un historien de l’Antiquité affirme que les crucifiés au supplice ne portaient jamais leur croix. Alors ?

Par : pasteur Marc Pernot

croix en montagne, Autriche - Photo by Thanti Riess on Unsplash

Question d’un visiteur :

Bonjour
récemment, j’entendais dire un Historien de l’Antiquité que jamais on a eu dans l’Histoire de témoignage qu’un condamné à mort était relâché pour la Pâques juive, que les crucifiés au supplice ne portaient jamais leur croix… sous entendu quand il y a une source unique dans toute l’Histoire qui rapporte ce type de faits , ce n’est pas très fiable… sans remettre en cause ma Foi, je m’interroge, qu’est-ce qui est authentique dans les Evangiles, on ne doit pas croire que cela s’est passé réellement comme cela (il y aurait pas mal de symboles) ou les Historiens peuvent se tromper ? qu’en pensez-vous ?

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Vous avez raison, les évangiles ne sont pas des livres d’histoire au sens où nous l’entendrions maintenant, ce sont des prédications, cherchant à rendre de compte de l’effet produit par Jésus sur ses contemporains.

Par exemple, quand Jésus dit à Thomas de porter son doigt dans sa main percée par les clous de la croix. Tout le monde à l’époque savait que les crucifiés n’étaient pas cloués dans la main (cela ne tiendrait pas) mais dans l’avant bras. Que signifie donc ce récit ? Pourquoi est-ce que Jésus dit alors de mettre notre doigt dans sa main percée ? Il s’agit bien entendu d’une image, cela nous appelle à poursuivre l’action créatrice du Christ, à devenir lui-même christique, à notre mesure et à notre façon. C’est bien plus intéresant qu’un reportage historique et scientifique pour savoir comment les crucifiés l’étaient techniquement (ce dont je n’ai rien à faire, je ne m’intéresse pas tellement, pas du tout, aux joyeux moyens de torture à travers les siècles et civilisation, beurk). Mais ce récit de l’Evangile est écrit pour nous. Et c’est effectivement passionnant, vivifiant : comme une annonce de l’Evangile (le Christ manifestant l’amour de Dieu) et un appel à vivre dans cet esprit

Ce qui est authentique dans les évangiles est effectivement cette foi qui fait vivre. C’est un témoignage sincère et authentique de cette expérience de foi vécue réellement.

Cela dit, ce n’est pas sans rapport avec les faits historiquement vécus par un homme bien réel qu’est Jésus. Dont l’existence n’est pas remise en cause par les historiens (sauf par quelques rares athées militants qui sont plus motivés par l’idéologie que par l’histoire). Mais effectivement leur travail d’enquête se poursuit sur des traces archéologiques, et sur les récits des évangiles, ainsi que des témoins antiques, et cherchant à lire entre les lignes ce qui semble être un fait historique, et ce qui est de l’ordre de la vérité spirituelle et théologique. Car c’est ainsi que la pensée et la foi s’expriment dans la culture de ce peuple de la Bible, en transmettant leur foi et leur théologie, leur philosophie et leur éthique sous forme de récit, plus que sous forme d’enseignement comme les philosophes grecs. On apprend ce que c’est que le « sens figuré » aux enfants à l’école primaire. Ce n’est donc pas si compliqué de saisir cette question de la vérité d’un récit au delà du sens matériel d’un récit. Pourtant, il existe des personnes qui prennent plaisir attaquer la foi des autres qui utilisent cette caractéristique du texte biblique pour dire qu’il ne serait pas authentique, qu’il serait falsifié. Je pense que ces personnes feraient mieux de s’occuper à élever leur propre pensée, et si la pensée des autres les intéressent vraiment, à s’y intéresser d’une façon honnête. Que cela ne vous inquiète donc pas.

Bravo et merci pour ce questionnement important pour accéder à ce magnifique trésor.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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4 réponses

  1. Boursat dit :

    Bonjour à tous,

    Je suis tout à fait d’accord avec vous pasteur, de plus il faut savoir que la crucifixion est d’origine arabe date de l’époque de Jésus et reprise par les romains de cette même époque. Oui qu’elle horreur !

    Que Dieu éclaire votre chemin.

  2. Laurence dit :

    Il est pourtant connu que les suppliciés portaient la partie transversale de la croix, nommée  » patibulum  » ( qui donnera l’adjectif  » patibulaire ») et étaient ensuite hissés le long du pieu vertical qui, lui, restait en place sur le lieu de la mise à mort. C’est dans  » Jésus de Nazareth » le superbe film de Zeffirelli, que la scène de la crucifixion est le mieux montrée et le mieux documentée.

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