Attendre le retour du Christ ? ou vivre du Christ maintenant ?
(Matthieu 24:36-44 ; 1 Thes. 5:1-11)

(Voir le texte biblique ci-dessous)

 

Écouter :

prédication (message biblique donné au cours du culte)
à Genève le dimanche 1er décembre 2019,
par : pasteur Marc Pernot

Peinture de Michelange à la chapelle Sixtine : le jugement dernier, extrait montrant le Christ
Ce texte de Matthieu est dur. Qui pourra l’écouter ? Il a été utilisé, ad nauseam, par les sectes et les franges les plus dures du christianisme pour menacer les fidèles d’un retour du Christ imminent, venant sélectionner les meilleurs fidèles pour la vie éternelle et laisser tous les autres à la mort. Autrement dit : veillez ou vous irez en enfer ! Détestable et cruelle rhétorique, à mon avis contraire à tout l’Évangile – ou alors, il faudrait me montrer une seule fois où Jésus aurait fait tomber la foudre sur un pécheur (Lu 9:54-56), ou même croisé une personne mal en point sans lui porter secours.

Attente du jugement de Dieu ?

Afin de comprendre de quoi il est question dans ces rares textes difficiles évoquant la fin du monde, il faut comprendre l’histoire de cette idée, une histoire en quatre étapes.

1) À l’époque de Jésus, il existait dans le judaïsme une attente à la fois impatiente et angoissée de la fin des temps et de la venue du Messie avec la victoire définitive de Dieu sur le mal. Ce serait alors le jugement dernier où les enfants de lumières vont vers le bonheur éternel et où les enfants de ténèbres sont envoyés dans les ténèbres extérieures, avec pleurs et grincements de dents. Cette vision avait été développée lors d’un contact prolongé des hébreux avec les religions mésopotamiennes. Une littérature apocalyptique va être produite dans le style fantastique. L’histoire du déluge y est souvent reprise comme le programme de ce jugement dernier, avec quelques justes sauvés figurés par Noé, et les autres noyés sous les eaux du jugement dernier.

2) Quand Jésus a été reconnu comme Messie (Christ), qu’est devenue cette attente ? Elle est logiquement devenue une espérance de son action présente. C’est ce que Jésus va s’attacher à vivre à sa façon, unique et surprenante, voire déroutante pour certains. Point de cataclysmes, point de mort des pécheurs : au contraire, ce drôle de Messie annonce l’amour de Dieu même pour ses ennemis, et effectivement, Jésus parle aux pécheurs, il ne réserve pas son traditionnel banquet messianique à l’élite des meilleurs : il mange avec les personnes de mauvaise vie (Mt 9:11, 11:19), il célèbre la foi d’un centurion romain (Luc 7:9), il montre en exemples une prostituée et un voleur (Luc 19:9). Étonnement, déception des théoriciens du « jour de l’avènement du Fils de l’homme ».

3) Quand les disciples se sont retrouvés sans Jésus, et qu’ils ont constaté que le monde continuait à tourner comme avant, s’ouvre une troisième période : bien des chrétiens recyclent la traditionnelle attente du Messie en attente de son retour pour finir son boulot (la parousie). Son absence est comme une courte pause technique, appelant plus que jamais à se préparer à sa venue, sans doute imminente. L’attente mêlée de crainte reprend le dessus. C’est ce que la première église a vécu de la disparition de Jésus vers 35 jusque dans les années 60.

4) Car alors, après avoir annoncé le « retour du Christ » imminent, après avoir attendu un an, dix ans, vingt ans, la génération des témoins directs de celui que l’on pense être le Messie disparait peu à peu. Une quatrième façon de vivre cette attente émerge, à mon avis plus fidèle à ce que Jésus a dit et manifesté. Il est le Christ et tout est déjà accompli : il n’y a donc plus à attendre la venue du Christ, ni son retour. Il est comme une graine semée, tout est là, cela va germer, pousser. Ce que les chrétiens vont se mettre à attendre, à espérer et à voir c’est que son salut prend corps en nous et que nous sommes en lui (Mt 18:20, Jn 14:20, 1 Cor. 12, Ga 2:20…). Cette évolution dans l’espérance est bien visible dans le début du livre des Actes des apôtres : les disciples demandent également au Christ quand est-ce qu’enfin il manifestera « son jour » ? La réponse étant que ça ne viendra pas comme cela, de l’extérieur, mais à l’intérieur de chacun : « vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins » (Actes 1: 8).

Où se situe Paul dans 1 Thessaloniciens ?

La 1ère lettre de Paul aux Thessaloniciens est le plus ancien texte du Nouveau testament, écrit vers l’an 50, nous sommes encore dans la 3e période où des chrétiens attendent le retour du Christ. Dans d’autres lettres écrites une dizaine d’années plus tard, Paul aura changé d’optique et il est alors délibérément dans la 4e période comme son disciple Luc qui a écrit les Actes des apôtres. Par exemple, Paul y annoncera « vous avez été ressuscités avec Christ »(Col 2:12; 3:1), au passé, comme un salut déjà accompli par le Messie.

Mais dans cette très ancienne lettre aux Thessaloniciens, Paul est encore dans l’attente du retour du Christ. Il reprend l’annonce traditionnelle de l’attente du Messie qui viendra « comme un voleur dans la nuit », sauvant les « enfants de lumière » et éliminant les « enfants des ténèbres ». Ce sont les mêmes expressions que dans les écrits de Qumran, sauf que Paul a entendu l’Évangile du Christ, l’Évangile qui est « La Bonne Nouvelle » (et non un dernier avertissement avant la peine de mort éternelle). Paul reprend l’annonce du Judaïsme et il la transforme, il l’évangélise. Il dit aux Thessaloniciens que quand viendra « LE jour du Seigneur » ils n’auront rien à craindre du tri entre les enfants de lumière et les enfants des ténèbres, parce que nous sommes déjà, tous, enfants de lumière, considérés ainsi par Dieu même si nous nous sommes endormis, nous dit Paul. Nous sommes déjà des enfants « du jour » par avance puisque « Le jour » du Messie vient bientôt tout en étant déjà là, puisque Jésus a réellement vécu et est mort pour nous.

A quoi bon veiller alors, puisque nous sommes déjà sauvés ? Paul garde l’appel de vivre en cohérence avec cet enfant de lumière que nous sommes en réalité. Paul le dit alors sans la menace traditionnellement attachée à la venue « du jour » terrible.

Tant mieux. Seulement, n’y a-t-il pas le risque de prendre ces paroles de Paul comme sectaires : nous, chrétiens, sommes enfants de lumière et n’avons donc rien à craindre, par contre, est-ce que les non-chrétiens seraient des enfants de ténèbres qui vont être tout bientôt éliminés avec le retour du Christ ? Ce n’est pas ce que dit Paul, si l’on regarde bien, même cette menace-là disparaît ici car la ruine qui viendra subitement sur ceux qui sont à l’extérieur de l’église n’est pas celle de la torture pour tuer, Paul la compare aux douleurs de la femme qui accouche, multipliant la vie. L’annonce de Paul n’a donc rien à voir avec celle d’une secte, du genre : repentez-vous pauvres pécheurs, convertissez vous au message que je vous délivre sinon le terrible Seigneur ne pourra rien pour vous et vous serez jetés dans les ténèbres du dehors pour les siècles des siècles.

Hors de question ici de nous motiver à veiller par la crainte. La joie de l’Évangile est une motivation d’une autre qualité. Le message du Christ est passé par là. Paul réconforte ses paroissiens, il les rassure malgré le retard que le Messie leur semble prendre. Paul ajoute simplement qu’il serait pas mal de vivre en cohérence avec ce que nous avons reçu, qu’il serait bien de ne pas penser qu’à son petit salut à soi, pour nous édifier et nous réconforter mutuellement.

Les expressions et les images parlant ici du salut sont communes avec celles trouvées dans les manuscrits Esséniens de Qumran révélant la culture de l’époque. Mais sans la crainte de ne pas être sélectionné par le Messie à la fin des temps. Les Esséniens, eux, formaient un club de personnes héroïques cherchant à être comptées comme enfants de lumière. En même temps, leur vision est plus nuancée qu’on pourrait le penser car selon eux chaque être humain est à la fois enfant de lumière et enfant de ténèbres en diverses proportions (4Q186 et 4Q561), par exemple telle personne a 6 portions d’esprit de lumière et 3 de ténèbres, telle autre avec 8 portions de ténèbres et 1 de lumière. Cette conception peut utilement approfondir notre regard sur nous-même, sur notre prochain, et sur l’espérance de salut en Christ.

Où se situe l’Évangile selon Matthieu dans cette histoire de la compréhension de la fin du monde ?

Ce texte est à la fois plus ancien que cette lettre de Paul et plus tardif. En effet, Matthieu est un témoin direct de Jésus, il a donc entendu ce que Jésus prêchait, il a vécu cette conviction que le Christ n’était plus à attendre : qu’il est là et que ce que nous pouvons attendre est son œuvre au présent dans notre monde et notre vie. Seulement, Matthieu a ensuite vécu l’absence du Christ, et les années qui passent. Le texte que nous avons de Matthieu date de l’époque de transition entre la 3e et la 4e période, quand les chrétiens hésitent encore entre l’attente du retour du Christ et celle de l’action du Christ en nous et à travers nous dans le monde.

Notre passage de l’Évangile selon Matthieu garde à mon avis les traces de l’évolution de la foi de Matthieu en ce qui concerne la manière dont le salut en Christ se déploie dans l’histoire. Le début et la fin de ce passage reste dans une attente de la fin des temps à la fois dans l’espérance du salut et dans la peur de ce jour terrible, selon la tradition. Le milieu de ce passage (les versets 37 à 41) reprend ces codes avec des inflexions étonnantes qui peuvent laisser apparaître un tout autre message, possiblement des paroles de Jésus lui-même, ou l’espérance renouvelée de son action pour tous dans le présent de notre vie en ce monde.

D’abord avec l’histoire de Noé qui est traditionnellement relue dans la culture de l’époque comme annonçant la fin du monde avec l’humanité mauvaise noyée sous les eaux et le petit reste de justes porté par l’arche vers la vie. Or que dit ici Jésus ? Qu’à la fin des temps, les humains vivent joyeusement la vie en ce monde, et que subitement, quand Noé entre dans l’arche, ils sont « tous élevés », « tous portés » et non pas engloutis. Dans l’histoire du déluge c’est l’arche qui est « portée » (NSA) par les eaux, sauvant Noé et sa famille. Ici, tous les humains, sans qu’il soit question de méchants ou de justes sont « portés » comme les anges se tiennent prêts à « porter » Jésus sur leurs mains, dit Matthieu plus haut dans son livre (Mt 4:6).

C’est vrai que certains pourraient lire aussi, comme bien des traductions, que le déluge les « emporte tous », et y retrouver la prédication de la menace et non celle du Christ venu pour sauver ceux qui sont perdus. Ces deux interprétations sont possibles à ce stade. Voyons la suite.

Jésus en berger - catacombes de RomeJésus poursuit avec ces courtes paraboles de deux personnes faisant la même chose, une étant prise et une laissée. C’est une image traditionnelle, là aussi, dans les milieux apocalyptiques juifs, par exemple dans les livres d’Enoch. Mais là encore, regardons ce que Jésus promet comme action du Messie. Une personne est prise et l’autre laissée, abandonnée. Serait-ce une menace de Jésus pour nous motiver à bien veiller ? Là encore, il y a pour le moins une ambiguïté. Dans la parabole la plus célèbre de Jésus, celle de la brebis perdue et retrouvée (Luc 15), il y a également deux groupes : les brebis qui figurent les justes n’ayant pas besoin de l’aide du sauveur sont « laissées » par le berger, et la brebis qu’il prend sur ses épaules et qu’il porte donc c’est la brebis perdue. L’une et l’autre action du berger sont des œuvres de salut, bien sûr. Comme dit Jésus sans cesse, il est venu pour les pécheurs. Cela choque ses contemporains, car un Messie qui se respecte devrait exterminer les pécheurs et rassembler les justes, pas laisser les justes vivre leur vie et chercher ardemment les pécheurs comme le fait Jésus et de les « porter » tous vers la vie.

Ce message nouveau de la grâce de Dieu a été compris et aimé par les chrétiens des premiers siècles. Vous en avez un écho dans ce dessin de la fin du IIIe siècle que vous avez sur votre feuille : Jésus sépare la brebis du bouc, le juste du pécheur, comme on s’y attend dans le jugement dernier selon la tradition. Seulement, ici, que porte le bon berger ? Le bouc figurant le pécheur, bien sûr. Car c’est cette conception là du Messie que Jésus incarne. Il l’a d’ailleurs dit et montré : il ne vient pas pour juger le monde mais pour le sauver, nous le voyons sans cesse manifester le pardon de Dieu et son amour même pour ses ennemis, pas seulement pour ceux qui feraient partie du club parce qu’ils auraient la bonne déclaration de croyances ou auraient bien accompli des rites. Ensuite, bien sûr que chacun de nous est à la fois Noé et l’humanité violente, à la fois la brebis perdue et les justes, chacun a plus ou moins sa part de lumière et d’ombre.

Veiller ?

Si Christ s’occupe si bien du juste comme du pécheur, qu’est-ce que « veiller », comme nous le demande ici le Christ ? Veiller, c’est vivre avec intensité, d’abord. On peut penser ce que l’on veut de Jésus, on ne peut pas lui retirer qu’il a vécu avec intensité.

Veiller c’est se réjouir par avance de l’action de Dieu pour nous laisser libre et nous porter quand il faut, tous.

Veiller, cela pourrait être reprendre ces activités toutes quotidiennes cités ici par Jésus : manger, boire, se marier, aller au champ, moudre le grain. Veiller est alors un encouragement à goûter cette incroyable bénédiction qu’est la vie en ce monde. Déjà au sens matériel, trivial, temporel. Et aussi au sens spirituel : nourrissant et abreuvant notre foi et notre recherche de justice, faisant alliance avec notre Dieu dans l’amour, la fidélité et la confiance. Veiller en semant la Parole et moissonnant ses fruits, préparant du bon pain de vie pour ceux qui nous sont confiés.

Et si nous ne le faisions pas ? Nous passerions à côté de bien des joies. En tout cas, cela n’empêchera pas Dieu de nous porter vers la vie. En son heure, en son jour, à son rythme que lui seul connaît.

Amen.

pasteur Marc Pernot, église protestante de Genève

Textes de la Bible

Évangile de Jésus Christ selon Matthieu 24:36-44

36Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul.

37En effet, comme ont été les jours de Noé, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme. 38En effet, comme les gens étaient dans les jours avant le déluge, mangeant et buvant, se mariant jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche, 39et ils ne savaient rien jusqu’à ce que le déluge vienne et les « élève » tous : il en sera de même à l’avènement du Fils de l’homme. 40Alors, deux hommes seront aux champs, un seul est pris et un seul est laissé. 41Deux femmes en train de moudre à la meule, une seule est prise et une seule est laissée.

42Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient.

43Vous le savez, si le maître de maison savait à quelle moment de la nuit le voleur vient, il veillerait et il n’aurait pas laissé fracturer sa maison. 44C’est pourquoi, vous aussi, devenez prêts vous-même, car le Fils de l’homme vient à l’heure que vous ne pensez pas.

 

1 Thessaloniciens 5:1-11

Quant aux temps et aux moments, frères (et sœurs), vous n’avez pas besoin qu’on vous en écrive. 2Vous-mêmes le savez parfaitement : « le jour » du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. 3Quand les gens diront : « Quelle paix, quelle sécurité ! », c’est alors que soudain la ruine fondra sur eux comme les douleurs sur la femme enceinte, et ils ne pourront y échapper. 4Mais vous, frères (et sœurs), vous n’êtes pas dans les ténèbres, pour que ce jour vous surprenne comme un voleur. 5Tous, en effet, vous êtes enfants de lumière et enfants « du jour » : nous ne sommes ni de la nuit, ni des ténèbres. 6Donc ne dormons pas comme les autres, mais soyons vigilants et sobres. 7Ceux qui dorment, c’est la nuit qu’ils dorment, et ceux qui s’enivrent, c’est la nuit qu’ils s’enivrent ; 8mais nous qui sommes du jour, soyons sobres, revêtus de la cuirasse de la foi et de l’amour, avec le casque de l’espérance du salut.

9Car Dieu ne nous a pas destinés à subir sa colère mais à posséder le salut par notre Seigneur Jésus Christ, 10mort pour nous afin que, veillant ou dormant, nous vivions ensemble avec lui. 11C’est pourquoi, réconfortez-vous les uns les autres et édifiez-vous l’un l’autre, comme vous le faites déjà.

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4 réponses

  1. Cher pasteur Marc,

    Votre prédication est bien construite, bien argumentée, bien étayée des Ecrtiures… Mais peut-être vous doutez-vous déjà que si je donne ma contribution, c’est qu’elle ne va pas aller dans le même sens que la vôtre.

    Tout d’abord, pour me connaître un peu maintenant, vous savez que je suis étrangère à toute influence sectaire. Je suis une catholique pratiquante, souffrant beaucoup des graves fautes commises au sein de mon Eglise, notamment à l’intérieur de certaines mouvances dont je me suis toujours tenue éloignée, mais désireuse de demeurer fidèle à mon baptême, ce qui justifie ma pratique régulière dans cette église-là, bien que sur nombre de points de doctrine, je ne sois pas en accord avec elle. C’est pourquoi d’ailleurs je lis très volontiers des prédications protestantes, dont les vôtres.

    Ce préambule étant posé, j’avoue ma difficulté dans ma propre église à faire entendre mon point de vue très poussé sur la problématique que vous évoquez aujourd’hui.

    Je suis une des rares catholiques à attendre de pied ferme le retour du Christ en gloire. Ce n’est pas seulement l’article le plus marqué de ma foi, mais encore un combat quotidien pour raviver cette croyance fondamentale de notre foi. Je le fais en intervenant ici et là sur le net et en écrivant souvent sur ce thème sur mon propre site dont vous connaissez l’existence.

    Je milite pour qu’on n’occulte plus cette échéance du retour du Christ pour son second avènement par foi dans les Ecrtures et pas seulement dans le Nouveau Testament : à mon sens, les prophéties de l’Ancien, et notamment d’isaïe par exemple, ne sont pas du tout accomplies à ce jour. Nous fabriquons toujours des armes, nous les vendons, nous répandons la mort par elles. Il y aurait bien suffisamment d’outils agricoles et de terres arables en ce monde pour en nourrir toute l’humanité, même nombreuse en ces temps où nous sommes, or l’hémisphère sud se meurt de pauvreté et de faim tandis qu’une caste de privilégiés en occident concentre les biens financiers qui condamnent les autres à l’indigence, même dans les pays de développement déjà ancien.

    Eh bien, si je crois au retour du Messie glorieux, c’est par confiance en un Dieu de justice et pas seulement de miséricorde pour les pécheurs. Vous dites dans votre prédication (je vous cite) : « bien sûr que chacun de nous est à la fois Noé et l’humanité violente, à la fois la brebis perdue et les justes, chacun a plus ou moins sa part de lumière et d’ombre. » [Fin de citation].

    Je ne suis pas trop d ‘accord avec cette généralisation. L’ouvrière textile exploitée pour quelques euros par mois en certaines contrées n’a même pas le temps et le loisir de pécher dans sa vie : elle travaille dur à l’atelier, travaille dur au foyer pour ses enfants qu’elle ne parviendra pas forcément pour autant à tirer de la misère et ses filles de l’illettrisme, il en va de même de l’Africaine qui s’use aux champs avec parfois un bébé dans le dos, voire encore un dans le ventre… Et aujourd’hui, cette vie qui pouvait sembler paisible parce que séculaire vire souvent au cauchemar par déplacement de populations ou massacre sous les coups des terroristes armés.

    Je prends ces simples exemples pour souligner que la vie devient de plus en plus dure et non meilleure pour beaucoup d’humains, et en particulier beaucoup de femmes et d ‘enfants. Et si je crois en un Dieu d’amour et de justice, je crois aussi qu’il envisage sérieusement la fin de ces temps d ‘injustice extrême sur sa première création. Dieu ne permet pas qu’une fillette d’aujourd’hui naisse uniquement pour souffrir toute sa vie. Or le Christ nous a promis son retour pour que règne la justice, et l’Apocalypse de Jean n’est pas à prendre à la légère. Ce n’est pas pour rien qu’elle clôt le Nouveau Testament, qu’elle achève la Bible tout entière.

    Alors je n’ai pas dit ici que le Seigneur, à son retour glorieux, va faire tomber le soufre sur ceux qui s’ingénient à faire souffrir leur prochain. Je pense que ce sera beaucoup plus simple et en rapport avec la sortie d’Egypte des Hébreux : qui désirera le salut en Dieu suivra le Messie vers la terre nouvelle sous les cieux nouveaux où il conduira ses brebis confiantes. Là règnera toute justice. Quant aux boucs attachés aux possessions et pouvoirs terrestres, eh bien, Dieu leur laissera la terre qu’ils désirent tant posséder ! Reste à voir ce qu’elle deviendra, vide de tous les vivants de bonne volonté… A n’en pas douter, ce ne sera pas un paradis…

    Amen, viens, Seigneur Jésus !

    • Marc Pernot dit :

      Chère Véronique
      Grand merci pour cette contribution.
      En ce qui concerne les souffrances et l’injustice. Merci de cette belle sensibilité. Personnellement, je pense que cela ne va pas en augmentant, tant s’en faut. Il n’y a jamais eu moins de pauvreté qu’aujourd’hui, il y a une vraie prise de conscience en ce qui concerne l’écologie, la place des femmes, le respect dû à chacun, le racisme. Il n’y a jamais eu une telle espérance de vie, de santé, de paix, de confort… Certes le travail à faire est immense. « Le Seigneur » compte en particulier sur chacune et chacun, sur nous tous ensemble pour avancer. Et d’accord avec vous pour que cela avance de belle façon il faut que le Christ soit présent, que ce soit par son retour, cela appartient à Dieu. Que ce soit par sa présence vivante en nous cela nous concerne de premier chef aujourd’hui.
      Que, par ailleurs, Dieu travaille, c’est fort heureux. Sinon, nous serions vraiment mal barrés. Si je puis dire.
      Avec mes amitiés et mes vœux de mil bénédictions
      Marc

    • S. dit :

      Bonjour à vous Véronique,

      Permettez moi de vous dire bravo pour votre foi, et que vous avez en partie raison et en partie tord. La vie actuelle ressemble beaucoup à un rumiscube avec ses multiples facette qui faut tournée dans le bon sens pour en avoir le vrai sens.

      Déjà, oui, vous avez raison le retour du christ est déjà fait. Il est déjà né. Il vis actuellement sa période de tribulation, qui est entrain de prendre fin pour l’emmener à son destin.

      Oui la vie est dure, car les inégalités se creusent de plus en plus, j’ai lu un article cette nuit même ou en France on a gagné plus de 160 millionnaire par jours… 700.000 millionnaires en France c’est énorme, malgré la vie est a la fois confortable (matériellement) mais plus violente qu’avant (chauffeur de bus tué etc…)

      Prenez les prédictions au sens symbolique, le mont des oliviers se réfère au Mont sinaï, ou il possédera une propriété dans plusieurs années la bas. C’est une zone très dangereuse actuellement car règne la bas les terroristes.

      Voyez bien le monde d’aujourd’hui, l’argent, le sexe, le pouvoir est ce qui règne notre monde. Mais est-ce réellement négatif ? Non. C’est nos intentions qui va déterminer ci cela est négatif ou non.
      Donc revêtu de pouvoir, signifie sûrement qu’il sera à la tête d’une grande entreprise. Pourquoi je pense cela ? Les multinationales aujourd’hui arrive a faire plié les politiques, le lobbyisme (soudoyez des politiques pour faire voter ou changer des lois)
      Effectivement une multinationale seule n’arrivera pas a tout changer à elle seule.
      Je pense fortement que se sera la plus grosse entreprise qu’on aura jamais vu de notre vie. Ce qui rentre en corrélation avec le  »environné de gloire » et le  » d’une façon visible pour l’hummanité »

      Quand vous dites il va faire tomber le souffre, c’est symbolique encore une fois, car effectivement il va lâcher sa colère juste et blanche sur les plus grands de ce monde. Il à le caractère pour et ce qu’il à vécu l’aidera grandement à le faire. Car il doit le faire, il le sait et il le fera.

      C’est ça dernière vie sur Terre et elle sera tout aussi intense que celui de Jésus, Ce n’es pas lui c’est un autre Christ mais symboliquement ce sont les mêmes personne. Pourtant non.

      Ne perdez pas votre foi. Vous ne serrez pas déçue.

      Je vous souhaite une bonne journée

  2. Claire-Lise Rosset dit :

    Bonjour,

    Le sujet de la Parousie, dont l’enseignement dans certaines églises à dérive sectaire génère tant d’angoisses de mort et d’abandon chez les enfants, génère en moi non seulement des réflexions, mais des reviviscences traumatiques.

    Quand l’église parle d’élus et de damnés, de paradis et d’enfer, de peines éternelles, d’élection et de prédestination, de retour du Seigneur comme un voleur (pourquoi le terme voleur attribué au Christ ? ), sans fondement théologique , quelle est la réaction de l’enfant ?

    L’enfant a peur. Oui, il a peur devant ces discours qui lui présentent l’amour de Dieu comme conditionnel : Si tu crois…si tu te repens…si tu te convertis…
    alors tu n’iras pas en enfer et dans les tourments éternels aux siècles des siècles
    alors si le Seigneur revient de manière subite et imprévisible, te laissant dans une incertitude combien anxiogène, tu iras avec lui au ciel.

    L’enfant est pris dans une double contrainte (cf théorie du double bind, Gregory Bateson), qui le jette dans la confusion. L’enfant est donc amené à croire et à s’attacher à un Dieu qui lui fait peur, dans une relation bourreau /victime.
    Il comprend : Dieu est amour, il t’aime fort, mon petit, mais si tu ne te convertis pas et que le Seigneur revient, il ne te prendra pas auprès de lui dans le ciel.

    Alors, ce petit que Dieu aime tant, en saisit rapidement pour lui les conséquences implicites.
    Dans son Gethsémané à lui, dans l’angoisse solitaire de son combat, il se dit :
    Je resterai seul sur terre, puisque mon père et ma mère, aussi maltraitants avec moi soient-ils, seront enlevés au ciel – comment concrètement ? par quel moyen ? sur quels critères ? et s’ils ont le vertige ? , mais moi, moi qui avais pourtant eu le temps de me repentir, j’ai manqué l’occasion d’aller au ciel avec mes parents.
    Je suis seul. Abandonné de mon père et de ma mère. Abandonné de Dieu même. Démuni. Sans moyens de subsistance. Sans adulte pour prendre soin de toi. Avec comme toute compagnie, les damnés. Les méchants. Ceux dont je dois fuir la compagnie, comme je l’entends à l’église.

    Le couperet est tombé. Le mot peur est un terme bien faible devant ce discours spirituellement abusif pour décrire la terreur existentielle de l’enfant.

    Devant cette agression traumatique qui est du domaine de la psychotraumatologie, l’enfant , dans sa solitude morale, sans soutien sécurisant, a trois solutions :

    Soit, il adopte le :

    – fight – combat
    mais devant la toute puissance de l’adulte qui se prend pour Dieu, il n’a pas les outils ni cognitifs, ni théologiques pour se battre

    – flight – fuite
    mais il ne peut pas fuir , ni mentalement, ni physiquement, puisqu’il est dans le troisième état :

    – freeze – la sidération, le figement

    La sidération traumatique, cet état figé où l’enfant est tétanisé par la peur, avec une activation physiologique intense due à une décharge d’hormones de stress qui dépassent autant sa capacité physiologique que psychique d’y faire face.
    Comme le lapin immobile devant les phares d’une voiture, incapable de s’enfuir.

    L’angoisse de culpabilité.
    L’angoisse d’anéantissement.
    L’angoisse de morcellement.
    L’angoisse de mort.
    Freud parle de névrose chrétienne.
    J’ajoute : cruauté mentale envers les agneaux du troupeau.

    Mais où est donc la Vie, la Vie en abondance que promet Jésus dans ce discours morbide ?

    Jésus lui-même s’indignait devant ses disciples qui repoussaient physiquement les enfants de s’approcher de lui.
    Tout comme on peut retirer spirituellement un enfant des bras de Jésus par des discours abusifs, sans fondement théologique.

    Dans son indignation, voire sa colère et sa tristesse, Jésus avertit :
    Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer.
    (Matt. 18 : 6 )

    Laissez les petits enfants, ajoute-t-il, et ne les empêchez pas de venir à moi; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. (Matt 19 : 14)

    Dans le silence de l’aube, après avoir écrit ce texte, j’ai prié, les larmes aux yeux :
    jusqu’à quand, ô mon Dieu, des enfants seront-ils embrigadés dans des sectes religieuses ?

    Dans un moment de tristesse envahissante, le souvenir d’Elie en 1 Rois 19 . 11, 12 m’est venu à l’esprit, comme pour m’apaiser :

     » L’Éternel dit (à Elie) : Sors, et tiens-toi dans la montagne devant l’Éternel!
    Et voici, l’Éternel passa. Et devant l’Éternel, il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers: l’Éternel n’était pas dans le vent.

    Et après le vent, ce fut un tremblement de terre: l’Éternel n’était pas dans le tremblement de terre.

    Et après le tremblement de terre, un feu: l’Éternel n’était pas dans le feu.
    Et après le feu, un murmure doux et léger. »

    Non, Dieu n’est pas dans la violence du terrorisme spirituel, mais dans le murmure doux et léger de la grâce.
    Qu’il en soit à jamais loué.

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