Je tiens à ma maison de vacances, mais Christ n’a-t-il pas dit de tout donner aux pauvres ?

Illustration : un chalet à la montagne - Image: 'Les Fermonds' by Jeanne Menjoulet https://creativecommons.org/licenses/by-nd/2.0/ http://www.flickr.com/photos/96925387@N00/42977224892

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Monsieur,

Mon mari et moi (92 et 79 ans) avons travaillé et avons pu nous acheter un appartement que nous habitons. Au décès de ma mère j’ai hérité d’un chalet dans le Valais.

J’essaie d’être une bonne chrétienne, de partager, d’aider les défavorisés par du bénévolat et par des dons à des associations comme Amnesty, handicap
international, CICR, etc. Mais j’ai toujours mauvaise conscience quand je pense à tout ce qu’on lit dans la bible comme par exemple le jeune homme qui faisait du bien mais n’arrivait pas se débarrasser de tous ses biens pour suivre Jésus, etc. Que faire, nous aimons habiter notre appartement, je tiens à ce chalet où nous allons en famille avec nos enfants.

Je prie pour recevoir une indication du ciel, mais rien ne vient. Peut-être pouvez-vous m’éclairer.

Dans l’attente de votre réponse, je vous adresse mes meilleures salutations et vous remercie d’avance

Réponse d’un pasteur :

Chère Madame, cher Monsieur,

Bravo pour cette sincérité, cette foi, cette recherche de la vérité.

Jésus n’est absolument pas un moraliste. Ce qu’il suggère c’est d’aimer Dieu (ce que vous faites manifestement), d’aimer votre prochain (ce que vous faites manifestement aussi), et encore de s’aimer soi-même car sinon ce serait impossible d’aimer qui que ce soit d’autre.

Quand Jésus dit au jeune homme riche qui désire être parfait « va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres », c’est manifestement ironique. Car personne ne peut TOUT donner, sinon il devrait donner jusqu’à l’air qu’il respire et l’eau qu’il boit. C’est ainsi que Jésus torpille le moralisme. Oui, le don est une bonne chose, mais quel est le montent du don selon Jésus ? Pour être parfait (si nous étions Dieu) nous serrions appelés à tout donner (ce qui serait possible puisque nous serions non matériel). Mais voilà que nous ne sommes pas Dieu. Et c’est à chacun de nous de déterminer combien il choisit de donner. Nous ne sommes pas sous la loi mais sous la grâce. Dieu ne nous aimera pas plus si nous donnions plus, et il ne nous aimera pas moins si nous donnions que très très peu.

C’est à chacun de déterminer ses engagements, donc, et de le faire tranquillement, sans pression, en fonction des circonstances et de ce que l’on pense être sa vocation à ce moment là : selon les rencontres, les personnes, les besoins.

C’est pourquoi, habituellement, je ne dis jamais à quelqu’un qu’est-ce qu’il devrait choisir. Mais en lisant votre mail, cel m ‘a beaucoup touché et je ne peux résister à vous dire mon intime conviction que vous devez garder ce chalet. Bien sûr.

Dieu vous bénit et vous accompagne.
Vos proches ont bien de la chance d’avoir autour d’eux de si belles personnes. Ah s’ils pouvaient être inspirés par votre foi si vivante.

Bien amicalement

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Réponse du visiteur :

Bonjour,

Merci, merci pour votre réponse apaisante. Je crois que je dormirai mieux dorénavant ! ça me tracassait depuis longtemps mais je gênais d’en parler aux pasteurs de notre paroisse – avec l’anonymat c’est plus facile !

Ce midi nous rencontrons notre petite-fille (qui elle-même a un enfant) qui est très tiède au sujet de la foi ! nous cherchons toujours le bon moment pour essayer de la « motiver » !

J’ai donc imprimé les passages importants de ce site pour les lui donner, et vais lui dire que nous voudrions être l’étincelle de foi pour elle et les siens. Peut-être, peut-être sera-t-elle touchée. Que Dieu, son Esprit ou ses anges gardiens veulent bien s’en mêler.

Cordialement

Réponse d’un pasteur :

Bravo à la grand mère !

Attention cependant : selon la sagesse paysanne, on ne fait pas pousser l’herbe plus vite en tirant dessus !
Peut-être que vous pourriez lui dire que vous avez récemment découvert ce site et que ça vous passionne, vous. Ou laisser traîner une bible, peut-être le texte d’une prédication… Et ne pas trop faire la leçon.

Les jeunes de 30 à 40 aujourd’hui sont à mon avis nombreux à s’intéresser à la recherche de sens et de spiritualité. Seulement, ils n’aiment pas trop qu’on leur dise ce qu’ils devraient penser ou faire. Ils n’ont pas tord, à mon avis. C’est un bon mode d’emploi de l’église.

Amicalement

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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