Pourquoi Jésus dit-il : « à celui qui a peu on lui retirera et on donnera à celui qui a beaucoup » (Mt 13:12) ?

Par : pasteur Marc Pernot

enfants des rues souriants et faisnt un signe de victoire et de paix avec les mains - Photo by Larm Rmah on Unsplash

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

C’est le propre de Jésus d’utiliser des formules choc, voire choquantes afin de nous faire réfléchir quel sens cela pourrait avoir. Donc bravo de vous interroger. C’est la bonne démarche.

Ce n’est certainement pas pour comprendre cela au sens matériel. D’abord parce que Jésus n’est pas pour piller les pauvres, évidemment. Mais aussi parce que ce qui est dit ainsi n’est tout simplement pas possible. Il n’y a pas marqué qu’on retirera encore à celui qui a peu, mais dans l’original grec il est écrit littéralement que  » à celui qui n’a pas, on ôtera même ce qu’il a ». Comment pourrait-on enlever à une personne ce qu’elle n’a pas ?

Donc : il convient de lire cette curieuse phrase au sens spirituel. Ce qui, à vrai dire, n’est pas rare dans l’Evangile du Christ !

De quelles richesses Jésus parle-t-il ici ? Ce n’est pas le moindre des questionnements utiles pour nous-même. De quelle richesse sommes nous personnellement riche ? Quelle richesse se multiplie en nous-même ?

  • Peut-être justement le fait de se poser des questions, elles engendrent d’autres questions et c’est cela qui fait avancer la personne, pas à pas, vers notre Dieu. Alors que celui qui ne se pose pas de question s’en posera de moins en moins et risque d’en rester à une idée toute faite sur Dieu ?
  • Peut-être que la richesse est le service des autres, celui qui est au service, assume une vocation, recevra encore plus de belles choses à faire, alors que celui qui est replié sur lui même le sera de plus en plus ?
  • Peut-être les richesses intérieures et spirituelles que sont la foi l’espérance et l’amour : elles se multiplient d’autant plus qu’elles sont plantées dans notre cœur, cherchées par notre tête, vécues en actes, elles sont comme le pain de la multiplication des pains qui augmente au fur et à mesure qu’il est distribué aux foules, alors qu’une foi, une espérance et un amour non exercés restent au stade de la potentialité, se refroidissent, s’estompent, disparaissent ?
  • Peut-être la richesse de la parole de Dieu en nous (c’est à dire de l’action, des bons soins de Dieu pour nous), dès lors qu’elle agit en nous, ou plutôt que nous lui laissons de l’espace pour agir, elle se développe, elles sont comme les graines lancées par le semeur. Et si ces graines sont piétinées, ou ne trouvent pas d’enracinement en nous, elles sont sans effet.

Il y a sans doute encore d’autres idées encore à développer. La personne humaine étant riche de tant de dimensions.

Bravo pour votre lecture de la Bible intelligente et ouverte, à l’écoute d’une parole qui vient de Dieu et qui vous est adressée personnellement

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

Print Friendly, PDF & Email

Marc Pernot

bio de Marc Pernot

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.