Je lis le Lévitique. Est-ce que les juifs continuent de perpétrer ces exécutions à mort ?

Par : pasteur Marc Pernot

un rouleau de la Torah en hébreu ancien - Photo by Tanner Mardis on Unsplash

Question d’un visiteur :

Bonjour cher pasteur
Tout d abord merci pour vos enseignements.
Je lisais le chapitre des Levitiques, c’est assez difficile à assimiler, ma question est-ce que les juifs continuent de perpetrer ces commandements ? Il est parfois mentionné de mettre à mort selon si la loi n était pas respecté.
Est ce que Dieu décide de la vie ou la mort d un homme?
Merci pour votre relecture

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Vous avez tout à fait raison.
Il est absolument inimaginable que Dieu commande de mettre à mort.

  • D’abord parce que Dieu est le Dieu de la vie, et comme le dit Jésus « tout royaume divisé contre lui-même va à sa perte », Si la source de la vie se mettait à tuer, il ne serait plus.
  • Ensuite, parce qu’un des commandements les plus clairs et essentiels est « tu ne tueras pas » (la 6e des « Dix Paroles »). Il n’est pas dit de ne pas tuer l’innocent, mais tu ne tueras pas. Point. Et Jésus fait remarquer que quand on injurie une personne, l’atteignant dans sa dignité, c’est déjà tuer cette personne, dans un certain sens.

Il est donc impossible de lire à un commandement commandant de tuer une personne ou niant sa dignité sans se rebeller contre la lecture au pied de la lettre de ce texte.
Donc bravo et merci.

Le Lévitique n’est pas le plus facile et ce n’est pas le plus rigolo non plus des livres de la Bible. Même si cela vaut coup de le lire quand même car il y a quand même des perles, comme l’extraordinaire « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » dit de la part de l’Eternel (Lévitique 19:18). Ce verset a sans doute changé la face du monde. Et lui seul suffirait à ne pas penser que ce même Dieu (l’Eternel, la source de l’être) pourrait nous demander tout d’un coup, pour quelque raison que ce soit faire du tort ou mépriser ce « prochain » qu’il nous commande d’aimer. Et ce prochain, par définition même du terme, c’est un être vivant créé par Dieu, ce n’est pas telle ou telle personne qui correspondrait à je ne sais quel critère.

Dans le genre condamnations à mort épouvantable, la pire est l’ordre de lapider l’enfant indocile et rebelle à ses parents comme nous le propose (Deutéronome 21:18-21). C’est vraiment un cas d’école car il n’y a rien de plus épouvantable, je pense. La tradition juive dit que ce commandement n’a jamais été appliqué. Heureusement.

C’est vrai que la Torah est importante pour les juifs, ils n’en font pas pour autant une lecture étroite, dans la soumission à la lettre. Le texte ouvre à une multitude d’interprétations, de débats. Alors pour aller jusqu’à ôter la vie à une personne, sans révision possible, il faudrait se prendre pour Dieu au point de confondre sa propre interprétation comme absolument seule interprétation certaine et vraie. Ce que ne fera jamais un sage juif, je pense. C’est pourquoi, avec la Loi écrite, la Torah, il y a la multitude des interprétations et des débats qui forment la Loi orale (même si elle s’inscrit en particulier dans le Talmud).
Il y a là une grande sagesse et une grande humilité. Une recherche de s’ouvrir à la vie qu’est Dieu sans se prendre pour Dieu.

Le christianisme s’inscrit dans ce courant, dès les origines il y a eu place à la liberté de sensibilité et d’interprétation dans les disciples de Jésus, entre Pierre, Paul, Jean, entre les différents évangiles, courants. Et c’est à la fois une richesse, et en même temps un rempart à idolâtrer sa seule lecture, sa seule vision. Enfin normalement, ensuite tout dépend de la psychologie de chaque personne.

C’est pourquoi nous lisons ces textes avec comme clé d’interprétation que tout texte doit être pour le monde et pour nous un « évangile », une bonne nouvelle de l’amour de Dieu manifesté en Christ pour chaque personne, et pour ce monde. Et si nous ne voyons pas comment tel texte en particulier peut être cohérent avec ce que le Christ a manifesté, ce sera pour une prochaine fois que nous relirons ce texte.

Dieu vous bénit et vous accompagne

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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