Cet échange aborde la difficulté de trouver des certitudes dans sa recherche spirituelle, particulièrement au sein du protestantisme. Il propose une réflexion sur l’équilibre nécessaire entre le besoin de réassurance et l’élan de la remise en question, en utilisant l’image de la marche pour illustrer notre évolution personnelle.
Question d’un visiteur :
Le besoin de certitudes face à l’absence de réponses absolues
Cher Marc,
Je cherche des réponses certaines à mes questions, je veux bien reconnaître que ce questionnement spirituel est peut-être inutile ou maladroit en protestantisme où il n’y a pas de magistère. Les pasteurs résistent à assurer le caractère absolu et définitif de leurs réponses, mais comme participant à un questionnement.
Je constate que ma redécouverte du protestantisme me pose trop de questions sur lesquelles j’éprouve le besoin de me rassurer. Je vous ai beaucoup questionné (peut-être trop !) ainsi que la pasteure de ma paroisse et j’ai finalement l’impression que c’est un problème car j’ai du mal à trouver des réponses solides et durables par moi-même.
De ce fait, je me dis que mon appréhension de certains aspects de ma vie ou autres sujets par le biais du protestantisme n’est probablement pas pertinente.
Bien fraternellement,
Réponse du pasteur :
Le questionnement comme véritable moteur de vie
Cher Monsieur,
Je trouve au contraire excellent que vous vous posiez plein de questions. C’est indispensable pour avancer. Un sain questionnement est la vie ; il assume notre condition humaine qui consiste à être une personne debout, capable d’avoir un point de vue personnel, appelée à avoir une vision. Et donc à se questionner, à discerner, à choisir et à écarter.
Ensuite, il faut effectivement se poser cette question : est-ce que tel questionnement, à ce moment de mon histoire, me fait avancer ou me fait régresser, ou seulement stagner, tourner en rond ?
Trouver un équilibre entre réassurance et élan pour avancer
Enfin, nous avons tous besoin d’un pôle de réassurance, d’une part, et d’un pôle d’énergie pour avancer, d’autre part. C’est comme pour avancer en sécurité sur un sentier : il faut qu’un pied prenne une bonne prise quand l’autre pied rend le risque d’un déséquilibre vers l’avant. L’une comme l’autre de ces deux opérations se gagnent par un questionnement :
Avec, pour le premier : quels sont les attachements, quelles valeurs, quels acquis auxquels je tiens et qui me tiennent ?
Avec pour le second : vers où vais-je finalement diriger mon cheminement, éventuellement quel virage je pense devoir opérer ?
Ensuite, il y a bien un moment où il faut poser quelque part le pied qui avance et il faut bien un moment où l’on va décoller du sol le pied qui tenait bon. Il faut donc savoir clore l’étape en cours pour passer à la suivante, c’est-à-dire clore les premiers questionnements pour en ouvrir d’autres. À notre rythme, on doit aussi parfois reprendre souffle avant de se remettre en route.
Donc bravo à vous. Pour votre questionnement, et de savoir avancer dans ce questionnement.
Dieu vous bénit et vous accompagne : l’assurance de cette bénédiction est pour nous une source transcendante de force, une solide fondation.
Bien fraternellement,
En lien avec cette réflexion : Comprendre les fondements de la notion de doute grâce au Petit Dictionnaire de Théologie.
Savoir reprendre son souffle spirituel
Réponse du visiteur :
Cher Marc,
Merci beaucoup pour ce beau message.
Votre analogie avec la randonnée est très parlante.
Comme vous dites, je suis peut-être dans une période où j’ai besoin de reprendre mon souffle avant de me remettre en route.
En tout cas, cela m’encourage. Merci.




Cette question m’a interpellée car je me suis trouvée dans une situation un peu similaire. Une assurance, qui se trouve dans la lettre aux Romains, a changé la donne : rien ne nous séparera de l’amour de Dieu. À la liste donnée par Paul, j’ai ajouté aucune erreur théologique. Mon chemin est alors passé d’un sentier bordé de précipices à celui de l’illustration de cet article. Tellement plus serein !
Excellente occasion de relire ce texte immense, merci, Pascale :