Chaque écritures de la Bible est inspirée et utile ? des passage sont extrêmement dangereux.

Par : pasteur Marc Pernot

châine, en noir et blanc - Photo by Hussain Badshah on Unsplash

Question d’une visiteuse :

Chaque écritures est inspirée et utile ?

Vous parlez dans votre prédication du fait qu’une parole peut être une parole de vie, ou bien une parole de mort… Ce en quoi je suis complètement d’accord avec vous.

C’est pourquoi nous, et d’autres encore avant nous, ont jugé utiles et même sacré de regrouper tous les écris des apôtres dans les évangiles…

Je vous avais déjà parlé de mon antipathie envers les écrits de Paul, mais en fait, je dois bien avouer que mis à part Jean, je constate que Jacques ( même si j’aime son style direct) et Pierre ne font guère mieux, et qu’après le départ du Christ, tout ce petit monde part un peu à volo, interprétant ce que Jésus leur à dit et montré un peu à une sauce que je ne reconnais pas personnellement.

Je pense que Jésus n’aurait jamais dit une chose telle que : « …Serviteurs, soyez soumis à vos maîtres avec un entier respect, non seulement à ceux qui sont bons et bienveillants, mais aussi à ceux qui sont malfaisants. 19Car c’est une grâce si on supporte les peines que l’on souffre injustement en étant conscients que Dieu est avec nous. 20En effet, quel mérite y a-t-il à supporter les coups si vous les recevez pour avoir commis une faute ? Mais si vous avez à souffrir lorsque vous agissez bien, et que vous le supportez, c’est une grâce aux yeux de Dieu. » (1 Pierre 2)

Ou encore : « 1Vous de même, femmes, soyez soumises à votre mari, afin que même si quelques-uns d’entre eux résistent à la parole de Dieu, ils soient gagnés à la foi par votre comportement..  » (1 Pierre 3)

Voilà pour moi, le type même de paroles de morts , sur laquelle l’église, la religion chrétienne en général s’est appuyée pour soumettre pendant des siècles des populations affamées et démunies de tout quand, les rois, les dictateurs de tout poil se prélassaient dans le luxe!

Quand je lis certaines questions de gens perdus ici, je me dis que c’est loin d’être fini…

Alors vous allez me dire que je suis de celle qui se veulent plus protestante que le protestantisme ? Que je ne reconnais aucun sbire entre moi et Dieu ? Vous auriez sans doute raison…
Seulement quand je lis de telles choses cela me met tellement hors de moi que j’ai envie de balancer quelque chose sur un mur !

Pierre dit aussi plus loin des choses magnifiques vous me direz ?
Alors bien sur vous et moi faisons la part des choses, mais qu’en est il pour les millions de gens que ce genre de paroles continuent d’asservir au lieu de libérer ?
Vous aviez raison Marc… La vie et la mort sont bien certains écrits et je ne suis pas persuadée que tous ceux incorporés à la bible aient leur place dans ce livre…

Bon dimanche à vous et à tous,

Fraternellement,

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Il est exact que certains passages des épîtres encourageraient volontiers les citoyens à la soumission aux tyrans, la soumission de la femme à l’homme, la soumission de l’esclave à son maître et donc aussi de l’employé à son patron, le viol conjugal. Et que c’est totalement inacceptable. Le premier n’est pas en reste avec ses commandements à lapider même un enfant rebelle à ses parents….

Comme vous dites, il existe aussi des passages sublimes, inspirants, qui révolutionnent objectivement noter façon de vivre et d’espérer, qui suscitent en nous la plus élevée des éthiques, la plus profonde des prières.

C’est Jésus qui a ajouté au commandement d’aimer Dieu de l’aimer avec intelligence, avec sa réflexion personnelle exercée ardemment dans le quotidien de ses jours. Et Jésus a adjoint à ce commandement d’aimer Dieu celui d’aimer son prochain et de s’aimer soi-même. Faisant de ces commandements d’aimer le cœur, l’alpha et l’oméga de ce qui est juste. Si l’on prend cette clef d’interprétation, quand nous aimerons, nous aurons soif de justice et de respect pour tous. Il ne peut donc être question de supporter la tyrannie, l’oppression, le viol, l’injustice, l’esclavage, le harcèlement. Ni pour nous-même ni pour noter prochain. Heureusement, donc, que le Christ nous a donné ce commandement d’exercer notre propre intelligence, nourrie par l’Esprit Saint qui nous est donné (faisant de nous des prophètes et prophétesses). Cela veut dire que nous avons non seulement le droit mais le devoir de rejeter une lecture servile des versets qui nous apparaissent à nous comme, personnellement, comme contraire au commandement d’aimer.

En même temps, comme vous le soulignez, il existe dans les mêmes épîtres, par exemple, des perles incroyables. Ces écrits sont comme des poissons, avec de la chair délicieuse et vivifiante, et des arrêtes qui peuvent nous étouffer si nous les avalons tout rond. Il est donc indispensable d’apprendre à décortiquer soi-même. Cela renvoie aussi au commandement donné par Jésus à tous les fidèles, plus ou moins savants et ignorants, d’exercer sa propre réflexion et de faire appel à l’Esprit Saint pour nous éclairer. C’est ce que nous faisons dans les prédications et dans les groupes bibliques, cherchant non seulement du sens inspirant mais aussi de donner des outils d’interprétation. Que Dieu nous autorise, nous demande d’interpréter en mâchant bien nous même. Et comme clef de lecture, nous avons fondamentalement l’amour de Dieu manifesté en Christ, le fait, donc, que Dieu est lumière, qu’il n’y a pas de ténèbres en lui (1 Jean) et donc qu’en nous inspirant de lui, en travaillant avec lui, en lisant la Bible avec lui, en interprétant le monde avec lui, il n’est pas possible de tolérer la tyrannie, l’oppression, le viol, la peine de mort, l’esclavage, l’injustice. Et au contraire, de travailler pour développer le bien, la justice et la paix, et que le monde soit éclairé par l’Evangile du Christ et inspiré par Dieu, directement.

Quand aux prêcheurs de la soumission par la menace, même s’il n’y avait pas ces dangereux versets, avec les plus sublimes versets ils tresseront toujours des filets pour attraper des gens et les mener par le bout du nez au lieux de les libérer et de les mettre debout. Une personne éduquée, une personne qui réfléchit par elle même, une personne qui prie, qui a fréquenté les évangiles du Christ : cette personne ne sera vraiment pas une proie facile pour ces tyrans. C’est pourquoi il me semble pas mal d’instruire et exercer les jeunes dans ce domaine. Alors ils pourront même se nourrir personnellement de ces trésors de bons poissons de l’Ecriture.

Il y a eu des hommes et des institutions qui profité de ces armes pour opprimer, c’est vrai, S’ils n’avaient pas eu la Bible ils auraient pris d’autres textes ou d’autres idéologies, d’autres moyens tordus. Au moins, dans la Bible il y a l’Evangile et il est difficile de le cacher même quand on veut opprimer les foules. Utiliser l’Evangile pour opprimer est donc un risque pour les tyrans, que cela se retourne contre eux. C’est pourquoi le christianisme est la religion la plus persécutée au monde, peu appréciée des gouvernements autoritaires. Il est un scandale que l’esclavage ait pu exister jusqu’au XIXe siècle dans des pays où l’Evangile était connu, c’est absolument navrant, mais c’est quand même dans ces pays que l’esclavage a été interdit plus tôt qu’ailleurs. De même pour la condition de la femme qui peine à être établie, alors que Jésus a placé la femme samaritaine et Marie Madeleine aux dessus de leurs collègues mâles pour les enseigner. La démocratie est toujours un équilibre délicat, qui s’est plutôt mieux développé dans les pays irrigué par l’Evangile, et c’est plutôt dans ces pays que la peine de mort a été supprimée.

De toute façon, c’est notre vocation. D’avancer en cherchant à faire le bien, en faisant ainsi équipe ensemble avec Dieu

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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Marc Pernot

bio de Marc Pernot

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1 réponse

  1. Matthieu dit :

    Bonjour,

    merci pour cette question et cette réponse. Tout à fait d’accord avec vous deux.

    Comme solutions, on pourrait proposer si on le souhaite de se construire une sorte de référentiel à l’intérieur de la Bible, d’établir sa propre anthologie de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Anthologie(s) éventuellement partageables pour proposer un ou des référentiels communs.
    Ceci sur la base de principes, comme par exemple ceux compatibles avec les nouveaux principes (ou suggestions ou commandements selon les termes que l’on préfère) donnés par Jésus dans les Évangiles, ainsi qu’avec le décalogue (ou la partie du décalogue citée par Jésus comme nécessaire pour entrer dans la vie éternelle, ce qui retire au moins le respect du commandement du Shabbat il me semble). cf https://jecherchedieu.ch/dico-de-mots-qui-piquent/bible-decalogue/ et sommaire de la Loi, et le nouveau commandement : Aimez-vous les uns les autres.

    On inclura je pense d’emblée les 4 Évangiles dans leur intégralité. L’épître 1 Jean aussi. L’épître à Philémon (apologie de la libération, requisitoire indirect contre l’esclavage).
    On peut ainsi faire sa sélection personnelle, livre par livre, ou chapitre par chapitre, voire verset par verset.
    Ainsi à titre personnel j’aurais tendance à mettre de côté hors de cette sélection l’Apocalypse (tout en la conservant dans la Bible bien sûr), mais à inclure dans la sélection quelques versets notamment de la fin de l’Apocalypse : quand Jésus dit : je suis l’alpha et l’oméga…
    A inclure beaucoup de passages de Paul, mais sélectionnés chapitre par chapitre. Sans doute quelques versets de l’épître de Jacques.
    Concernant l’Ancien Testament (désolé je n’aime pas l’expression Premier Testament, je ne m’y fais pas, notamment car il n’est pas premier au sens de référentiel éthique selon moi), à inclure le début de la Genèse. Les deux versions du Décalogue (Exode et Deutéronome)… une grande partie des livres sapientiaux (uniquement les passages non belliqueux, non insultants…) Bref tout ce qui sera universel.
    Puis par exemple pour les psaumes, on pourra je pense facilement sélectionner le psaume 23 par exemple, comme Marc le met en avant sur ce site, et sans doute ainsi une dizaine ou quelques dizaines de psaumes non belliqueux…
    J’aurais tendance à plutôt retirer de cette sélection tout ce qui concerne les histoires (livres historiques et histoires dans la Torah, voire Actes des Apôtres), qui me paraissent (à tort ou à raison) plus ou moins contingentes.
    Ceci en vue d’obtenir une source de textes qui soit compatible avec les principes jésus-christiques des évangiles, et qui présente tout ce qui est relatif aux sources de l’éthique, du respect, de la liberté, de l’amour, de la création… Afin d’obtenir une sorte de boussole éthique voire philosophique. Et ensuite, de construire des prédications ou une théologie, voire une théologie-philosophie sur cette base.

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