Que pense Dieu de la sexualité avant le mariage ?

Par : pasteur Marc Pernot

Illustration : un homme et une femme au lit se regardent - Image parSasin Tipchai de Pixabay

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Je suis chrétien depuis plus de 30 ans, et j’ai fréquenté divers courants chrétiens : je suis né catholique, puis je me suis « converti » à l’âge de 22 ans et ai rejoint une Eglise évangélique de Réveil. J’ai ensuite fréquenté une Eglise évangélique Libre, puis l’Armée du Salut. Je lis beaucoup de livres chrétiens, de livres sur les relations humaines, des livres de psychologie, etc.

Mon esprit s’est beaucoup plus ouvert qu’à mes débuts de foi chrétienne. Actuellement, je fréquente une femme, et je me pose sérieusement la question de la sexualité avant le mariage. Si je lis des articles dans le monde évangélique, ce milieu semble le condamner de manière ferme, classant cela dans la catégorie « fornication », acte jugé sévèrement par Dieu.
Dans le milieu Réformé, ce thème ne semble pas poser de problème, dès le moment où la relation est une relation engagée, stable, durable et où le respect et l’amour sont au centre.

Aussi, je ne sais pas trop quoi penser… Chacun y va de ses arguments, mais ma lecture de la Bible me semble ne pas donner de verset 100% clair à ce sujet. Il y a sujet à interprétation… Si cela était tellement important pour Dieu, n’y aurait-il pas des versets qui diraient clairement : « Moi le Seigneur, je veux qu’un homme et une femme n’aient pas de relations sexuelles avant de s’être engagés par l’acte du mariage » ?

De plus, notre vision du mariage n’est pas la même que celle d’il y a 2000 ans, du temps de Jésus, n’est-ce pas ?

Je vous mets ci-dessous une copie d’un article que j’ai trouvé sur le site « TopChrétien », et j’aimerais avoir votre avis éclairé sur ce sujet, et vos commentaires sur ce type d’article…

Je désire de tout cœur obéir à la volonté de Dieu, et pour cela j’ai besoin d’avoir une vision claire et équilibrée sur ce thème…

Merci pour votre aide et que Dieu vous bénisse !

Copie de l’article sur « TopChrétien » :

Le sexe avant le mariage est-il péché ?

Dans la Bible, aucun terme hébreu ou grec employé ne fait précisément référence au sexe avant le mariage.

La Bible condamne clairement l’adultère et l’immoralité sexuelle, mais le sexe avant le mariage entre-t-il dans cette définition ?

D’après 1 Corinthiens 7.2, la réponse est clairement oui : « Toutefois, pour éviter toute immoralité sexuelle, que chaque homme ait sa femme et que chaque femme ait son mari ». Dans ce verset, Paul présente le mariage comme un « remède » à l’immoralité sexuelle. Pour résumer, 1 Corinthiens 7.2 dit que, puisque les hommes ne savent pas se contrôler et qu’il y a tant d’immoralité sexuelle hors mariage, ils doivent se marier pour satisfaire leurs passions d’une manière conforme à la morale.

Ainsi, comme 1 Corinthiens 7.2 inclut clairement le sexe avant le mariage dans sa définition de l’immoralité sexuelle, tous les versets bibliques qui condamnent l’immoralité sexuelle, condamnent aussi le sexe avant le mariage comme péché. Le sexe avant le mariage fait partie de la définition biblique de l’immoralité sexuelle. De nombreux passages des Écritures (Actes 15.20, Romains 1.29, 1 Corinthiens 5.1, 6.13, 18, 7.2, 10.8, 2 Corinthiens 12.21, Galates 5.19, Éphésiens 5.3, Colossiens 3.5, 1 Thessaloniciens 4.3, Jude 1.7) disent que le sexe hors mariage est péché. La Bible enseigne l’abstinence avant le mariage. Les rapports sexuels entre un mari et sa femme sont la seule forme de sexe que Dieu approuve (Hébreux 13.4)

Trop souvent, nous nous concentrons sur l’aspect récréatif du sexe à l’exclusion d‘un autre aspect important : la procréation. Le sexe dans le cadre du mariage procure beaucoup de plaisir et Dieu l’a voulu ainsi. Il veut que les hommes et les femmes aient du plaisir à leur activité sexuelle dans le cadre du mariage. Le Cantique des Cantiques et plusieurs autres passages bibliques (comme Proverbes 5.19) décrivent clairement les joies de la sexualité. Mais les couples doivent comprendre que Dieu a d’abord prévu la sexualité pour faire des enfants. Par conséquent, un couple qui a des rapports sexuels avant le mariage pèche à la fois en profitant de plaisirs qui n’étaient pas prévus pour lui et en risquant de donner naissance à une vie humaine en dehors de la structure familiale que Dieu a prévue pour chaque enfant.

Même si la pratique ne doit pas être un facteur déterminant pour distinguer le bien du mal, si le message biblique sur le sexe avant le mariage était suivi, il y aurait bien moins de maladies sexuellement transmissibles, d’avortements, de mères célibataires, de grossesses indésirables et d’enfants qui grandissent sans la présence de leurs deux parents. Pour Dieu, il n’y a pas d’alternative à l’abstinence avant le mariage. L’abstinence sauve des vies, protège les bébés, donne leur valeur appropriée aux relations sexuelles et, surtout, honore Dieu.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir cher Monsieur

Bravo pour votre recherche de fidélité à Dieu avant d’agir. Bravo aussi pour votre démarche d’intelligence et de discernement personnel, explorant les avis sans d’ailleurs négliger l’apport des sciences. Je suis intimement persuadé que cette démarche est extrêmement prometteuse et en elle même fidèle à l’Evangile du Christ.

Comme vous le remarquez, Jésus-Christ n’est pas du tout moraliste. S’il fallait prendre son Evangile comme un code moral, il serait très très mauvais, à la fois par les enseignements qui manqueraient cruellement sur des points essentiels (sur l’égalité homme femme, sur l’esclavage, par exemple), mais aussi par ses paroles inapplicables quand on les prends comme un commandement (par exemple « ne résistez pas au méchant » ou « soyez parfaits comme votre père céleste est parfait »).

Bizarrement, l’apôtre Paul qui semble être parfois un redoutable moraliste, est aussi le pasteur qui donne cette clef pour décider par soi-même « tout est permis mais tout n’est pas utile, tout est permis mais tout ne construit pas » (1 Corinthiens 10.23) et encore « Les commandements : Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne convoiteras pas, ainsi que tous les autres, se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. L’amour ne fait aucun tort au prochain ; l’amour est donc le plein accomplissement de la loi. » (Romains 13:8-10). Ce paradoxe entre un Paul parfois très direct dans ses conseils moraux et très très ouverts dans les principes éthiques qu’il donne dans les mêmes grandes lettres me semble important à noter. Il me semble en tout cas impossible ensuite d’utiliser ses conseils de conduite comme une nouvelle Loi religieuse s’imposant à la vie des chrétiens sans discernement des circonstances particulières, et certainement encore moins à des chrétiens qui vivent dans un tout autre contexte, avec aussi d’immenses progrès dans la conscience éthique, progrès qui sont en grande partie des fruits de l’Evangile et de l’Esprit Saint qui continue à souffler : les droits de la personne humaine, l’égalité homme femme, l’écologie, l’abolition de l’esclavage… et bien d’autres progrès encore à faire.

C’est donc à chacun de vous deux et à vous deux ensemble que vous devez décider si avoir des relations sexuelles avant votre mariage est ou n’est pas, plutôt constructif. Bien entendu, si l’un de vous deux hésitait, il ne faudrait pas que l’autre insiste le moins du monde. Je ne pense pas que l’activité soit un besoin, c’est un désir, ce qui n’est pas la même chose. On ne peut se passer de répondre à un besoin, le désir devrait pouvoir se gérer.

A propos de cette question, il me semble utile de comprendre le mariage civil et religieux comme une étape de la construction du couple, mais que cette construction commence avant et se poursuit après. Comme le dit l’Eternel à Samuel « l’humain regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Eternel regarde au coeur.” (1 Samuel 16:7).

  • Quand dans votre cœur, l’un comme l’autre, vous vous dites que c’est avec cette personne là que vous voulez vivre en couple durant votre vie, déjà il y a quelque chose d’un couple qui se forme dans votre cœur, une alliance.
  • Quand ensuite vous vous déclarez l’un à l’autre pour vous dire mutuellement oui, en vous regardant dans les yeux et en scellant cela peut-être d’un baiser romantique, on ne peut pas dire qu’il n’y ait pas quelque chose de l’ordre du couple qui s’est constitué.
  • Ensuite, c’est vrai, comme l’humain est un animal social, il est bon de poursuivre cette construction du couple devant la société, dans un contrat à la mairie, en particulier pour que la société puisse protéger les plus faibles par la suite.
  • Et comme l’humain n’est pas seulement un animal social mais aussi un animal social et spirituel il est juste de poursuivre la construction du couple devant Dieu, lui demandant son aide et sa bénédiction, demandant aussi l’aide des proches, et en travaillant sur le sens, sur la vocation de ce couple. C’est la dimension religieuse du mariage, dimension qui ne se limite pas à la cérémonie à l’église mais qui commence avant dans les discussions du couple et qui se devrait se poursuivre après dans la prière de chacun, dans les discussions, dans des temps de retraite ensemble si l’on veut…

Donc : la cérémonie religieuse a plein de sens et vient graver quelque chose en nous d’important, mais ce n’est pas le tout. Et Dieu n’est pas un fonctionnaire des douanes qui vérifie que le passeport porte bien le visa de l’église ou de la mairie pour valider le couple. Encore une fois, Dieu regarde au cœur, pas à ce qui est spectaculaire. C’est nous, humains, qui avons grand besoin de signes visibles pour graver en nous les choses de l’Esprit.

A vous de mesurer dans vos cœurs à quel point vous êtes dans votre chemin d’engagement l’un avec l’autre, et si des relations sexuelles participeraient ou non à cette construction, ou si vous en abstenir serait constructifs dans ce temps d’approfondissement de votre projet de vie commune ? Il me semble qu’il serait particulièrement intrusif pour un pasteur ou un prêtre, et pour tout autre personne que vous deux de prétendre savoir ce qui est dans vos cœurs et de décider à votre place.

En ce qui concerne l’article que vous citez, je le trouve, à vrai dire, assez décevant. A plusieurs reprise, l’auteur affirme un commandement moral absolu comme découlant clairement de la Bible, alors que ce qui est clair c’est que le passage ne dit pas cela ! Par exemple :

  •  « 1 Corinthiens 7.2 inclut clairement le sexe avant le mariage dans sa définition de l’immoralité sexuelle » dit cet article. La réalité est que le mariage n’est pas évoqué dans ce passage. Il est seulement dit « que chaque homme ait sa femme et que chaque femme ait son homme« . A ma connaissance c’est votre cas, puisque vous n’avez pas plusieurs copines en même temps et votre fiancée plusieurs mecs ? Les mots « homme » et « femme » dans ce verset ne sont pas les termes techniques « époux » (nymphios) et épouse (nymphè) mais l’homme mâle (aner) et la femme (gyne). Ensuite, comment peut-on faire de ce verset un commandement absolu à appliquer intemporellement puisque Jésus lui-même, et apparemment Paul aussi n’avaient pas de femme ?
  • Ensuite, l’auteur affirme « De nombreux passages des Écritures (Actes 15.20, Romains 1.29, 1 Corinthiens 5.1, 6.13, 18, 7.2, 10.8, 2 Corinthiens 12.21, Galates 5.19, Éphésiens 5.3, Colossiens 3.5, 1 Thessaloniciens 4.3, Jude 1.7) disent que le sexe hors mariage est péché. » Le lecteur se dit que si cet auteur, qui a l’air de connaître la Bible dans tous ses recoins, l’affirme avec un tel aplomb, cela doit être vrai. Mais bon, après le coup du verset précédent, allons voir :
    – Actes 15.20 ne parle pas du mariage du tout, il dit effectivement d’éviter la « porneia », la débauche sexuelle, certes, c’est un conseil utile mais ce n’est a priori pas tellement votre intention !
    – Romains 1:29 ne parle ni de mariage ni de sexualité !
    – 1 Corinthiens 5:1 ne parle pas du mariage, il critique encore la porneia, et une personne qui peut-être s’est mis en couple avec la femme de son père : cela n’a pas de rapport avec la question. 1 Corinthiens 6:13-18 encore moins car le verset 15 montre que la pornéia dont Paul parle ici est le commerce du sexe avec des prostituées, ce qui n’est n’a rien à voir avec le cas de fiancés, je pense. 1 Corinthiens 10:8 ne parle pas du mariage ni de fiancés, mais encore de la pornéia non seulement physique mais aussi spirituelle dans l’épisode que cite Paul de Nombres 25.
    – 2 Corinthiens 12.21, Galates 5.19, Éphésiens 5.3, Colossiens 3.5, 1 Thessaloniciens 4.3 aucun de ces textes ne parle ni du mariage ni de fiancés, mais seulement de la pornéia. La question peut éventuellement s’appliquer donc à tout acte sexuel, dans et hors mariage : est-ce de la pornéia ou non ? Par exemple un viol conjugal, une relation sexuelle imposée (physiquement ou psychologiquement) à l’autre, peut à mon avis entrer dans cette catégorie, même s’il y a eu un acte de mariage très officiel.
    – Jude 1:7 ne parle pas non plus du mariage ni de fiancés, il évoque lui aussi un exemple de pornéia, celui de Sodomme et Gomorre, ce péché est explicitement le viol en réunion de deux étrangers de passage (Genèse 19:5). Là encore, cela n’a absolument rien à voir avec des rapports sexuels dans un couple de personnes engagées dans leurs cœurs, consentantes l’une et l’autre, et ayant qui plus est un projet de mariage.

Cette argumentation me semble donc pas rigoureuse (et peut-être délibérément mensongère, je ne sais pas) pour apporter le moindre argument en faveur de la thèse annoncée. Mais même si Paul avait dit (ce qui n’est pas le cas), que des fiancés non officiellement mariés ne devaient pas coucher ensemble, il resterait son « Tout est permis mais tout ne construit pas » qui laisserait à chacun le droit de décider sans que des chefs religieux viennent s’immiscer dans la vie intime des personnes et des couples avec un moralisme étranger à l’évangile du Christ.

D’ailleurs, du temps de Paul, ni le mariage civil ni le mariage religieux n’étaient pratiqués par les chrétiens. Le mariage civil pour les chrétiens est apparu quand l’empire romain est devenu chrétien (au IVe siècle) et la cérémonie religieuse de mariage est apparue au moyen-âge.

L’article continue en assénant « les couples doivent comprendre que Dieu a d’abord prévu la sexualité pour faire des enfants« . Ah oui ? Et d’où est-ce que l’auteur sort cela ? Les textes avancés disent précisément le contraire.

  • A commencer par 1 Corinthiens 7.2 si important à ses yeux : Paul dit qu’il faudrait se mettre en couple pour que le désir sexuel soit calmé par la joyeuse pratique sexuelle, que c’est la seule bonne raison à ses yeux de se marier. Bon, Paul a ici une conception du couple qui me semble plus que limitée, mais en tout cas cela dit l’inverse que ce qu’annonce notre auteur comme venant de Dieu lui-même.
  • Un autre texte cité est le livre du Cantique des cantiques qui est effectivement un long poème très sensuel sur la cour que se font deux amoureux et du plaisir qu’ils ont ensemble. Précisément, il n’est pas une fois question dans ce texte que ce couple fasse un enfant. Le plaisir que prennent ces deux amoureux ensemble a ainsi son intérêt pour lui-même en dehors de tout projet de procréation.

Ce livre de la Bible « Le Cantique des cantiques » est à double sens, il parle de l’amour de deux amoureux humains et il parle en même temps de l’amour de Dieu pour l’humain. Cela montre que pour son auteur, le sexe n’est pas sale comme certains le pensent, juste légitimée par la procréation. Non, c’est une activité qui peut avoir son rôle dans la construction et la vie d’un couple. C’est une activité facultative (il existe de vrais bons couples qui n’en n’ont pas). De même le projet d’avoir un enfant est facultatif pour un couple (dans l’évangile, la fécondité ne se limite pas au domaine matériel et biologique, mais avant tout relationnel et spirituel). Heureusement pour le Christ dont la fécondité en ce domaine n’a a priori pas été tellement brillante.

L’article se termine sur « Pour Dieu, il n’y a pas d’alternative à l’abstinence avant le mariage. L’abstinence sauve des vies, protège les bébés, donne leur valeur appropriée aux relations sexuelles et, surtout, honore Dieu. »

  • Le « Pour Dieu… » et assez osé, même si l’auteur pense avoir eu une réflexion spéciale du Saint-Esprit.
  • Ce qui « honore Dieu », c’est de le respecter et de ne pas s’intercaler entre Dieu en la personne individuelle en prétendant parler à sa place au lieu de conseiller à la personne de voir avec Dieu, directement, quel est le mieux dans les circonstances présentes, et quelle est sa vocation personnelle.

En ce qui concerne la suite, ce qui, à mon avis, éviterait bien des maux, c’est de responsabiliser la personne individuelle en lui donnant les moyens de faire face aux questions de sa propre vie, avec l’aide de Dieu. Et non d’étouffer sa conscience et sa foi sous un moralisme brutal.

Paul nous rend un fier service en nous donnant cette question comme conseil « tout est permis mais tout n’est constructif« . Avec cela comme viatique, et en se posant cette question dans la réflexion et dans la prière, je pense que bien des réponses peuvent être trouvées personnellement.

Dieu vous bénit, vous, votre fiancée et votre couple.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Si vous voulez, vous pouvez voir aussi, dans le petit dictionnaire de théologie :

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125 réponses

  1. oceane ANO dit :

    merci bcp vous venez de me repondre sur toutes mes questions

  2. ARISTIDE NODEDE dit :

    Je vous en remercie, j’étais toute confuse, j’avais besoin d’être éclairci, et je l’ai énormément été.
    Que DIEU vous bénisse, je partagerai cette page aux personnes qui comme moi sont confuses.

  3. anakin29 dit :

    Bonjour,

    je suppose que Dieu dit de faire l’amour et d’avoir des relations sexuelles que pour avoir des enfants. Donc un couple doit faire l’amour au minimum tous les 9 mois(ou jamais si le couple ne veut pas d’enfant?).
    et les couples sont censés durer? sans sexualité?

    • Marc Pernot dit :

      Bonjour,

      Selon la Bible, Dieu ne dit pas « d’avoir des relations sexuelles que pour avoir des enfants ». C’est une légende, c’est du moralisme venu d’ailleurs.
      Par exemple tout un livre de la Bible, le Cantique des cantiques, est un poème très sensuel entre deux amoureux qui se cherchent, se courent après, et se retrouvent au lit, décrivant les délices du parfum de l’autre et de son corps. Ce poème parle ainsi de la sexualité en la valorisant comme une bénédiction, et il n’y est absolument pas question de procréation. Il y est question d’amour mutuel et de sensualité. De plus, ce poème est à double sens, il parle de cette bénédiction de l’amour entre deux personnes dans toutes les dimensions de leur être, c’est vrai, et en plus ce poème est de bout en bout une allégorie de l’amour de Dieu pour l’humain et de l’humain pour son Dieu. Et cette façon de faire de la théologie est appelée par la Bible : « cantique des cantiques », c’est à dire le plus beau des chants, le plus élevé, le plus juste, le plus saint. C’est dire comme nous sommes dans la Bible aux antipodes de ce que vous avez supposé sur l’interdiction par Dieu du sexe sans but de procréation.

      Cette idée ne vient pas de la Bible, mais il est vrai que cette idée ne vous vient pas de nulle part. Cela est venu dans certaines formes de christianisme par influence de certains philosophes grecs. En effet, le christianisme est né dans un milieu culturel nourri par la pensée Biblique où le corps et les plaisirs du sens sont des bénédictions de Dieu. Ensuite, le christianisme s’est développé dans l’empire romain profondément nourri de pensée grecque. Le résultat est que notre culture chrétienne est devenue gréco-hébraïque, ou philosophico-biblique. Je pense que la philosophie grecque est un trésor phénoménal, et nous apporte des outils précieux pour penser le monde, la vie, l’existence et la Bible, l’Evangile. Cela ne veut pas dire qu’il faille toujours abandonner certains points de vue bibliques pour préférer le point de vue de tel ou tel philosophe. On a le droit, bien sûr. Seulement, en ce qui concerne l’anthropologie (l’idée que l’on se fait de l’humain), il me semble que la Bible et son regard positif sur la vie humaine incarnée, dans cette chair et dans ce temps, est une belle et très féconde façon de voir. Pour certains philosophes grecs, le corps est comme une prison pour l’âme qui est seule divine, pure. La vie des sens, les plaisirs sont alors comme des pièges, nous embourbant dans la vie d’ici-bas. Nous retrouvons cette vision plutôt négative dans le Bouddhisme.

      Bien entendu, si le corps et les plaisirs du corps sont des bénédictions divines, selon l’anthropologie biblique, ce n’est pas pour autant qu’il faudrait faire de ces plaisirs notre dieu, et vivre dans une recherche effrénée de ces plaisirs. Car alors on est dans l’idolâtrie de soi même, l’idolâtrie de la chair, ce qui n’est pas sage ni fidèle. Ce sont des bénédictions, des fruits, mais là n’est pas la source de la vie. Elle est en Dieu. Si on écarte Dieu comme source de vie en pensant la chercher dans notre propre plaisir, c’est un petit peu comme dans le conte de la poule aux œufs d’or : si l’on aime tellement l’or que l’on tue cette poule, on n’a plus ni la poule ni les œufs d’or. Cela veut dire que la recherche, ou l’accueil de ces plaisirs ne fait pas un bon but à notre vie, il vaut mieux que ce soit l’amour (de Dieu, de notre prochain comme nous-même), et accueillir la beauté des bénédictions. Cela a aussi des implications éthiques, si l’on couche n’importe comment avec n’importe qui, ce n’est ni respecter l’autre ni respecter soi-même. Si l’on force son conjoint à avoir des relations sexuelles non désirées, ce n’est ni respecter son conjoint, le plus proche de tous ses prochains, ni se respecter soi-même. Et c’est encore moins ce que l’on peut appeler « aimer », évidemment.

      Cette idée que le sexe serait quelque chose de sale est assez nocive, je pense, pour la santé psychique humaine. Cela culpabilise inutilement la personne humaine, cela salit un désir que l’on sent comme faisant partie de nous-même, et cela induit que nous sommes un petit peu, mais profondément sale, impur par nature. Ce n’est pas le cas. Ce désir est sain, saint, juste et bon. Comme l’envie de manger de manger un bon petit plat. Bien sûr, nous sommes appelés à domestiquer ce désir de façon constructive mais en lui-même il n’est pas un sale.

      Cette sorte d’obligation du couple à chercher à procréer est aussi profondément nocive, je pense. Comme dans le cantique des cantiques, le couple a sa beauté en lui-même. Vouloir faire un enfant, vouloir élever un enfant est une vocation possible. Elle est assez largement répandue, mais ce n’est pas la seule vocation possible pour un couple. Il y a bien des fécondités possibles pour l’humain, riche de ses mille dimensions. La fécondité physique en est une, il peut y avoir des fécondités extrêmement riches autres que celle-ci. Il existe des personnes qui n’ont pas cette vocation d’élever un un enfant et il serait criminel de leur dire que leur couple en a l’obligation. C’est donc à discuter en couple, si possible avant le mariage, mais aussi après, et doit être absolument respecté par le conjoint qui, lui, aimerait en avoir, ou en avoir plus.

      Ensuite, le couple peut-il exister, peut-il durer sans sexualité ? Oui pour certains couples, bien sûr. Et pour d’autres cela constitue une dimension importante de leur union. Toutes les personnes, tous les couples ne sont pas sur le même modèle. Là aussi, il y a des théories qui sont extrêmement nocives. Que toute personne normale devrait avoir envie de sexe est une injonction qui crucifie certaines personnes, et cela justifie, cela encourage le viol conjugal. Et là dessus, après avoir ardemment soutenu l’anthropologie biblique en ce qui concerne le corps, je dois reconnaître que certains passages des lettres de Paul ont fait d’immenses dégâts. Heureusement que nous avons le droit de ne pas être d’accord avec tous les passages, bien sûr. C’est l’Esprit de Dieu, éclairant notre conscience, notre réflexion, notre lecture de la Bible, notre vocation personnelle, notre façon d’aimer notre conjoint, et de vivre.

      Dieu vous bénit et vous accompagne

  4. Biro Florent dit :

    Nous avons tous le choix.
    par conséquent, nous ne sommes plus libre de vivre comme on le pense, lorsque nous faisons le choix de réellement suivre Dieu.

    L’ Eglise a des écrits en ce qui concerne le sexe hors mariage. C’est un péché.

    Pensons simplement à Marie qu’on aurait lapidé si Joseph l’avait renié pour avoir été enceinte avant de rentrer dans son foyer.

    En Israël, une femme trouvée non vierge lors de sa nuit de miel devrait être lapidée, autrement dit, c’était un péché.

    Aussi si chacun devrait laisser sa propre conscience le guidé, alors qu’elle serait le rôle du pasteur. Le berger a toujours un bâton qui sert à conduire les brebis. C’est un bâton de commandement (une directive de vie), et dans notre cas c’est le bible, lorsque Paul dit tous nous est permis mais tous ne nous est pas utile, il nous dis simplement nous avons tous le choix mais sachons que chaque choix que nous faisons ont une conséquence. Pourquoi demanderait-il au chrétiens de se marier si il brûle de désirs, tout simplement parce que le mariage est nécessaire avant tous activités sexuelles.

    Le sexe n’est pas obligatoire et n’est pas de la nourriture dont on a besoin pour continuer à vivre. Si on ne peut pas patienter jusqu’au mariage, c’est qu’on pense que Dieu ne peut pas nous soutenir dans l’abstinence jusqu’au bout.

    Sachons que Dieu ne nous force pas à le suivre, donc si nous avons décidé de le suivre, cherchons plutôt à le suivre totalement, et non partiellement en délaissant d’autre de ses exigences au détriment de nos passion charnelle, si les chrétiens doivent fais l’amour que ça soit dans le mariage et nul autrement, Dieu bénit dans le mariage et Dieu l’a institué pour le bonheur de ses fidèles.

    Que Dieu nous garde et nous bénisse !

    • Marc Pernot dit :

      La Bible rapporte aussi un commandement qui dit de lapider un enfant quand il est rebelle à ses parents (Deut 21:21), ou effectivement les cas d’adultère comme vous le dites. Mais précisément Jésus, lui, annonce le pardon du pécheur. Et il montre que bien sûr il n’est pas question d’appliquer ces commandements, même s’il n’est pas question non plus de vivre pour autant en faisant n’importe quoi.

      Jésus nous dit d’aimer Dieu, de l’écouter, de le prier, et d’y mettre notre intelligence. De prier Dieu directement, en secret, seul à seul avec son Dieu.
      Par contre Jésus critique les scribes et les docteurs de la Loi qui fixent des charges sur le dos de leurs fidèles. A la place, Jésus dit de venir à lui, que son joug est doux, et qu’il nous donnera sa paix.

      Tout cela me semble dire que le chrétien doit déterminer son chemin dans une relation personnelle avec Dieu, en Christ.

      Le rôle du pasteur est de réconcilier la personne avec son Dieu, de motiver pour prier, d’encourager à tout dire en confiance à Dieu car il est pardon et amour pour chacun. Le rôle du pasteur est de mettre en relief ce que le Christ est comme cheminement vers le Père.

      Le rôle du pasteur n’est certainement pas de prendre la place de Dieu ou de Christ. S’il utilise la Bible pour taper sur son paroissien, le résultat est que le paroissien aura peur de la Bible et de Dieu. Si le message du Christ s’appelle « évangile », c’est parce qu’il est out entier « bonne nouvelle » (c’est la traduction en français du mot grec « évangile »). Le message du Christ ne s’appelle pas « avertissement avant le jugement ».

      Je ne connais pas de berger qui tape sur ses brebis. Et le berger, c’est Dieu, et c’est le Christ. Notre rôle comme pasteur n’est pas de prendre la place de ces bergers là pour conduire. C’est le rôle de Dieu et du Christ. Le rôle du ou de la pasteur est de désigner ce Bon Berger, et de mettre en garde contre les voleurs et les brebis déguisées en loup.

      Cela dit, je pense comme vous que ce n’est pas bon pour la personne de coucher n’importe comment sans projet de construire un vrai couple. Ce n’est pas que ça fâcherait Dieu, c’est que ce ne serait pas une façon très constructive de vivre. Or c’est cela que Dieu espère pour notre bien et pour celui de ceux qui sont autour de nous.

      • Moayé Fondi dit :

        bonjour pasteur, la question reste encore ambiguë dans mon esprit. existe t-il un passage qui autorise un homme ou une femme à avoir des rapports sexuels avant le mariage, si ces deux individus consentissent d’un commun accord préalable d’union et de vie commune?
        ma seconde question est la suivante, selon la sainte bible, quelle est la démarche à suivre pour le mariage, faut-il connaître d’abord sa fiancée et après payer sa dote ou faut-il obligatoirement payer la dote avant d’en arriver à l’acte sexuel.
        dans le second cas, si la fiancée n’est pas vierge, quel seront les conséquences et pour l’homme et pour la jeune fille?

        • Marc Pernot dit :

          Bonjour

          Cette question de dot est purement culturelle, humaine. Dans l’esprit de l’Evangile, on ne devrait pas acheter une personne humaine comme on achète un chameau. Et encore moins un enfant à ses parents.
          Ensuite, que le nouveau couple choisisse de soutenir matériellement et humainement leurs parents est une chose normale, mais cela doit être de bon cœur, librement et joyeusement, comme une grâce.
          De même pour cette question de virginité de la femme, pourquoi l’exigerait-on de la femme et pas de l’homme ?

          Si un des deux ou les deux ont eu une vie avant de rencontrer leur conjoint, cela ne devrait pas être un scandale.
          Par contre, une fois engagés l’un vis à vis de l’autre, l’infidélité de l’homme ou l’infidélité de la femme posent exactement le m^me problème : c’est une façon de vivre tout à fait inacceptable, mettant en cause le minimum de respect : 1) de son conjoint, 2) de la personne avec qui on couche, 3) de soi-même en ne respectant même pas sa propre parole, ses propres promesses, 4) de Dieu que l’on a pris en témoin de ses engagements.

          • Arsène dit :

            Merci beaucoup Marc pernot

            Car j’ai aussi souvent eu cette discussion avec des gens.

            D’ailleurs je profite pour parler d’une chose qui nous était arrivé alors que nous étions en prière en famille. Donc pendant la prière un soir une de nos sœurs avait exulté en Esprit au point où Dieu nous avait parlé à travers elle.

            Ce pendant Dieu nous avait demandé si nous avions des questions à lui poser après nous avoir reproché qu’aucun d’entre nous ne veut sacrifier sa chair ce pendant tout le monde avait peur d’admettre qu’il avait une question à poser puisque nous étions tous dépassé que c’est le grand Dieu le tout puissant qui nous parle à travers notre sœur et moi bien évidemment j’avais une question je voulais connaître pourquoi il nous disais qu’aucun d’entre nous ne veux sacrifier sa chair. Donc je me demandais si cela un a lien avec le fait d’être chaste où pas parce que le pasteur qui avait l’habitude de nous suivre nous disais également que les rapports sexuels de sont forcément pas un péché que cela dépendait des circonstances exactement comme vous les avez expliqué ce pendant Dieu connaissant mon cœur il m’a appelé par mon prénom et m’a posé la question de savoir si j’avais une question à lui poser alors à ce niveau j’ai eu le courage de lui poser ma question celle de savoir comment devrions nous sacrifier notre chaire parce que je ne comprends pas bien dans quelle sens et il m’avait dit:<>.

            Après m’avoir répondu ainsi il s’était mit à causer avec chacun d’entre nous sur ce qui concerne nos vies bien que aucun d’entre nous n’étais vraiment ouvert à cause de la peur que nous ressentions.

          • Marc Pernot dit :

            Bonjour
            Je pense sincèrement qu’il faut faire preuve de beaucoup de prudence avant d’affirmer que « Dieu nous avait parlé à travers elle ». Peut-être que oui, en partie. Mais il faut de l’humilité devant Dieu, au risque de se prendre pour Dieu.

            Ensuite, je ne pense vraiment pas que « Dieu nous demande de sacrifier notre chair », franchement. Notre chair est un don, une bénédiction de Dieu. C’est vivre « selon la chair » qui n’est pas bon, mieux vaut vivre « selon l’Esprit ». C’est à dire que la chair ne soit pas ce qui nous gouverne, mais soit gouvernée par l’Esprit. Mais ce n’est pas un « sacrifice » de notre chair, c’est au contraire une exaltation de la chair, qui devient capable de grandes choses. C’est d’ailleurs parce que Dieu honore grandement notre chair qu’en Christ « la Parole de Dieu a été faite chair ».

            Ensuite, je ne suis pas certain que le pasteur devrait se mettre entre Dieu et le fidèle pour diriger sa vie. En Christ nous avons un seul maître, et nous sommes tous frères et sœurs, sur le même niveau (Mt 23:8-9). C’est avec Dieu, directement, que chacun doit chercher à diriger sa propre vie.

            Bravo pour votre recherche de fidélité à Dieu.
            Il vous bénit et vous accompagne

      • K. Othniel dit :

        Ok bsr Pasteur. Je voudrais savoir un couple qui couche ensemble après la dote ? Est il un péché ?

        • Marc Pernot dit :

          Bonjour
          Et bravo de chercher à vivre fidèlement, d’une belle façon, devant Dieu.
          La dot est simplement une coutume humaine. Une coutume qui empoisonne la vie de bien des jeunes couples sincères, les empêchant de se marier et de fonder une famille parfois pendant des années.
          Hélas.
          Le péché, c’est d’agir contre sa propre conscience éclairée par Dieu. Le péché c’est de ne pas faire confiance à Dieu qui, lui, connaît notre cœur, sait si notre engagement est profond ou non pour la personne que l’on dit aimer. Dieu qui, lui, nous aime, nous bénit, nous encourage gratuitement sans qu’on ait besoin de l’acheter par des cadeaux.
          Dieu vous bénit et vous accompagne

    • Emmanuel dit :

      Que Dieu Te Bénisse Richement Mon Précieux Frère. Merci d’avoir mis de l’ordre là où baignait un tard de désordre et déviation qui est loin de la Parole Du CHRIST Notre Seigneur.

  5. Enoch Okobe dit :

    Merci beaucoup Marc pernot surtout pour tes dernières paroles et les autres je viens de comprendre beaucoup de choses pour dire vrai je me posais énormément de questions mais à présent je crois que ça peut aller . Le sexe avant le mariage est un péché surtout lorsque certains personnes disent aimées mais en réalité ont les sexe en tête ou en premier dans ce cas ce n’est plus de l’amour mais du pur désir sexuel. , Mais ne les pas dans la mesure ou vous avez ensemble un projet
    de fonder une famille, et être ensemble pour le restant de votre vie. Et encore mieux de demander à Dieu de nous aider à arriver au mariage. Merci encore que Dieu vous donne la sagesse pour nous éclairer sur d’autres sujets que nous nous posons des questions. Merci…

  6. Elie kouassi dit :

    Merci pasteur pour cette revelation qui vient de me delivrer de la cupabilité car j’ai eu des rapports sexuels avant mariage officiel et cela m’intriguait de savoir est ce que un péché ou par mais après votre explication je me sent libre

    • Ermida dit :

      Le sexe avant le mariage est un péché devant le seigneur.
      Joseph était fiancée à la vierge Marie, mais il n’avait jamais eu des relations sexuelles avec qùelle

      • Marc Pernot dit :

        Si vous pensez que c’est un péché, ne le faites pas. Mais c’est mauvais de juger les autres. C’est certainement plus clairement interdit dans la Bible que le sexe avant le mariage.

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