaire d’en parler a un humain comme moi quand je peux parler a Dieu qui lui seul peut me pardonner et qui ne me jugera pas.

Mais pourquoi a chaque fois que j’entends une parole de Dieu ou que je prie, ou je sens que ce seul péché est toujours dans mon cœur? Est ce parce que c’est un péché humiliant et que j’ai peur de me faire juger par cette amie, ou par d’autre personne? Je pense que quand Dieu te demande de faire une chose il met la force en toi pour le faire, moi tout ce que je veux c’est lui obéir, mais je n’arrive pas à savoir si c’est lui qui me parle ou si c’est ma conscience parce que je n’aurais pas du faire ce péché?

Je ne sais plus quoi faire, mais je n’en peux plus de ne pas avoir le cœur en paix.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir et bon courage.

Bravo de vouloir avancer et de compter sur l’aide de Dieu pour cela.

C’est vrai qu’arriver à se pardonner à soi-même une faute que l’on a faite est souvent une des choses les plus difficiles. Vous avez parfaitement raison, Dieu a certainement pardonné. Son amour pour vous est même au delà du pardon. Jamais il n’a perdu la soif de vous voir être heureuse, et d’avancer dans le chemin de la vie. Donc, quand nous faisons une faute, il est déçu, bien entendu, mais sa réaction (nous dit Jésus) est alors celle d’un médecin devant quelqu’un qui a de la fièvre, il espère nous aider à être mieux portant. Or, le fait que vous ayez pris conscience qu’il y avait un problème dans cet acte est déjà un bon signe, cela montre que vous avez une conscience éveillée et que vous avez le désir de progresser. Mais ce que Dieu espère, précisément, c’est que vous puissiez avancer, et donc vous pardonner à vous-mêmes, ne plus souffrir de cette histoire ancienne.

C’est vrai que ce n’est pas facile de se pardonner à soi-même. Vous avez raison de demander à Dieu de vous aider à vous pardonner. Il y travaille, c’est comme un chemin de guérison, de cicatrisation.

Et il peut effectivement arriver, vous avez raison, que cela aide vraiment de confesser sa faute à quelqu’un de confiance ce que vous avez sur le cœur et qui ne passe pas. Ce n’est pas Dieu qui aurait besoin de cela. Jésus nous dit qu’il est comme un berger qui jamais ne cesse d’aimer et de chercher même la plus perdue des brebis perdue, que Dieu est comme un père qui jamais ne cesse d’attendre les bras ouvert le plus mauvais de ses enfants (Luc 15). Dieu est plus proche et plus bienveillant que toute personne proche et bienveillante pour vous. Mais parfois on a besoin de s’entendre dire l’amour de Dieu quand notre cœur est vraiment troublé, et pour cela il est parfois utile de confesser son péché à quelqu’un. Parfois on a besoin aussi d’un regard extérieur pour nous ouvrir les yeux sur nous-mêmes, et aller plus loin que la simple faute, mais nous aider à voir peut-être la source de cette faute, mais encore de nous dire que malgré tout cela, nous sommes une personen aimée, et donc une personne aimable. Et vous avez aussi raison de bien réfléchir à la personne à qui vous en parlerez, telle personne peut vous mépriser, telle personne peut en profiter pour vous menacer du jugement de Dieu (alors que ce jugement est bien entendu l’amour)…

Peut-être que cette faute vous reste sur le cœur car vous penseriez pas avoir fait le nécessaire vis à vis d’une personen que vous auriez blessée dans votre passé ? C’est vrai qu’il est parfois utile et bon d’aller vers une personne à qui l’on a fait du tort et de faire ce que l’on peut pour au moins marquer notre regret et le marquer non seulement par un mot (ce qui est déjà bien), mais aussi par un geste, ne serait-ce que symbolique. Mais attention : ce n’est pas toujours bon d’avouer à la personne une faute que l’on a fait contre elle. Il faut le faire uniquement si le fait de le dire est plus constructif, si cela fait plus de bien que de le taire. La « confession » n’est pas obligatoire dans le protestantisme, mais c’est possible, et cela arrive effectivement de temps en temps. J’ai souvenir d’un monsieur très âgé qui était venu se confesser auprès de moi qu’il avait trompé sa femme avec une collègue pendant un an… trente ans auparavant, et il me demandait s’il devait demander pardon à sa femme pour pouvoir être pardonné par Dieu. Je ne suis pas du tout certain que cela aurait fait du bien à sa femme d’apprendre cela (il m’a confirmé que non), pas sûr non plus que la souffrance qu’il lui infligerait avec cette vieille histoire l’aiderait, lui, à se pardonner à lui-même. Et en tout cas, ce dont je suis certain c’est que Dieu n’attend pas cela pour lui pardonner. Car pour Dieu, ce qui compte, c’est que chacun puisse avancer : le coupable et la victime. Et que lui, avait bien progressé en renouant avec la fidélité par lui-même.

Je me demande si ce n’est pas un peu trop de parler à Dieu de cette faute tous les jours comme vous le faites. Je pense que vous l’avez fait et bien fait. Maintenant, il me semble que vous avez bien d’autres choses à envisager devant lui et avec lui que cette histoire passée. Il y a tant de belles choses encore à vivre, tant de beaux gestes à faire, tant de louange à porter, tant de gratitudes à avoir, tant de projets à inventer avec son aide et son éclairage. Non ?

En tout cas, bon courage, bonne route
Dieu vous bénit, et il vous donne la paix.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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9 Commentaires

  1. gloria dit :

    je vous remercie grandement pour votre article. j’avais besoin de ce message ci car j’étais je peux maintenant dire j’étais dans cette situation et je me demandais sil faut tout avouer ou pas car j’ai avoué le péché de manière essentielle à la personne a qui j’ai fait du tord je ne suis pas entrer dans les détails et des lors je men voulais beaucoup yavait comme une voix qui me forçait à tout dire et qui comme dans l’exemple de la personne qui a posé le problème pensait que le pardon de Dieu était lié au pardon de la personne a qui on a fait du mal. et je le sais le pour et le contre et je me croyais une menteuse de navoir pas tout dit et sur votre site Pasteur je me rend bien compte que parfois il est inutile d’avouer a une personne si ca va la détruire et que le pardon de Dieu est disponible et cest lui qui reste et que justement DIEU EST TELLEMENT BIENVEILLANT ET TELLEMENT FIDÈLE QUIL NE PEUT ME TRAHIR. et c’est pourquoi il faut soit bien choisir a qui se confier ou alors ne rien dire tout simplement. je reçois yen grande libération à travers votre explication
    vraiment une grande libération un fardeau qui tombe. Merci Pasteur Merci à la personne qui a posé le problème et Merci Au Seigneur au SANG de JESUS et au Saint Esprit

    1. Marc Pernot dit :

      Merci pour ces encouragements.
      Oui, étant pardonné, nous sommes libérés et accompagnés par Dieu afin de faire du bien à ceux qui souffrent et à ceux qui auraient besoin de nous pour avancer en paix.
      En particulier pour une personne que nous aurions blessée.
      Dieu vous bénit et vous accompagne.

  2. Cédric NIZIGIYIMANA dit :

    Amen, je trouve cet article très édifiant! Que Dieu vous bénisse!

  3. Ray dit :

    Ma question est la suivante : qu’est ce qui ferait plus du mal à cette personne qu’on se tait à lui dire la vérité, le fait qu’elle apprenne cette vérité d’elle même ou de nous? Quel serait l’impact d’une découverte de sa part?? Car trop ou tard la vérité fini toujours par éclaté, la lumière finit toujours par luire.

    1. Marc Pernot dit :

      Bonne question.
      Non, la vérité ne finit pas toujours par se savoir.
      Mais si le risque existe, mieux vaut effectivement faire preuve d’humilité, demander pardon avec une profonde sincérité, et assumer les conséquences. En particulier en faisant tout son possible pour que la ou les victimes souffrent le moins possible.

  4. Trice dit :

    Bonjour bien aimé dans le Seigneur.

    J’ai une question qui va dans le même sens.
    Je voudrai savoir, pour un chrétien qui est déjà passé par les eaux du baptême, s’il arrivait qu’il commette un péché tel que la fornication ; serait-il obligé de le confesser à son pasteur où à l’assemblée entière ?

    1. Marc Pernot dit :

      Bien sûr que non.
      Ni l’église ni le pasteur n’ont à se placer en médiateurs entre Dieu et le fidèle. Nous n’avons pas d’autre médiateur que le Christ, et il nous réconcilie avec Dieu, directement.
      C’est en même temps plus simple et bien plus exigeant. C’est donc devant Dieu, directement, que le chrétien se tient, en sincérité, dans la repentance et dans la confiance.
      La question est bien sûr la faute, mais c’est le moins difficile car Dieu pardonne. Mais la question c’est la personne avec qui vous avez couché, est-ce que vous comptez ensemble bâtir un vrai couple stable et fidèle ? Ou si c’est que vous vous êtes laissé gouverner par la seule recherche du plaisir ? C’est là que vous avez besoin d’un acte de cration de Dieu poru vous donner plus de force, plus de fidélité à vous même, à votre conscience.
      Dieu vous bénit et vous accompagne
      Vous vous êtes laissé allé à faire quelque chose que vous ne vouliez pas faire ? Cela demande effectivement à Dieu de

  5. Israël Nsapu dit :

    Bonjour pasteur !
    Si j’ai fais une bonne chose pour quelqu’un avec des mauvaises motivations, et qu’après je me suis reprocher et demandé pardon à Dieu. Dois-je dire où avouer à la personne les mauvaises motivations que j’avais en faisant ce qui était bien ?

    1. Marc Pernot dit :

      Bonsoir
      Je ne pense pas que ce soit très utile pour la personne que vous lui disiez cela.
      A mon avis, c’est la question qu’en tout cas vous pouvez vous poser.
      Pour ce qui est de votre propre progression, votre lucidité est une bonne chose. A condition de ne pas être dans une culpabilisation de vous même non plus. Vous n’avez fait de tord à personne, vous avez même aidé une personne, et vous avez progressé vous-même dans votre façon d’être à cette occasion. Dieu est pardon. Tout va bien.
      Ensuite, je ne sais pas ce que vous entendez par « mauvaise motivation » :

      • si effectivement c’est le fait de vouloir abuser de la personne, c’est effectivement pas bon.
      • Si c’est pour le plaisir personnel de faire le bien, c’est moins bien que de rendre service par pur désir de voir l’autre se porter mieux, mais ce n’est pas non plus super mauvais. On a le droit de prendre plaisir à faire le bien.

      En tout cas, Dieu vous bénit et vous accompagne

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