
Le voile chez les chrétiennes : coutume, liberté et question du regard
Le voile n’a jamais été un commandement de Jésus : chez Paul, à Corinthe, c’était une coutume locale. Un pasteur explique pourquoi le christianisme ne l’impose pas et où se situe, selon l’Évangile, la vraie question du regard et du désir.
Question posée :
Bonjour Monsieur le Pasteur,
J’ai une petite question qui me taraude l’esprit. Nous entendons souvent parler du voile dans une certaine religion, dans certains pays, mais qu’en est-il du voile dans le christianisme ?
Les femmes chrétiennes doivent-elles, ou peuvent-elles, porter le voile, et que représente-t-il ?
Merci d’avance pour votre réponse !
Mes sincères salutations
Réponse d’un pasteur :
Bonsoir,
Le voile de Corinthe : une coutume locale, pas un commandement de Jésus
C’est vrai que l’apôtre Paul demande, dans certaines communautés chrétiennes de certaines villes (par exemple à Corinthe), que la femme porte un voile. C’était une coutume locale, probablement pour ne pas passer pour des prostituées, dont c’était la tenue.
Mais peu de chrétiens ont suivi ensuite cette coutume humaine. En effet, Jésus était loin d’imposer ce genre de choses à qui que ce soit. Ce n’était manifestement pas son genre d’accorder la moindre importance à ce genre de choses. S’il y a un problème d’attirance physique difficile à gérer (en majorité chez les hommes), Jésus dit que le problème vient en réalité du regard de l’homme sur la femme (Mt 5.28). Pas de la tenue de la femme. Et c’est très juste. La question n’est donc pas de cacher la femme, mais d’éduquer notre regard sur l’autre, de domestiquer notre désir, ce qui demande à la fois une conscience de soi-même et l’aide de Dieu. L’idée même que la solution à cette question serait, pour la femme, de se voiler, revient à envoyer aux hommes le message que leur regard lubrique est normal, que le problème vient du corps de la femme. Ce message est nocif.
Paul et la liberté chrétienne : pas d’obligation vestimentaire
Quant à l’apôtre Paul, il parle lui-même de liberté devant Dieu pour la personne chrétienne ; il dit aussi, comme Jésus lui-même, que l’essentiel est d’aimer Dieu et son prochain comme soi-même. Face à cela, un simple tissu sur les cheveux n’a absolument aucune importance, sauf si le fait de ne pas le mettre choquait notre prochain. Aujourd’hui, dans notre société, imposer tel ou tel vêtement à une personne adulte est considéré comme une offense à la liberté et à la responsabilité que Dieu accorde à chacune et chacun par grâce. Il est donc hors de question, dans notre Église, d’imposer à quiconque de porter ou de ne pas porter un voile, ou une barbe, de porter un chapeau ou d’enlever son chapeau, d’avoir des tatouages ou de ne pas en avoir…
Et les pratiques imposées par d’autres religions ?
Ensuite, si telle ou telle autre religion trouve que c’est une bonne idée de mutiler le sexe de l’homme et de couvrir la tête de la femme, ce ne sont pas mes affaires, sauf si cela est imposé à la personne : dans ce cas, oui, je suis vraiment heureux que cela n’existe pas dans ma religion.
Dieu vous bénit et vous accompagne.
Réponse du visiteur :
Merci beaucoup pour votre réponse, j’admire beaucoup le travail que vous effectuez, vous avez été et êtes pour moi une vraie aide pour mon avancée dans ma foi ; et je pense que je ne suis pas la seule.
Aujourd’hui, je peux désormais affirmer que je suis chrétienne, j’ai pu lire la Bible, comprendre la Parole de Dieu, et bon nombre d’autres choses, et vous m’avez apporté les réponses dont j’avais besoin, vous avez été une aide incroyable dans mon avancée vers la foi ; alors, pour tout cela, je vous remercie énormément du fond du cœur.
Mes salutations distinguées
En écho à ce texte :
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Je suis en train de lire les lettres de Paul, et cela pique un peu. Un peu beaucoup.
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Convoitise et viandes impures : que dit vraiment la Bible ?
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Un regard de désir est-il vraiment un adultère selon Jésus ?
