
Fausse couche, sanction divine ? Non, jamais
Un pasteur a présenté une fausse couche comme une sanction divine, exigeant repentance en échange d’un futur enfant. Marc Pernot dénonce une manipulation par la peur et rappelle que Dieu, loin d’être responsable du mal, est le Dieu de la vie qui accompagne le deuil sans jamais l’exiger comme condition.
Question posée :
Bonjour pasteur,
J’ai récemment quitté une communauté dans laquelle j’ai vécu des événements troublants qui me marquent encore. J’aimerais avoir votre position théologique et pastorale sur ce qui m’est arrivé et sur ce qui y était enseigné.
Un jour, une jeune femme de ce groupe a fait une fausse couche après s’être mise en colère. Le pasteur lui a assuré que c’était une sanction de Dieu, mais qu’en demandant pardon, le Seigneur lui redonnerait exactement cet enfant plus tard. Deux ans après, elle mettait au monde une petite fille.
Par la suite, ce même pasteur a énoncé une prophétie affirmant que les enfants nés après 2012 n’auraient que très peu de chances d’être sauvés, sauf si leurs parents avaient une foi et une éducation chrétiennes exemplaires. Malgré la crainte suscitée par ce message, nous avons confié notre projet d’enfant à Dieu, mais j’ai fait une fausse couche à mon tour. Le pasteur m’a alors parlé d’une protection divine, m’affirmant qu’Il me redonnerait aussi cet enfant. Bien que sceptique, j’avais tellement envie d’y croire.
Un peu plus d’un an a passé. Des examens médicaux ont révélé que j’avais une brèche utérine suite à une ancienne césarienne, et j’ai dû me faire opérer. Je me pose aujourd’hui de profondes questions : Dieu agit-Il vraiment de cette façon en cas de fausse couche, en punissant ou en protégeant ainsi ? Redonne-t-Il réellement le même enfant, ou chaque vie est-elle unique avec un vrai deuil à vivre ? Enfin, que penser de cette prophétie culpabilisante sur les enfants nés après 2012 ?
Je vous remercie d’avance pour votre aide et vos éclairages.
Soyez béni !
Réponse d’un pasteur :
Bonjour Madame,
Vous avez bien fait de quitter cette communauté.
Une manipulation par la peur
C’est à mon avis totalement de la manipulation, et pire : de la manipulation par la menace, par la peur, par la torture.
- C’est extrêmement cruel de rendre cette femme responsable de la mort de son enfant en gestation.
- C’est criminel de faire passer Dieu pour un assassin, capable de tuer un embryon innocent pour la faute supposée d’une autre personne.
- En plus, ce pasteur se fait passer pour la bouche du Très-Haut ?
Le Dieu de la vie n’est pas responsable du mal
Le Seigneur veut le meilleur pour vous et pour votre famille. Il est le Dieu de la vie, et s’il y a quelque maladie ou dysfonctionnement, ce n’est jamais par sa volonté. Il nous aide et nous encourage à nous soigner, et à chercher les solutions. Et il lutte avec nous, jamais contre nous, ni contre une jeune vie qui ne demande qu’à vivre.
Et si la maladie est la plus forte, ce qui arrive hélas, c’est malgré la volonté de Dieu ; mais néanmoins il nous aide à continuer notre route, par un autre chemin où il nous bénira aussi.
Chaque enfant est unique : le droit au deuil
Ce n’est jamais le même enfant qui peut naître après la mort d’un autre. Chaque enfant est unique. C’est aussi une question de biologie : chaque ovule, chaque spermatozoïde est un peu différent. Les enfants sont seulement frères ou sœurs. C’est pourquoi on est bien en droit de pleurer et de prendre le deuil après une fausse couche. Il arrive de donner un nom et de faire une cérémonie pour entourer la famille dans ce deuil. Quant à l’enfant disparu ou non né, Dieu est assez grand pour s’occuper de la suite. Il sait ce qu’il a à faire, et il le fera bien.
N’ayez aucune crainte de Dieu, il est d’un amour infini, même pour les pécheurs que nous sommes tous.
Fuyez les mauvaises compagnies.
En écho à ce texte :
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J’ai fait des fausses couches et on me dit que pour régler cela nous devons nous repentir.
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Pourquoi Dieu laisse-t-il mourir des enfants ? Une mère terrorisée à l’idée de perdre les siens
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Beaucoup de proches disaient que Dieu nous punissait en nous empêchant d’avoir un enfant !

Certains religieux ont une maladresse dans leurs dires. Certains font même de l’orgueil spirituel considérant que toutes leurs pensées sont bonnes puisque envoyées par l Esprit Saint. Et ils abondent dans leurs façons d être auprès de multiples personnes , sachant que ces dernières ne peuvent pas la plupart du temps contredire, sauf après résultat. S ils avaient solution en tout , ça se saurait et les églises et temples seraient bondées de fidèles en remerciement.
Dieu agit à sa propre façon, tout en voulant notre bien. Mais ce » bien » , ce bonheur qu il veut nous donner n est pas toujours comme on peut l attendre.
Il y a un verset qui en témoigne grandement en ce sens » mes pensées ne sont pas vos pensées, ma façon d agir ne ressemble pas à la vôtre, etc…. « .
Pourtant il veut notre bonheur selon sa propre volonté et il n est pas fautif de ce monde en souffrance. Il nous donne son fils Jésus chaque jour pour mieux vivre, espérer et accomplir notre développement personnel.
C’est normal qu une personne ayant un problème se fasse conseiller , pour le malade auprès du médecin, et pour le point de vue spirituel auprès d un pasteur ou prêtre. Mais dans les deux cas, ce ne sont que des hommes, des êtres imparfaits.
Ce pasteur a oublié qu’il devait partager l’amour du Christ. Son rôle est d’apporter du réconfort à cette femme et non pas de la blâmer ce que Jésus n’aurait jamais fait
La question, c’est que même si l’on ne tombe pas sur un pasteur comme cela, quand nous vient une catastrophe nous avons facilement tendance à nous demander « qu’est-ce que j’ai fait au bon dieu pour que ça me tombe dessus », et de nous en rendre plus ou moins responsable. Parfois, ce prédicateur moraliste est dans notre tête.
Ah, celui-ci, je ne le connais que trop bien… un tantinet satanique d’ailleurs, ce juge interne féroce et impitoyable😉