J’hésite entre devenir protestant ou bouddhiste ?

Par : pasteur Marc Pernot

Une rue avec une ligne blanche sinueuse (illustration) - by didier DDD https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/ http://www.flickr.com/photos/50778972@N08/7679242054

Question d’un visiteur :

Bonjour,
Je ne sais pas vraiment si vous pourrez me répondre.
Mais je me cherche religieusement. Je ressens un besoin de me trouver spirituellement. Et je ne sais pas vraiment vers qui me tourner.
Ma famille est de confession catholique mais le protestantisme ma toujours attiré, alors que je ne connais pas bien la différence (à part la façon de prier et la croyance envers Marie). Mais le bouddhisme m’attire aussi et je ne sais pas non plus pourquoi.
Et du coup au lieu de trouver je me perds.
Voilà ma problématique.
Je sais même pas, me relisant, s’il y a vraiment une réponse à donner. Mais je me dis qu’en tapant à une porte (même par internet) je pourrais peut être avoir un avis, un conseil, une piste pour avancer dans ma recherche.

Cordialement

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Et bravo de chercher un cheminement spirituel et une recherche de sens à votre vie. A mon avis, avec cela, quel que soit ce que vous choisirez, vous aurez déjà l’essentiel.

C’est vrai qu’il est essentiel également de sentir ce qui nous convient personnellement le mieux pour inscrire cette recherche. Ce n’est pas nécessairement ce qui nous attire le plus, mais la question est de trouver ce qui nous fait le plus de bien, réellement, au sens où cela nous aide à être plus vivant et plus vivifiant autour de nous, à participer à l’épanouissement de vos qualités personnelles.

En fait, il y a deux choix à faire en ce domaine:

Le premier concerne le choix de la religion : le christianisme, le bouddhisme, l’islam… l’agnosticisme. Et dans chaque religion (ou non) le choix d’un courant, dans le christianisme : catholicisme, protestantisme, orthodoxie. Il y a plein de courants différents aussi dans le bouddhisme et dans l’islam…

Vous avez raison, c’est une réponse personnelle de chacun à donner qu’une réponse absolue et valable pour tout le monde. Certaines personnes préfèrent être plus guidées et soutenues dans leur réflexion par une doctrine, d’autres sont plus à l’aise avec une plus grande liberté de pratiquer et de croire. Certains aiment les mélanges, ou de pratiquer en parallèle deux courants.

Ce n’est donc qu’à la 1ère personne que je peux répondre, effectivement, et non en disant que la seule et unique bonne vie possible est comme par hasard précisément dans le chemin qui me convient le mieux à moi. Mais la responsabilité de chacun, au moins, est de choisir ce qu’il fait de sa vie, puisque nous avons la chance de le pouvoir. Et donc, personnellement, c’est vrai que je préfère :

  • choisir une religion plutôt que de ne pas en avoir, car la spiritualité est une dimension importante de l’humain, et qu’il serait vraiment dommage de s’amputer de cette dimension là. Mais plutôt de choisir quelle idée de Dieu je reconnais et quelles idées de Dieu je refuse. Je préfère choisir une seule religion plutôt que d’en mélanger plusieurs. Car même si toutes ont quelque chose de bon et leurs limites. C’est en s’inscrivant dans une voie que l’on peut vraiment l’approfondir.
  • Comme religion, je préfère le christianisme : pour sa foi en un Dieu vivant qui aide et qui écoute, un Dieu qui aime la personne, sans condition, et qui va à la recherche de chacun, par amour. Un Dieu qui d’alliance et de dialogue avec chaque personne. Cela me semble essentiel en particulier pour la conception de la vie que cela implique : cela fait que l’Evangile valorise chaque personne et chaque journée à vivre comme des réalités précieuses. Cela conduit à valoriser la qualité des relations. Cette foi privilégie la dignité radicale de toute personne humaine, sans privilégier les plus performants. C’est un appel à la joie, un appel à s’intéresser à ce monde où nous sommes, à reconnaître tout ce qu’il y a de bon, et à participer à notre façon à le rendre meilleur encore.
  • dans le christianisme je préfère le protestantisme, pour la place secondaire qu’il accorde à l’église et à la religion comme des outils au service de la foi de chacun, et la place essentielle accordée à la relation de chacun à Dieu, directement, sans intermédiaire.

Après le choix de la religion, un second choix est tout aussi important : c’est celui du rapport que l’on a avec sa religion. Dans chaque religion et philosophie (dans l’athéisme aussi), il y a un éventail de rapport que la personne peut avoir avec son courant de pensée. Il y a :

  • des intégristes (tout ce qui est en dehors de mon courant de ma religion est diabolique et doit être combattu),
  • des traditionalistes (très attachés à bien tout respecter à la lettre, sinon c’est perdu),
  • des classiques (rentrent dans le moule sans chercher à personnaliser sa foi),
  • des progressistes (l’essentiel est la foi, et la réflexion personnelle sur ce que l’on croit et sur la façon de nourrir sa foi et sa réflexion),
  • des libéraux extrêmes (mélangeant tous les courants),
  • sans compter les je-m’en foutistes (qui ont plus ou moins une certaine croyance, mais qui ne change concrètement rien du tout à leur façon d’être).

Il va sans dire que même si je ne préférais pas le christianisme, je choisirais de toute façon un courant plutôt progressiste, tout en gardant une vraie importance pour la mystique (l’ouverture à Dieu par la prière) et à la théologie.

Bonne route à vous
& amitiés fraternelles

pasteur Marc Pernot, église protestante de Genève

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