Prédication

Le combat spirituel selon saint Paul : Comment revêtir l’armure de Dieu (Éphésiens 6)

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Face à l’état du monde, Jésus nous mobilise. L’apôtre Paul explique comment agir : en nous armant contre les sources de chaos pour ne pas être blessés ou contaminés, puis en agissant par l’Esprit pour créer et réparer.

Texte, vidéo et podcasts de la prédication. Ceci est un témoignage personnel. N’hésitez pas à donner votre propre avis ci-dessous.


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Prédication (message biblique donné au cours du culte) à Genève, le dimanche 18 mai 2025, par : pasteur Marc Pernot

Transcription de la vidéo :

Passer en mode guerrier : le sens du combat spirituel

Passons en mode guerriers, nous dit l’apôtre Paul. Mais pas n’importe comment, ni contre n’importe qui. Évidemment.

Pourquoi utiliser une métaphore si guerrière ? Parce qu’il y a manifestement plus qu’une simple bricole à faire. Il s’agit d’un véritable engagement pour que « la volonté de Dieu soit faite sur la terre comme au ciel », comme nous l’enseigne Jésus dans le Notre Père.

Cette prière n’est pas une façon de nous défausser sur Dieu. Ce n’est pas en nous plaignant que nous ferons avancer les choses : la prière est un acte de responsabilité qui nous engage. C’est nous tous, autant qu’il y a de bonnes volontés, que Jésus appelle lorsqu’il déclare dans l’Évangile : « Il faut que NOUS fassions les œuvres de celui qui m’a envoyé ; la nuit vient, où personne ne peut travailler. » (Jean 9:4). C’est pourquoi Paul nous invite à revêtir l’armure de Dieu dans Éphésiens 6 et à devenir une certaine forme de chevalier de la foi.

Contre qui et contre quoi devons-nous lutter ?

Paul nous interpelle ainsi : « Soyez puissants dans le Seigneur, par sa force souveraine. Revêtez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir bon devant les manœuvres du diable. » (v. 10-11)

Voilà des précisions essentielles sur l’adversaire que nous avons à combattre. Cependant, la traduction habituelle peut nous induire en erreur. Le mot « diable » est souvent perçu comme un dieu méchant ou une créature maléfique. Dans le grec du Nouveau Testament, le mot diabolos (διάβολος) désigne d’abord une fonction : celle du « démolisseur ». Il qualifie tout facteur qui brise, divise, fait éclater un groupe et en éparpille les éléments.

Lutter contre le combat spirituel et le diabolique, c’est chercher à agir à la source du mal, plutôt que de poser un simple pansement sur les symptômes.

Le chaos est l’état premier de toute chose : tout en est tiré et tout tend à y revenir. Qu’une réalité ordonnée existe est une merveille étonnante. Quand les auteurs hébreux rédigent le récit de la création dans la Genèse, ils s’inspirent de mythes vieux de deux mille ans qui opposaient un dieu créateur et un dieu destructeur. Les Hébreux ne conservent que le Dieu créateur : Il ne combat pas contre une divinité mauvaise, mais Il façonne le chaos pour en tirer du bon. C’est la mission à laquelle nous sommes appelés. Mais avant d’en arriver là, il nous faut être capables de résister aux méthodes du chaos.

Identifier les sources du chaos

La première source de désordre est le chaos lui-même. Il est contagieux et engendre la souffrance, le vide et la destruction. Nous devons donc tenir bon face aux épreuves de l’existence : les catastrophes naturelles, la maladie, le deuil ou les événements imprévisibles.

Nous avons également à résister à une autre source de destruction : la méchanceté humaine. Celle-ci peut s’exprimer chez les puissants qui détruisent l’état de droit et le respect, mais aussi au quotidien, dans les familles, les entreprises ou le voisinage. L’enjeu est de tenir bon pour ne pas se laisser contaminer.

Paul précise que notre lutte ne s’exerce pas contre la chair et le sang, c’est-à-dire contre les personnes elles-mêmes, mais contre les forces et les engrenages qui poussent un être humain à faire le mal. Il convient d’agir en amont pour désarmer ces dynamiques destructrices.

S’équiper des armes de Dieu pour résister

« Soyez fortifiés dans le Seigneur » : le texte grec utilise un impératif passif. Il s’agit d’un travail d’équipe. C’est Dieu qui donne la force créatrice, et c’est à nous de nous ouvrir à sa grâce. Nous agissons en synergie avec Lui et aux côtés des autres.

Revêtir la panoplie divine

Face aux divisions, nous sommes appelés à saisir les armes de Dieu. La tentation naturelle serait de rendre le mal pour le mal. Mais en adoptant les méthodes du chaos, le mal remporterait déjà une victoire en nous assimilant à lui.

« Tenez bon », recommande Paul. L’armure proposée n’est pas un ensemble de techniques, mais un ensemble de qualités d’être :

  • La vérité : une fidélité relationnelle qui nous dispose bien envers autrui.
  • La justice : une rectitude qui nous préserve des comportements destructeurs.
  • L’Évangile de la paix : une disposition d’esprit qui nous permet d’avancer de manière constructive.
  • Le bouclier de la foi : une confiance solide en Dieu pour éteindre les flèches du doute et du désespoir.

Ces qualités révèlent la nature de Dieu : fidèle, juste, paisible et digne de confiance. Elles constituent également un programme de croissance spirituelle à exercer au quotidien par la méditation et la prière.

L’action spirituelle : le casque du salut et l’épée de l’Esprit

Une fois préservés du chaos, nous pouvons passer à l’action pour développer le bien autour de nous grâce à deux éléments complémentaires :

  • Le casque du salut : la certitude d’être gardés par Dieu en toutes circonstances, ce qui donne l’audace d’agir.
  • L’épée de l’Esprit : la Parole de Dieu qui permet de discerner le vrai du faux, le juste de l’injuste, et d’apporter du sens là où régne le vide.

C’est par la force de l’Esprit et de la Parole que le monde est transformé. À nous de jouer, avec confiance et résolution.

Amen.

pasteur Marc Pernot

À lire aussi : Sur le sens théologique et spirituel de la notion de Chaos, du Bien, sur l’existence du mal et de la souffrance, voir les articles dédiés dans notre Petit Dictionnaire de Théologie, ainsi que l’article « théodicée » dans notre Petit Dictionnaire de Théologie.

 

Textes de la Bible

Éphésiens 6:10-19

Soyez puissants dans le Seigneur, par sa force souveraine. 11Revêtez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir bon devant les manœuvres du diable. 12En effet, ce n’est pas contre le sang et la chair que nous luttons, mais contre les principats, contre les autorités, contre les pouvoirs de ce monde de ténèbres, contre les puissances spirituelles mauvaises qui sont dans les lieux célestes.

13Prenez donc toutes les armes de Dieu, afin que vous puissiez résister dans le jour mauvais et, après avoir tout mis en œuvre, tenir bon. 14Oui, tenez bon : ceignez vos reins de vérité et revêtez la cuirasse de la justice ; 15mettez pour chaussures à vos pieds les bonnes dispositions que donne la bonne nouvelle de la paix ; 16prenez, en toutes circonstances, le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Mauvais.

17Prenez aussi le casque du salut et l’épée de l’Esprit, qui est la Parole de Dieu.

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En écho à ce texte :

3 Commentaires

  1. anonymisé svp pour m'éviter les foudres de mes amis pasteurs... dit :

    Bonsoir Monsieur le Pasteur
    De ce que j’ai retenu du livre « Saul de Tarse » écrit par le Pr Daniel Marguerat, Paul n’était pas un être de tout repos en dehors de sa sainte véhémence contre les siens d’abord mais pour Jèsus ensuite (qu’il n’a pas connu) pour autant que ses interlocuteurs déjà christianisés ne lui parussent pas déviants comme ceux de Corinthe… À se demander pourquoi l’Eglise primitive en a fait un grand Saint…

    1. Marc Pernot dit :

      Je suis du même avis que vous sur Paul. Il a été persécuteur et s’il a mieux orienté son action ensuite, il est resté assez ardent.

      « Saint », dans le langage biblique n’est pas un diplôme de foi, de moralité ou de caractère. Être saint signifie être reconnu par Dieu comme personne spéciale, appelée à une responsabilité. C’est donc Dieu qui sanctifie, pas les humains qui sanctifient qui que ce soit. Nous sommes tous saints, pour Dieu, comme une mère de famille, ou un père, aime (normalement) chacun de ses enfants de façon spéciale. Manifestement, ce monsieur Paul de Tarse était assez habité par sa vocation, il a bien senti cet amour de Dieu qui l’appelle.

      L’Eglise de Corinthe avait manifestement un problème de tensions interne entre différentes sensibilités. Cela arrive parfois dans n’importe quelle association, et aussi malheureusement dans une église à certains moments de son histoire. Paul essaye de rassembler les morceaux, par exemple avec les très importants chapitres 12 & 13 de sa première lettre.

  2. Anne dit :

    Merci et encore merci
    Je n’ai pas encore pu tout lire ce qui est déposé sur le blog.
    En tout cas, je suis émerveillée de la richesse de vos réflexions, qui entraîne la nôtre (et enrichit nos ‘armes’)!
    Oui, Dieu vous accompagne et vous bénit,
    Bonne journée et mes chaleureuses salutations,

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