Qu’en est-il des protestants? Quelle est la « place » de Jésus? Faut-il se rendre à l’église chaque dimanche matin?

petite chapelle au sommet d'une colline se détachant sur le ciel bleu - Image par photosforyou de Pixabay

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour

jusqu’à mes 40 ans j’étais très hostile envers la religion, je n’y croyais pas, parce que ma vie était une succession de malheurs.

C’est au cours d’une séance chez un psychothérapeute que je me suis rendu compte que le Seigneur était présent à mes côtés depuis le début. Par la suite j’ai rencontré mon père biologique, qui était devenu chrétien libre. Contrairement à ces pratiquants, qui voient Jésus comme leur Dieu, je suis d’avis que Dieu est Unique et que cette manière de pratiquer ne me correspond pas. Depuis le décès de mon père, je continue de fréquenter sa femme et mes demi-frères et j’ai plaisir à prier en leur compagnie, sauf que dernièrement il m’a été dit qu’il me faut reconnaître Jésus comme mon Dieu, que c’est la seule manière de finir au Paradis! Dans leur Bible il est fait mention de Jésus comme le seul Dieu.
Personnellement c’est limite arrogant.

Je me suis intéressée à la foi catholique, mais ils ont commis tellement d’atrocités au nom de Dieu et cela depuis très longtemps, donc ça ne me convient pas.

J’ai été mariée à un musulman, j’en connais assez pour dire que j’aime bien les bases de cette croyance, mais c’est plein de contradictions.

Qu’en est-il des protestants? Quelle est la « place » de Jésus? Faut-il se rendre obligatoirement à l’église chaque dimanche matin? Le baptême est-il obligatoire? Et peut-on l’être à n’importe quel âge?

Dans l’attente de vos nouvelles, je vous remercie pour votre attention et vous présente mes meilleurs salutations.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour madame

Bravo pour votre démarche. Franchement. Je sais quelle énergie et quel courage cela demande pour évoluer, pour cheminer, pour chercher…
Cette démarche vous apportera énormément, à vous et à ceux qui vous sont chers.

Dieu n’est pas du côté du malheur. Et quand nous sommes dans le malheur, ce n’est pas parce que Dieu nous aurait abandonné. La foi n’a jamais porté chance. Son bénéfice est ailleurs : dans la joie comme dans la peine, Dieu nous aide à avancer et à tenir bon.

La première chose, à mon avis vraiment fondamentale en ce qui concerne la foi chrétienne : c’est la confiance en Dieu (il vous aime et vous gardera toujours fidèlement, sans condition). Et la 2e chose qui en est une conséquence : vous êtes libre de penser avec votre sincérité. Même si toutes les églises de la terre vous disaient que vous devriez absolument penser ceci ou cela… si vous pensez autrement : c’est bien votre droit.

En plus, en ce qui concerne ce « Il faut reconnaître Jésus comme mon Dieu, que c’est la seule manière de finir au Paradis » : Jésus n’a jamais dit cela ! Il dit que Dieu est comme un berger qui aime et s’occupe et sauve même la plus perdue des brebis perdue. Lui-même, Jésus, ne se présente jamais comme Dieu, au contraire, à plusieurs reprises il fait bien la distinction, par exemple en disant que Dieu seul connaît la fin des temps, ou que Dieu seul est bon alors qu’il ne faut pas, lui, l’appeler « bon » maître. Jésus se présente comme « fils de l’homme » (fils de l’humain, fils de la poussière du sol), il se présente comme « fils de Dieu » en appelant Dieu « son père », comme il dit qu’il est aussi notre père à nous, il fait de chacune et chacun aussi un fils ou une fille de Dieu.

Mais chacun sa foi : si quelqu’un pense que Jésus est Dieu, ou autre chose qui n’est pas de votre opinion, si vous sentez que la personne n’est pas prête à en discuter, laissez la dire, cela lui appartient, et pensez, vous, ce que vous pensez. Continuez à chercher à élaborer votre propre pensée, en confiance en Dieu, qui garde sa bienveillance pour nous de toute façon. Si nous pensons une erreur gênante, cette confiance que nous avons en lui l’aidera à nous faire avancer dans la bonne direction, pas à pas.

Par contre, je ne pense pas qu’il faille juger la foi catholique sur son passé. Ni même sur son présent. Toute église est une institution humaine, ni meilleure ni pire que la moyenne des personnes qui la font vivre. C’est donc moyen, il faut le reconnaître. Et parfois on fait des bêtises, l’église aussi. Toute église aussi, plus ou moins. C’est vrai que c’est bien plus choquant que quand c’est une association quelconque qui fait des fautes, vous avez raison, puisqu’avec l’évangile sous les yeux cela devrait inspirer un respect et un amour des personnes, non de les persécuter, non de les dominer, de les écraser avec des choses imposées à penser et à faire.

La question est de chercher quelle nourriture vous pourriez donner à votre réflexion et à votre prière. On peut le faire en partie seul et c’est l’essentiel, mais cela ajoute quelque chose de donner une dimension collective à notre recherche. Aucune église est parfaite. Peut-être que telle église nous conviendrait mieux mais elle est trop loin. Donc, on prend ce que l’on trouve de mieux, on adapte son rythme et le choix des activités, on peut prendre un peu ici et un peu ailleurs. On écoute, et on fait comme l’abeille, on garde le bon pollen pour faire ensuite son propre miel. Et tant pis si l’on croise au passage quelque chose qui nous plait moins, on passe ou on s’engage pour faire évoluer les choses. C’est bien comme cela que l’on garde une belle relation avec un ami, avec un proche.

Théoriquement, dans l’église protestante que je connais, par exemple celle d’ici à Genève, vous pourriez aller à votre rythme au culte, bien entendu ! Personne ne vous critiquera là dessus (ou ce serait une personne très très bizarre). En tout cas pas le pasteur (je pense). Jésus est bien entendu au centre de notre façon de nous tourner vers Dieu, certes, mais personne ne vous obligera de croire qu’il est Dieu ni n’interdira à un autre de penser qu’il est Dieu. D’ailleurs, personne ne devrait vous faire passer un examen de croyances, ni le pasteur ni les personnes participantes.

Le baptême n’est pas obligatoire, même non baptisée toute personne qui le désire peut aller à toutes les activités, au culte, participer (si tel est son désir, mais ce n’est pas obligatoire non plus) à la « communion » (sorte de repas symbolique qui est parfois organisé à la fin du culte)… En effet : ce n’est pas Dieu qui a besoin du baptême pour aimer la personne et pour l’accueillir. Le baptême est un signe pour nous, cela nous aide à prendre en compte cet amour de Dieu pour nous. Le baptême convient bien à tout âge, il faut simplement le temps de le préparer avec le pasteur pour personnaliser ce geste, et choisir un dimanche qui convienne à tout le monde.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

Print Friendly, PDF & Email

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *