Que pense Dieu de la sexualité avant le mariage ?

Par : pasteur Marc Pernot

Illustration : un homme et une femme au lit se regardent - Image parSasin Tipchai de Pixabay

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Je suis chrétien depuis plus de 30 ans, et j’ai fréquenté divers courants chrétiens : je suis né catholique, puis je me suis « converti » à l’âge de 22 ans et ai rejoint une Eglise évangélique de Réveil. J’ai ensuite fréquenté une Eglise évangélique Libre, puis l’Armée du Salut. Je lis beaucoup de livres chrétiens, de livres sur les relations humaines, des livres de psychologie, etc.

Mon esprit s’est beaucoup plus ouvert qu’à mes débuts de foi chrétienne. Actuellement, je fréquente une femme, et je me pose sérieusement la question de la sexualité avant le mariage. Si je lis des articles dans le monde évangélique, ce milieu semble le condamner de manière ferme, classant cela dans la catégorie « fornication », acte jugé sévèrement par Dieu.
Dans le milieu Réformé, ce thème ne semble pas poser de problème, dès le moment où la relation est une relation engagée, stable, durable et où le respect et l’amour sont au centre.

Aussi, je ne sais pas trop quoi penser… Chacun y va de ses arguments, mais ma lecture de la Bible me semble ne pas donner de verset 100% clair à ce sujet. Il y a sujet à interprétation… Si cela était tellement important pour Dieu, n’y aurait-il pas des versets qui diraient clairement : « Moi le Seigneur, je veux qu’un homme et une femme n’aient pas de relations sexuelles avant de s’être engagés par l’acte du mariage » ?

De plus, notre vision du mariage n’est pas la même que celle d’il y a 2000 ans, du temps de Jésus, n’est-ce pas ?

Je vous mets ci-dessous une copie d’un article que j’ai trouvé sur le site « TopChrétien », et j’aimerais avoir votre avis éclairé sur ce sujet, et vos commentaires sur ce type d’article…

Je désire de tout cœur obéir à la volonté de Dieu, et pour cela j’ai besoin d’avoir une vision claire et équilibrée sur ce thème…

Merci pour votre aide et que Dieu vous bénisse !

Copie de l’article sur « TopChrétien » :

Le sexe avant le mariage est-il péché ?

Dans la Bible, aucun terme hébreu ou grec employé ne fait précisément référence au sexe avant le mariage.

La Bible condamne clairement l’adultère et l’immoralité sexuelle, mais le sexe avant le mariage entre-t-il dans cette définition ?

D’après 1 Corinthiens 7.2, la réponse est clairement oui : « Toutefois, pour éviter toute immoralité sexuelle, que chaque homme ait sa femme et que chaque femme ait son mari ». Dans ce verset, Paul présente le mariage comme un « remède » à l’immoralité sexuelle. Pour résumer, 1 Corinthiens 7.2 dit que, puisque les hommes ne savent pas se contrôler et qu’il y a tant d’immoralité sexuelle hors mariage, ils doivent se marier pour satisfaire leurs passions d’une manière conforme à la morale.

Ainsi, comme 1 Corinthiens 7.2 inclut clairement le sexe avant le mariage dans sa définition de l’immoralité sexuelle, tous les versets bibliques qui condamnent l’immoralité sexuelle, condamnent aussi le sexe avant le mariage comme péché. Le sexe avant le mariage fait partie de la définition biblique de l’immoralité sexuelle. De nombreux passages des Écritures (Actes 15.20, Romains 1.29, 1 Corinthiens 5.1, 6.13, 18, 7.2, 10.8, 2 Corinthiens 12.21, Galates 5.19, Éphésiens 5.3, Colossiens 3.5, 1 Thessaloniciens 4.3, Jude 1.7) disent que le sexe hors mariage est péché. La Bible enseigne l’abstinence avant le mariage. Les rapports sexuels entre un mari et sa femme sont la seule forme de sexe que Dieu approuve (Hébreux 13.4)

Trop souvent, nous nous concentrons sur l’aspect récréatif du sexe à l’exclusion d‘un autre aspect important : la procréation. Le sexe dans le cadre du mariage procure beaucoup de plaisir et Dieu l’a voulu ainsi. Il veut que les hommes et les femmes aient du plaisir à leur activité sexuelle dans le cadre du mariage. Le Cantique des Cantiques et plusieurs autres passages bibliques (comme Proverbes 5.19) décrivent clairement les joies de la sexualité. Mais les couples doivent comprendre que Dieu a d’abord prévu la sexualité pour faire des enfants. Par conséquent, un couple qui a des rapports sexuels avant le mariage pèche à la fois en profitant de plaisirs qui n’étaient pas prévus pour lui et en risquant de donner naissance à une vie humaine en dehors de la structure familiale que Dieu a prévue pour chaque enfant.

Même si la pratique ne doit pas être un facteur déterminant pour distinguer le bien du mal, si le message biblique sur le sexe avant le mariage était suivi, il y aurait bien moins de maladies sexuellement transmissibles, d’avortements, de mères célibataires, de grossesses indésirables et d’enfants qui grandissent sans la présence de leurs deux parents. Pour Dieu, il n’y a pas d’alternative à l’abstinence avant le mariage. L’abstinence sauve des vies, protège les bébés, donne leur valeur appropriée aux relations sexuelles et, surtout, honore Dieu.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir cher Monsieur

Bravo pour votre recherche de fidélité à Dieu avant d’agir. Bravo aussi pour votre démarche d’intelligence et de discernement personnel, explorant les avis sans d’ailleurs négliger l’apport des sciences. Je suis intimement persuadé que cette démarche est extrêmement prometteuse et en elle même fidèle à l’Evangile du Christ.

Comme vous le remarquez, Jésus-Christ n’est pas du tout moraliste. S’il fallait prendre son Evangile comme un code moral, il serait très très mauvais, à la fois par les enseignements qui manqueraient cruellement sur des points essentiels (sur l’égalité homme femme, sur l’esclavage, par exemple), mais aussi par ses paroles inapplicables quand on les prends comme un commandement (par exemple « ne résistez pas au méchant » ou « soyez parfaits comme votre père céleste est parfait »).

Bizarrement, l’apôtre Paul qui semble être parfois un redoutable moraliste, est aussi le pasteur qui donne cette clef pour décider par soi-même « tout est permis mais tout n’est pas utile, tout est permis mais tout ne construit pas » (1 Corinthiens 10.23) et encore « Les commandements : Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne convoiteras pas, ainsi que tous les autres, se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. L’amour ne fait aucun tort au prochain ; l’amour est donc le plein accomplissement de la loi. » (Romains 13:8-10). Ce paradoxe entre un Paul parfois très direct dans ses conseils moraux et très très ouverts dans les principes éthiques qu’il donne dans les mêmes grandes lettres me semble important à noter. Il me semble en tout cas impossible ensuite d’utiliser ses conseils de conduite comme une nouvelle Loi religieuse s’imposant à la vie des chrétiens sans discernement des circonstances particulières, et certainement encore moins à des chrétiens qui vivent dans un tout autre contexte, avec aussi d’immenses progrès dans la conscience éthique, progrès qui sont en grande partie des fruits de l’Evangile et de l’Esprit Saint qui continue à souffler : les droits de la personne humaine, l’égalité homme femme, l’écologie, l’abolition de l’esclavage… et bien d’autres progrès encore à faire.

C’est donc à chacun de vous deux et à vous deux ensemble que vous devez décider si avoir des relations sexuelles avant votre mariage est ou n’est pas, plutôt constructif. Bien entendu, si l’un de vous deux hésitait, il ne faudrait pas que l’autre insiste le moins du monde. Je ne pense pas que l’activité soit un besoin, c’est un désir, ce qui n’est pas la même chose. On ne peut se passer de répondre à un besoin, le désir devrait pouvoir se gérer.

A propos de cette question, il me semble utile de comprendre le mariage civil et religieux comme une étape de la construction du couple, mais que cette construction commence avant et se poursuit après. Comme le dit l’Eternel à Samuel « l’humain regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Eternel regarde au coeur.” (1 Samuel 16:7).

  • Quand dans votre cœur, l’un comme l’autre, vous vous dites que c’est avec cette personne là que vous voulez vivre en couple durant votre vie, déjà il y a quelque chose d’un couple qui se forme dans votre cœur, une alliance.
  • Quand ensuite vous vous déclarez l’un à l’autre pour vous dire mutuellement oui, en vous regardant dans les yeux et en scellant cela peut-être d’un baiser romantique, on ne peut pas dire qu’il n’y ait pas quelque chose de l’ordre du couple qui s’est constitué.
  • Ensuite, c’est vrai, comme l’humain est un animal social, il est bon de poursuivre cette construction du couple devant la société, dans un contrat à la mairie, en particulier pour que la société puisse protéger les plus faibles par la suite.
  • Et comme l’humain n’est pas seulement un animal social mais aussi un animal social et spirituel il est juste de poursuivre la construction du couple devant Dieu, lui demandant son aide et sa bénédiction, demandant aussi l’aide des proches, et en travaillant sur le sens, sur la vocation de ce couple. C’est la dimension religieuse du mariage, dimension qui ne se limite pas à la cérémonie à l’église mais qui commence avant dans les discussions du couple et qui se devrait se poursuivre après dans la prière de chacun, dans les discussions, dans des temps de retraite ensemble si l’on veut…

Donc : la cérémonie religieuse a plein de sens et vient graver quelque chose en nous d’important, mais ce n’est pas le tout. Et Dieu n’est pas un fonctionnaire des douanes qui vérifie que le passeport porte bien le visa de l’église ou de la mairie pour valider le couple. Encore une fois, Dieu regarde au cœur, pas à ce qui est spectaculaire. C’est nous, humains, qui avons grand besoin de signes visibles pour graver en nous les choses de l’Esprit.

A vous de mesurer dans vos cœurs à quel point vous êtes dans votre chemin d’engagement l’un avec l’autre, et si des relations sexuelles participeraient ou non à cette construction, ou si vous en abstenir serait constructifs dans ce temps d’approfondissement de votre projet de vie commune ? Il me semble qu’il serait particulièrement intrusif pour un pasteur ou un prêtre, et pour tout autre personne que vous deux de prétendre savoir ce qui est dans vos cœurs et de décider à votre place.

En ce qui concerne l’article que vous citez, je le trouve, à vrai dire, assez décevant. A plusieurs reprise, l’auteur affirme un commandement moral absolu comme découlant clairement de la Bible, alors que ce qui est clair c’est que le passage ne dit pas cela ! Par exemple :

  •  « 1 Corinthiens 7.2 inclut clairement le sexe avant le mariage dans sa définition de l’immoralité sexuelle » dit cet article. La réalité est que le mariage n’est pas évoqué dans ce passage. Il est seulement dit « que chaque homme ait sa femme et que chaque femme ait son homme« . A ma connaissance c’est votre cas, puisque vous n’avez pas plusieurs copines en même temps et votre fiancée plusieurs mecs ? Les mots « homme » et « femme » dans ce verset ne sont pas les termes techniques « époux » (nymphios) et épouse (nymphè) mais l’homme mâle (aner) et la femme (gyne). Ensuite, comment peut-on faire de ce verset un commandement absolu à appliquer intemporellement puisque Jésus lui-même, et apparemment Paul aussi n’avaient pas de femme ?
  • Ensuite, l’auteur affirme « De nombreux passages des Écritures (Actes 15.20, Romains 1.29, 1 Corinthiens 5.1, 6.13, 18, 7.2, 10.8, 2 Corinthiens 12.21, Galates 5.19, Éphésiens 5.3, Colossiens 3.5, 1 Thessaloniciens 4.3, Jude 1.7) disent que le sexe hors mariage est péché. » Le lecteur se dit que si cet auteur, qui a l’air de connaître la Bible dans tous ses recoins, l’affirme avec un tel aplomb, cela doit être vrai. Mais bon, après le coup du verset précédent, allons voir :
    – Actes 15.20 ne parle pas du mariage du tout, il dit effectivement d’éviter la « porneia », la débauche sexuelle, certes, c’est un conseil utile mais ce n’est a priori pas tellement votre intention !
    – Romains 1:29 ne parle ni de mariage ni de sexualité !
    – 1 Corinthiens 5:1 ne parle pas du mariage, il critique encore la porneia, et une personne qui peut-être s’est mis en couple avec la femme de son père : cela n’a pas de rapport avec la question. 1 Corinthiens 6:13-18 encore moins car le verset 15 montre que la pornéia dont Paul parle ici est le commerce du sexe avec des prostituées, ce qui n’est n’a rien à voir avec le cas de fiancés, je pense. 1 Corinthiens 10:8 ne parle pas du mariage ni de fiancés, mais encore de la pornéia non seulement physique mais aussi spirituelle dans l’épisode que cite Paul de Nombres 25.
    – 2 Corinthiens 12.21, Galates 5.19, Éphésiens 5.3, Colossiens 3.5, 1 Thessaloniciens 4.3 aucun de ces textes ne parle ni du mariage ni de fiancés, mais seulement de la pornéia. La question peut éventuellement s’appliquer donc à tout acte sexuel, dans et hors mariage : est-ce de la pornéia ou non ? Par exemple un viol conjugal, une relation sexuelle imposée (physiquement ou psychologiquement) à l’autre, peut à mon avis entrer dans cette catégorie, même s’il y a eu un acte de mariage très officiel.
    – Jude 1:7 ne parle pas non plus du mariage ni de fiancés, il évoque lui aussi un exemple de pornéia, celui de Sodomme et Gomorre, ce péché est explicitement le viol en réunion de deux étrangers de passage (Genèse 19:5). Là encore, cela n’a absolument rien à voir avec des rapports sexuels dans un couple de personnes engagées dans leurs cœurs, consentantes l’une et l’autre, et ayant qui plus est un projet de mariage.

Cette argumentation me semble donc pas rigoureuse (et peut-être délibérément mensongère, je ne sais pas) pour apporter le moindre argument en faveur de la thèse annoncée. Mais même si Paul avait dit (ce qui n’est pas le cas), que des fiancés non officiellement mariés ne devaient pas coucher ensemble, il resterait son « Tout est permis mais tout ne construit pas » qui laisserait à chacun le droit de décider sans que des chefs religieux viennent s’immiscer dans la vie intime des personnes et des couples avec un moralisme étranger à l’évangile du Christ.

D’ailleurs, du temps de Paul, ni le mariage civil ni le mariage religieux n’étaient pratiqués par les chrétiens. Le mariage civil pour les chrétiens est apparu quand l’empire romain est devenu chrétien (au IVe siècle) et la cérémonie religieuse de mariage est apparue au moyen-âge.

L’article continue en assénant « les couples doivent comprendre que Dieu a d’abord prévu la sexualité pour faire des enfants« . Ah oui ? Et d’où est-ce que l’auteur sort cela ? Les textes avancés disent précisément le contraire.

  • A commencer par 1 Corinthiens 7.2 si important à ses yeux : Paul dit qu’il faudrait se mettre en couple pour que le désir sexuel soit calmé par la joyeuse pratique sexuelle, que c’est la seule bonne raison à ses yeux de se marier. Bon, Paul a ici une conception du couple qui me semble plus que limitée, mais en tout cas cela dit l’inverse que ce qu’annonce notre auteur comme venant de Dieu lui-même.
  • Un autre texte cité est le livre du Cantique des cantiques qui est effectivement un long poème très sensuel sur la cour que se font deux amoureux et du plaisir qu’ils ont ensemble. Précisément, il n’est pas une fois question dans ce texte que ce couple fasse un enfant. Le plaisir que prennent ces deux amoureux ensemble a ainsi son intérêt pour lui-même en dehors de tout projet de procréation.

Ce livre de la Bible « Le Cantique des cantiques » est à double sens, il parle de l’amour de deux amoureux humains et il parle en même temps de l’amour de Dieu pour l’humain. Cela montre que pour son auteur, le sexe n’est pas sale comme certains le pensent, juste légitimée par la procréation. Non, c’est une activité qui peut avoir son rôle dans la construction et la vie d’un couple. C’est une activité facultative (il existe de vrais bons couples qui n’en n’ont pas). De même le projet d’avoir un enfant est facultatif pour un couple (dans l’évangile, la fécondité ne se limite pas au domaine matériel et biologique, mais avant tout relationnel et spirituel). Heureusement pour le Christ dont la fécondité en ce domaine n’a a priori pas été tellement brillante.

L’article se termine sur « Pour Dieu, il n’y a pas d’alternative à l’abstinence avant le mariage. L’abstinence sauve des vies, protège les bébés, donne leur valeur appropriée aux relations sexuelles et, surtout, honore Dieu. »

  • Le « Pour Dieu… » et assez osé, même si l’auteur pense avoir eu une réflexion spéciale du Saint-Esprit.
  • Ce qui « honore Dieu », c’est de le respecter et de ne pas s’intercaler entre Dieu en la personne individuelle en prétendant parler à sa place au lieu de conseiller à la personne de voir avec Dieu, directement, quel est le mieux dans les circonstances présentes, et quelle est sa vocation personnelle.

En ce qui concerne la suite, ce qui, à mon avis, éviterait bien des maux, c’est de responsabiliser la personne individuelle en lui donnant les moyens de faire face aux questions de sa propre vie, avec l’aide de Dieu. Et non d’étouffer sa conscience et sa foi sous un moralisme brutal.

Paul nous rend un fier service en nous donnant cette question comme conseil « tout est permis mais tout n’est constructif« . Avec cela comme viatique, et en se posant cette question dans la réflexion et dans la prière, je pense que bien des réponses peuvent être trouvées personnellement.

Dieu vous bénit, vous, votre fiancée et votre couple.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Si vous voulez, vous pouvez voir aussi, dans le petit dictionnaire de théologie :

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136 réponses

  1. Jules dit :

    Bonjour Pasteur, d’abord je vous remercie pour vos conseils. Mais j’ai encore des préoccupations à propos du sujet énoncé. Le sexe avant le mariage est constructif ou destructif et interdit par Dieu finalement ? S’il est constructif et permet aux couples d’avancer dans leur projet de mariage comme vous l’avez dit plus haut alors pour lorsque Marie la dernière intervenante sur votre article à dit qu’elle veut respecter le commandement de Dieu vous ne l’avez pas stopper pour lui dire que c e n’est pas le cas que ce n’est pas un commandement de Dieu ?
    Après si un couple s’aime d’un amour profond et sont consentant pour le rapport sexuel. Mais étant tout les deux chrétiens ne veulent pas offenser leur Dieu. Doivent ils passer à l’acte parceque le manque de sexe jusqu’au mariage pourrait détruire leur relation ?
    Merci d’avance pour votre réponse. Que le seigneur vous bénisse.

    • Marc Pernot dit :

      Bonjour
      Je ne pense pas qu’il faille (ni qu’il soit possible) de fixer dans ce domaine une règle absolue pour tous les couples. Tout dépend de chacune des personnes du couple, et du couple lui-même. On ne peut pas dire que ce serait toujours constructif pour des fiancés d’avoir des relations intimes, mais parfois oui. Par contre on peut dire que si une des deux personnes a des réticences c’est alors surement nocif de le faire (que ces réticences soient dues à des considérations spirituelles, culturelles, morales, psychologiques, physiques…).

      Dieu n’est pas « offensable ». C’est le sens même de la grâce de Dieu = son amour est sans condition, même pour ses ennemis. Il veut seulement notre bien. C’est la question. Et Dieu peut nous aider à déterminer si c’est bien ou non pour nous. C’est tellement rapide pour nous, humains, de prendre ce qui nous est désirable comme étant le bien pour nous. Donc, si votre conjoint n’a pas envie de sexe, je pense que le commandement de Dieu pour son couple est de s’abstenir. Bien sûr, car il est hors de question qu’un personne se sente violée dans un couple, c’est de cela dont il est question dès lors qu’un personne serait obligée d’avoir des relations sexuelles contre son propre gré.

      Si le manque de sexe devait détruire une relation, c’est qu’un des deux fiancés ou conjoint aime son propre sexe plus que cette relation, plus que la personne qu’il prétend aimer. De toute façon, cette personne là a un problème avant ou sans relations sexuelles. Elle devrait d’abord mettre son propre cœur et ses propres priorités en ordre (Dieu est d’un grand secours popur cela, et le retour en soi-même aussi). Et ensuite seulement cette personne pourrait, à mon sens, prétendre aimer une personne et fonder un couple.

  2. Julien dit :

    Bonjour Pasteur , Merci pour cette article qui est très bien construit et très instructif. Je suis une personne très jeune qui se pose des questions sur ce sujet , sur l’attente du mariage pour les relations sexuels . D’un point de vue personnel, j’attendrai d’être sûr que cette personne soit là bonne , d’être sûr de notre amour et de notre confiance , mais je ne suis pas sûr que d’attendre jusqu’au mariage soit quelque chose d’utile ( cela forcerait également la rapidité du mariage ) . De plus pour moi si les 2 personnes sont consentantes sur la relation , je ne vois pas le mal à ce que celle-ci se fasse plaisir mutuellement. Pouvait m’éclairer à propos de ce sujet . Merci d’avance pour votre réponse et que Dieu vous bénisse !

    • Marc Pernot dit :

      Bonjour
      votre projet me semble pas mal du tout.
      Dans un dialogue confiant avec Dieu et un dialogue respectueux et bienveillant dans le couple.
      Dieu vous bénit et vous accompagne.

  3. Starly Jean-Jacques dit :

    1 Corinthiens, 7:1 – Pour ce qui concerne les choses dont vous m`avez écrit, je pense qu`il est bon pour l`homme de ne point toucher de femme.
    1 Corinthiens, 7:2 – Toutefois, pour éviter l`impudicité, que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari.

    • Marc Pernot dit :

      Hélas, ces versets font partie des pires de ce que l’on peut trouver sous la plume de l’apôtre Paul (avec deux ou trois autres). En effet, il y a dans le premier quelque chose qui ferait penser que la relation sexuelle serait mauvaise, et qu’il vaudrait mieux vivre sans sexe (on a le droit de vivre cela pour soi-même en étant asexuel, bien sûr, mais en faire une généralité est faire peser un jugement nocif sur les épaules de ceux qui ne le sont pas). Le second verset est encore pire car construire un couple devrait être basé sur l’amour entre deux personnes, l’envie de sexe n’est de loin pas la raison, c’est éventuellement un bénéfice secondaire.
      Heureusement que l’apôtre Pau a écrit bien d’autres choses, d’une profondeur extraordinaire, en particulier dans cette 1ère lettre aux Corinthiens :
      « Tout est permis, mais tout n’est pas utile ; tout est permis, mais tout ne construit pas. » (1 Corinthiens 6:12 et 10:23)
      A mon avis, c’est une bonne démarche, à la fois de discernement personnel, avec l’aide de Dieu. Cela encourage à chercher ce qui édifie la personne que l’on aime, la grandit, l’épanouit.

  4. Olivier dit :

    Merci Monsieur le Pasteur pour votre commentaire.
    C’est tellement facile de citer des versets qui nous font croire que nous sommes les seuls à posséder la vérité
    Pour moi c’est insupportable
    Dieu vous bénit

    • Marc Pernot dit :

      Merci pour les encouragements. C’est pénible, en effet, et nocif aussi au point de vue spirituel en donnant une image de Dieu assez effrayante, cela est également nocif au point de vue des rapports humains, et de la façon d’être.
      Mais bon, c’est pour cela qu’il est bon d’apprendre à lire la Bible par soi-même, et à tisser une bonne relation de confiance avec Dieu. Ensuite, on peut tout entendre. Et garder ce qui est bon.

  5. Christian Camille Nana Tchatchoua dit :

    J’aimerais ici poser une question que, bien entendu, seul les concernés peuvent répondre : continuerez vous dans votre projet de vie commune si vous découvrez des manquements ou des insatisfactions dans vos rapports prenuptiaux?
    Par ailleurs, et j’en appelle encore aux seules consciences des concernés, avez-vous des doutes? Ce qui est vraisemblablement le cas au vu de la question, alors je proposerais de s’abstenir si vous manquez pleinement d’assurance. Je crois, personnellement, que Dieu traite chacun de ses enfants différemment, selon son bon vouloir et en fonction du dessein qu’il a pour eux.
    Des gens te diront que le Seigneur leur a recommandé fermement de ne pas porter de culottes en public, de ne jamais garder de cheveux longs, de ne pas regarder des films séculaires. Simplement parce que Dieu connaît la fin des le commencement.
    Aussi, plusieurs choses sont dites parfois par prudence.
    Shalom

    • Marc Pernot dit :

      C’est intéressant.

      C’est à mon avis si une personne n’avait aucun doutes qu’il faudrait s’inquiéter. Car alors elle a fait de ses principes un absolu. Or Dieu est vivant, le monde est complexe, la personne humaine encore plus, et les rapports humains multiplient encore cette complexité et les nuances qu’il convient d’apporter à sa perception de ce qu’il serait juste de faire. C’est quand on commence à voir les choses un petit peu clairement que ces nuances apparaissent, et que l’on sent souvent que toutes les voies qui s’ouvrent devant nous on d’une façon diverses de l’ombre et de la lumière, de bonnes choses et des dangers qui nous guettent.

      Par conséquent, si vous n’avez aucun doutes, méfiez-vous, et cherchez quelles bonnes questions vous pouvez vous poser afin d’affiner votre discernement. La prière face à l’infini de la perfection de Dieu est une aide précieuse pour ce travail.

      Vous posez ensuite la question : « continuerez vous dans votre projet de vie commune si vous découvrez des manquements ou des insatisfactions dans vos rapports prenuptiaux?« , c’est effectivement un point que bien des personnes ont en faveur d’avoir des rapports sexuels avant le mariage, car si la façon d’être de l’autre pose problème, par exemple ne pensant qu’à son propre plaisir, ou étant non respectueux, pas à l’écoute, mieux vaut s’en rendre compte avant le mariage que deux années de souffrances après le mariage. Alors que si l’on voit qu’il y a des insatisfactions et qu’on essaye d’en parler, et que l’on voit l’autre être à l’écoute, et commencer à progresser, c’est un indice que l’on est peut-être sur la bonne voie avec cette personne…

  6. Christian Camille Nana Tchatchoua dit :

    Quant à « Dieu regarde au cœur  » qui est une formule biblique et qui semble même rimer très bien, j’ai envie de dire que Dieu est souverain et de ce fait, il n’agit pas toujours d’une certaine façon.
    Dieu qui regarde au cœur a compris David qui mangea les pains de propositions n’avait aucunement l’intention de les desacraliser. Mais que dire d’Uzza qui fut frappé de mort nonobstant sa très bonne intention ? (Marc 2:26; 1 Chroniques 13:9-10)
    Que notre communication avec le Saint Esprit soit préservée.
    Shalom

    • Marc Pernot dit :

      L’intention d’Uzza n’était sans doute pas bonne, dans le texte, elle est appelée une faute. Cela est écrit afin de faire réfléchir le lecteur de cette histoire terrible, et de le faire avancer plus loin dans sa foi, sa confiance en Dieu.
      Dieu est amour. Et il est fidèle, gardant encore et envers tout son amour. La foi est confiance. Cette confiance s’enracine dans la fiabilité de l’amour de Dieu.

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