Statue du Christ à Lisbonne au Portugal, au dessus d'une mer de nuages - Photo de Motoki Tonnsur https://unsplash.com/fr/photos/christ-redempteur-couvert-de-nuages-pendant-le-jour-vV1a1Leq-dQ
Question

Dieu s’est-il vraiment fait homme ? Revenir au texte biblique de l’Incarnation

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L’expression « Dieu s’est fait homme » est courante, mais est-elle fidèle au texte biblique ? Le prologue de l’Évangile selon Jean dit plutôt que « la Parole s’est faite chair ». Cette distinction importante pose la question de la transcendance divine, de la nature du salut par la grâce et propose la vision d’un Dieu vivant qui accompagne l’humanité dans une création continue.


Question du lecteur :

Cher pasteur,
Merci pour vos réponses passionnantes ! Quelques réflexions me viennent à la suite de mes lectures :

  1. L’idée que Dieu s’est fait homme est très répandue. Dans Le Dieu de Jésus, Jacques Duquesne affirme que ce Dieu vivant souffre sur la croix. D’autres théologiens expliquent que Dieu nous aide en ayant traversé les mêmes épreuves que nous. Qu’en penser ?
  2. Savoir que Dieu nous aime suffit-il pour être sauvé ? Faut-il simplement ouvrir son cœur à la parole intérieure pour être relevé ?
  3. Les premiers disciples cherchaient-ils à faire valider Jésus comme Messie en montrant qu’il était Dieu ? Duquesne parle aussi d’une forme de devenir en Dieu. Dieu connaît-il d’autres sentiments comme la patience ?

L’incarnation : entre transcendance et humanité

Réponse du pasteur Marc Pernot :

Cher Monsieur,
Merci pour ces encouragements stimulants.

Ce qui me gêne dans l’expression « Dieu s’est fait homme », c’est que Dieu est infiniment au-delà de tout. Dire qu’il s’est fait homme écrase cette transcendance divine en faisant passer l’image pour la réalité ultime. Trop humaniser Dieu comporte le danger d’alimenter le rêve de diviniser l’humain, une tentation ancienne contre laquelle Genèse 3 nous met en garde.

Plutôt que d’affirmer « Dieu s’est fait homme afin que l’homme devienne dieu », je préfère m’en tenir au prologue de Jean : « la Parole s’est faite chair », afin que l’humain devienne enfant de Dieu. C’est déjà une promesse extraordinaire.

La révélation du Père à travers le Christ

L’idée que Dieu aurait souffert sur la croix rejoint l’ancienne doctrine patripassienne. Affirmé par Jésus, « qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14:9) signifie que le Christ révèle l’attitude de Dieu. Cependant, il existe une différence essentielle entre cette révélation et l’idée que Dieu lui-même se promènerait en sandales sur les chemins de Galilée.

Comprendre le salut et la grâce

Le salut s’articule autour de deux réalités fondamentales :

  • La grâce inconditionnelle : Le fait que Dieu nous garde pour l’éternité ne dépend ni de nos performances, ni de notre acceptation. C’est un don pur et gratuit.
  • Le salut comme cheminement : Le salut est aussi un soin divin destiné à nous faire grandir. Notre ouverture de cœur et notre désir d’évoluer permettent d’accueillir pleinement cette action transformatrice.

Comme un médecin continue de soigner un patient passif, Dieu ne cesse de faire du bien. Mais lui ouvrir notre confiance facilite grandement ce travail de guérison et de relèvement.

Jésus-Christ et la dynamique divine

Au Ier siècle, les premiers chrétiens ne proclamaient pas « Jésus est Dieu », mais confessaient Jésus comme le Christ, le Serviteur et le Fils de Dieu. Leur objectif était de témoigner qu’en Jésus s’accomplissait la promesse du Messie venu apporter le salut à toute l’humanité.

La perfection divine comme mouvement

Considérer Dieu comme un être en mouvement n’est pas une marque d’imperfection. Bien au contraire :

  • La vraie perfection : Elle n’est pas une immobilité glacée, mais une dynamique vivante et relationnelle.
  • La prière vivante : Dieu est en dialogue réel avec nous, tenant compte de nos aspirations.
  • La création continue : La création n’est pas un événement figé du passé, mais un processus en cours dans lequel Dieu agit continuellement avec patience.

Comme le rappelle l’Apocalypse (1:4), Dieu est « celui qui était, qui est et qui vient » : un Dieu vivant et toujours à l’œuvre.

pasteur Marc Pernot

À lire aussi : Sur le sens théologique et spirituel de la notion de Chair, voir l’article dédié dans notre Petit Dictionnaire de Théologie.

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En écho à ce texte :

Un commentaire

  1. SZUCS dit :

    Ce n’est pas l’expression qui est gênante, mais bien ce que certains hommes ( ceux des églises) en ont fait .
    Elles différentes traductions n’ont rien arrangé .
    Je suis un fidèle de Solae sur France Culture le dimanche matin
    J’aime beaucoup la lecture des pasteurs protestants .
    En vérité, je me trouve pas dans l’église catholique , je reste avant chrétien , c’est à dire disciple du Christ

    Nous sommes invités à découvrir Celui qui est en nous

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