
Que signifie « manger la chair » et « boire le sang » de Jésus ? (Jean 6:54)
Quand Jésus prononce ces paroles, il s’exprime vraisemblablement en hébreu ou en araméen, deux langues très proches. À cette époque, les habitants cultivés de Judée utilisaient l’araméen, tandis que la population de condition sociale plus modeste parlait l’hébreu, qui était également la langue de la synagogue. Compte tenu de l’ouverture de Jésus envers tous, il est fort probable qu’il s’adressait à la foule en hébreu afin d’être compris de l’ensemble de son auditoire.
La chair et l’Évangile : un jeu de mots spirituel
Pourquoi cette question linguistique est-elle essentielle ? Tout simplement parce qu’en hébreu, le mot signifiant « chair » (bessar) est indissociable de celui qui désigne l’« évangile » ou la « bonne nouvelle » (bessorah).
Lorsque Jésus nous invite à manger sa chair, ses opposants feignent de comprendre ces propos au sens matériel, comme s’il s’agissait de s’en prendre physiquement à lui. Jésus précise pourtant que ses paroles doivent être saisies au sens spirituel (Jean 6:63). En hébreu, l’auditeur comprend aussitôt que c’est son Évangile que nous sommes invités à recevoir régulièrement pour nourrir notre être intérieur, notre foi, notre espérance et notre capacité à faire vivre autour de nous.
Une nourriture pour fortifier l’âme
Sans une nourriture adéquate, nous devenons faibles et vulnérables. L’Évangile constitue une véritable nourriture spirituelle qui alimente notre être dans ce qu’il a d’unique et de béni par Dieu. Tout comme un aliment solide, les paroles du Christ doivent être accueillies, ruminées et assimilées pour transformer notre existence.
Boire le sang : incarner la vie du Christ
À cette nourriture de la chair — les paroles évangéliques —, Jésus associe la nécessité de boire son sang. Au sens spirituel, le sang représente la vie. Il ne s’agit pas seulement d’assimiler des enseignements pour enrichir notre pensée, notre théologie ou notre éthique. C’est la vie même de Jésus, sa posture et sa manière d’être que nous méditons.
En associant ses paroles et sa vie, nous alimentons en nous une dynamique qui dépasse le simple stade de la survie, nous accordant dès aujourd’hui une existence animée d’une dimension divine : la vie éternelle.
par : pasteur Marc Pernot
À lire aussi : Sur le sens théologique et spirituel de la notion de Chair, voir l’article dédié dans notre Petit Dictionnaire de Théologie.
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En écho à ce texte :
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Jésus : « Je suis le pain de vie, celui qui vient à moi n’aura jamais faim, jamais soif. » (Jean 6:35)
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« La Parole a été faite chair » : Comprendre le verset Jean 1:14
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L’Éternel me dit « Mange ce livre, et va, parle ! » (Ézéchiel 3:1)


Merci Pasteur Marc pour avoir répondu.
J’ai écouté, lu la prédication proposée. Reconnaissez que cela bouscule des enseignements reçus depuis des siècles par différents pasteurs. J’aime être confrontée à d’autres points de vue, à d’autres interprétations aussi ne soyez pas désolé mais remercié pour m’avoir montré une facette différente sur la mort de Jésus.
Ceci dit j’ai besoin de temps pour intégrer votre version que je vais réécouter.
Merci encore pour tout l’éclairage nouveau que vous apportez ! Soyez richement béni !
Bonjour
Il y a de nombreux théologiens qui disent et écrivent des choses de cet ordre. Seulement, ils ne sont pas nécessairement diffusés dans certaines églises. Cela dépend de la formation du pasteur, de sa sensibilité spirituelle et théologique.
Bravo à vous pour votre esprit d’ouverture.
Dieu vous bénit et vous accompagne
Gloire à dieu Amen 🙏 merci beaucoup pour le message,je n’avais bien compris ce que veut dire le verset, pardone Moi le français, je ne pas été a l’ecole, merci beaucoup
Bonjour pasteur Pernot.
« Celui qui mange ma chair… ».
Symboliquement, peut-on rapprocher cela du livre (donc d’une parole) doux comme le miel que le prophète visionnaire doit manger, en Ezéchiel 3 et Apocalypse 10 ?
Bravo ! C’est tout à fait la même idée. Il ne s’agit pas non plus de mâchouiller les pages d’une Bible, l’encre n’est peut-être pas très bonne pour la santé, et ce n’est pas cette opération qui rendra plus sage et plus fidèle. Mais d’assimiler le contenu du livre, afin qu’il devienne Parole de Dieu pour nous, acte de Dieu qui nous aide évoluer positivement.
Marc , quand même, pourquoi Dieu n’a pas épargné son fils qui lui demandait qu’il éloigne cette coupe mais acceptait « que ta volonté se fasse «
J’aurais de la peine à l’expliquer
Merci pour les messages du vendredi et vos prédications qui nous aident à trouver le meilleur en nous
Avec toute mon amitié
Chère Claudine
Grand merci pour les encouragements !!!
Le plan de Dieu était que Jésus vive et soit épargné par les autorités, qu’il soit entendu et suivi. Ce n’est pas Dieu qui voulait que son fils soit tué (nous dit la parabole racontée par Jésus lui-même, Marc 12).
Ensuite, apparemment, Dieu n’a pas de forces matérielles pour imposer aux humains de ne pas faire le mal. Sinon, le cours de l’histoire du monde serait tout différent. Dieu n’a que des légions d’anges pour agir : il accompagne, appelle, cherche à convaincre, donne des forces, prend soin de chacun au mieux qu’il peut. Les humains font ensuite à leur idée.
Jésus était, lui, profondément ouvert aux appels de Dieu pour lui. On le sent tiraillé. D’un côté il sent cet appel à s’épargner lui-même, qui est juste, car c’est la volonté de Dieu que tous soient heureux et vivent. D’un autre côté Jésus sent l’appel à accomplir sa mission qui est de manifester l’amour infini de Dieu pour les humains, même pécheurs. C’est tout le tragique de ce moment. Dieu ne tranche pas à sa place, car Dieu est liberté. Il me semble que Jésus a déjà pris sa décision quand il prie ainsi. Et Dieu l’accompagnera sur ce rude chemin.
Bonjour Pasteur Marc,
Merci beaucoup pour le commentaire que vous donnez.
Ceci dit j’ai une autre interprétation qui ne m’est pas venue mais qui m’a été donnée par un pasteur américain J. Rice et que j’ai étudiée et que j’ose vous présenter ma version.
Dans Matthieu 26 :36-45 Jésus est dans le jardin de Gethsémané et par 3 fois Il prie que cette coupe s’éloigne de Lui.
En fait cela a été compris comme si Jésus ne voulait pas mourir sur la croix, hors c’est une mauvaise compréhension car Il est venu sur terre, a quitté Son Royaume dans ce but. Esaïe 53:12 nous dit que Jésus » s’est dépouillé Lui-même jusqu’à la mort » -> en aucun cas Il aurait demandé à Dieu de Lui éloigner la coupe.
Ce qu’il faut comprendre (et c’est J. Rice qui l’explique très bien dans son livre « La prière » p139-140) c’est que Satan était venu pour le faire mourir, comme il avait déjà tenté de le faire lors du massacre des petits enfants par Hérode (Matthieu 2:16) ou lorsque Jésus fut tenté dans le désert (Matthieu 4:1-11). D’ailleurs il est écrit en Luc 4:13 que Satan Le laissa « jusqu’à un moment favorable ».
Ce moment-là c’était au jardin de Gethsémané afin d’empêcher Jésus d’accomplir l’œuvre pour laquelle Il était venu : sauver le plus grand nombre du péché en prenant sur Lui, à la croix, les péchés du monde (Luc 12:50 – Jean 10:17-18) et si Satan y était parvenu Jésus serait mort pour rien.
C’était donc ça la prière que Jésus faisait, que la coupe de cette mort prématurée prévue par Satan soit éloignée de Lui et Il fut exaucé. On lit cela en Hébreux 5:7 « Pendant sa vie terrestre, Christ a présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et il a été exaucé à cause de sa piété. »
D’ailleurs dans le film »La Passion du Christ » de Mél Gibson on voit très bien Satan tenter Jésus à Gethsémani.
Qu’est-ce que vous pensez de cette version Pasteur Marc ?
Excellent dimanche en Christ Jésus !
Merci d’entrer en dialogue, aussi aimablement.
Je pense que cette version est très très classique, et est encore cette vieille théorie de rachat des péchés des humains par le sacrifice de Jésus. Cette théorie me semble tout à fait nocive, à la fois théologiquement, spirituellement et moralement.
Donc, désolé, mais je ne suis pas du tout séduit par cette façon de voir.
C’est ce que j’essaye d’expliquer dans la prédication de Pâques cette année : Pourquoi Jésus a-t-il été crucifié ? Qu’est-ce que cela peut nous apporter ? (Marc 12:1-12 ; Romains 5:6-11)