Quelle version des Psaumes utilisez-vous ? Ps. 38 « Eternel corrige-moi et soigne-moi » m’inquiète aussi

Une mère tenant son bébé et le faisant rire - Photo by Paul Hanaoka on UnsplashPar : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour
En ce moment je lis la rubrique sur les psaumes, quel version utilisez-vous ? Sur le psaume 38 j’ai lu plusieurs versions et ce passage » Éternel, corrige-moi et guéris-moi »je ne l’ai pas trouvé. votre frère a aussi fait une vidéo expliquant que nos versions ne donnent pas aussi avec exactitude le sens.Pour le mot corrigé comment ce défaire du sens que nous lui donnons maintenant , la correction pour moi c’est négatif j’ai du mal a voir la correction autrement qu’une punition voir un sévisse corporel.
Et pourtant là il dit « corrige-moi et guéris-moi » cela semble contraire dans le sens où je l’entend bien sur.
Merci de vos éclaircissements sur ce versets
Cordialement

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir
Je reconnais que le texte des psaumes que je mets en ligne ont plus une vocation d’aider à la prière personnelle qu’à l’exégèse. Je suis donc souvent plus dans l’esprit du psaume, avec une approche teintée d’Évangile (j’espère) plus que de rigueur du mot à mot comme dans les textes bibliques que je donne avec la prédication et où je cherche à être le plus fidèle au texte même.

Pour le début de la prière du Psaume 38, c’est la traduction de la TOB qui me semble la plus fidèle à l’hébreu  » SEIGNEUR, châtie-moi sans courroux, corrige-moi sans fureur. »

  • sauf que « SEIGNEUR » me semble être un contresens par rapport au nom YHWH de l’original hébreu qui dit Dieu comme source de l’être, Dieu est appelé ainsi dans la Bible Hébraïque pour évoquer la tendresse, le secours et le pardon de Dieu, à l’opposé de ce qu’évoque un « seigneur » dans notre imaginaire, qui plus est inscrit avec cette typographie de grandes capitales écrasantes !
  • À la lumière de l’Évangile du Christ, bien entendu que Dieu est amour, et qu’il ne réagit pas face au pécheur avec courroux et fureur, mais comme le dit Jésus en parlant de l’amour des ennemis (Mat. 5:43-48), Dieu réagit en bénissant, en faisant du bien, en aimant. C’est en réalité à quoi invite ce Psaume de David, car en invitant Dieu à ne pas être plein de fureur, ce qui est en cause n’est pas de forcer Dieu à se convertir à plus de longanimité, mais cette expression vise à nous-même nous convertir dans la notion que nous avons de Dieu, passer d’une image (ou imagination) d’un Dieu colérique et terrible exterminateur d’infidèles à l’image (manifestée en Christ) d’un Dieu avec nous, d’un sauveur doux et humble cœur. C’est ce que confirme d’ailleurs ici le fait que le psalmiste appelle Dieu l’Eternel et non pas Élohim.
  • C’est pourquoi, dans ce texte inspiré par le Paume 38, j’ai supprimé la mention de la colère et de la fureur de Dieu, comme si déjà la prière du psalmiste était exaucée, et que la fureur de Dieu et son courroux s’était effacé comme un nuage.
  • Reste effectivement la prière demandant à Dieu qu’il nous corrige et nous reprenne, qui se trouve en entrée de ce Psaume. Oui, c’est une excellente prière, comparable à ce que nous demandons au médecin en arrivant à l’hôpital, qu’il nous arrange. C’est tellement difficile de nous améliorer nous-même, de nous défaire de nos mauvaises habitudes, de nos travers et de nos faiblesses et qu’enfin le meilleur de nous même puisse s’épanouir. C’est ce que Paul aussi remarque dans ce fameux passage : « Je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas… Misérable que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ?… Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur !…  » (Romains 7:19-25).
  • Seulement pour aller voir le médecin, encore faut-il que j’aie une certaine confiance qu’il voudra m’aider. De même, pour pouvoir dire avec espérance cette prière « Éternel, source de l’être, dire corrige-moi et guéris-moi », cela demande d’avoir en tête, d’avoir dans le cœur un Dieu plein de bienveillance même pour le pécheur. La correction n’est alors plus une punition mais un soin, et effectivement chemin de guérison. Et le jugement de Dieu, autrefois pensé comme terrible, est attendu, demandé, prié car lui aussi est un soin puissant qui délivre de ce qui en nous serait source de souffrance, de méchanceté, de mort.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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