Michel Chatelain : la joie de voir la paix de Dieu au sein de notre famille

Michel Chatelain - EPGMichel Chatelain est un des directeurs de l’Eglise Protestante de Genève, responsable des ressources humaines.
 

Quelques mots pour me présenter, marié et heureux de l’être, et heureux père de deux enfants engagés dans la foi (malgré toutes mes imperfections).

Contexte familial et social

Un parcours personnel et professionnel relativement atypique, mais qui à chaque fois que je peux l’observer ne tient pas du hasard ni de ma volonté seule. Issu d’une famille de deux enfants, mes parents nous ont élevé dans la foi chrétienne mais hors Eglise. Souvent seul protestant de la classe (en Normandie) j’ai débuté un parcours de foi varié qui m’a amené à grandir en ayant des relations avec des frères et sœurs (réformés, évangéliques, catholiques, en bref des chrétiens…) quelle belle diversité de révélations et complémentarité dans la famille de Dieu ! Ce dont je peux témoigner dans ma vie arrivé à 59 ans, donc plus de première fraicheur ! se base sur le texte suivant :
« Car je connais les projets que j’ai formé pour vous dit l’Eternel, projets de paix et non de malheurs afin de vous donner un avenir et de l’espérance » Jérémie.

Je ne n’ai pas reçu un appel pointu par rapport à une mission spécifique, mon parcours de vie (conduit et orienté même si je ne l’ai pas toujours vu ! ) m’a toujours amené à être un homme de relations, quelqu’un qui construit des ponts… qui rencontre des frères, des sœurs, des clients, des candidats, des collaborateurs, des chrétiens, des non chrétiens… Dieu m’a fait cette grâce d’avoir de l’intérêt et chercher ce qui me parle en l’autre… et d’oser dire que je suis chrétien. La partie visible de ma personne offre un aspect « rassurant » solide, sûr de lui, j’ai toujours été frappé lorsqu’on me parle de ma petite femme, qui est certes bien plus féminine et fine que moi, mais d’un discernement spirituel souvent plus affuté que le mien.

Un virage !

Grand imbécile que je suis ! J’avais coutume de dire qu’au niveau physique j’étais « solide et indestructible », jusqu’à 50 ans assez vrai, et puis après 3 descentes aux urgences pour de fortes douleurs, l’indestructible prend du plomb dans l’aile… Je me souviens du matin ou après avoir passé une nuit de plus aux urgences, devant le flou du diagnostic, j’ai demandé à signer une décharge pour sortir. Ma femme est arrivée à ce moment et s’est adressée au médecin en lui disant : « ce dont souffre mon mari est grave et vous aurez la réponse au scanner »… Il n’est pas du tout son caractère d’être autoritaire. Interloqué l’interne accepta le scanner. Ce brave médecin, mal à l’aise après le diagnostic et un deuxième scanner à fait intervenir un « gradé » puis départ soins intensifs, et un grand moment de solitude pour épouse et moi témoins d’u débat « live » entre ceux qui voulaient opérer et ceux qui étaient totalement contre…

Ce n’est pas le temps pour aller dans les détails médicaux mais qu’ai-je pu voir et vivre : Une révélation, mon épouse avait longuement prié et avait reçu cette conviction de gravité et de diagnostic via scanner ! La confrontation avec une possible « sortie de piste de ma présence sur terre », avec cependant la joie de voir la paix de Dieu au sein de notre famille, et de voir que ma foi personnelle, ne s’était pas fissurée mais renforcée. Un temps de présence « béni » pendant la période d’hôpital, dans le dialogue et la proximité du Christ et de l’Esprit. Et après, un chemin professionnel qui m’a amené à dire assez rapidement à mes associés, je vais mettre le nez à la fenêtre car je souffre d’un problème de sens et j’ai envie d’autre chose… La suite vous la connaissez, un chemin par rapport à la foi réformée, et l’engagement à un poste de direction qui de manière cartésienne n’avait aucune raison de se faire, tant de la part de l’Eglise, que de ma part… Je suis donc désormais dans ce rôle au service de… avec une compréhension diaconale de la chose… pour la suite du parcours, adressez-vous en haut, je ne fais plus de pronostics.

Conclusion non définitive

Dans cet avenir et cette espérance Dieu se révèle fidèle, à partir de cette phrase du dialoguiste de cinéma Michel Audiard qui fait dire à l’un de ses acteurs « Heureux les fêlés car la lumière passe au travers d’eux ». Comme tout homme, Je suis un homme fêlé dans certains domaines, fragile, inquiet, parfois tourmenté, mais jour après jour dans la prière, la lecture de la parole, j’ai reçu et pu avancer grâce cette présence de l’Esprit Saint en direction de Dieu et du Christ. Etre disciple du Christ, formulation probablement bien évangélique, mais qui me parle et me conduit jour après jour, avec ces questions « suis-je aligné au Christ, quel est mon décalage entre parole, cœur et vécu… Que penses le Christ de ce que je fais, je dis » ?
Je crois et je vois ce chemin qui se précise année après année, cette marche qui se poursuit, une vie qui jour après jour se transforme et cette conviction de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ qui s’incarne, se vérifie, se déploie. La vie de disciple n’est pas un parcours facile et sans histoire, mais jamais je n’oublie que Dieu a choisi de faire avec nous et avec son Eglise et cela fait une sacré différence. Comme le dirait un célèbre retraité outre atlantique Yes, we Can avec cet avantage indéniable, Dieu n’est pas retraité mais bien actif et vivant ! »

EPG Info – Septembre 2017

Print Friendly, PDF & Email

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *