
« Ils demandaient à Jésus un signe venant du ciel. » (Marc 8:11)
Dans un sens, c’est bien de demander à ce que notre foi porte des fruits réels et concrets dans notre propre vie. Que ce ne soit pas seulement un élément de décoration. C’est effectivement ce qui nous est promis quand l’Évangile nous dit qu’en Christ, « la Parole a été faite chair » (Jean 1:14). Dieu n’est alors plus seulement une magnifique abstraction et un idéal d’amour et de justice, mais il transforme des vies, notre vie. Il la transcende. Il nous stimule et nous épanouit.
L’illusion de la contrainte spirituelle
Seulement, il y a un problème quand même dans la demande adressée à Jésus dans ce récit : « demander un signe venant du ciel » ? C’est comme tirer sur les feuilles d’un pommier en espérant que cela fera pousser des pommes. Si on attend des fruits, mieux vaut se préoccuper de l’arbre, l’aimer et le soigner, pas le martyriser par notre impatience et notre maladresse. Oui, nous pouvons espérer des fruits bien réels « venant du ciel », fruits de l’action de Dieu dans notre vie, mais pour cela il est bon de respecter Dieu, de l’aimer, de le soigner, de le laisser produire ses fruits à sa saison, selon sa nature.
Il y a un autre petit problème dans cette démarche, pourtant très naturelle. C’est de s’intéresser à Dieu d’abord pour ses fruits, voire même que pour ses fruits. C’est un peu vénal quand même. Ce n’est pas comme cela que l’on aime. Aimer une personne, c’est l’aimer pour ce qu’elle est, aimer c’est chercher son bien, chercher à la voir heureuse et épanouie. Aimer l’autre principalement pour ce qu’il peut nous apporter, ce n’est pas de l’amour, c’est du désir intéressé. Alors que l’amour se laisse surprendre par ce qu’apporte éventuellement l’autre comme un cadeau immérité. C’est comme cela qu’un petit enfant va voir ses grands-parents parce qu’il les aime, juste pour la joie de les voir et de leur donner de la joie, pour partager de l’être en communiquant.
Une réconciliation sans condition
C’est cela que Jésus est venu faire : nous réconcilier, nous, avec Dieu. Nous dire la joie de Dieu de nous voir nous tourner vers lui (Luc 15:7). Dieu, lui, n’a jamais eu besoin de se réconcilier avec qui que ce soit puisqu’il aime et qu’il ne cesse jamais d’espérer combler notre être de ses bienfaits. Évidemment. Nous savons donc qu’il y aura bien des « signes venant du ciel » survenant dans notre vie et dans notre monde. « Heureux sont vos yeux, parce qu’ils voient » (Matthieu 13:16).
par : pasteur Marc Pernot
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En écho à ce texte :
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« Je crois ! viens au secours de mon manque de foi ! » (Marc 9:24)
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« Je vais envoyer mon fils bien-aimé : peut-être le respecteront-ils ! » (Luc 20:13)
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Jésus dit : « Qu’il vous soit fait selon votre foi. » (Matthieu 9:29)


