« Notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin ? » (Luc 24:32)

Pour le dimanche de pâques

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« Notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Ecritures ? » (Luc 24:32)

Sur le moment, peut-être n’avons-nous rien senti ? Nous avons prié, étions-nous seul ? Nous avons rencontré une personne et discuté, étions nous accompagnés ?

C’est souvent après coup que l’on se rend compte qu’une dimension supérieure nous a été apportée. Peut-être comme ici : un cœur un petit peu plus chaud, plus aimant ? Peut-être une étincelle de joie inconnue ? Peut-être quelque chose qui est venu dans notre désespoir nous apporter un élan nouveau ? Peut-être celui d’aller vers quelques personnes avec qui nous pourrons faire équipe ?

Quelque chose, ou quelqu’un nous a rejoint et nous a apporté un supplément de vie. Dieu était là et nous ne le savions pas. Nous avons été un petit peu ressuscité, déjà.

Ô Dieu, mil mercis pour ce souffle par lequel tu nous donne la vie, encore et chaque fois que nous en avons besoin. Ressuscite-nous maintenant.

par : pasteur Marc Pernot

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3 réponses

  1. Dipneuste dit :

    Merci pour cet article sur ce très beau verset qui fait partie de l’apparition à Emmaüs.

    Le coeur brûlant est une émotion, dans un contexte religieux ou spirituel. Bien sûr il s’agit d’un ressenti subjectif, existentiel.
    Selon la roue des émotions de Robert Plutchik https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89motion#/media/Fichier:Plutchik-wheel_fr.svg, cela pourrait par exemple correspondre à une sorte de combinaison de joie, d’anticipation positive, d’intérêt et d’étonnement.
    La Bible Ancien et Nouveau Testaments mentionnent plusieurs autres émotions associées à de tels contextes religieux ou spirituels : la paix du Christ pourrait correspondre à une forme particulière de sérénnité, bien sûr associée au message des Evangiles, la Grâce de l’Esprit pourrait correspondre à une forme d’extase, le sentiment prophétique à une sorte de combinaison de sérennité, de confiance, et d’acceptation.
    La réalité de ces émoitions est sûre, la question du lien avec Jésus ou l’Esprit Saint ou D°ieu est bien sûr une question d’interprétation, de témoignage, de mystique, de Foi, de croyances…

    Pour revenir à l’apparition aux disciples d’Emmaüs, il pourrait s’agir concernant Emmaüs d’une zone thermale Emmaüs Nicopolis https://fr.wikipedia.org/wiki/Emma%C3%BCs_Nicopolis
    Concernant la question de la distance de Jérusalem à Emmaüs, selon le Novum Testamentum Graece, certains manuscrits indiquent soixante stades et d’autres 160 stades : σταδιους (εκατόν) εξηκοντα, le cent additionnel « εκατόν » étant présent dans le codex Sinaïticus. Un stade mesurant environ 185 m, cela fait une distance de 11,1 à 29,6 km selon que l’on prenne 60 ou 160 stades, d’où bien sûr plusieurs lieux candidats.
    Le codex de Bèze fait plutôt le lien avec Béthel, à une dizaine de kilomètres de Jérusalem, ce qui donne l’occasion d’une autre interprétation intéressante.
    Mais en tout cas avec la localité d’Emmaüs Nicopolis, en hébreu ou en arabe la prononciation serait proche d’Emmaüs : Hébreu: אֶמָּאוֹם, Emmaom ou Hamat; Arabe: عمواس, ʻImwas.
    Et le fait qu’il y ait des bains thermaux irait avec l’idée de coeur brûlant : après la crucifixion de leur leader Jésus, les disciples se dirigent vers un lieu des bains thermaux qui pourront leur apporter chaleur pour le corps, associés à réconfort, récupération, résilience, ressourcement…
    Et finalement avant qu’ils prennent peut-être un tel bain réconfortant, le réchauffement vient de l’intérieur, vécu à travers l’émotion spirituelle liée à la présence pressentie de Jésus qui leur ouvre la Bible, ce qui les passionne, comme aujourd’hui on peut ressentir l’émotion en lisant des textes bibliques ou péribibliques, ou en visionnant des reconstitutions mi-réalistes mi-fictions au cinéma sur la vie de Jésus ou de grands prophètes bibliques.
    Mais ce n’est qu’une interprétation parmi d’uatres possibles…

    • Marc Pernot dit :

      Bonsoir
      Et merci d’entrer en dialogue, bravo de vous intéresser à la Bible.
      Quelques petits éléments :

      • Le cœur, dans la culture biblique, n’est pas le lieu des émotions ou des sentiments (ce serait plutôt les « entrailles »). Dans la Bible, le cœur est le lieu où nous prenons nos décision.
      • La paix, c’est dans la culture biblique un peu plus qu’être calme et tranquille, c’est être en pleine forme, abouti dans la genèse de son être. Et parfois cela rend très actif comme Jésus l’était.

      Vous avez peut-être vie que j’ai parlé d’Emmaüs dans la prédication de hier (Pâques), je me suis intéressé à l’hypothèse soutenue par le codex Bezae D05, elle me semble bien plus intéressante que l’hypothèse de Nicopolis qui ne me semble pas apporter grand chose. Mais la pluralité des hypothèse est une richesse.

      • Dipneuste dit :

        Oui merci pour votre dialogue et pour ces éclairages.

        La question que je me pose c’est que faire dans ces cas là, où les variantes textuelles entre grands codex du IVème et Vème siècle ou papyrus encore antérieurs ont des conséquences a priori incompatibles entre elles.
        Désolé pour les redites, mais si je récapitule, (pour les sources cf http://nttranscripts.uni-muenster.de/AnaServer?NTtranscripts+0+start.anv pour les points A et B)
        A. selon les codex Vaticanus et Alexandrinus, et le Papyrus 75, la localité de Luc 24:13 est transcrite Emmaüs (εμμαους), et la distance entre Jérusalem et cet Emmaüs est de 60 stades (σταδιους εξηκοντα απο ιερουσαλημ η ονομα εμμαους, littéralement stades soixante depuis Jérusalem le nom Emmaüs), soit environ 11 km, l’auteur ayant pris la peine d’indiquer la distance chiffrée (par souci de réalisme ?)
        B. selon le codex Sinaïticus, la localité a toujours ce même nom, mais la distance est de 160 stades : σταδιους εκατον εξηκοντα απο ιερουσαλημ η ονομα εμμαους, (littéralement stades cent soixante depuis Jérusalem le nom Emmaüs), soit presque 30 km, ce qui est tout à fait compatible avec Emmaus Nicopolis qui portait jusqu’à récemment un nom transcrit depuis l’arabe proche de celle d’Emmaüs : Imwas ou Amoas, mais qui bien sûr a pu venir d’une tradition ultérieure à la rédaction des Evangiles
        C. selon le codex de Bèze (transcription disponible sur http://oncial.d.free.fr/cb/lk/lk.php?chapter=24&lang=a), la localité est toujours à 60 stades mais a un autre nom : σταδίους ἑξήκοντα ἀπὸ Ἰερουσαλημήμ ὀνόματι Οὐλαμμαοῦς, littéralement stades soixante depuis Jérusalem nommé Oulammaüs, avec Oulammaüs reprenant la transcription grecque de l’ancien nom de Béthel avant que Jacob ne renomme le lieu en Genèse 28:19, selon le codex Alexandrinus (και Οὐλαμμαοῦς ην ονομα…), avec Rahlfs qui a établit une autre transcription principale dans son édition critique de la Septante en grec (équivalent de Noum Testamentum Graece pour la Septante) : Ουλαμλους. Sauf erreur de ma part le codex Alexandrinus lit donc le nom de oὐλαμμαοῦς en Genèse 28:19 mais ce même codex lit εμμαους en Luc 24:13 ! Il y a certainement eu plusieurs copistes et relecteurs pour l’ensemble du codex, mais déjà la lecture Οὐλαμμαοῦς en Luc 24:13 se fait dans un autre codex, qui est donc celui de Bèze.

        Au final, il se peut même que le toponyme d’Emmaüs n’ait pas d’autre fonction que d’être un toponyme pour mieux désigner cette histoire avec 2 disciples et Jésus. Ou bien que cela signifie « source chaude », source d’eau, source thermale, … l’eau étant un symbole de vie, et la chaleur peut-être celle de réconfort. Mais là encore peut-être qu’il ne faut pas surinterpréter les noms de lieux et des personnes dans la Bible, qui peuvent aussi juste être des noms propres contingents. D’où la question : les noms propres de lieux hors des épisodes où ils sont explicitement renommés sont-ils contingents ou symboliques et contribuent-ils à la signification des textes ? Et donc idem avec la version du codex de Bèze. Evidemment, avec cette version de Béthel, la Maison de Dieu, on pourrait interpréter que les disciples se rendaient à Béthel, la Maison de Dieu, en mémoire de l’autel érigé par Jacob/Israël, peut-être en recherche d’une nouvelle inspiration, et en chemin, Jésus les rejoignit incognito et leur enseigna pourquoi la crucifixion et la résurrection étaient la réalisation de prophéties et quel sens plus profond cela avait pour l’histoire du Salut de l’humanité…

        Mais a priori l’auteur initial de ce passage de Luc 24 avait choisit une seule de ces possibilités pour le nom du lieu, son éventuelle symbolique ou contingence pure, et la distance à Jérusalem qu’il a pris la peine d’indiquer.
        Pour moi cette étude serait comme un prologue à des développements ultérieurs pour suivre telle ou telle hypothèse, selon ce qu’on choisit en toute liberté bien sûr, mais en conscience des autres possibilités cohérentes, même si elles sont plus ou moins intéressantes pour une éventuelle recherche de sens et interprétation.

        Merci à vous encore pour cette occasion d’approfondissement, de questionnement et d’échange,

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