Deux hommes dans un combat de karate - Photo by Thao Le Hoang on Photo de Thao LEE sur https://unsplash.com/fr/photos/SRFUTeEZ9bM
Bible

Un chrétien peut-il pratiquer un art martial ? Comprendre « tendre l’autre joue »

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Un chrétien peut-il pratiquer un art martial ? Un pasteur explique le sens du « tends l’autre joue » de Matthieu 5.38-48, entre non-violence, légitime défense et maîtrise de soi.


 

Question posée :

Bonjour !! Cela m’intrigue depuis toujours : est-ce qu’un chrétien peut faire de l’art martial, et surtout comment interpréter le verset « si quelqu’un te gifle sur la joue, donne-lui l’autre » ? Je vous remercie !

Réponse d’un pasteur :

Tout dépend de l’esprit de la pratique

Bonsoir,

Comme souvent, cela dépend de l’esprit dans lequel on fait une chose. Si la pratique d’un sport de combat a pour but d’aller casser la figure des gens, ce n’est pas génial. Si elle vous permet de vous défendre, c’est bien (avec le minimum de dégâts sur l’agresseur), ou de défendre une personne agressée (c’est alors très bien) ; c’est bien aussi si cette pratique vous donne de la souplesse, du calme, une maîtrise de vous-même, de votre propre force et de vos impulsions.

Comprendre l’enseignement de Jésus sur la non-violence (Matthieu 5.38-48)

Ce passage d’un enseignement de Jésus, en Matthieu 5.38-48, sur la réaction en cas d’agression, est génial :

  • Il n’est pas possible de le prendre au sens premier : quand Jésus ajoute solennellement de « ne pas résister au méchant », il n’est pas possible de laisser des fous massacrer une grand-mère pour s’amuser, ni des pédophiles violer des enfants. Ce serait une horreur, ce serait laisser faire le mal, un mal extrême.
  • Comme Jésus n’est pas le dernier des crétins, cela nous oblige à nous creuser la tête, ce qui est le but recherché par Jésus. Car le moralisme tue, lui aussi. Il enferme l’individu, il culpabilise et charge encore plus la personne dont la vie connaît un moment tragique, difficile, où toutes les solutions qui s’offrent à elle sont à moitié bonnes et à moitié mauvaises. Donc bravo à vous de vous poser ces questions, vous êtes dans l’attitude tout à fait appropriée à l’écoute du Christ.
  • Ce que disent ces phrases de Jésus, c’est à mon avis d’abord que, autant que faire se peut, il est bon de ne pas faire preuve de violence, de ne pas amplifier la violence en répondant systématiquement par une violence encore plus grande. Cela appelle à se poser la question avant de réagir, à s’accorder un temps de contrôle, parce que ce n’est plus si évident alors de « foncer dans le tas », et à utiliser en tout cas une violence minimale.
  • Il existe des cas où ne rien répondre à la méchanceté est la meilleure des solutions : par exemple, quand une personne habituellement si gentille se montre ponctuellement méchante, il est possible qu’elle soit souffrante et que le moment soit plus à l’apaisement, quitte à chercher ensuite comment l’aider. Il existe des cas où, ayant été frappé sur un côté du visage, la meilleure attitude pour désamorcer le conflit serait de montrer un autre aspect de nous-mêmes, de montrer une autre joue. Ce n’est bien entendu pas une recette magique ni un absolu à appliquer systématiquement. D’ailleurs, Jésus lui-même, quand il est frappé par un de ses bourreaux, ne lui tend pas l’autre joue mais cherche à le faire réfléchir en lui demandant pourquoi (pour quelle raison) et en vue de quoi (pour quel but) il le frappe ainsi. C’est parfois aussi la meilleure solution.

Chercher au cas par cas la meilleure réponse

Donc c’est à vous, à chaque personne, de chercher la meilleure chose à faire face au mal, face à l’agression, à la méchanceté, dans la situation particulière de l’instant ! Pas facile, non ? C’est pourquoi il est bon de s’entraîner, de s’observer soi-même, de se donner une panoplie de réponses possibles et l’habitude d’analyser la situation pour chercher le meilleur outil à prendre dans cette trousse au moment donné. Et il est bien possible que votre maîtrise des arts martiaux y participe.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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En écho à ce texte :

4 Commentaires

  1. Auguste ernest dit :

    J’aime c’est parole

  2. Peyroux dit :

    Je me suis perdu dans mes explications : pour faire court associer art et martialité ne me semble pas « chrétien » , mais on me dit trop souvent intransigeant lexicalement ou autre.
    Votre réponse est sans conteste plus appropriée, approfondie que mes ratiocinations.

  3. Peyroux dit :

    Bonjour,
    ancien éducateur d’aïkido (comprenne qui pourra) et pratiquant de diverses disciplines nipponisantes, je crois et pense qu’adjoindre art à martialité est non un oxymore mais un non-sens; les disciplines qu’ont dit martiales ne sont, du moins le comprend-je ainsi, que des disciplines morales que l’on « s’imposent » à nous-même via des techniques et une utilisation de son propre corps (les japonais disent shin-gi-taï: esprit-technique-corps, l’un n’étant pas aller sans ou au détriment d’un, voire des deux autres) et ne sont pas éloignées de ce que nous explique le Pasteur Marc Pernot. Si ces pratiques ne sont orientées que vers la compétition (incompréhensible pour les anciens) elles sont, ne sont que sportives… Etymologiquement sport viendrait de « se divertir »: si gagner et ou faire mal à l’autre sciemment (même dans un cadre défini dans un lieu défini) est divertissant, la question première ne se pose pas(à mes sens et réflexions répétè-je), l’enrobage de philosophie et d’art de vivre est mince voire fallacieux et émétique. Le samuraï n’est pas un guerrier, je crois que sa signification est une « personne qui sert, est au service »; de plus l’idéogramme bu (plus ou moins guerre) est composé d’ « Hallebarde » et « Arrêter » : qui arrêtent les hallebardes ou contient les siennes propres.
    Cette diatribe pour dire: il n’y pas d’art dans la martialité ou dans l’étude de la martialité pour gagner, détruire, avilir: changeons de paradigme.
    J’espère ne pas avoir fait preuve d’acrimonie mais le « verbe » est important et essentiel ce me semble. Et le dernier paragraphe du Pasteur résume intelligemment et conclu mon abstruse logorrhée.

    1. Marc Pernot dit :

      Grand merci pour ces indications.

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