Vous proposez plus une « éthique de situation » que « l’impératif catégorique » ?

Un panneau menaçant de l'enfer (illustration) - Image: 'Do this do that' by Cold, Indrid 
 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/ http://www.flickr.com/photos/29442760@N00/26623759486

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Cher Pasteur Marc

Je vous ai écrit il y a quelques mois et vos réponses m’a beaucoup aidé. Un grand merci! J’ai maintenant quelques questions:

1. Je remarque que vous utilisez principalement « l’éthique de situation» pour répondre aux questions. Je voulais juste demander pourquoi tel est le cas que je sache «impératif catégorique» de Kant était autrefois populaire parmi protestantes. Pourquoi le «impératif catégorique» ne sert plus? Pouvez-vous s’il vous plaît me dire sur l’histoire de la raison pour laquelle l’éthique situationnelle est populaire?

2. Comment pouvons-nous discerner qui miracles sont des événements historiques et qui sont la foi histoires / mythes? Comme vous le dites, la marche sur l’eau est un mythe enseigner les chrétiens à persévérer dans les moments de tribulation. Cependant en tant que chrétiens, nous croyons que la résurrection (? Physique) de Jésus a été un événement historique réel. Comment pouvons-nous discerner qui est qui? Si Jésus pouvait ressusciter des morts, sûrement qu’il pouvait faire ces autres choses? Y at-il des indices dans le texte?

Amitiés fraternelles

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

1. À vrai dire, cela peut sembler être de l’éthique de situation, c’est vrai que l’importance de l’individu qui est mise en avant pas le Christ invite à ne pas en rester à des principes aveugles.

Mais ce n’est pas tant de l’éthique de la situation, mais une éthique spirituelle, ouvrant à ce que la personne décidera d’elle même sous l’inspiration de Dieu, en ligne directe. Un Dieu qui apporte plus une mise en lumière, permettant à chacun de voir de ses propres yeux le chemin qu’il désire tracer. Donc effectivement la situation est prise en compte, mais pas seulement, il y a aussi une visée dynamique, il y a aussi la personnalité de chacun, il y a une relation. Ce qui m’inspire serait donc une éthique spirituelle. C’est aussi une éthique de la vocation personnelle, amenant à trier parmi tout ce qui serait utile et juste ce qui pourrait faire partie d’un projet (une vocation) que je discerne comme pouvant être le mien, dans la réflexion et la prière. C’est à dire qu’une autre personne dans la même situation avec le même éclairage de Dieu pourait prendre avec justesse une autre décision.

Alors que l’impératif catégorique sacralise une position. Pour le protestant réformé, un des principes fondamentaux est « à Dieu seul soit la gloire », Dieu seul est sacré. Pas un dogme, pas un impératif comme de ne pas mentir, par exemple.

Je ne suis pas certain que l’éthique situationnelle soit populaire ? Peut-être. On peut en trouver la source dans ce que dit l’apôtre Paul « tout est permis mais tout n’est pas utile, tout m’est permis mais tout ne construit pas ». Mais, malheureusement, si le « tout est permis » a bien été entendu, le « tout est utile » est souvent oublié. Et l’aide de Dieu pour discerner ce qui est utile et ce qui construit est peut-être encore plus oublié. Et finalement, ce qui est populaire n’est peut-être pas une éthique utilitariste mais une mentalité du genre « ni Dieu ni maître », même parmi les chrétiens.

Alors que celui qui cherche à tracer son chemin en responsabilité devant Dieu, va avoir l’humilité de se placer devant lui pour chercher à recevoir un éclairage, des questions nouvelles permettant de complexifier, nuancer, approfondir. C’est une démarche exigeante, bien plus que de suivre une loi fixe, même déclinée en de multiples sous cas possibles (une casuistique). Mais je pense que l’éthique spirituelle a source d’une belle inspiration. Comment peut-on prier et choisir ensuite de tromper son prochain, de lui faire des coups en vache par derrière, et n’avoir aucun scrupules après, ne pas aller voir son frère pour demander pardon ? Comment peut-on se présenter à Dieu le soir si on a trompé son conjoint dans la journée, et recommencer ensuite ?

2. Le plus grand, le plus invraisemblable des miracles est celui de la vie, et donc celui de l’évolution. C’est ensuite l’impossible miracle que l’amour existe, l’art, et la possibilité d’avoir un idéal. Que cela existe et l’emporte ainsi devant le chaos n’est pas dans la logique des choses. Ces miracles de la Bible nous parlent de miracles qui ont une réalité historique, en particulier dans notre propre histoire mais aussi dans l’histoire du monde. C’est donc précieux que la Bible en parle. Elle en parle à sa façon, qui n’est que très rarement conceptuelle comme nous avons tendance à le faire dans noter culture, mais sous forme de récits. Ensuite, est-ce que Jésus a marché physiquement sur l’eau ? Je trouve personnellement que cela n’a pas tellement de sens, car ce genre de prodiges n’appartient pas au salut que Dieu veut nous offrir en Christ (à mon avis). Alors qu’an sens figuré, oui, c’est ce genre de prodiges là qui nous est donné de vivre par la foi.

Avec mes amitiés fraternelles

Marc

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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