Tout ce que j’entreprends foire magistralement. Y a-t-il une prière pour s’en sortir ?

illustration : orage - http://www.flickr.com/photos/mcdett/with/61712497/

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour Marc.

Je vous écris car vous êtes mon seul soutien dans cette vie de merde qui est la mienne…

Il y’as un gros problème… Tout m’échappe des mains. Tout ce que j’entreprends foire magistralement. POURQUOI cette poisse me colle à la Peau ????!!

Y a t-il un remède, une potion, une prière à dire tous les matins ? Une prière contre la malchance ?? Si vous en connaissez une s’il vous plait faites un « Copié-Collé » et envoyez la moi… On aura beau me mettre des pépites dans la main… Je les perdrai toutes sans exception. C’est çà mon problème et mon champ du possible s’amenuise de plus en plus. Je ne sais plus quoi faire. S’il y a quelque chose à faire, il faut le faire vite. Je ne veux plus échouer.

Merci

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Monsieur

Il y a deux choses.

  • Les emmerdes & les catastrophes
  • Le moral en berne

Ce sont deux choses différentes.

Certes c’est hyper plus agréable que les circonstances de notre vie soient comme une allée couverte de pétales de roses. C’est pénible d’être au chômage, que le chauffe-eau se vide dans l’appartement des voisins du dessous, que notre conjoint nous quitte et que ceux que l’on aime attrapent des maladies horribles. Il y a même des circonstances hyper dramatiques comme de perdre un enfant dans des circonstances terribles comme le suicide, l’assassinat… Et face à ces désagréments et ces catastrophes nous avons tous besoin de réconfort, d’amis qui ont compassion. Nous avons besoin de forces aussi, pour se battre, de souplesse pour rebondir, s’inventer éventuellement une nouvelle vie.

Mais finalement le plus dur c’est encore le mauvais moral, voire la dépression. Car par définition, on a de la peine à rebondir, à se battre contre une sorte d’ennemi fantôme qui nous enlève nos forces, notre intelligence de la vie, voire le sentiment de notre dignité (ce qui est évidemment une distorsion de la réalité car nous savons, comme chrétien mais aussi comme humaniste, que la dignité de la personne humaine à vivre et à être heureux est quelque chose d’inoxydable, quelque chose qui est de l’ordre de la grâce que rien ne peut diminuer). Mais bon, quand on n’a pas le moral tout cela semble loin. Mais il est bon de savoir quand même que ce sentiment d’indignité et qu’il n’y a plus d’issue ne correspond pas à une réalité objective.

Certes, quand on des ennuis et des catastrophes, quand il y a une accumulation et quand ça dure, cela peut finir par nous taper sur le moral. Mais finalement le traitement des deux problèmes doivent à mon avis être pensés et traités en parallèle. .

Oui on peut et doit chercher des solutions pour arranger nos affaires.

Mais indépendamment de cela, et indépendamment de tout progrès dans ce domaine, et même si tout s’était miraculeusement arrangé (cela arrive aussi) il est bon de travailler sur son moral, sur son sentiment de sa propre dignité.

La preuve que les circonstances de notre vie et notre moral ne sont pas nécessairement corrélés. C’est qu’il y a des gens qui ont tout : richesse, santé, réussite, argent, famille… et qui n’ont pas le moral. Et j’ai rencontré des personnes dénuées de tout mêle de la santé qui étaient rayonnantes…

  • Parfois le moral est malade de maladie, cela demande des soins médicaux, avec de vrais résultats, bien souvent. La foi peut aider à nous reconstruire, voire à nous construire dans les progrès effectués.
  • Parfois notre moral a pris un coup de froid à cause des circonstances mauvaises ou temporairement, cela demande un changement de regard, un sursaut, et c’est souvent plus facile que dans le 1er cas.
  • Parfois on a bon moral et c’est alors une jolie occasion d’investir dans une sagesse et une force spirituelle pour mieux affronter les coups de froid.

Vous m’avez l’air plutôt dans la 2e situation, ce n’est vraiment pas désespéré. Surtout que la foi peut considérablement aider dans ce domaine pour une intelligence de notre infinie valeur, pour une expérience d’un amour qui ne nous abandonne pas et qui peut nous aider à inventer des routes nouvelles : Dieu.

Et c’est vrai que quand le moral va mieux, tout n’est plus si dramatique. L’essentiel est en sécurité. Et cela permet d’aborder les difficultés concrètes plus sereinement, plus librement. Et souvent elles s’arrangent alors bien mieux. Ce n’est pas alors que Dieu nous aurait alors donné plus de chances pour nous récompenser de notre bonne prière ! Mais c’est qu’avec lui nous pouvons aborder la vie différemment, avec un autre regard, une autre force, une autre hauteur de vue.

Je ne connais donc pas de prières qui donneraient de la chance, mais je sais que la prière peut tout changer dans notre vie, en mieux, pour notre bonheur et pour notre vie.

Bon courage donc.

& amitiés

pasteur Marc Pernot, église protestante de Genève

Print Friendly, PDF & Email

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *