Psaume 22 « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?! »

Par : pasteur Marc Pernot

une personne assise au sommet d'une montagne contemple le panorama - Image par StockSnap de Pixabay

Psaume 22

Du chef de chœur. Sur « Biche de l’aurore ».
Psaume. De David.

Mon Dieu, mon Dieu
pourquoi m’as-tu abandonné ?
Le Salut est loin de moi
loin des mots que je rugis.

Mon Dieu, j’appelle tout le jour
et tu ne réponds pas,
même la nuit
je n’ai pas de repos.

Toi, pourtant tu es Saint,
Toi qui habites les louanges de tes fidèles !
C’est en toi que nos ancêtres espéraient,
ils espéraient et tu les délivrais,
Quand ils criaient vers toi, ils échappaient,
en toi ils espéraient et n’étaient pas déçus.

Et moi, je suis un ver, pas un humain,
raillé par les gens, rejeté par le peuple,
Tous ceux qui me voient me bafouent,
ils ricanent et hochent la tête,
« Il comptait sur l’Éternel : qu’il le délivre !
Qu’il le sauve puisqu’il est son ami !  »

C’est toi qui m’a tiré du ventre de ma mère,
qui m’a mis en sûreté entre ses bras,
A Toi je fus confié dès ma naissance,
dès le ventre de ma mère tu es mon Dieu !

Ne sois pas loin : l’angoisse est proche,
je n’ai personne pour m’aider,
Des fauves nombreux me cernent,
des taureaux de Basan m’encerclent,
Des lions qui déchirent et rugissent,
ouvrent leur gueule contre moi.

Je suis comme l’eau qui se répand,
tous mes membres se disloquent,
Mon cœur est comme la cire,
il fond au milieu de mes entrailles,
Ma vigueur a séché comme l’argile,
ma langue colle à mon palais.

Tu me mènes à la poussière de la mort !

Oui des chiens me cernent,
une bande de vauriens m’entoure,
Ils me percent les mains et les pieds,
je peux compter tous mes os.

Ces gens me voient, ils me regardent,
Ils partagent entre eux mes habits,
et tirent au sort mon vêtement.

Mais toi Éternel, ne sois pas loin !
ô ma force, viens à mon aide !
Préserve ma vie de l’épée,
arrache-moi aux griffes du chien,
sauve-moi de la gueule du lion,
et de la corne du buffle !

+

Tu m’a répondu !
Et je proclame ton nom devant mes frères et sœurs,
je te célèbre en pleine assemblée :

Vous qui le cherchez, célébrez L’Éternel !
Glorifiez-le vous tous, descendants de Jacob !
Vous tous, honorez-le descendants d’Israël !

Car il n’a pas rejeté,
Il n’a pas réprouvé le malheureux dans sa misère,
Il ne s’est pas voilé la face devant lui,
mais il entend sa plainte.

Tu seras ma louange dans la grande assemblée !
Devant ceux qui te craignent je tiendrai mes promesses,
Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés,
ils loueront L’Éternel ceux qui le cherchent,
 » A vous toujours, la vie et la joie !  »

La terre se souviendra et reviendra vers L’Éternel,
chaque famille de nations se prosternera devant Lui,
« Oui à l’Éternel la royauté,
le gouvernement des nations !  »

Tous ceux qui festoyaient s’inclinent,
promis à la mort, ils plient en sa Présence,
Et moi, je vis pour Lui : mes œuvres le serviront,
On annoncera L’Éternel aux générations à venir
On proclamera sa justice au peuple qui va naître,
Voilà son oeuvre !

Quelques remarques

  • Dans la traduction grecque de la Bible hébraïque, ce Psaume porte le N°21.
  • Ce Psaume est dans la bouche, dans la prière de Jésus sur la croix. Il le cite en hébreu ou en araméen avec ce cri « Eli, Eli, lama sabachthani » (Matthieu 27:46 ; Marc 15:34)
  • Si David et Jésus ont connu de temps de désespoir, ce sentiment d’être abandonné par Dieu (la déréliction), ce doutes sur son amour et même sur son existence, cela arrive même aux meilleurs et ne doit pas être un sujet de honte. La réaction de Jésus et de David montre à mon avis que la meilleure solution est de continuer à prier en ce Dieu dont on se met alors à douter.
  • On a le droit de crier à Dieu son désespoir, et même ses reproches injustes contre Dieu. Dans la foi, avec Dieu, c’est comme avec un ami : mieux vaut souvent dire en confiance ce que l’on a sur le cœur, cela permet à l’autre de répondre et de nous réconcilier.
  • Au milieu du Psaume, subitement, il y a un basculement de la plaine à la louange, introduite par ce cri « Tu m’as répondu ! », alors qu’il n’est indiqué aucune réponse de Dieu, cette réponse est sans parole, elle est une expérience de vie retrouvée. Une expérience de résurrection.
  • En hébreu de la Bible hébraïque, comme dans le grec des évangiles, et en français : le mot « pourquoi » peut aussi être compris « pour quoi », en deux mots (en vue de quoi). Et c’est donc à la fois une interrogation sur l’origine de ce que nous vivons comme désespoir et comme doutes, et aussi une interrogation sur ce que nous pouvons alors viser, avec Dieu.
  • Quand Dieu est appelé comme ici YWWH en hébreu (prononcé Yahou, ou YaHWéh), cela évoque Dieu en tant que compassion, passion, miséricorde. Ce mot est construit sur la racine du verbe être. C’est pourquoi je préfère personnellement la traduction « L’Eternel » à celle de « Le Seigneur » qui fait plus penser à un Dieu supérieur et dominant.

 

Si vous le désiriez, voici d’autres Psaumes aidant à prier, et quelques pistes d’appropriation de ces textes.

Vous aimerez aussi...

4 réponses

  1. Rodrigue BISSAGOU dit :

    J’apprécie beaucoup votre aide de compréhension. Merci

  2. Pascale dit :

    Une petite suggestion, si je peux me permettre : avec ces belles remarques ce psaume pourrait éventuellement être répertorié avec les autres.

    • Marc Pernot dit :

      Chère Pascale, merci pour votre vigilance, j’avais coché la mauvaise case et du coup la liste automatique ne l’avais pas intégré !
      Sur ce coup là, Dieu ne m’a pas abandonné, il a envoyé une ange pour m’aider.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *