Dans certains mouvements on parle de « l’enlèvement » : Jésus apparaîtrait dans le ciel et y attirerait les sauvés…

Par : pasteur Marc Pernot

Une œuvre d'art représentant des personnes au pied d'un escalier menant vers une ouverture - Image par Hans Braxmeier de Pixabay

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Dans certains mouvements on parle de « l’enlèvement » : Jésus apparaîtrait dans le ciel et y attirerait les sauvés (les morts ressusciteraient d’abord).
Ne peut-on pas en conclure que Paul, lorsqu’il fut – selon ses dires – attiré au 3ème ciel, se trouva hors du temps, et que ce qu’il vit c’était simplement l’arrivée au « ciel » de tous les sauvés, passés, présents et futurs ?

Merci

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir Monsieur

J’ai toujours été étonné par ces prédicateurs annonçant l’imminence de la fin du monde. Ce genre de messages pourraient se comprendre dans la première génération de chrétiens, qui pouvaient penser cela, mais maintenant ? Comment est-ce possible ? En effet, depuis le Christ, il s’est écoulé bientôt 100 générations, dont aucune n’a connu la fin du monde au sens où ces prédicateurs le prêchent, avec le retour spectaculaire du Christ en gloire, la fin de l’histoire, et tout cela. Par conséquent, cette prédication de l’imminence de la fin du monde a déjà été sans pertinence pour 100 générations, il n’y a presque aucune chance qu’elle le soit pour la nôtre. Le plus logique est de penser que le monde va continuer, comme lors des cent générations précédentes.

Ce que l’on observe, c’est que quand Jésus parle à ses contemporains de la fin des temps, il dit que que le Royaume de Dieu arrive de façon imminente, au cours de la propre génération des personnes à qui il parle. Certains théologiens, comme le grand Albert Schweitzer, pensent que Jésus s’était tout simplement trompé en disant que la fin du monde allait arriver du vivant de ses contemporains. On a le droit d’être du même avis que le docteur Schweitzer sur ce point, bien entendu. Personnellement, je pense que cela veut plutôt dire que la fin des temps arrive au cours de la vie de chaque génération, et donc au cours de notre vie aussi.

Cette lecture n’est pas très étonnante, puisque le Christ nous dit à la fois que le Royaume de Dieu est déjà là et qu’il est encore en train de venir, que « l’heure » (ultime) vient et qu’elle est déjà là. Nous sommes dans cet entre deux. Et cet entre deux qu’est la fin des temps durera « tant que la terre subsistera » (comme le dit Dieu à Noé quand il passe l’alliance avec lui).

Comment est-ce que le Christ revient ? Le Christ est vivant et vient en chair et en os dans le corps que l’humanité forme et dont nous sommes les membres. Le Christ est donc présent en partie et il est encore en train de venir, sans cesse. Les morts qui ressuscitent sont cette part de nous-même qui est morte et que Dieu cherche sans cesse à soigner, appeler, convertir, ressusciter. Et ce qui est sauvé en chacune et chacun de nous est ce qui est attiré par le Christ. C’est ce qu’a senti Paul, je suis du même avis que vous, dans son expérience mystique qui a été pour lui fondatrice.

Cette lecture n’est pas très étonnante non plus car toute la Bible, de la Genèse à l’Apocalypse a été écrite pour parler dans le présent.

  • C’est ainsi que la création dont parle les premiers chapitres de la Genèse parlent de la création de l’humain en chacun de nous, ils parlent de la création de l’humanité, de ce qui en fait le sens, la valeur, la bénédiction. Ce texte parle de l’actualité présente, toujours présente depuis le début de l’univers jusqu’à l’horizon de l’histoire.
  • De même le péché d’Adam et Ève parle de notre péché présent, de toute personne vivant au monde et ayant naturellement plus ou moins la tendance à se considérer comme le nombril du monde. C’est pour cela que ces textes sont si passionnants, si inspirants.
  • De même, l’apocalypse parle du présent de la conversion, avec ses bouleversements en cours.
  • Et même quand le sujet part d’un événement historique bien réel (ce qui n’est pas toujours le cas), ce n’est qu’afin de tirer du sens, une prédication pour parler au lecteur de son monde et de sa vie.

En ce qui concerne ces récits bibliques qui parlent de la fin des temps, il en est de même : c’est à lire comme parlant de l’action de Dieu en nous, dans le présent, par son amour qui sauve en nous son enfant, et élimine tout ce qui nous blesse, nous tue, nous pourrit la vie, nous rend méchant… Il n’y a, ou plutôt il ne devrait y avoir aucune raison d’avoir peur à cause de ces textes, puisque Christ nous a dit que la venue du Règne de Dieu est une bonne nouvelle, que c’est même LA bonne nouvelle. Rien que cela donne une clef de lecture de ces textes : comme les autres textes, ils sont à lire comme disant pour nous, pour chacun de nous : la bonne nouvelle de l’amour et du salut que Dieu nous donne. Et que ce texte nous aide à saisir un aspect de cette réalité désirable. Si nous n’y arrivons pas avec un texte, ce n’est pas grave, il suffit de le passer, nous le comprendrons peut-être une autre fois;..

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Si vous voulez, vous pouvez voir aussi, dans le petit dictionnaire de théologie :

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1 réponse

  1. Bonjour au visiteur qui a posé la question et à vous, pasteur Marc,

    Concernant la question sur Paul, je pense qu’il a vécu une expérience mystique très forte, qui n’est pas de l’ordre de la « fin des temps », mais plutôt d’une élévation ponctuelle de son âme vers des réalités « d’en-haut » comme ont pu le vivre d’autres mystiques tels que sainte Thérèse d’Avila qui décrit très bien ses visions dans ses ouvrages. Ils sont extrêmement rares, ceux qui ont eu le privilège de contempler le Christ en sa chair ressuscitée et glorieuse, mais ils existent et en ont en général témoigné avec force et de manière convaincante, avec des fruits pour notre propre foi.

    Concernant la fin des temps, je ne suis pas du même avis que le pasteur Marc. Je considère, au contraire, que tous les signes en sont de nos jours réunis : apostasie généralisée en occident, planète à bout de souffle, guerres à technologie si avancée qu’elles sont redoutables même plus localisées, écart grandissant et scandaleux entre riches et pauvres et hémisphère nord et sud, intervention comme jamais dans l’histoire de l’humanité dans l’espace ( marche sur la Lune, stations spatiales, satellites…) Il ne faut certes pas prendre le Christ au pied de la lettre, mais il a annoncé tous ces événements… sans se tromper. L’Evangile est véridique.

    Notre problème à nous, c’est que le cinéma a déformé notre vision de l’apocalypse ou de la « fin du monde ». Nous imaginons du coup de terribles cataclysmes et des événements dramatiques pour tous. Or la Révélation parvenue à son terme est une bonne nouvelle : à ce monde si injuste et violent succède le Royaume de Dieu, où tout ne sera plus que justice et concorde.

    N’allez pas croire que je sois membre d’une secte ou témoin de Jéhovah : je suis catholique pratiquante, mais en quête perpétuelle de vérité et de fidélité aux Ecritures. Et je crois profondément en leur parfait accomplissement – imminent. Le Seigneur ne va pas laisser ses créatures périr sur terre : oui, dans la dynamique du salut offert, il les enlèvera vers ce nouveau Royaume bien concret, sauf si l’iniquité et la convoitise en retiennent certaines rivées au sol de leurs possessions matérielles terrestres. Je crois profondément en la survenue de l’Esprit de vérité sur chaque âme qui se verra telle qu’elle est réellement sous le regard de Dieu, et selon son degré de conversion personnelle à cet instant décisif, sera enlevée – ou pas – avec le Christ vers « la terre nouvelle sous les cieux nouveaux ». L’enfer n’est, à mon sens, rien d ‘autre que notre terre vidée de tous les rachetés, et cette fois pour l’éternité. Personnellement, je n’aurai aucune envie d’y rester.

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