Quand Dieu se révèle aux humains… (prédication du pasteur Christian van den Heuvel)

Pieter Bruegel - La tour de Babel

Il était une fois une tour…

Cette tour, expression du désir humain d’une toute puissance rendant l’homme capable de rejoindre Dieu, est nommée Babel dans la Bible. Sa racine hébraïque signifie bredouiller, elle nous fait penser à Babylone. En effet, pour mettre un terme à cette folle et dévastatrice entreprise, Dieu brouille la langue unique des humains et les disperse sur toute la terre. Cette diversité des langues, des cultures et des croyances empêchera certes la réalisation d’une folie, mais à l’inverse, elle constituera au fil des siècles une immense richesse pour l’humanité.

Comment concilier cette magnifique diversité des langues, des cultures et des religions avec l’affirmation incontournable de Jésus : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne va au Père si ce n’est par moi, car hors de moi vous ne pouvez rien faire… Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, il se dessèche, puis on les ramasse, on les jette au feu et ils brûlent ». (Evangile de Jean, 14,1-6 + 15,6.)

Comment imaginer que l’essentiel de l’humanité, n’adhérant pas au christianisme et enfants de Dieu comme nous, soit vouée à la destruction ou une souffrance éternelle ?

Nous sommes donc invités à repérer dans la révélation biblique, des signes nous indiquant que les réalités de l’au-delà sont certainement encore plus vastes et complexes que les révélations des prophètes, de Jésus et de ses apôtres.

Je vous invite donc à méditer quelques affirmations tirées de notre Bible qui nous feront entrevoir d’autres réalités et certainement nous inviteront à laisser entre les mains de notre Dieu d’Amour, des questions auxquelles notre intelligence ne peut répondre aujourd’hui.

  1. Ainsi : Cyrus, le roi des Perses (600-530 Av. J-C), un païen, est désigné par le prophète Esaïe, comme un serviteur de Dieu, littéralement, l’oint de Dieu chargé d’initier la reconstruction du Temple de Jérusalem détruit en 586 Av.J-C). (Esaïe 45,1).
  2. Quelques siècles plus tard, qui voit-on se prosterner devant le Messie tant attendu des Juifs, Jésus de Nazareth ? Des Sages venus d’Orient offrant ce qu’ils possédaient de plus précieux : l’or, l’encens et la myrrhe. (Matthieu 2,11)
  3. Quand trente années plus tard, un Centurion romain vient humblement demander à Jésus de guérir son serviteur mourant, Jésus accepte de se rendre chez cet ennemi d’Israël. Que lui répond alors cet homme tout puissant : « Maître, je ne suis pas digne que tu entres chez moi, mais dit seulement une parole et mon serviteur sera guéri ». Alors Jésus de s’écrier devant la foule : « Même en Israël, je n’ai pas trouvé une telle foi ! » (Luc 7,1-10)
  4. Et puis encore, cet extrait explicite de l’Epître de Paul aux Romains : «Quand les païens, sans avoir de loi, font naturellement ce qu’ordonne la foi, ils se tiennent de loi à eux-mêmes, ils montrent que l’oeuvre voulue par la loi est inscrite dans leur coeur. C’est ce qui paraîtra le jour où Dieu jugera par Jésus-Christ le comportement caché des hommes. (Romains 2, 13-16)
    Ainsi, dans notre humanité, nombreux sont ceux qui font naturellement ce qu’ordonne la loi de Dieu qui est ainsi inscrite dans leur coeur. Beaucoup peuvent parfaitement devenir des exemples pour nous, même s’ils ne connaissent pas Jésus-Christ. Cela apparaîtra clairement lors de notre rencontre ultime avec Dieu. (V.16)
  5. Cette justice pleinement incarnée par chaque geste et chacune des paroles de Jésus a un nom : l’Amour, avec un grand «A».

C’est ce que l’Apôtre Paul affirme avec conviction dans sa première lettre aux chrétiens de Corinthe : « Quand j’aurais le don de prophétie, la foi la plus totale. Quand bien même je distribuerais tous mes biens aux pauvres, si je venais même à sacrifier ma vie, si je n’ai pas l’amour, cela ne sert de rien ». (I Corinthiens 13,1-13) En d’autres mots : la foi est essentielle, l’espérance est indispensable, mais le plus grand de tout, c’est l’amour !

Ainsi même si ton prochain, enfant chéri de Dieu, parle une autre langue, a grandi dans une autre culture et pratique une autre religion, il peut être comme toi un témoin vivant de l’amour de Dieu.

Jésus, incarnation de cet amour exprimé chaque jour de sa vie, nous laisse cette parole de la loi rappelée à un scribe qui l’interrogeait sur la vie éternelle. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée et ton prochain comme toi-même ». Et Jésus de lui affirmer : fais cela et tu auras la vie ! (Luc 10, 25-28).

Il ne s’agit donc pas pour nous de déterminer qui est notre prochain, mais comment pouvons-nous devenir le prochain de l’autre, en acceptant en même temps que ce prochain puisse lui-même devenir la main de Dieu pour nous faire progresser dans l’Amour ?

Avant de rejoindre son Père, Jésus a clairement défini cette mission à ses disciples : « Allez partager ce que vous avez reçu et soyez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre… C’est à l’amour que vous avez les uns pour les autres que tous verront que vous êtes mes disciples ». (Actes 1, Jean 13, 35) L’amour n’est pas l’apanage des chrétiens et beaucoup de ceux qui n’ont pas même entendu parler de Jésus seront les premiers à le reconnaître au grand jour de la Résurrection.

Plus encore, n’oublions pas ces paroles surprenantes dans la première Epître de Pierre: « Christ, mis à mort dans sa chair, rendu à la vie par l’Esprit, il est alors allé prêcher aux esprits en prison… ainsi même aux morts la bonne nouvelle a été annoncée, afin que jugés par les hommes dans la chair, ils vivent selon Dieu par l’Esprit ». (I Pierre 3,18-19 + 4,6).

Chers amis, gardons l’esprit ouvert afin de ne jamais oublier que l’amour de Dieu sera toujours plus grand que ce que nous pouvons imaginer.

« Que le Père, par son Esprit, fasse habiter le Christ en vos coeurs, afin que par la foi vous receviez la force de comprendre la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur de l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance» (Ephésiens 3,17-19)

Prédication de C. van den Heuvel, le 8 déc. 2019 au temple de Gy

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