Marc Pernot le 28 avril 2024
Prédication

Des trois immortels : N°3/3 – Ressusciter l’amour-agapè (1 Corinthiens 13 ; Jean 15 ; Matthieu 5)

L’amour-agapè est la forme la plus simple, la plus basique et naturelle, la plus essentielle de l’amour. C’est pourquoi Jésus la met en avant, et Paul à sa suite. C’est se soucier de l’autre.

Texte, vidéo et poscasts de la prédication. Ceci est un témoignage personnel. N’hésitez pas à donnez votre propre avis ci-dessous.

pasteur Marc Pernot

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prédication (message biblique donné au cours du culte)
à Genève et en direct sur RTS religion, le dimanche 28 avril 2024,
par : pasteur Marc Pernot

Dans la suite de Pâques nous regardons vers ce qui est rendu vraiment vivant par Dieu, ce qui est plus fort que la mort, plus fort que tout ce qui peut nous arriver. C’est ce dont parle l’apôtre Paul quand il affirme ici que « Ces trois choses demeurent pour toujours : la foi, l’espérance et l’amour ». Paul nous dit en particulier que « l’amour ne meurt jamais ». Mais quel est donc cet amour dont Dieu nous aime et que l’Évangile nous invite à vivre également ? Il y a un mot spécial dans le grec de l’Évangile pour cette qualité d’amour si importante pour Paul et pour Jésus : c’est l’agapè (ἀγάπη).

Il est parfois dit que l’amour-agapè serait au-delà de toutes les façons d’aimer, que c’est un amour divin que seul Dieu pourrait nous donner d’avoir par son Esprit… C’est vrai que Dieu nous aime comme cela, et c’est vrai que Dieu nous rend capable d’aimer ainsi. Seulement il me semble que l’agapè est bien plus simple et concret que cela, que cette forme d’amour nous fait partie de notre nature. C’est ce que l’on peut relever ici. Car ce chapitre 13 de la 1ère lettre aux Corinthiens sur l’amour-agapè est la suite du chapitre 12 (évidemment) où Paul parle autrement de la même chose. Il dit que l’humanité est comme un corps organique, dont chaque personne est un membre, avec ses qualités particulières et sa vocation : comme un œil, une oreille, une main, et chaque autre organes. Paul parle alors de l’amour en termes très concrets, voilà comment il nous invite à aimer : « Que les membres se soucient les uns des autres. » (1 Corinthiens 12:25)

C’est cela aimer d’agapè : c’est nous soucier de l’autre. Cela ne demande pas nécessairement d’avoir des sentiments pour notre voisin, ni de le trouver sympathique, ni de l’apprécier. Simplement de prendre en compte le fait qu’il existe. Lui aussi a un visage nous dirait le philosophe Lévinas. C’est la base. C’est une question de survie, une simple question de bon sens : sinon tout corps social se délite. Par contre : dans la mesure où nous nous soucions de l’autre, tout le monde s’en portera mieux et ce sera au bénéfice de l’ensemble. Cela crée des connections, ce qui est puissamment créateur.

Cet amour-agapè est la base du métier de médecin aux urgences à l’hôpital, du professeur d’école ou du plombier : qu’ils soient croyants ou non, ils savent faire attention à chaque personne qui leur est confiée, qu’elle lui soit sympathique ou non.

L’agapè serait ainsi la forme la plus basique, la plus simple, la plus essentielle de l’amour.

Ce n’est pas en concurrence avec le fait d’avoir des sentiments pour une personne, au contraire. Quand on a un ami, ou quand on est amoureux, il est tout autant essentiel de prendre en compte le fait que l’autre n’est pas seulement l’objet de notre passion, mais qu’il est d’abord une personne en tant que telle, une autre personne que nous, différentes, avec ses qualités propres, ses besoins, ses aspirations. À l’amour des amoureux, à l’amitié liant deux amis, il est donc bon qu’il y ait aussi cet amour-agapè dont parle l’Évangile : se soucier de l’autre.

L’image que Paul utilise pour illustrer l’amour-agapè est excellente : un corps est constitué de quelques trois mil milliards de cellules, comment est-ce que cela peut fonctionner ? C’est quand-même un miracle d’organisation : cela demande que les cellules s’entendent entre elles. L’amour agapè est ainsi inscrit en nous, chaque cellule d’un corps en bonne santé le connaît. Apprenons l’agapè de nos cellules, de nos organes.

L’agapè fait attention à l’autre, c’est déjà essentiel, et il peut alors arriver que nous ayons envie de l’aider. Le service de l’autre est un fruit, déjà plus élaboré, de l’agapè. Un autre fruit possible est quand nous sentons que nous pourrions faire équipe avec telle autre personne pour apporter un service plus grand. C’est ce que font les cellules de notre corps pour former par exemple un poumon, qui s’assemble ensuite avec d’autres organes pour faire un système respiratoire bien utile pour le cerveau comme pour le petit orteil du pied gauche.

L’agapè est ainsi une base, et cet amour peut porter des fruits.

C’est ainsi que Jésus nous invite à aimer d’agapè, comme une façon d’être fondamentale, aimer dans ces trois dimensions :

  • Aimer Dieu : c’est le prendre en considération dans notre façon de vivre et d’espérer, au moins comme hypothèse, ou au moins comme idéal de justice et de bonté, comme ce qui augmente la vie. C’est ce que l’on appelle la foi.
  • Aimer son prochain : c’est se soucier de l’autre. C’est la base de toute recherche de justice et de paix, la base indispensable aux relations entre amis, dans le couple, en famille, au travail, entre voisins, entre pays. C’est indispensable à la vie.
  • Enfin, s’aimer soi-même en vérité : c’est l’espérance, c’est tenir compte du fait que nous sommes un digne membre du corps, même si nous l’avions oublié. Paul insiste sur cette prise de conscience « si l’oreille disait : ‘Parce que je ne suis pas un œil, je ne fais pas partie du corps’, l’oreille n’en ferait pas moins partie du corps. » (1 Corinthiens 12:16)

Comment l’amour peut-il naître et ressusciter ?

Pour ce qui est de l’amour de Dieu pour nous, il est toujours actif, il n’a donc pas besoin de ressusciter. C’est solide comme un roc. Nous sommes une partie du corps.

Mais pour ce qui est de notre propre capacité à aimer ? Paul nous invite à « suivre l’amour » ou « marcher à la suite de l’amour »(1 Cor 14:1). Comment faire cela ? il nous donne quelques pistes en début de chapitre : il relativise la théologie, la prière, le sentiment religieux, nos talents de prophète et de prophétesses. Il les remets à leur place comme de simples exercices, certes, mais utiles pour notre capacité à aimer. Car elle s’entraine effectivement, elle se renforce comme un muscle, elle s’assouplit comme une articulation. C’est une première piste, pratique.

Jésus nous donne une autre piste qui me semble essentielle quand il dit : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés ; demeurez dans mon amour. » (Jean 15:9). Cette piste consiste à relever consciemment l’amour dont nous avons été aimé, puis faire en sorte que cela développe notre propre capacité à aimer. C’est ce que nous pouvons faire dans notre prière régulière : nous remémorer de bons gestes d’amour-agapè que nous avons pu vivre avec quelqu’un ou avec Dieu. Les goûter à nouveau, les mâcher, s’en réjouir, chercher ce qui a pu faire que cela ait pu arriver, puis demander à Dieu de nous aider à intégrer cet agapè dans notre être. Alors nous « demeurons dans son amour ».

C’est ainsi que l’on ressuscite l’amour chaque fois un petit peu plus.

L’amour même de notre ennemi ? si l’on peut.

Comment comprendre maintenant cette invitation de Jésus à aimer même notre ennemi ? Ce n’est évidemment pas très naturel mais c’est fort utile.

Si l’on sait que l’amour-agapè ne consiste pas nécessairement à trouver l’autre sympathique mais à se soucier de son cas, cela devient déjà plus faisable. Quand une personne est problématique, elle fait néanmoins partie du corps et Dieu la regarde comme son enfant aussi. Il faut donc bien que quelqu’un se demande ce qui ne va pas, comment cette personne pourrait progresser, comment éviter qu’elle fasse de graves dégâts, comment prendre soin de ses victimes. C’est donc très utile de prendre soucis d’elle (de l’aimer d’agapè) car le corps entier souffre.

Qui pour le faire ? pas nécessairement nous, mais peut-être. Seulement nous ne sommes pas Dieu, nous sommes des êtres limités. Il existe des circonstances, par exemple, où une personne a été victime d’une autre et dont la blessure est encore vive : ce serait mettre en danger cette personne blessée que de vouloir la forcer à se soucier de son bourreau ou de la culpabiliser de ne pas y arriver. Et même sans ces circonstances dramatiques, nous ne pouvons pas valablement porter l’ensemble des soucis du monde, à nous de discerner notre propre vocation.

Il est donc vraiment important de saisir qu’aimer n’est pas à prendre comme un devoir, mais comme une bonne chose à vivre que Dieu nous donne.

Car c’est vrai que l’amour-agapè est bon. Il est bon autour de nous et il est bon pour nous en nous faisant sortir de notre coquille.

C’est donc très juste de la part de Paul de nous inviter à « suivre l’amour », à chercher à nous en inspirer pour avancer à notre rythme en faisant ce que nous pourrons.

Dieu, lui, nous aime d’agapè et même plus

Dieu se souciera toujours de nous. C’est une théologie radicale : Jésus nous affirme que Dieu nous aimerait encore même si nous étions son ennemi. Dieu est amour-agapè nous dit Paul ici, et son amour pour nous ne meurt jamais. Il nous garde.

À cet amour-agapè, Jésus ajoute un degré supplémentaire, plus élevé, de l’amour quand il nous déclare « maintenant, je vous appelle amis » (Jean 15:16) Cela nous dit que non seulement Dieu nous aime d’agapè comme un professeur s’occupe de chaque élève. Mais qu’en plus Dieu nous aime comme un ami. C’est plus personnel que l’agapè, cela engage des sentiments, un attachement profond à la personne elle même, parce que c’est elle. Dorénavant nous n’aurons plus jamais à avoir peur que Dieu nous abandonne, ou nous fasse souffrir, « son amour chasse toute crainte » (Rom 8:15, 1Jean 4:18)

Bien des passages de la Bible comme le Cantique des cantiques nous disent que Dieu est même amoureux de nous : comme Roméo aime Juliette. Dieu est fou amoureux de nous.

L’Évangile, c’est cela.

pasteur Marc Pernot

Textes de la Bible

1 Corinthiens 13

4L’amour est patient, l’amour est bon, il n’a pas de passion jalouse ; l’amour ne se vante pas, il ne se gonfle pas d’orgueil, 5il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche pas son propre intérêt, il ne s’irrite pas, il ne compte pas le mal ; 6 L’amour ne se réjouit pas de l’injustice, mais il se réjouit de la fidélité ; 7 L’amour pardonne tout, il a confiance en tout, il espère tout, il supporte tout. 8L’amour ne meurt jamais … 13Or maintenant trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; et c’est l’amour qui est le plus grand. Suivez l’amour.

Jean 15:9-17

Jésus dit : 9Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés ; demeurez dans mon amour. 10Si vous observez mes paroles, vous demeurerez dans mon amour, comme, en observant les paroles de mon Père, je demeure dans son amour… 15Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle amis, parce que tout ce que j’ai entendu auprès de mon Père, je vous l’ai fait connaître…

17Ce que je vous dis, c’est de vous aimer les uns les autres.

Matthieu 5:44-45

Jésus insiste : 44Et moi, je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent,

45c’est alors que vous serez vraiment les enfants de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes.

+ 1 Corinthiens 12

12Comme le corps est un, tout en ayant une multitude de membres, et comme toutes les membres du corps, en dépit de leur multitude, ne sont qu’un seul corps, ainsi en est-il du Christ.

13Car c’est dans un seul Esprit que nous tous — soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit hommes libres — nous avons reçu le baptême pour appartenir à un seul corps ; et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit.

14Ainsi le corps n’est pas un seul membre, mais une multitude.

15Si le pied disait : « Parce que je ne suis pas une main, je ne fais pas partie du corps », il n’en ferait pas moins partie du corps.

16Et si l’oreille disait : « Parce que je ne suis pas un œil, je ne fais pas partie du corps », elle n’en ferait pas moins partie du corps.

17Si tout le corps était œil, où serait l’audition ? S’il était tout audition, où serait l’odorat ?

18En fait, Dieu a placé chacune des parties dans le corps comme il l’a voulu.

19Si tous étaient un seul membre, où serait le corps ?

20Maintenant donc il y a une multitude de membres et un seul corps.

21L’œil ne peut pas dire à la main : « Je n’ai pas besoin de toi », ni la tête dire aux pieds : « Je n’ai pas besoin de vous. »

22Bien au contraire, les membres du corps qui paraissent les plus faibles sont nécessaires ; 23et ceux que nous estimons être les moins honorables du corps, nous les entourons d’un plus grand honneur. Ainsi ce sont nos parties les moins décentes qui sont traitées avec le plus de décence, 24tandis que celles qui sont décentes n’en ont pas besoin.

En fait, Dieu a disposé le corps de manière à donner plus d’honneur à ce qui en manquait, 25pour qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que tous les membres du corps se soucient mutuellement les uns des autres.

26Et si un membre du corps souffre, tous les autres souffrent avec lui ; si un membre du corps est glorifié, tous les autres se réjouissent avec lui.

27Vous êtes le corps du Christ, et les membres, chacun pour sa part.

Prières

Prière de louange

L’amour de Dieu fait monter dans notre cœur une envie de louange.
C’est ce que nous pouvons faire en suivant du cœur cette prière du philosophe Soren Kierkegaard :

Ô Dieu, nous parlons de toi
comme si tu nous avais aimés le premier
qu’une seule fois, dans le passé.

En réalité, c’est tout au long des jours
et tout au long de la vie,
que tu nous aimes le premier.

Quand nous nous éveillons le matin,
que nous tournons notre âme et notre prière vers toi, tu nous devances, tu nous as aimés le premier.

Quand je m’écarte des distractions,
et recueille mon âme pour penser à toi,
tu m’aimais déjà, tu es encore le premier.

Ô Dieu, à toi va notre gratitude :
ce n’est pas une seule fois que tu nous as aimés le premier, c’est à chaque instant de notre vie…

 

Prière de repentance et annonce du pardon

En Christ, l’amour de Dieu a été vraiment manifesté, Il nous dit : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos pour votre âme » (Mat 11:28) C’est fort de cette promesse que nous pouvons nous tourner vers Dieu en toute circonstance pour lui demander son pardon et son aide pour avancer. Ce que je vous propose de faire en suivant du cœur cette prière de Saint-Augustin :

Seigneur,
donne-moi de m’accueillir moi-même
comme tu m’accueilles,
de m’aimer comme tu m’aimes, en vérité.

Délivre-moi de la perfection que je veux me donner,
ouvre-moi à la sainteté que tu veux m’accorder…

Seigneur, tu connais le désespoir qui ronge mon cœur.
le dégoût de moi-même, parfois,

Que ta tendresse me fasse exister à mes propres yeux !

Je voudrais tellement
déverrouiller la porte de ma prison
dont je serre moi-même la clé !

Donne-moi le courage de sortir de moi-même.
dis-moi que tout est possible à celui qui croit.
dis-moi que je peux encore guérir, me ressusciter…

En Christ, Dieu se penche vers nous avec tendresse et nous parle cœur à cœur : « Tes péchés ont déjà été pardonnés, ta foi t’a sauvé, Avance en paix ! »

Prière universelle

Seigneur, nous te prions pour la paix :
Que la méchanceté et l’indifférence fassent place à la fraternité.

Nous te prions pour que naisse en nous l’espérance,
car tu ouvres un bel avenir devant nous.

Nous te prions pour recevoir le courage :

Le courage de demeurer fermes et fidèles
quand le mal paraît triompher.

Le courage de rebâtir après une difficulté.

Le courage de nous soucier de l’autre,
de sorte que celles et ceux qui souffrent
connaissent par nous la tendresse du Seigneur.

Le courage d’être un peuple en chemin,
sachant que tu nous accompagnes avec ton pardon
et ta lumière pour éclairer nos pas.

Ensemble nous te prions avec Jésus :

 

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.

Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi
à ceux qui nous ont offensés,

et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du mal.

Car c’est à toi qu’appartiennent :
Le règne, la puissance et la gloire,
pour les siècles des siècles.

Amen.

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6 Commentaires

  1. Jacques dit :

    Monsieur le pasteur, cher Monsieur,

    Suivre à la radio un culte que vous présidez est toujours une grâce, et je vous remercie pour la qualité de vos prédications et le travail dont elles résultent. Celle de ce jour m’inspire deux remarques.

    Vous avez avec raison comparé les 8 milliards d’habitants de notre planète aux 1000 milliards de nos cellules. Cela conduit à une comparaison entre la santé et la paix. Contrairement à ce qu’on croit souvent, la question n’est pas « pourquoi la maladie ? » mais « pourquoi la santé ? ». En effet, c’est un miracle permanent que toutes ces cellules, tous ces organes ne se dérèglent pas et nous soyons maintenus en santé. Cela suppose de puissants mécanismes de correction, et notamment d’élimination continue des cellules qui « dérapent » lors de leur multiplication et qui, sans cela, se développeraient en cancers. Mais le maintien de la température, de la tension artérielle, du taux de beaucoup de choses relève aussi d’une forme de combat permanent.

    Je considère qu’il en est de même pour la paix. Pour faire vivre en paix 8 milliards d’habitants, il faut des efforts permanents des individus et de leurs gouvernements : naturellement, on « retombe » dans la guerre, et c’est malheureusement ce que l’on observe. J’avoue avoir actuellement beaucoup de peine à entendre les discours des faucons de l’OTAN.

    La santé comme la paix, c’est le résultat d’un effort, d’une volonté, d’une persévérance.

    Un mot aussi sur l’Agapé. L’Agapé est un amour de l’autre, quel qu’il soit. Il s’oppose au communautarisme, qui établit une hiérarchie dans l’Agapé : et cela, nous devrions le dire et le dénoncer. Porter un signe religieux ostentatoire, ce n’est pas seulement un témoignage ; c’est aussi affirmer qu’il y a un premier cercle d’agapé, et un second auquel l’autre appartient ou n’appartient pas. Dans nos églises, en tout cas dans l’EERV, créer des communautés, par exemple LGBT+, c’est entrer dans un processus d’agapé à deux vitesses, et c’est profondément contraire à l’Evangile.

    Voila deux réflexions que m’a inspirées votre prédication de ce jour.

    Avec mes messages respectueux,

    1. Marc Pernot dit :

      Cher Monsieur

      Merci pour vos encouragements auxquels je suis très sensible.

      Et Grand merci pour vos réflexions très très intéressantes.

      Je suis tout à fait en phase avec vous sur l’inclusivité et vos réserves quant aux communautarismes. J’ai milité depuis 30 ans pour accueillir dans l’église sans discrimination les personnes en fonction de leur orientation sexuelle. Faisant des célébrations religieuses du couple de personnes de même sexe ayant enregistré leur couple auprès de l’administration (selon ce qui était prévu par la loi en fonction de l’époque). C’est précisément pour lutter pour l’accueil de l’autre, sa différence étant prise comme un enrichissement pour l’ensemble. Dans toutes les paroisses où je suis passé, aucune personne ni couple homosexuel a été ennuyé dans sa participation naturelle à toutes les activités de la paroisse, ainsi qu’à l’accès aux diverses responsabilités de conseiller de paroisse, catéchète… . Fort heureusement. Et c’est à cela qu’il me semble que nous pouvons travailler, je ne suis vraiment pas certain que cela fasse avancer les choses de faire des clubs en fonction du sexe, genre, orientation sexuelle, couleur de peau, origine géographique…

      Par contre, je trouve positif le fait de pouvoir afficher sa religion, sa confession, son club service, sa passion pour la guitare ou la moto… L’agapè suppose la connaissance de la dignité d’être soi-même, avec ce que l’on est, et faire attention à l’autre, se réjouissant de ce qu’il est. Cela suppose que chacun puisse montrer qui il est. Je vois une personne avec une étoile de David, cela ne me fait absolument pas classer la personne dans un deuxième cercle d’agapè. Cela ne me la fait pas non plus l’aimer plus, cela m’intéresse sincèrement.

      Bien cordialement

  2. Lili dit :

    Joli culte, ils ont de la chance vos paroissiens réels. Et le niveau de lecture des enfants est à rendre pâle un professeur, bravo à eux.

    Cette formule du Christ « je vous appelle amis » est vraiment interpellante, je ne sais pas s’il y a des sentiments, je ne trouve pas, mais j’ai l’impression qu’il y a la possibilité d’une vraie fraternité. Et dans ce « Je vous ai fait connaître « toutes les choses » que j’ai entendues de mon Père », il me semble que l’agapè apparaît comme un rapport à l’autre sans aucune réserve, ce qui rend à la fois la personne à qui tout est confié digne de cette confiance et de la part de celui qui donne sans réserve, c’est dans une espérance absolue (dans le sens de votre 2ème opus) que l’autre agisse dans le sens de ce qui lui a été donné si possible.

    Et votre idée du « geste » d’agapé est marquante car cela fait sortir du domaine du sentiment, un peu flou et pas toujours décisif, alors que l’action semble plus éclairante pour mettre en évidence cette relation particulière. La demande de Jésus de porter du fruit et qu’en même temps le fruit demeure, qu’on voit quelques versets plus loin, c’est libérateur dans le sens où si l’on échoue, ce qui risque d’arriver, la relation reste inchangée, puisqu’il n’y avait aucune réserve, justement, et qu’une fois qu’on a tout donné, on est aussi extrêmement libre, on peut regarder les choses bien plus calmement. Ce qui fait qu’on retrouve avec joie des membres de la famille ou des amis perdus de vue depuis un long moment, et même qu’on peut dépasser des oppositions anciennes, enfin, parfois au moins.

    Alors, oui, cela se travaille sûrement car c’est loin d’être naturel au niveau humain de lâcher toute réserve. Mais cela doit pouvoir arriver comme vous dites, au moins par inadvertance, quand on ne se surveille pas trop, peut-être parce qu’on est déjà un peu en confiance avec les autres lorsqu’on estime qu’ils ne sont pas mauvais à 100%, ce qui doit être faisable sans aucun optimisme béat.

    1. Marc Pernot dit :

      Chère Lili
      Grand merci pour ces réflexions très intéressantes.

  3. Pascale dit :

    L’homme, comme vous le dites régulièrement, est un animal social et spirituel. Se soucier des autres est alors se soucier de ces trois dimensions. Et donc ce site est un formidable geste d’amour. En être consciente est aujourd’hui ma façon de « relever consciemment l’amour dont nous avons été aimés ».

    1. Marc Pernot dit :

      Mil mercis !
      On ne peut pas faire plus sympa.
      Dieu vous bénit et vous accompagne

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