une femme souffle sur sa tête avec un puissant sèche cheveux - Image parRyan McGuire de Pixabay
Développement

J’ai déjà reçu l’imposition des mains de pasteurs, mais je ne sens pas la puissance du Saint-Esprit en moi

Par : pasteur Marc Pernot

une femme souffle sur sa tête avec un puissant sèche cheveux - Image parRyan McGuire de Pixabay

Méthode artificielle pour recevoir le souffle. Ce n’est pas tout à fait ça.

Question posée :

Bonjour pasteur Pernod,

Voici ma question, j’ai été baptisée il y a plus d’un an dans une église pentecôtiste mais je n’ai pas encore reçu le baptême du Saint-Esprit. Je prie tous jours pour le recevoir afin de pouvoir témoigner à mes proches et ainsi les convaincre du salut offert par Jésus-Christ. J’aimerais bien recevoir votre pensée à ce sujet. J’ai déjà reçu l’imposition des mains de pasteurs dans ce sens, mais je ne sens pas la puissance du Saint-Esprit en moi.

Merci pour votre éclairage sur ce sujet.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Sincèrement, je pense que Dieu a donné de son Esprit à toute personne, sinon elle mourrait instantanément.

Jean dit aussi cela dans sa première lettre quand il dit que « quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu » (1Jean 4:7). Or, manifestement, vous êtes capable de penser au bonheur et à l’épanouissement de votre prochain, donc vous êtes née de Dieu et connaissez Dieu.

En même temps, nous pouvons espérer, tous et toujours, être plus ouvert à l’Esprit de Dieu, devenir une encore meilleure personne, plus bienveillante, plus créatrice, plus libre. Cela me fait donc un petit peu peur quand j’entends dire que telle personne n’aurait pas reçu l’Esprit et que telle autre personne l’aurait reçu. Nous sommes toutes et tous entre les deux : ayant déjà reçu quelque chose du souffle de Dieu, et demandant encore à Dieu de travailler encore en nous pour nous créer, nous faire grandir, nous épanouir.

  • C’est à mon avis le sens de cette première phrase de Jésus dans son « sermon sur la montagne » : « Heureux les pauvres en Esprit, car le royaume des cieux est à eux ! » (Matthieu 5:3). C’est le résumé de tout son Evangile, et la promesse est immense : avoir, ici et maintenant, dès ce monde le Royaume de Dieu ! Quelle est la clef de cela ? être « pauvre en Esprit » ? Ce n’est pas une question de pauvreté matérielle (cela n’a rien à voir), ce n’est pas une simple question d’humilité. C’est en rapport avec l’Esprit (le souffle de Dieu). Un pauvre est une personne qui a peu mais qui n’est pas non plus totalement démunie.
  • Cette clef essentielle de l’Evangile du Christ ici me semble être de savoir que l’on a déjà un peu d’Esprit de Dieu et en même temps tambouriner à la porte de Dieu (si je puis dire) pour lui demander plus de son Esprit :
    • Déjà commencer à vivre et à espérer, à aimer avec l’Esprit que nous avons déjà. Parce que si nous attendons d’être Jésus-Christ ou même Sœur Emmanuelle pour se mettre à vivre, on n’est pas près d’y arriver. Donc déjà prendre conscience de la présence de Dieu en nous, qu’il a déjà commencé à nous donner un cœur qui aime, une intelligence pas si nulle, et une petit désir d’avoir la foi qui est déjà une manifestation de l’Esprit en nous.
    • Et ensuite, se sentir pauvre en Esprit, pour commencer à prier et demander à Dieu qu’il nous en donne plus. Demander Dieu à Dieu, rien de moins.

Personnellement je n’oserais pas une seconde laisser supposer à une personne qu’en imposant les mains je pourrais donner l’Esprit à quiconque ? ! Je peux annoncer le pardon et la bénédiction de Dieu sur une personne, car c’est promis par Dieu et nous avons besoin de nous l’entendre dire pour nous. Mais l’Esprit est une connexion, un souffle, un jaillissement d’eau vive, dit Jésus, au cœur de la personne, c’est une question qui concerne Dieu et la personne elle-même. Comme je l’indique plus haut c’est parfois d’abord une prise de conscience que l’Esprit n’est pas une sorte de possession par quelque chose, que c’est bien plus une profondeur en nous-même.

Ensuite, ce souffle peut se manifester de différentes façon selon la personnalité de chacun. C’est un peu ce que dit l’apôtre Paul à propose des « charismes », des dons de l’Esprit. Il en dresse une ligne en fonction des circonstances qui le concerne pour telle ou telle église. Il relativise grandement celui de parler une langue que tous ne comprennent pas. Peu importe, il s’agit de trouver, avec Dieu, quelle est notre façon de vivre notre foi avec quels fruits dans notre vie, notre monde. Le charisme au dessus de tous les autres, surpassant tous les autres, c’est de cheminer par et pour l’amour (agapè, qui est un intérêt pour le bien de l’autre).

Peut-être que par « onction de l’Esprit » vous pensez à cette façon qu’on certains chrétiens de vivre leur émotion spirituelle par des transes et des paroles souvent incompréhensible ? Et bien c’est leur façon de vivre leur foi, c’est très bien, mais il y a mil façons de la vivre, de l’exercer, de la creuser, de l’élever que de le faire ainsi. Ensuite, à la Pentecôte, quand les disciples reçoivent l’Esprit c’est exactement l’inverse, chacun parle alors dans sa langue et tous les autres autour de lui l’entend et le comprends comme si c’était sa propre langue maternelle (Actes 2:6-8), cette façon de parler est celle qui vient du cœur, c’est un regard, une attention, un geste qui exprime une vraie bienveillance (c’est ce que dit Jésus quand il nous dit que l’essentiel est d’aimer, c’est ce que disent aussi Jean et Paul dans les passages ci-dessus). Ne soyez donc pas triste de ne pas avoir les même manifestation que telle ou telle personne. Vous êtes vous, avec une façon à découvrir de vivre votre foi, d’exprimer l’Esprit qui vous a déjà été donné.

Ensuite, vous n’avez pas à convaincre vos proches de s’intéresser à Jésus Christ. Vous avez à les aimer à votre façon. Vous pouvez dire le bien que vous fait, à vous, d’avoir la foi et de prendre du temps pour l’approfondir, et les laisser libres, bien entendu ! C’est cela qui sera le signe de la grâce de Dieu. Après, c’est le boulot de Dieu de faire avec cela.

Dieu vous bénit et vous accompagne. Il vous donne son Esprit et sa paix.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Si vous voulez, vous pouvez voir aussi, dans le petit dictionnaire de théologie :

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