14 juin 2026

Vignette de la vidéo sur la Bible comme question
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Courte Vidéo : Et si la Bible n’était PAS un livre de réponses ? 🤯

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Loin d’être un recueil de règles rigides ou un mode d’emploi moral, la Bible s’envisage avant tout comme un espace de liberté et un éveil de la conscience. À travers l’exemple des paroles de Jésus, le pasteur Marc Pernot invite à explorer comment le questionnement textuel stimule l’intelligence humaine et responsabilise chacun, sous le regard bienveillant d’un Dieu qui fait confiance à notre jugement.


🎥 Regardez la vidéo :

 

 

Transcription de la vidéo :

Et si la Bible n’était PAS un livre de réponses ?

C’est formidable de chercher dans la Bible, mais la lire comme un mode d’emploi ou un code juridique : c’est une erreur.

Prenez par exemple quand Jésus dit : « Ne résistez pas au méchant ». Si un agresseur s’en prend à votre enfant, bien sûr qu’il faut intervenir.

Alors que raconte Jésus ?

Il nous fait réfléchir à cette question : comment désamorcer la violence ? Parfois, c’est mieux de ne pas répliquer afin de soigner le problème à la racine. Parfois, il faut agir.

Jésus cherche à nous ouvrir l’esprit, nous laisser décider.

Or les réponses bloquent la réflexion, les questions la libère.

Alors, y a-t-il zéro réponse dans la Bible ? 🧭

Si, bien sûr. Il y a des boussoles essentielles : la vie est sacrée / la justice et la bienveillance sont capitales / et surtout : Dieu est pour vous, jamais contre vous.

Mais pour le reste, la Bible, et particulièrement les paroles de Jésus, sont plutôt des questions, d’excellentes questions.

Dieu cherche ainsi à éveiller notre intelligence 🧠
Pas à nous piloter comme un robot. 🤖

Vous avez le droit, et même la mission, d’ouvrir vos yeux, + de réfléchir par vous-même + de peser le pour et le contre + puis de décider.

La Bible est faite pour nous aider à faire ça d’une belle façon.

Cette liberté vous fait peur ? Peur de faire le mauvais choix ?

Ayons confiance 🤝

Dieu vous accompagne avec tendresse, même dans vos erreurs.

C’est cette confiance, mêlée à vos questions, qui nous rend libre de construire votre vie.

pasteur Marc Pernot

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6 Commentaires

  1. Pascale dit :

    En pensant trouver des réponses toutes faites dans la Bible, il y a aussi la difficulté de bien faire la distinction entre « je me pose une question et je cherche la réponse dans la Bible » et « j’ai une réponse et je cherche dans la Bible de quoi la justifier ». Cette distinction n’est pas toujours aussi simple qu’on pourrait le penser.
    Néanmoins, en choisissant de lire la Bible, c’est tout de même bien souvent des éléments de réponse à nos questions qu’on y cherche. Heureusement la Bible est plurielle, cela laisse de la place à notre réflexion, notre expérience. Et heureusement aussi il y a des fils conducteurs. Il me semble qu’un de ces fils conducteurs est un Dieu qui s’intéresse, qui cherche, qui s’adresse à l’humain au plus près de l’individu. Cela influence la spiritualité et la relation aux autres … et donc la réflexion qu’on peut mener à propos de nos questions.

    1. Marc Pernot dit :

      Oui, merci, Pascale. Nous cherchons des réponses dans la lecture de la Bible, c’est-à dire dans un acte d’interprétation, avec l’aide de l’Esprit. Et non dans la Bible elle-même. Vous avez raison, c’est une nuance importante.

  2. Nicolas dit :

    « Et moi ? » Prenons la réponse simple : Bon, d’abord, je ne propose rien (je ne suis ni pasteur, ni curé, ni pape 😜 ) mais sinon, oui, moi aussi, je ne la lis pas « comme des réponses (ou même des questions) dictées par Dieu ». Après, que certains la lisent ainsi, ma foi, c’est leur problème. Je trouve cela dommageable mais chacun est libre : à chacun son témoignage…

    Je crois par ailleurs avoir répondu par anticipation à cette question (« Et vous ? ») sous la formule humoristique de Woody Allen, qui est bien plus universelle que le simple espace de la lecture biblique, et qui s’applique à à peu près tout, je crois, y compris et même peut-être particulièrement à la science. Pour ma part, c’est mon expérience de 40 ans de fréquentation de « la Bible » : sa lecture m’a toujours posé plus de questions qu’elle ne m’apporte de réponses. Pour moi, ce n’est pas une façon de lire la Bible, mais ce qui résulte de sa lecture : c’est une conséquence, pas un présupposé. Je ne cherche aucune question dans la Bible, ni à être interrogé par elle. Pas besoin, elles viennent toutes seules à moi, elles s’imposent.
    Petite parenthèse :
    ——————-
    A ce propos, je me permets une réflexion philosophique et existentielle. Il me semble qu’il y a ici une sorte de réalité qui s’impose à tout chercheur et qui peut se résumer à cette pensée : plus on connaît de choses, plus on s’aperçoit de l’abyssal espace de ce que l’on ne connaît pas ; et ça progresse de manière exponentielle ! Le petit mot de Woody Allen devient ici prophétie, discernement, profonde vérité. Ainsi, peut-être, faut-il également entendre la formule attribuée à Socrate « Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien », que Jean Gabin reprend en conclusion de son poème (« Maintenant, je sais ») de sa voix grave, à la fois virile et suave.

    De même, lorsqu’on s’introspecte, plus on en découvre, plus on réalise tout ce qui reste à découvrir. Et plus on avance dans la sanctification, plus on se découvre pécheur (je renvoie ici, par exemple, à « L’Echelle sainte » de Jean Climaque, mais aussi à de nombreux témoignages de saints ascètes et mystiques).

    Et concernant « Dieu », ou même l’idée de Dieu, c’est pareil : plus on en sait, plus on voit tout ce qu’on ne sait pas, ce qui fait que, proportionnellement au regard de l’immensité de cette inconnaissance qui grandit sans cesse au fur et à mesure qu’on acquiert des connaissances et du savoir, ce que l’on sait paraît insignifiant. Ce qui ne signifie pas qu’on ne sait « rien », ni que ce que l’on sait est erroné, mais que ce que l’on sait est peut-être même « moins que rien » – et « s’il y a moins que rien, c’est que rien vaut déjà quelque chose » disait notre ami Raymond Devos – au regard de ce qu’on ne sait pas. Tout ceci a été vécu, développé et exprimé au travers de la théologie apophatique, notamment. Cette pensée est évidemment au cœur de l’enseignement des Pères, et de l’expérience de l’Eglise, tout comme la théologie cataphatique qui l’équilibre.
    On ferme la parenthèse
    ———————-

    Qu’on cherche des réponses dans la Bible est on ne peut plus légitime, naturel, humain, et c’est heureux, sinon nous ne serions pas ce que nous sommes (humains) : la curiosité devant l’émerveillement nous pousse à la découverte, à l’exploration : on veut savoir ! C’est juste, c’est normal. Surtout si on a affaire à un écrit dit « sacré » : les « saintes Ecritures ». La Bible n’est pas un code civil, certes, mais n’est pas non plus un roman, un essai, ou un recueil de contes fantastiques ou une allégorie. Les chrétiens la croient « Parole de Dieu », inspirée par Lui aux hommes, et ici, il faut entendre « à l’humanité », pas strictement aux écrivains sacrés.

    Si certains lisent le Coran comme étant écrit par Dieu, c’est bien parce que c’est sans doute comme cela qu’il faut le lire. En effet, selon la tradition ismlamique, le Coran a été dicté à Mohamed (Paix soit sur lui) par Dieu via l’archange Gabriel. Tout le Coran ! Du début à la fin ! On n’est pas loin de l’écriture automatique, en fait. Rien à voir avec « la Bible », ni la Thorah. La Bible peut être lue et étudiée en toutes les langues : Dieu peut nous parler quand-même. Mais la Thorah ne peut pas être lue ni étudiée autrement qu’en hébreu, ni le Coran autrement qu’en arabe. Le Coran dans une autre langue n’est plus la « parole d’Allah », il est une traduction de la parole d’Allah. Ce qui est logique, si Dieu se cache dans la lettre. Il ne semble pas que ce soit la lecture chrétienne (historico-spirituelle) des Ecritures.

    Aussi, il ne me semble pas, de mémoire, que la Bible ait été lue de la sorte, jamais, par la grande Tradition de l’Eglise, par les chrétiens, et ce, depuis le début. Selon eux, « la Bible » (et, là encore, la définition mérite d’être explicitée) n’a pas été « dictée » par Dieu mais elle est un corpus de livres reconnus « inspirés » par le Souffle divin aux écrivains sacrés et, au travers eux, à l’humanité.

    La lecture de « la Bible » comme un code juridique, moral ou de bonne conduite, ou comme un livre d’Histoire, ou de sciences, peut être celle juive ou musulmane mais certainement pas chrétienne.

    Alors après, je ne sais pas trop ce que vous entendez par « lire la Bible radicalement différemment »… Serait-ce « lire la Bible comme des questions écrites par des hommes » ? Si c’est le cas, alors je ne la lis pas comme cela. Mais je ne propose pas de la lire comme moi…
    Ce que « je sais », en revanche, c’est que c’est ce qu’ont fait les chrétiens, dès le début et même avant cela (les apôtres, le Christ) : « lire les Ecritures radicalement différemment des juifs ». Ils y virent le Messie d’Israël annoncé par les prophètes. Et ceci nous vient du Christ lui-même, si l’on en croit les évangiles. Au cercle restreint des apôtres, il montre tout ce qui le concernait, lui, le Messie Jésus, dans les Ecritures (Luc 24, 27). Cette lecture se retrouve dans les épîtres apostoliques, dans les évangiles et abondamment dans celui de Matthieu, et encore plus abondamment chez les Pères.

    Ainsi semble être pour moi la bonne lecture chrétienne. Nous ne sommes plus sous l’ancienne alliance, ni sous la loi. Les choses anciennes sont passées, elle n’ont plus court, voici, toutes choses sont devenues nouvelles et, même mieux : « tout est permis » (mais il faut lire la suite aussi) et toutes ces choses ont été écrites pour notre instruction.

    Mais je me posais aussi cette question : qu’entendez-vous par « lire la Bible » ? Vous parlez d’une lecture personnelle ou communautaire ? Je pars sur l’idée qu’il s’agit d’une lecture personnelle, mais quoi qu’il en soit, je pense que « la Bible » doit être lue « en Eglise » et cela comprend donc la façon « radicalement différente » de lire l’Ecriture par l’Eglise, c’est-à-dire en y cherchant tout ce qui concerne le Christ et surtout en demandant à l’Esprit Saint de nous éclairer sur les Ecritures qu’il a lui-même inspirées. Si la Bible est la Parole de Dieu, alors, on ne la trouvera pas dans la lettre, qu’elle soit en hébreu, en grec, en latin, en slavon ou en français, on ne la trouvera pas non plus dans ce qu’ont voulu dire les écrivains sacrés dépendants de leur contexte socio-historico-culturel, ni dans les commentaires des rabbins ou des Pères, car ces expressions sont toutes partielles, unilatérales, mais dans ce que Dieu veut dire au travers du texte écrit par les auteurs inspirés, et surtout, au travers du corpus tout entier, comme une seule parole. C’est, il me semble, ce qui se dégage de la lecture historique de l’Eglise. Et d’où les nombreuses questions qui se posent à chaque réponse.

    En ce qui concerne ma pratique de lecture personnelle des Ecritures, je crois que cette parole est vivante, tout comme sa lettre est morte. Aussi, lorsque je lis « la Bible » personnellement, isolément, cela s’apparente plutôt à la prière : l’Ecriture devient une sorte d’interface entre Dieu et moi : je ne cherche pas à l’interpréter, ni à la comprendre. Je cherche la parole que Dieu a pour moi, personnellement, et aujourd’hui, une parole non pas théologique ou exégétique sur les grandes questions universelles et divines, mais personnelle, intime, secrète.

    Pour le reste, je préfère la lecture « en Eglise », ce qui revêt différentes forme, cadres, espaces. Le premier de ces espaces, pour moi, est celui liturgique, car les lectures (je suis orthodoxe) y sont psalmodiées ou chantées. Ce n’est pas pour rien que cette façon juste géniale de lire les Ecritures a toujours été en usage dans toutes les traditions religieuses, juive, musulmane, bouddhiste, hindouiste, et chrétienne y compris la protestante, puisque Calvin consentit au chant dans l’Eglise à condition que ce soit les Psaumes de la Bible ou des passages de la « Parole de Dieu ». Les Psaumes de David « mis en rimes françoises » ont été le support spirituel des huguenots persécutés en France et le seul chant des réformés pendant deux siècles (j’ai écrit un mémoire de master en musique là-dessus).

    Cet usage n’a rien à voir avec une quelconque sacralisation du texte mais a une cause éminemment pratique : éviter le ton de la voix parlée du lecteur car le ton de la voix qu’on donne à un texte est déjà une interprétation, ou induit une interprétation. Or, lorsque je lis les Ecritures seul dans mon coin, silencieusement, j’y mets mon ton à moi. Alors que dans le cadre liturgique, le ton est monocorde, ou psalmodié, parfois ornementé. C’est neutre, en quelque sorte. Aucune interprétation humaine ne peut ici être entendue ni suggérée. Cela laisse plus libre l’auditeur, qui n’est pas là pour entendre l’interprétation d’un lecteur mais la Parole de Dieu.

    Voilà ce que j’ai à dire sur la lecture de « la Bible »… Je peux en parler mais je ne préconise absolument rien car je serais bien en mal de le faire 😜 😃

    1. Marc Pernot dit :

      Grand merci, Nicolas, c’est très profond & engagé.

  3. Nicolas dit :

    « J’ai des questions à toutes vos réponses. » (Woody Allen)

    1. Marc Pernot dit :

      Excellent, magnifique citation, merci.

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