
Paul : « nous sommes collaborateurs de joie » (2 Corinthiens 1:24)
Voici le verset en entier :
« Nous ne dominons pas sur votre foi, mais nous sommes des collaborateurs de votre joie, car vous tenez par la foi. » (2 Corinthiens 1:24)
Le refus de toute domination sur la conscience
Paul renonce ainsi à avoir un pouvoir sur la foi des autres. Elle ne lui appartient pas. Ces mots devraient être médités par toutes les Églises et par chaque personne. La foi ou l’absence de foi d’une personne fait partie de son très intime. C’est une zone fragile de l’humain, rapidement froissée. La sincérité fait sa beauté. Même quand c’est avec la meilleure intention du monde, mettre en ce domaine de la domination mutile ce précieux noyau de la conscience d’une personne, qui risque alors de s’étioler. Dieu lui-même ne se permet pas cela.
Paul refuse de se faire seigneur de la foi de ses paroissiens. Jésus aussi : il est « Maître et Seigneur », mais c’est en serviteur qu’il agit envers ses disciples ; c’est même un des points essentiels qu’il leur laisse comme testament spirituel (Jean 13).
Nous voyons que Paul respecte vraiment leur foi : telle qu’elle est, elle vous fait vivre, elle vous donne une colonne vertébrale qui permet de vous tenir debout. C’est bien.
Artisans et bâtisseurs d’une joie partagée
Par contre, ce qu’il leur offre, c’est d’être ensemble « collaborateurs de leur joie » : de travailler ensemble à réjouir leur être et leur vie. Ce terme de collaborateur est un terme technique de la construction. Paul ne se place pas en patron ni en architecte, mais comme travaillant en équipe avec les intéressés pour bâtir leur joie, brique par brique, solive par solive, ouverture, couverture. C’est très touchant, très vrai, me semble-t-il. Il n’y a que comme cela que nous pouvons aider qui que ce soit. Collaborer avec la personne elle-même pour bâtir la réjouissance de son être, de sa vie. Son épanouissement à elle.
Cela me fait penser à cette théologie du Process inspirée par le mathématicien et philosophe Whitehead (XXᵉ siècle). Elle conçoit Dieu comme compatissant avec les créatures et travaillant sans cesse afin d’augmenter la beauté et l’intensité de la joie (l’« enjoyment ») des éléments de la création.
Inspirant, non ? Peut-être même un sens pour notre vie, une façon d’être au quotidien ?
par : pasteur Marc Pernot
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En écho à ce texte :
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Être debout par la foi : liberté et confiance selon 2 Corinthiens 1:24
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« Tout est permis, mais tout n’est pas utile ; tout est permis, mais tout ne construit pas. » (1 Corinthiens 10:23)
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« Que par la consolation reçue de Dieu, nous puissions en consoler d’autres. » (2 Corinthiens 1:4)


