Perspective : Croire ou penser, faut-il choisir ?

Par : pasteure Sandrine Landeau

une page de texte sous une eau avec des vaguelettes - Image par Janeke88 de Pixabay

N°1 d’Une perspective à la foi
Eglise Protestante de Genève.
Un encouragement à réfléchir, discuter :
par exemple dans les commentaires ci-dessous.

Croire ou penser, faut-il choisir ?

« Pour toi c’est facile, tu n’as plus besoin de réfléchir, tu as la foi ».

Quel croyant, quelle croyante, n’a jamais entendu ce type de phrase ?

Il est vrai que réfléchir c’est fatigant et on peut être bien content de trouver du « prêt-à-croire ». Et puis réfléchir, c’est stressant : nous avons tous et toutes un vécu d’évaluation avec sanctions en cas d’échec, et – dans un coin de notre tête – l’image d’un Dieu sévère qui traque la moindre faute et la punit. Or, réfléchir par soi-même, c’est risquer de se tromper. Il est donc reposant et rassurant de s’en remettre à des experts, pasteurs, professeurs, biblistes, etc. C’est même parfois vu aussi comme une marque d’humilité : je n’ai pas les capacités pour ce type de réflexion, je m’appuie donc sur d’autres qui les ont.

Et pourtant, Jésus invite constamment ses interlocuteurs à réfléchir par eux-mêmes : ses paraboles, ses paroles excessives, ses questions, ses gestes, poussent sans cesse ses interlocuteurs à oser penser. Pourquoi donc ? D’abord parce que le Dieu que nous rencontrons en Jésus Christ n’est pas un Dieu qui punit la moindre erreur de représentation. C’est un Dieu qui aime, qui vient à la rencontre de chacun, de chacune, exactement là où il ou elle en est sur son chemin, avec ses doutes, ses représentations un peu (voire beaucoup) bancales, ses erreurs, etc. C’est un Dieu qui relève, qui remet en marche, qui guérit ce qui doit l’être, qui fait grandir ce qu’il y a de beau, de bon en nous. Aucune crainte à avoir donc si jamais on s’égare, si on se trompe !

Ensuite parce que réfléchir sur ce que nous croyons, c’est une façon tout à fait concrète de chercher Dieu et de s’ouvrir à lui, à ce qu’il veut être dans notre vie, une façon de se demander ce qui fait sens dans notre vie, ce qui l’oriente, ce qui est le plus important pour nous. Jésus fait même de la réflexion un commandement, lorsqu’il répond au pharisien qui lui demande quel est le plus grand commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force ». Jésus cite ici la prière juive quotidienne, mais il y ajoute – de manière tout à fait significative – « de toute ta pensée ». Pourquoi ajouter cela ? C’est qu’en réfléchissant sur Dieu, sur qui il est, on cherche à mieux le connaître, ce qui ouvre à la relation avec lui (pensez aux amoureux qui enquêtent sur l’élu.e de leur cœur pour savoir de quoi lui parler, où l’inviter, que lui offrir pour lui faire plaisir !). La foi n’a rien à craindre de l’intelligence, au contraire : aimer Dieu ne va pas sans chercher à le connaître !

Vous avez déjà, ici et maintenant, toute l’intelligence qu’il vous faut pour réfléchir à votre théologie, pour vous mettre en route vers ce Dieu qui vient à votre rencontre et qui vous aime. L’Eglise Protestante de Genève et Perspectives protestantes (association qui pilote la revue éponyme) vous proposent – avec cette série Une perspective à la foi – de nourrir votre chemin, votre questionnement, d’ouvrir des débats, mais en aucun cas de réfléchir à votre place ! C’est à vous de répondre à la question que le Christ vous adresse comme il l’a adressée aux pharisiens qui l’interrogeaient, pour lancer leur réflexion et la vôtre (Mt 22,42) : « Que pensez-vous du Christ ? »

Sandrine Landeau,
pour l’équipe de Perspectives protestantes

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