Dieu me pardonnera t-il de m’être mise au satanisme pendant quelques années ?

Par : pasteur Marc Pernot

un dessin rigolo de petit diable méchant - Image parClker-Free-Vector-Images de Pixabay

Question d’un visiteur :

Bonjour, désolé de vous déranger mais j’ai besoin de poser cette question. J’ai 17 ans maintenant et je crois en Dieu depuis mon enfance. Mais voilà, à un moment qui à été vraiment dur pour moi je m’étais mise au satanisme car j’avais l’impression que Dieu ne m’aidait pas et j’avais l’impression que le malin me donnerait la force. Je vous rassure qu’au bout d’un an j’ai arrêté mais je culpabilise autant de m’ être détournée de Dieu, je me doute que ma place est en enfer est si c’est cela est la décision de Dieu je comprendrais et me soumettrais. Car en plus de cela, je ne suis pas chanceuse dans la vie même si j’essaie de faire de mon mieux et je prie Dieu pour me donner le courage de continuer. Mais lorsque cela ne s’arrange pas je « râle » sur Dieu je lui explique mon désaccord et lui demande pourquoi moi. La question est Dieu me pardonneras t-il si je me repenti de tout mon cœur pour cela? J’en pleure parfois et me haï d’en vouloir autant à Dieu, lui qui si bon avec nous…

Je vous remercie pour votre réponse et le temps que vous m’accorderais.

Soyez bénis.

Réponse d’un pasteur :

Chère Alexandra

Merci pour votre message, vous ne me dérangez pas (je suis là pour répondre), et cela fait du bien de voir une personne comme vous qui cherche à avancer au mieux dans sa vie avec sincérité, et responsabilité.

N’ayez aucune crainte. D’abord Dieu vous aime et vous respecte infiniment, il vous comprend, il vous pardonne. Et même si vous étiez la plus perdue des brebis perdues, Dieu ferait tout pour vous sauver, nous dit Jésus (Luc 15), même si vous étiez son ennemie totale et tout le temps, Dieu ne cesserait de vouloir votre bien, il ne cesserait pas de vous attendre, de vous chercher, de vous aimer, nous dit aussi Jésus (Mt 5:45).

C’est le premier point. Dieu est avec vous, pour vous. Jamais contre vous.

En plus, Jésus nous dit que Dieu est plein de joie quand il voit une personne avancer vers le meilleur, quand il voit le cœur d’une personen qui cherche son aide car c’est alors bien plus facile pour lui de donner son aide. Même si Jésus ne nous l’avais pas dit, c’est assez logique : quand on aime quelqu’un on est heureux de voir que la personen que l’on aime aille mieux. Et quand on aime quelqu’un, on ne garde pas de rancune contre cette personne. C’est comme cela que Dieu nous aime.

Et Dieu accepte qu’on râle, qu’on le critique. Si vous avez la chance d’avoir une excellente meilleure amie, et qu’un matin en arrivant vous vous énervez contre elle pour rien, je pense qu’elle comprendrait facilement que c’est parce que quelque chose ne va pas, que vous n’êtes pas très en forme, et elle ne vous en voudrait pas. Enfin, ce serait le cas avec une vraie meilleure amie parfaite (nous, nous faisons avec nos forces). En tout cas Dieu, lui, c’est comme cela qu’il nous aime. Il ne se force pas à être comme ça, c’est la base de sa personnalité. Mais en plus, Dieu préfère un million de fois nous voir râler que de nous voir bouder, ou ne nous voir prendre peur de lui comme s’il ne nous aimait pas. Au moins quelqu’un qui râle est dans une relation sincère. C’est devant son meilleur ami que l’on ose parler franchement et se montrer grognon. Devant un grand grand chef ou devant un gangster, on n’oserait pas. Avec Dieu, c’est cela, l’essentiel : la sincérité. Avec soi-même aussi, la plus grande sincérité possible aussi est essentielle (et avec ses amis, même si là, c’est un peu plus délicat, parfois). La preuve qu’on a le droit de râler contre Dieu c’est que même Jésus l’a fait (sur la croix, Jésus se sent mal, et il crie vers Dieu « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », ce qui est faux, bien sûr, car Dieu n’abandonne pas son enfant). Mais bon, on peut comprendre que Jésus ne soit pas en forme dans cette situation dramatique. Et Dieu comprend aussi, bien sûr.

Bravo donc pour votre foi et pour votre recherche de Dieu, et de communiquer ainsi avec lui, et d’être une joie pour lui.

Cela lui permet de vous aider plus aisément, à guérir là où vous avez été blessée, pour épanouir le meilleur qui est en vous, vous éclairer, renforcer…

Il vous bénit et vous accompagne.

pasteur Marc Pernot, église protestante de Genève

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3 réponses

  1. jean dit :

    Bonjour Mademoiselle, je tombe sur votre question au hasard d’une recherche internet. Je ne suis ni pasteur, ni prêtre, et ne sais pas si j’ai une légitimité pour vous répondre. Simplement, je viens témoigner auprès de vous et vous recommander la sérénité. Vous avez l’impression que Dieu ne vous aide pas… c’est donc que vous avez besoin qu’il vous aide et que vous en avez conscience : soyez bénie ! Tant de personnes n’en ont pas la perception. Vous pouvez remercier Dieu car votre coeur est sensible. Et déjà, en le remerciant vous verrez s’éloigner de vous le remord ou le doute ou la crainte.
    Vous n’avez pas besoin de culpabiliser de vous être détournée de Dieu : il sait bien que nos chemins ne sont pas tout droits ! Vous pouvez relire la parabole du Fils Prodique, Il l’a certainement prononcée en pensant à vous et à tous ceux qui, comme vous, se détournent et retrouvent à un moment Son chemin. Alors dialoguez avec lui (cela s’appelle la prière). Vous pouvez aller le chercher là où il vous attend. Vous pouvez lui dire : « tu as dit que tu ferai un banquet pour ton fils / ta fille qui revient vers toi. Eh bien me voici. Où il est, le banquet ? ». Soyez certaine qu’il vous répondra. Il ne vous enverra pas la réussite au bac, ou au permis de conduire, ou la pluie, ou de l’argent. Ce sont les promesses faites usuellement par la mauvaise voie, celle que vous avez un moment empruntée. Lui, il vous enverra son Esprit, c’est-à-dire d’ouvrir vos yeux et votre coeur sur un cadeau qu’il nous a fait : la vie, qui est si belle. Il vous fera prendre conscience de tout ce que vous pouvez y faire de réellement bon. Vous en avez le pouvoir. Par la prière, vous découvrirez comment faire, ce discernement se fera petit-à-petit dans votre coeur. Alors, « râlez » lorsque vous croyez que n’y arrivez pas. Vous pouvez demander à Dieu de vous envoyer son Esprit. « Mon Dieu, vous avez dit que vous éclairiez les coeurs, vous le faites sans doute avec le mien et je ne le perçois pas. Ce n’est pas juste, donnez-moi la vue, faites-moi prendre conscience de la beauté de la vie, j’en ai tant besoin ». Personne ne va en Enfer pour une prière comme celle-là, bien au contraire ! Ayiez confiance. J’ai douté comme vous et ne doute plus. J’ai été dans le noir et j’ai prié. L’autre témoignage est celui d’un pasteur protestant ; celui-ci est celui d’un paroissien catholique. Nous nous complétons sûrement. Nous sommes tous différents et Dieu nous aime tels que nous sommes. Soyez bénie, je prie pour vous.

  2. biduline dit :

    un petit ajout aux réponses précédentes, je suis une mère, mes filles sont adultes aujourd’hui mais elles ont été adolescentes aussi, comme vous. Or je vois que vous avez 17 ans ? Vous êtes toute jeune ! En tant que parent, j’ai vu mes filles comme vous a l’adolescence et cela ne m’a jamais choquée ? C’est une étape de la vie difficile que l’adolescence, avec le cœur bien souvent à vif, les hormones en pagaille, une période où l’on se cherche, où l’on s’invente ? C’est normal de passer par tout un tas d’expériences plus ou moins bonnes qui forgeront l’adulte que vous êtes en train de devenir… Du moment que vous ne mettez pas votre vie en danger, je dirais que toutes ces étapes sont normales et très courantes… Dieu est notre père… Il sait donc lui aussi ce que sont et l’adolescence et la rébellion, il en a vu d’autres ! Allez en paix et ne vous mettez pas martel en tête, bonne continuation à vous.
    Amicalement.

  3. biduline dit :

    et pour vous montrer qu’au travers les ages nous avons tous et toujours les mêmes préoccupations, une petite citation de Platon :
    « Nous pouvons facilement pardonner à un enfant qui a peur de l’obscurité ; la véritable tragédie de la vie, c’est quand les hommes ont peur de la lumière. »(Platon)

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