Je suis en couple avec un chrétien et je suis musulmane. Je m’interroge alors sur votre religion ?

Par : pasteur Marc Pernot

Illustration : un couple - Image par Free-Photos de Pixabay

Question d’un visiteur :

Bonjour Pasteur,

Je vous adresse ce message en essayant de vouloir comprendre votre religion, je suis actuellement en couple avec un homme de confession chrétienne et moi je suis musulmane. Je m’interroge alors sur votre religion et je me suis tout naturellement tourner vers un Pasteur
Merci d’avance

Cordialement.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir Madame

L’Islam et le Christianisme honorent le même Dieu, puisqu’il y en a qu’un seul. Vous pourriez tout à fait rester musulmane et épouser un homme chrétien (comme un musulman peut épouser une chrétienne), à condition que vous ayez du respect mutuel et soyez des croyants assez ouverts. Vous pourriez demander ensemble la bénédiction de notre Dieu à tous sur votre couple, votre famille. Et si vous aviez des enfants plus tard, vous pourriez leur parler des deux religions de leurs parents et leur laisser le choix pour quand ils seront grands.

Bravo de vous renseigner sur la foi de votre homme. C’est un beau respect.

Pour résumer l’essentiel, en quelques mots (ce n’est pas facile), je dirais ceci :
Le christianisme place au cœur de sa foi la miséricorde de Dieu : ce terme de miséricorde désigne dans la Bible la tendresse d’une maman (parfaite) pour son bébé. Cela veut dire un amour inconditionnel de Dieu pour chaque personne humaine, sans condition de mérite, de religion, de foi, de croyances. Et s’il nous arrive d’être même ennemi de Dieu, Jésus nous dit que Dieu continue à nous aimer et à chercher à nous bénir, à nous faire du bien afin de nous guérir de ce qui ne va pas en nous. L’apôtre Paul résume cela en disant que « là où le péché abonde, la grâce (l’amour de Dieu) surrabonde ». C’est effectivement comme cela qu’une mère tendre et aimante fait pour le bien de son bébé chéri. En Christ, nous découvrons qu’il n’y a rien à craindre de Dieu, mais tant à espérer, à recevoir comme bénédictions pour cette vie présente et pour celle à venir.
Ce n’est pas donc sous la menace de récompenses ou de punitions que nous cherchons à prier et à faire le bien sur terre, mais tout simplement parce que c’est une belle façon de vivre, que nous avons découverte dans l’amour dont nous sommes aimés, en particulier par l’amour infini de Dieu pour nous.

Que Dieu vous bénisse et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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Marc Pernot

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5 réponses

  1. papillon dit :

    Est-ce que c’est vraiment nécessaire d’être un bébé pour que dieu nous aime !!!Moi je crois pas du tout…..Même si cet amour est inconditionnel, je pense que je peux dans l’amour de dieu me sentir un adulte aussi responsable et engagé que possible….Abigail Bassac parlait dans un article d’Evangile et Liberté, de l’amour de Dieu comme celui d’un amant , ça me va beaucoup mieux, comme la notion d’amant-aimé chez Rûmi….de plus la notion de l’amour enfant-parent est tellement biaisée et névrotique que j’aimerai bien sortir de là!!!
    Je suis personnellement touché par l’amour exprimé par Jésus, quand il dit au crucifié à côté de lui  » aujourd’hui tu seras avec moi au paradis » , cette déclaration de « miteinandersein » est pour moi fondatrice, et peut-être y a-t-il quelque chose de l’amour d’une mère devant son bébé apprenant à marcher et le relevant à chaque chute, mais je suis persuadé que , être fils de Dieu et frère de Jésus-christ ne doit pas nous laisser dans un état infantile…
    Ceci-dit j’aime bien votre blog….

    • Marc Pernot dit :

      Merci pour les encouragements !

      Je suis d’accord avec vous, ce n’est vraiment pas nécessaire d’être un bébé pour que dieu nous aime, c’est l’inverse. Dieu nous aime, il n’y a donc rien à faire ou être autre chose que ce que nous sommes pour être aimé de Dieu, comme un bébé n’a rien à faire pour être aimé par sa maman. C’est bien entendu une image, et quand Jésus nous appelle à être comme un enfant je suis persuadé qu’il ne nous appelle pas à revenir en enfance.

      L’image de l’alliance entre deux amoureux est très biblique aussi, et intéressante, à un autre niveau. Pour ce qui est de dire la grâce inconditionnelle de Dieu, c’est plus délicat car nous savons tous combien l’amour des amoureux dure ce que durent les roses, à moins qu’il n’évolue, et nous savons malheureusement combien de personnes abandonnent leur amoureux.se comme une vieille chaussette. En particulier quand l’autre n’est pas en forme ou que la vie est difficile. Pour une maman normale, c’est quand même plus rare qu’elle n’aime plus son enfant (même si elle le confie à l’adoption). C’est ce que souligne le Paume 27 « Même si mon père et ma mère m’abandonnaient, l’Eternel me recueille »

      Cela dit, toute image a ses limites, en particulier pour ceux qui ont eu le malheur d’avoir un ou des parents maltraitants, celle image récurrente de Dieu comme Père ou Mère nous aimant, nous adoptant, nous engendrant… peut ne pas être très agréable à entendre… comme l’image du Dieu amoureux de nous peut laisser un goût amer dans la bouche et craindre d’être encore une fois être trahi si l’on a eu le malheur de tomber dans les griffes d’une peu fidèle personne.

      La parole de Jésus pour le brigand repenti est intéressante et forte, mais qu’en est-il de l’autre brigand, l’oublié ? La prière de Jésus pour les soldats qui viennent de le crucifier et continuent à se moquer de lui est à juste titre célèbre car plus claire sur l’amour radical de Christ, et donc de Dieu pour nous : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. » (Luc 23:34).

  2. papillon dit :

    merci pour la réponse !
    l’oublié, je crois que c’est lui qui veut pas de l’amour, il veut être sauvé, ou du moins sortir de là ou il est….l’autre , je suis pas sur qu’il se repente, ou du moins c’est pas dit comme ça dans le texte, il assume (pour nous c’est justice, car nous recevons ce que nous méritons de nos crimes), il demande juste que Jésus se souvienne de lui….oui c’est l’abandon et la confiance, comme en amour entre deux personnes….et c’est là qu’on nous dit être le paradis…. les actes de pilate rapportent autrement la parole de Jésus  » aujourd’hui je t’ai avec moi dans le paradis », c’est pour ici et maintenant, même si ce maintenant est le comble de l’horreur…
    j’ai de la chance, je me suis jamais trop senti abandonné ni trahi, pas écouté souvent, incompris parfois, et que les gens aillent voir ailleurs parce qu’il y a mieux que mes névroses, je l’admets tout à fait ! la différence pour moi entre l’amour humain et l’amour de dieu, c’est que dieu il aime tout le monde…..le texte ne dit pas que jésus n’aime pas l’autre larron, comme à la fin de l’évangile de jean, jésus ne dit pas qu’il n’aime pas pierre ( attention aux sens du mot amour en grec)
    le « bon » larron, jean sont dans une vibration juste , un frémissement commun avec Jésus…..
    et nous, et moi ?
    je sais pas bien, je sais que ça me touche beaucoup, et que parfois le dimanche matin je trouve ce frémissement dans ma communauté….j’ai bien de la chance !!!!

  3. cecile dit :

    salut, est-ce que en tant que chrétienne je peux avoir une relation amoureuse avec un musulman?

    • Marc Pernot dit :

      Bonjour

      C’est possible, à condition bien entendu que les deux personnes, leurs familles, leurs église et moquée soient ouvertes. Sinon, c’est insupportable. Ce n’est pas tant une question religieuse, qu’une question de respect mutuel, respect qui est bien entendu la base de la base du couple et de la famille, comme aussi de l’amitié entre des personnes.

      Or la foi étant une dimension très intime et personnelle de la personne, le minimum est de respecter la foi de l’autre.

      Dans le couple, cela veut dire concrètement :

      • Aucune pression pour convertir l’autre. Le laisser et même l’encourager à pratiquer sa propre religion.
      • Ne pas faire peser un poids trop important avec sa propre pratique religieuse sur la vie du foyer.
      • Protéger son conjoint et sa foi des éventuelles pressions de sa propre famille et des personnes rigoristes de sa propre religion.
      • Il est absolument indispensable à mon avis que les DEUX conjoints s’engagent à ne pas imposer de religion aux enfants éventuels, ni circoncision ni baptême quand ils sont petits, qu’il leur soit donnée une double instruction religieuse d’une façon équilibrée, afin de leur donner la possibilité de choisir quand ils seront grands.

      Il vaut mieux discuter de cela le plus tôt possible, afin d’être fixé sur la possibilité ou non, d’une famille interreligieuse. Car trop de personnes ne découvrent qu’après coup qu’il n’y avait en réalité pas de respect pour la foi de l’autre, ce qui n’est vraiment pas un bon signe sur « l’amour » réel de la personne qui disait aimer. Si un de ces points n’est pas possible, il y a un vrai problème. Car on ne peut pas bâtir un couple, une famille sans le minimum de respect mutuel, ce serait comme bâtir sur du sable, sur un mensonge.

      Par contre, s’il y a un respect avéré, alors c’est excellent, cette façon de vivre la religion dans la diversité et le respect mutuel est alors une bénédiction, c’est un pont utile entre des religions sœurs honorant le seul Dieu. il est alors utile de manifester publiquement ces engagements dans une cérémonie de mariage interreligieuse. C’est utile pour le couple, faisant ainsi place à Dieu dans leur union, et c’est utile face à leurs proches afin qu’ils respectent ce respect mutuel. La cérémonie peut être soit faite avec un imam et un pasteur (je l’ai fait à plusieurs reprises), soit au minimum avec une présence musulmane dans la cérémonie chrétienne de mariage, soit une présence chrétienne dans la cérémonie de mariage musulmane (cela peut être fait par un religieux ou par une personne de la famille : lecture dans le livre de l’autre, court commentaire, prière, bénédiction).

      Dieu vous bénit et vous accompagne

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