j’ai longtemps été quelqu’un qui ne crois en rien à part la science et le matérialisme…

église dans les Grisons en Suisse - Image par S. Hermann & F. Richter de Pixabay

Bienvenue dans une foi libre, joyeuse, inspirée, confiante en Dieu.

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour Monsieur Pernot,

J’ai 25 ans. Je vous contacte, car j’avais quelques questions à vous poser. Je suis né dans une famille majoritairement athée, j’ai donc longtemps été moi-même quelqu’un qui ne crois en rien à part la science et le matérialisme. Toute ma croyance si je peux dire cela comme ça était dans la science, ma raison de penser, et même de vivre parfois. Malgré cela, j’ai toujours eu au fond de moi, bien caché, l’intime conviction que derrière toute cette beauté de l’univers et de la nature, il y a quelque chose d’intelligent et de bienveillant avec laquelle j’ai un lien très profond. Cela peut paraître étrange, mais c’était ma foi cachée, une foi en l’intelligence de l’univers.

Puis un jour, tout cela s’est effondré. J’ai dû tout abandonner, les rêves et projets que j’avais prévus et que je pensais tracés. Une période sombre comme la nuit s’est enchainée avec des mauvais choix et des mauvaises rencontres, période dont j’essaie encore aujourd’hui de réparer les blessures. Un peu comme un bateau revenant de la guerre remplit de trous, mais qui essaie quand même de naviguer, utilisant l’horizon comme espoir de liberté.

Ainsi, entrant dans une phase de recul, je veux dire par là retourner chez ces parents, trouver une personne qui vous fasse assez confiance malgré votre manque d’expérience afin d’avoir un travail et surtout étant très seul, ne sachant plus vraiment pourquoi vous êtes fait. J’ai commencé à me poser des questions d’existences, (enfin, je me l’aies toujours posées, j’y réfléchissais moins avant), sur la vie, son sens, etc. Je me suis alors rappelé d’un homme que j’avais beaucoup admiré quand j’étais plus petit, un aumônier qui venait nous parler de Jésus, du bien, du pardon et de l’amour. Alors encouragé par une tante venant d’Amérique, que j’ai retrouvé il y a peu de temps, je me suis mis à lire la bible même à croire, m’inspirant de la vie du Christ dans mon quotidien. J’ai retrouvé pendant un certain temps un réconfort avec Dieu. Mais malgré cela, ma rationalité naturelle a fini par me rattraper, car je me suis rendu compte de la malveillance du milieu de l’église de ma tante. Je ne pouvais pas concevoir une foi dans le rejet des homosexuels, le salut réservé qu’à une élite, une foi basée sur des dogmes autoritaires et une idéologie unique, le rejet des autres communautés religieuses, le rejet de la science et de ses faits comme l’évolution, le big bang, etc. Une foi construite sur une interprétation littérale de la bible, une foi totalitariste. Pour moi cela ne correspondait pas à la lecture et la vision que j’avais de Jésus-Christ, qui appelle à la liberté et à l’amour du prochain, cela m’a mis dans une colère noire que des gens puissent prétendre être disciple du Christ et parler en son nom en faisant des choses pareilles.

J’ai alors décidé de faire ma propre lecture, regardant la bible comme un témoignage d’hommes ayant eu une expérience avec Dieu plutôt qu’un livre écrit par Dieu lui-même. J’ai alors cherché dans ce grand recueil toutes les phrases et morales qui à mon sens étaient logiques et compatibles avec un Dieu aimant et miséricordieux. Mais je me suis senti très seul dans cette quête, et en voyant le mal que ces extrémistes font dans le monde, j’ai fini par abandonner, me qualifiant déiste, mais sans plus.

Puis j’ai découvert votre site, et votre courant et j’ai beaucoup lu vos réponses à des gens qui vous posaient des questions. A ce moment-là, j’ai reconnu l’image que j’avais de Jésus, une foi libre, tolérante, aimant tout le monde pour ce qu’il est. Et je voulais vous remercier pour cela. J’ai donc décidé de vous écrire ici, car je n’ai pas trop osé sur le site en public. Ainsi, qui dois-je croire ? Et que signifie vraiment être chrétien ? Qui est Dieu ? Et comment puis-je trouver sa vraie parole ? Comment puis-je combattre de manière pacifique ces bonimenteurs religieux qui prônent à mon sens une fausse morale en utilisant les passages de la bible qui les arrangent ? Comment puis-je être sûr que je ne me trompe pas ?

J’ai aussi beaucoup regardé les témoignages de personnes ayant vécues des EMI (expérience de mort imminente), et si on croit que les personnes sincères, qui ont rapporté ces témoignages n’ont pas vécu des hallucinations d’un cerveau mourant. Comment comprendre ces expériences avec l’au-delà ? Qui semblent, à mon humble avis, proche de la bible sur certains points, mais si loin sur beaucoup d’autres, transcendant la Religion et ce que nous pensons savoir de Dieu. Finalement, comment croire et comprendre un Dieu pour lequel nous savons très peu de choses ?

Veuillez m’excuser d’avoir autant écrit, mais j’ai pensé nécessaire de vous expliquer tout le cheminement pour que vous compreniez mieux mes questions. J’aurais beaucoup aimé discuter de tout cela directement avec vous, malheureusement je suis très loin de la Suisse. Quelque part vous m’avez rappelé cet aumônier que j’écoutais avec beaucoup d’attention. Je vous remercie encore, en espérant avoir une réponse de votre part.

Cordialement

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir Monsieur

Et bravo pour cette démarche magnifique. Je suis plein d’admiration. Ce n’est pas facile d’avancer, de chercher, de creuser, de se faire son opinion. Et pour cela, vous avez bravé la culture familiale, la théologie et la lecture de la Bible particulières de votre tante, vous avez saisi l’étincelle de bonté dans le témoignage d’un aumônier et ce qu’il y a de meilleur de la Bible sans vous laisser bloquer par les pages difficiles. Bravo ! Et cela, presque tout seul, si je puis dire, s’il n’y avait eu Dieu pour vous accompagner, Dieu vous ayant aussi donné cette démarche scientifique faite d’intelligence et d’humilité, de soif d’avancer, de découvrir.

Ne craignez pas de vous tromper. Craignez plutôt le fait de ne plus avoir cette soif d’affiner, de réviser, d’approfondir ce que vous pensez déjà, votre façon d’être, de prier. C’est ce moteur, cette dynamique, cette façon expérimentale, incrémentale de travailler sa pensée et sa spiritualité. C’est cela une foi vivante, ce n’est pas un contenu de dogmes figés, sclérosés.

J’ai lu pas mal de témoignages de NDE (EMI), et j’ai rencontré des personnes qui ont vécu cela et ayant découvert la foi à cette occasion. Je suis convaincu que ces personnes étaient sincères. Je suis assez enclin à penser que notre vie continue après la mort de notre corps. Je suis dont tout près à faire le rapprochement. Mais je suis réticent à le faire. En tout cas, cela ne me semble en aucun cas une preuve, ni même un indice de l’existence de la vie après la mort. Personnellement, je répondrais : on verra bien, et on verra le plus tard possible, merci !

Il me semble plus intéressant de chercher ce qui dans cette vie sur terre fait vraiment source de vie belle profonde et vraie. Il me semble que c’est là un atelier de théologie expérimentale. Les écrits des grands mystiques et théologiens, à commencer par les plus belles pages de la Bible ajoutent de la « matière » à cette recherche. Ensuite, je pense qu’il faut faire preuve de modestie et d’humour par rapport à ce que nous pensons et ressentons de Dieu. Comme vous le dites, nous n’en savons que peu de choses et nos concepts, et même notre niveau de conscience, ne sont que très trèèèès insuffisants pour cet « objet » de notre étude. Cela dit, je pense que cela n’empêche pas de chercher, et même que c’est essentiel de mener cette recherche, à notre niveau, car après tout c’est bien ce niveau là qui nous importe aujourd’hui. Car cela a des implications immenses sur notre façon de vivre, d’espérer de nous ouvrir à cette source d’évolution transcendante. Voir « apophatique« .

Encore merci pour votre magnifique et très touchant parcours, ainsi que pour vos encouragements.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Réponse

Réponse du visiteur :

Bonsoir,

Merci pour ce message très encourageant et pour votre réponse. Il y a tellement de choses auxquelles je réfléchis seul, vos pistes vont bien m’aider. J’avais une dernière question, je ne voudrais pas vous déranger. J’aurais bien aimé peut être un jour faire le baptême, je vrais chercher une église réformé Calviniste (votre courant, si je ne me trompe pas ?). J’ai vu qu’il y a des évangélistes mais je ne veux même pas en entendre parler.

Merci encore pour tout,

Bien Cordialement

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Oui, vous pouvez chercher une église « protestante », « réformée » ou « presbytérienne ». Ou « inclusive », en effet, vous aviez dit que vous ne supportiez pas une église accueillant mal les homosexuels, c’est un critère intéressant (même si vous ne l’êtes pas vous-même, vous pouvez appeler l’église en demandant s’ils acceptent de célébrer un mariage de deux personnes de même sexe), c’est probablement une église qui respecte aussi la personne avec sa personnalité, son cheminement, sa théologie.

Ensuite, même une paroisse qui se disant que chaque paroisse a son histoire qui dépend des personnes qui s’y sont engagées, et du pasteur en poste. Si on a la chance d’avoir un peu le choix, cela vaut la peine d’aller voir différentes paroisses, voir de panacher entre plusieurs, de choisir les cultes où on choisit de participer en fonction de ses affinités avec tel ou tel prédicateur (c’est normal, à mon avis).

Pour le baptême, je pense que dès qu’un adulte en parle, c’est qu’il est prêt. Bien des collègues ont cette même opinion, et n’imposent pas de parcours du combattant, de formation particulière et encore moins d’examen de croyance ou de parcours de vie (ce serait à mon avis une honte). Il y a simplement à choisir la date et à préparer ce temps pour le personnaliser et voir quelle participation vous souhaiteriez avoir. Ce sera un vrai cadeau pour les personnes et pour l’église.

Bien cordialement

Marc

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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2 réponses

  1. D dit :

    Nous avons aussi plus ou moins d’atomes crochus avec certaines personnes..C’est parfois plus dure..

    • Marc Pernot dit :

      C’est vrai. C’est pourquoi la vocation est un dialogue entre Dieu et nous. Ensuite, aimer, au sens de ce commandement n’est pas d’avoir de l’amitié pour son prochain, mais d’espérer qu’il se porte le mieux possible. Et ça, quand on est face à une personne ayant un comportement méchant, c’est plus facile à faire que d’avoir envie de partir en vacances avec cette personne.

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