Je suis profondément tiraillée par mes choix et les valeurs morales chrétiennes

Par : pasteur Marc Pernot

Illustration : visage d'une jeune femme dans un rayon de soleil -  Image: 'Stale pond'  by galwachs  https://creativecommons.org/licenses/by-nc/2.0/ http://www.flickr.com/photos/78494092@N05/43382044542

Question d’un visiteur :

Bonsoir,

Je me nomme Clémence et j’ai 17 ans. Si je vous écris aujourd’hui c’est parce que je m’aperçois que je suis profondément tiraillée par mes choix et les valeurs morales chrétiennes.

J’ai suivi une éducation catholique durant mon enfance. Arrivée au collège, j’ai cédé sous la pression. J’ai bien honte. J’ai voulu détruire ma foi, la renier pour me sentir plus libre et faire des expériences comme « tout le monde ».

Je ne sais si aujourd’hui j’ai conservé cette foi ou si j’ai seulement crainte que Dieu ne me le pardonne pas. J’avoue que cela me terrifiée au plus haut point. Et pourtant je sais aussi que ce n’est pas la crainte mais le véritable amour qui doit me pousser vers lui. Cependant je vous écris à cause de la crainte.

Lorsque je lis des extraits de la Bible et que je vois que je peux être brûlée aux enfers, comment ne pas être prise de panique ?

Je souhaiterai ne pas avoir cette peur et être guidée par un réel amour.

Par la suite je me suis une fois ayant découvert ce mot considérée comme agnostique car je n’arrive pas à entièrement renier Dieu de ma vie.

Et je ne sais si cela a fait naître une prise de conscience mais cela fait 3 ans que je sors avec mon copain et je lui ai offert ma virginité sans mariage bien que nous soyons fiancés depuis 2 ans et demi. ( Je sais que je peux paraître jeune mais la preuve étant que notre relation dure encore bien que nous ayons été confrontés aux doutes). J’ai commis beaucoup d’erreurs dont je ne suis pas fière.

Honnêtement je suis profondément perdue et je cherche de l’aide. Je souhaite la vérité pas celle qui réconforte mais la simple trace de vérité si nous pouvons l’atteindre ici bas.

Pensez-vous que je puisse réellement être pardonnée pour tous mes péchés ? Je ne veux pas commettre le mal mais j’avoue m’être égarée et je pleure. Enfin j’ai une dernière question, comment ressentez vous la foi en votre cœur ?

Pensez vous que je puisse retrouver la foi et mon chemin ?

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Franchement, il n’y a rien à craindre de Dieu. Par définition il est la source de la vie. Une mère idéale oublierait-elle son bébé ? Le rejetterait-elle pour quelque raison que ce soit ? Jamais. Dieu est encore plus fidèle que cela.

Toutes les histoires de la Bible où Dieu élimine les méchants ne sont pas à comprendre comme une menace mais comme une manifestation de l’amour de Dieu et de son aide. Comment ? Il n’y a pas les méchants d’un côté et les justes de l’autre. On ne peut pas comprendre le monde et la vie avec une logique aussi tranchée. C’est cette logique binaire qui alimente la folie sectaire, avec les bons croyants sauvés d’un côté et les autres, tous les autres, perdus à jamais, jetés en enfer.

Chacun de nous est en partie une personne sincèrement à vivre, qui espère et qui essaye d’avancer ; et en partie une personne qui fait des erreurs, et même parfois des méchancetés. Dans ces textes qui semblent terribles contre les méchants et récompenser les justes, nous sommes à la fois le juste et le méchant. Donc ces textes parlent de l’aide de Dieu pour nous rendre meilleur, garder notre bon côté, épanouir notre personnalité profonde, et nous guérir de notre côté souffrant. Ces textes peuvent être lus comme menaçants, c’est ce que feront les sectes, par exemple, pour faire peur et dresser les personnes. Mais ces textes peuvent être lus autrement, ils doivent être lus autrement puisque Dieu est amour et qu’il ne peut nous faire que du bien. Voir par exemple le Psaume 1er (que je commente rapidement ici, ou plus longuement là).

Ensuite pour votre situation concrète, Je ne vois rien de dramatique. Vous croyez vraiment que Dieu se transforme en gynécologue pour voir si vous êtes vraiment vierge ou non ? Qu’il va vous en vouloir ? Cela n’est qu’une légende inventée par les hommes pour garder les femmes en leur possession. Dieu ne vous veut que du bien. L’apôtre Paul dit que « tout est permis mais tout n’est pas utile, tout ne construit pas ». C’est à vous de voir si cela construit ou non de coucher avec cet homme. C’est vrai que ce n’est pas certain. Pensez vous vieillir avec lui, papy et mamy, à 85 ans ? Êtes vous prête à vivre en couple, avoir des enfants à votre âge, sans vivre une jeunesse ? alors peut-être que oui, cela construit de coucher ensemble. Si c’est juste un peu le plaisir de ne pas être seule, d’avoir quelqu’un, un peu de tendresse… alors ce n’est peut-être pas constructif de coucher. Tout dépend des personnes, des projets, de la mentalité, de ce que l’on fait en faisant cela… Mais en tout cas c’est ce genre de chose qu’il convient d’examiner, et dans cette réflexion, pour voir clair, Dieu peut aider. Il est votre allié dans ce cheminement, pas votre ennemi.

Comment avoir une foi sereine, qui fasse vivre ? Vous êtes fort bien partie dans ce sens. En effet : chercher, se poser des questions, espérer avoir la foi c’est déjà avoir la foi. Et je vous souhaite de garder toujours cette bonne dynamique de questionnement. Cela peut vraiment être vécu dans la tranquillité d’esprit puisqu’il n’y a pas de chantage dans l’amour de Dieu. C’est d’abord sur ce point qu’il est bon de travailler, à mon avis. Dans la réflexion mais aussi dans la prière. Penser à ce Dieu source de vie, ce Dieu qui nous garde et nous gardera toujours comme une maman idéale nourrit, soigne et fait grandir son bébé. Se présenter régulièrement face, d’abord, à cette idée. S’ouvrir ainsi, progressivement, à ce souffle. Faire confiance pour le reste. En parallèle il est favorable de poursuivre un petit peu sa recherche par la réflexion, peut-être aller de temps en temps au culte ou à la messe (tout en gardant sa liberté d’interprétation, bien entendu). J’ai mis sur ce site quelques pistes pour commencer cela (voir les onglets ci-dessus).

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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