
Vivre en couple sans être marié : est-ce un péché mortel ?
Une femme vivant en couple non marié avec deux enfants se demande si elle vit dans le péché, après qu’un voisin l’a jugée et lui a réclamé la bénédiction de ses parents maltraitants. Un pasteur répond sur le jugement, la vraie source de la bénédiction et ce que Dieu regarde réellement dans un couple.
Question posée :
Voilà 12 ans que mon conjoint et moi vivons ensemble, nous avons failli nous séparer mais l’amour que nous éprouvons l’un pour l’autre fut plus fort. Nous voulons nous marier mais financièrement c’est très dur. Peu à peu j’ai retrouvé la foi, elle est même plus grande qu’avant.
Alors que nous avons eu deux enfants ensemble, maintenant je me remets en question sur ce que Dieu attend vraiment de moi, d’autant que mon conjoint est athée. Est-ce un péché mortel aux yeux de Dieu de vivre ainsi ?
Un voisin très croyant nous a dit que nous ne devons plus vivre ainsi, que nous devons nous marier et demander la bénédiction à mes parents. Que c’est un péché mortel. Mais ma mère ne me parle pas et s’est montrée violente avec l’un de mes enfants, alors qu’elle m’avait demandé pardon car, petite, elle ne m’a pas protégée contre la maltraitance de mon beau-père. D’après mon voisin très croyant, je devrais appeler mes « parents » pour leur demander leur bénédiction. Mais face à ça, je manque de foi et de courage, et je prie Dieu pour qu’il touche leur cœur et qu’ils se repentent en demandant pardon.
Alors, que pensez-vous de tout ça ? Est-ce que ma vie maritale est un réel péché pour Dieu ? Et dois-je vraiment demander la bénédiction de mes parents pour me marier ?
Réponse d’un pasteur :
Chère madame,
Ne pas se laisser juger ni culpabiliser
Même si votre voisin est très croyant, et qu’il est plein de bonnes intentions pour votre vie, il ferait mieux de ne pas agir ainsi. Car ce n’est pas une façon correcte de vivre : on ne culpabilise pas les gens, on ne les juge pas, car nous ne sommes pas Dieu et seul Dieu connaît les cœurs, connaît les difficultés et les circonstances particulières de chaque vie. Le Christ lui-même n’agit pas comme un redresseur de torts.
Ce que je pense, c’est que vous ne devriez pas écouter ce genre de mauvaises paroles. Que ça entre par une oreille sans être écouté. C’est avec Dieu directement que vous avez à traiter pour décider de faire au mieux dans votre situation personnelle. C’est à lui que vous pouvez demander pardon et demander conseil, en ayant confiance dans son amour, son pardon, sa compréhension bienveillante.
De plus, ce que dit ce monsieur n’est pas fidèle à l’Évangile du Christ. Désolé pour ce monsieur « très croyant ».
Pourquoi ce voisin se trompe
- D’abord parce que le Christ lui-même parle de ce genre de « croyants » qui adorent se mettre à la place de Dieu ou du Christ pour faire la leçon aux gens. Jésus les interpelle durement en disant : « Ne jugez pas les autres… Comment oses-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte d’abord la poutre qui est dans ton œil, et alors tu verras plus clair pour ôter la paille de l’œil de ton frère. » (Matthieu 7:1-5).
- Ce « monsieur très croyant » a tort sur un second point : il n’y a pas un mot dans les 4 évangiles du Christ qui obligerait à demander la bénédiction de ses parents pour choisir son conjoint. C’est juste une habitude humaine dans certaines cultures. Le « Honore ton père et ta mère » de la Loi de Moïse est tout autre chose. L’amour vient de Dieu, votre amour est fort et vivant. Ce qui compte, c’est que vous qui êtes croyante marchiez dans la vie quotidienne la main dans la main avec ce Dieu qui fait vivre. La preuve qu’il vaut mieux demander à Dieu sa bénédiction plutôt qu’à ses parents pour savoir qui épouser, c’est que Dieu est toujours bon alors qu’il existe des parents maltraitants. Les enfants comme vous, ayant subi de graves mauvaises choses dans leur enfance, seraient ainsi condamnés par ce « monsieur très croyant » à continuer à subir cette maltraitance jusque dans leur projet de famille ! Quelle folie.
Face à des parents maltraitants : ne pas culpabiliser
Bravo pour votre cheminement de foi, et pour votre cheminement de vie. Ce n’est pas facile d’avoir vécu une enfance un peu dure. Mais vous avancez. N’allez pas vous remettre sous leur pression malsaine. Seulement, s’ils avaient besoin d’aide, aidez-les si vous en avez la force, ou faites-les aider si vous le pouvez. Dieu fait ce qu’il peut pour les toucher, mais ce qu’il leur faudrait, c’est surtout des soins médicaux, probablement. Il arrive souvent que ce chemin de soin psychiatrique ne soit possible qu’après un dépôt de plainte et une condamnation par la justice des coupables, parce qu’avant cela ils ne saisissent pas bien que ce qu’ils ont fait est grave et révèle qu’ils sont malades. En tout cas, vous n’avez absolument pas à vous sentir coupable de ne pas avoir de relations avec des personnes qui vous ont fait souffrir aussi gravement, surtout dans votre enfance quand on est le plus faible, et qui ont poursuivi en faisant souffrir votre enfant. Chacun fait selon ses forces, et vous avez déjà énormément subi comme cela. Vous n’avez pas non plus à vous sentir coupable de ne pas arriver à leur pardonner ce qu’ils ont fait. Il y a des actes qu’on ne peut accepter, qu’on ne peut minimiser. Mais ce que l’on peut espérer, c’est que vos blessures cicatrisent et deviennent moins douloureuses. C’est cela, le pardon. Et que vous ne leur vouliez pas de mal.
Le mariage n’est pas une question d’argent
Pour ce qui est du mariage, par contre, je ne vois pas très bien en quoi la question de l’argent compterait tellement. Je suis d’accord que c’est sympa de faire une cérémonie de mariage somptueuse. Mais j’en ai connu qui ne coûtaient pas un sou et qui étaient géniales. C’est le fond qui compte, le cœur, l’engagement des époux et celui de ceux que vous aimez qui, en venant, affirment vous soutenir. Aucune église chrétienne ne refusera d’organiser avec vous une cérémonie en l’offrant à une famille pas trop riche, je pense. Et elle vous prêtera même une salle. Ensuite, pour le temps de fête, si chaque invité vient avec une boisson et quelque chose de bon à partager, il y aura à peu près trois fois trop, et il en restera à donner aux pauvres.
Mais Dieu regarde au cœur, et donc, le fait que dans votre cœur à tous les deux vous vous soyez engagés l’un envers l’autre fait que vous êtes déjà comme un peu mariés aux yeux de Dieu.
Dieu vous bénit, vous et votre famille.
En écho à ce texte :
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Vivre en concubinage : est-ce un obstacle à la relation avec Dieu ?
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Vivre en concubinage est-ce un péché aux yeux de Dieu ?
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Le pasteur m’a dit que le Seigneur me fermerait sa porte à force d’attendre de me marier

Bonjour pasteur Marc , aprés avoir lu ce message au sujet de cette Dame ,cela m’a interpeller ,je me permet donc de vous écrire si je puis me permettre afin de vous expliquer ma situation actuelle ,j’ai rencontrai ma femme en 1991 avec qui je en concubinage cela fait donc 33 années maintenant ,le petit problème qui m’amène ici est que je me suis convertie au Seigneur en 2012 ,je pense qu’ aux yeux de Dieu je suis dans le pêché ,et pourtant j’aurais aimer me marier , car je lui est proposer le mariage à plusieurs reprises mais malheureusement elle m’a refuser à chaque fois ,certainement pour un manque de confiance ,car a un certain moment aprés notre rencontre je lui est été infidèle donc je comprenais bien sont manque de confiance envers moi !,mais malgré cela il y a de fort sentiment ,et puis maintenant je ne peu quand mème pas l’abandonner ,elle en souffrirait,et moi non plus je ne veux pas la laisser ,de ce fait pouvez-vous m’éclairez un peu de toute cette situation ..PS: encore une petite question SVP croyez-vous que je peu faire des prières pour des gens qui en aurais besoin ,si je suis dans le pêché (concubinage ) en tout cas merci de me lire et merci d’avance si vous me répondez .soyez béni fortement ,Léon Porquet .
Bonjour
Ce serait une folie de briser ce couple au nom de la foi, au nom de Dieu. Je réponds à 100% pour le fait de rester ensemble et que la foi apporte un plus dans votre famille, dans votre façon d’aider et d’aimer votre femme.
Non, aux yeux de Dieu vous n’êtes pas dans le péché en étant maintenant fidèle à votre femme, bien sûr que non. Ce qui serait un péché ce serait de l’abandonner alors que vous constituez manifestement maintenant un vrai couple.
Le mariage est une démarche ayant pour but de nous aider à approfondir notre union. Tant mieux si vous avez pu constituer ce bon couple fidèle sans l’aide du mariage. C’est aux fruits que l’on reconnaît l’arbre. Dieu, lui, n’a pas besoin de mariage pour vous considérer comme un couple à ses yeux. Il regarde au cœur, pas aux papiers et n’attend pas la cérémonie du pasteur ou du prêtre pour vous bénir.
Bien sûr que vous pouvez prier Dieu !!!
Le pécheur (que nous sommes tous) n’est pas rejeté par Dieu, et Dieu « ne met jamais dehors celui qui vient à lui. »