A quand un Dieu d’Amour sans la Bible et surtout sans l’Ancien testament (horreur/terreur absolue).

Une femme en maillot de bain sur la plage, regarde la mer, un panneau signele la présence de requins - Photo by Lubo Minar on Unsplash

Requin signalé aujourd’hui, entrer dans l’eau est à vos risques & périls 🙂

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour Cher Monsieur,
Je suis attentif et intéressé par vos réponses aux questions des internautes et je vous remercie de toute l’énergie communicative que vous transmettez. Je ne me reconnais pas en tant que croyant traditionnel mais je cherche Dieu depuis tant d’années (j’ai 69 ans).
Ma question pourrait sembler provocatrice ,mais sachez que là n’est ni mon propos ni ma posture. L’acteur Jean Gabin disait dans un dernier texte de sa vie : « Je sais qu’on ne sait jamais ».
Voici ma question : Le Bouddhisme est, semble-t-il une religion sans Dieu. A quand un Dieu d’Amour sans la Bible et surtout sans l’Ancien testament qui pour moi est d’une horreur/terreur absolue. Ce dieu barbare, guerrier, misogyne, orgueilleux et jaloux ne peut pas être Dieu. Pourquoi Jésus se réfère-t-il à ces textes ? D’ailleurs les textes bibliques ont été sélectionnés par qui ? Certainement pas des personnes « inspirées » mais plutôt des despotes enflés d’orgueil et de soif de pouvoir. Et puis le Christ n’a rien écrit, cela me parle beaucoup. Quelle différence avec ceux qui se sont prétendus prophètes et s’auto déclaraient « inspirés par Dieu », parler en son nom !
Je me sens proche du Christ mais sans la violence impudique de l’Ancien Testament dont les textes devraient être censurés tels les films de violence et pornographiques le sont pour les âmes sensibles, c’est pareil.
SI vous me répondez je vous en remercie beaucoup et du fond du coeur. Si vous ne me répondez pas, je le comprendrais aisément et je vous présente mon profond respect.
Merci, meilleurs messages.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Mil mercis pour vos encouragements.

Bravo pour votre cheminement, à la fois personnel, engagé, sincère et libre.

C’est vrai que le Bouddhisme n’utilise pas le mot Dieu, seulement il existe une notion de vérité ultime et de transcendance, ce qui est du même ordre, à mon avis. Effectivement, les lois qui sont en œuvre dans le Bouddhisme ne sont pas particulièrement sous le signe de la miséricorde et de la grâce pour l’individu personnel comme dans la foi chrétienne, pas plus dans une logique de performance, de mérites.

Je suis bien d’accord avec vous de mettre en avant cette qualité d’amour inconditionnel qu’est Dieu. Fondamentalement, je pense que cette inspiration est directement inspirée par l’Evangile du Christ, qui s’est en particulier transmis par les textes du Nouveau Testament. Tout n’est donc peut-être pas à rejeter dans cette collection de paroles et de textes anciens. Il en est des livres comme des personnes, il faut exercer un peu de miséricorde et de bienveillance pour les aimer, passer par dessus leurs manques et leurs défauts pour se concentrer sur le meilleur de ce qu’ils sont, de ce qu’ils offrent. Ne serait-ce que garder l’incroyable hymne à l’amour de Paul (1 Corinthiens 13 « … si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien… ») ou cet affirmation d’une ouverture inspirante de la première lettre de Jean « Quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu, car Dieu est amour ») sans doute inspiré de cette théologie du Christ sur Dieu aimant même ses ennemis, et faisant du bien à ceux qui le persécutent… Quant aux passages qui vous gêneraient, il suffit de passer. Mais ce serait dommage, à mon avis, de jeter le bébé avec l’eau du bain.

C’est bien entendu tout à fait votre droit de ne pas être amateur de l’Ancien Testament. Bien sûr. On a tout à fait le droit, et bien des personnes ayant une foi profonde n’aiment pas tel ou tel genre littéraire appartenant à la Bible. On a le droit aussi de ne prendre que des passages inspirants et beaux (il y en a quand même qui sont extraordinaires dans l’Ancien Testament, par exemple ces quelques versets que cite Jésus « Ecoute l’Eternel notre Dieu, c’est l’unique Seigneur : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ton intelligence, et de toute ta force. » , »Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » C’est quand même de haute volée ou le très subversif « Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices » cité par Jésus à plusieurs reprises. En même temps, Jésus ne cite pas non plus n’importe quoi dans la Bible de son époque, il trie, il prend ce qui l’inspire. On a le droit. D’autant plus que la Bible elle-même est comme cela, une sélection de textes parmi d’autres.

En même temps, La Bible n’est pas un livre de catéchisme. Il est un terrain d’exercice. Il est plus que permis de réagir en se disant que là, décidément, le héros de ce récit se comporte de façon ignoble, ou que l’idée, les valeurs ou la théologie qui me semblent être exprimées par tel texte ne vous convient pas du tout. C’est non seulement permis, c’est même un devoir dès lors que l’on entre dans cette bibliothèque. Cela vaut mieux aussi en entrant dans tout texte, si on l’Iliade et l’Odyssée aussi. Il revient au lecteur d’un texte de faire la moitié du boulot. Un travail de mastication, de digestion, d’assimilation du meilleur pour s’en nourrir et de rejet de ce qui ne nous convient pas.

AhBien d’accord avec vous : le conseil de se méfier de ceux qui prétendent parler au nom de Dieu est un bon conseil. C’est utile aussi quand c’est nous-même qui avons l’impression de savoir qui est Dieu et ce qu’il dit. Parfois ce que nous pensons est vrai, en partie vrai, parfois la voix que nous avons entendue était celle de notre estomac qui manifestait sa faim d’un gargouillement. Fondamentalement, puisque Dieu est Dieu, transcendant, il est et il sera toujours au delà de ce dont nous essayons de témoigner de notre relation avec lui.

Pourquoi Jésus s’est référé à la Bible Hébraïque ? parce que c’était sa culture et sa religion. Il l’a fait avec liberté et créativité, et en en tirant le meilleur pour nous, d’une façon vécue bien inspirante. Cela a changé le cours de l’histoire du monde. Merci à lui. Il n’a pas ménagé sa peine, ni son talent. A nous ensuite de prendre le relai, nous aussi avec liberté, sincérité, engagement personnel. C’est ce que vous faites. Bravo à vous pour vos recherches. Et bonne lecture, peut-être, de ces extraordinaires pages des Evangiles. Lues en boucle, c’est une magnifique source d’inspiration pour une vie entière.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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