« Laissez, car il est écrit : À moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur. » (Romains 12:19)

jeune femme lisant la Bible sur un ponton - Bethany Laird
↪ « Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère; car il est écrit: A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur.
Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger; s’il a soif, donne-lui à boire; car en agissant ainsi, tu amasseras des charbons ardents sur sa tête.
Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien. »
(Romains 12:19-21).

⤑ Cette phrase « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien » est excellente, le mal, la méchanceté est contagieuse et pourrait bien nous laisser vaincre, dominer, contaminer par ce mal et nous faire faire à notre tour du mal. Et donc plutôt, comme Jésus, et comme Dieu qui l’inspire, redoubler de prévenance pour la personne qui fait le mal afin de l’aider à progresser. C’est ce que fait aussi une mère de famille pour l’enfant qui se porte mal dans la fratrie, c’est ce que fait le professeur pour l’élève en difficultés dans sa classe (même s’il ne lui est pas forcément sympathique).

⤑ Cependant, la peine subie, l’injustice scandaleuse, l’offense cuisante peuvent bien nous couper ce souffle, et nous donner un désir de vengeance. Qui n’a jamais senti cela monter en soi-même? Or, ce mal en nous ne nous fera pas du bien, au contraire. Alors, comment faire ? Ce n’est pas du tout une évidence d’arriver à calmer notre colère et notre peur, qui sont un cri de souffrance, celle d’une plaie encore ouverte. Et cette idée de Paul « laissez agir la colère (de Dieu) car il est écrit: A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur. » peut effectivement y participer. En effet, cela nous fait sentir que nous ne sommes pas en mesure de régler les comptes, que ce n’est pas à nous de le faire. S’en remettre pour cela à Dieu est une excellente idée. Et cela peut grandement nous soulager, nous aider à faire retomber notre colère, notre désir légitime de ne pas laisser passer des choses scandaleuses sans réagir. C’est un point fondamental, je pense.

Et après ?

⤑ On peut soit s’écarter et laisser le méchant. Il existe certaines situation où tenter de faire du bien à la personne qui nous fait du mal n’est pas possible, ou que nous ne soyons pas la personne la mieux placée pour le faire. Pour diverses raisons, en particulier si nous avons été trop blessé. C’est alors à Dieu de s’en occuper à sa façon : par son action à lui (Dieu), et en appelant d’autres personnes à la vocation d’aider cette personne qui a été problématique. En le confiant à Dieu, cela ne veut pas dire que Dieu les enverra dans une chambre de tortures, ce n’est pas du tout la façon d’être de Dieu. Car il est amour et il est donc le premier (le seul) à véritablement vaincre le mal par le bien. Dieu n’abandonne jamais, lui, personne. Il me semble que Dieu cherche à faire prendre conscience à la personne, à l’aider à voir clair. La Bible et la prière peuvent faire l’effet d’un miroir pour se voir soi-même en vérité et c’est un grand grand service. Surtout que ce service est en vue du bien et non de nous pousser dans le gouffre, au contraire, de nous en tirer.

⤑ Il peut arriver que, la colère passée, la vocation nous vienne de garder cette personne dans notre espérance. Et d’agir comme le propose Paul, en cherchant à lui faire du bien. En surmontant le mal par le bien. Cela, peut-être, lui fera du bien à cette personne, mais ce n’est pas certain car cela lui appartient, et même Dieu peine à changer le cœur d’une personne. Cela peut aussi nous faire du bien à nous, car en faisant le bien on se laisse embellir. Et cette démarche est la seule possible pour qu’un couple, qu’une amitié, qu’une famille, qu’une entreprise, qu’une cité puisse continuer à vivre dans la durée.

Que Dieu nous soit en aide

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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4 réponses

  1. Michel dit :

    Pourquoi traduit-on « vengeance » ?
    N’est-ce pas plutôt « exercer la justice » qu’il faudrait écrire ?

    • Marc Pernot dit :

      « Exercer la justice » au lieu de vengeance, c’est effectivement plus joliment dit, et c’est souvent l’excuse que nous nous donnons pour frapper. La différence entre les deux, c’est le cadre, la façon dont cela se développe. « Exercer la justice » demande une collégialité, une objectivité et donc une distance afin d’apprécier les auteurs, les contours et la gravité de la faute. Quand on est directement concerné, cela ne peut être le cas, et la violence de la sanction est alors plus de l’ordre de la vengeance que de l’exercice de la justice. Me semble-t-il. Surtout quand la colère, la souffrance, l’humiliation nous montent au nez. C’est vrai que la « justice » du Far West était plus directe que de passer par un tribunal, je ne suis pas certain que cette façon d' »exercer la justice » était particulièrement juste et équitable. Il parait que quand le sanhédrin (le tribunal juif du temps de Jésus) portait un jugement unanime, c’était considéré comme suspect, et que le justiciable n’était alors pas condamné. Cela exprime bien la complexité de la question de l’exercice de la justice.

  2. Pascale dit :

    J’aurais deux petites remarques à propos de ce verset.
    Premièrement, je trouve qu’on peut aussi le lire de façon très négative, dans la mesure où on peut y voir un espoir que Dieu s’occupera de la vengeance, que Dieu lui-même nous vengera, comme si on le laissait faire le sale boulot. Et cela demande une conviction ferme que Dieu n’apportera jamais du mal à une personne pour se défaire de ce type de lecture.
    Ensuite, lorsque je lis ce verset (sans lire le commentaire qui l’accompagne), j’y vois une opposition entre la colère et la vengeance. Lorsqu’on subit du mal de la part d’autrui il peut y avoir de la colère et de la vengeance. Ce que je reçois alors avec ce verset, c’est que la vengeance doit définitivement appartenir à Dieu, mais la colère peut m’appartenir. Il est parfois salutaire d’exprimer sa colère afin de pouvoir la dépasser, que ce soit avec la personne qui nous a fait du mal pour qu’elle en prenne conscience, ou avec un proche qui pourra alors nous aider à l’évacuer, ou seul avec soi-même ou dans la prière …

    PS Petit détail : il y a une petite erreur dans la référence du titre 🙂

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