Van Gogh : illustration de la parabole du "bon samaritain" de Jésus
Prédication

Comment savoir qui est mon prochain ? (Luc 10:21-37)

(Voir le texte biblique ci-dessous)

prédication (message biblique donné au cours du culte)
à Genève le Dimanche 15 juillet 2018,
par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Van Gogh : illustration de la parabole du "bon samaritain" de Jésus
L’homme qui intervient se pose des questions. Au moins deux excellentes questions au fil de ce récit.

Il a entendu parler d’un homme, Jésus, dont certain apprécient l’enseignement. L’homme ne se prononce a priori ni pour ni contre, il garde la question ouverte, il va le voir et l’éprouve par lui-même. Jésus comprend cela et s’y prête de bonne grâce. Je pense que bien de nos contemporains pourrait essayer l’Évangile du Christ et la foi qu’il propose, l’essayer comme on essaye un sport une année pour voir si ça nous fait du bien. Or c’est vrai que le Dieu que nous fait rencontrer l’Évangile nous fait le plus grand bien !

Premièrement, afin de tester Jésus, l’homme lui pose cette question : « Maître, que faire pour hériter la vie éternelle», en français d’aujourd’hui cela se traduit par : que faire de ma vie pour qu’elle vaille la peine ? Excellente question. Notre liberté est la plupart du temps dans les petits choix de la vie de tous les jours : qu’est-ce que je vais faire de ma journée, qu’est-ce que je vais faire de cette heure où je n’ai rien d’obligatoire ? Car c’est cela qui est en question ici, ce n’est pas tant de savoir s’il y a une vie après la mort mais de trouver comment faire pour que cette vie présente soit vivante.

Que lui répond Jésus ? Deux questions pour le récompenser de sa question. Il l’invite ainsi à chercher lui-même la réponse mais pour cela, de s’interroger aussi sur sa propre façon de chercher. En effet, l’homme est un spécialiste de la Bible, pour répondre à la question qu’il lui pose, Jésus lui dit « Qu’est-il écrit dans la Bible ? » et il ajoute une seconde piste de recherche : « Comment lis-tu ? », comment interprètes-tu ce qui est écrit ?

Ce recul sur notre propre façon de chercher est extrêmement important et nous n’y pensons pas toujours spontanément, car cela nous demande un effort. Cela demande une lucidité qui n’est pas évidente et cela suppose d’être prêt à se remettre en cause ce qui est plus facile à un enfant qu’à un adulte, et encore plus à un savant comme cet homme. Pour nous aider à avoir ce recul sur notre propre façon de chercher, il est utile de discuter régulièrement avec d’autres, de philosopher avec des amis, avec son conjoint ou sa grand-mère, de fréquenter un petit peu une église. Comme l’indique Montaigne : « le commerce des hommes est merveilleusement propre, et la visite des pays estrangers… pour frotter et limer nostre cervelle contre celle d’autruy » (Les Essais, I:25). Il ne s’agit pas simplement d’affiner notre pensée mais « notre cervelle » c’est à dire notre capacité à penser : pas simplement notre théologie, notre morale ou notre philosophie, mais travailler notre façon de les élaborer, de chercher la solution, notre façon d’interpréter la Bible et le monde qui nous entoure, notre façon de prier.

Si Jésus avait apporté sa propre réponse, nous aurions été formidablement intéressés par son analyse sur ce qu’est que la vie et comment la rendre plus profonde et vraie, avec des citations de ses auteurs préférés. Nous aurions été encore plus intéressés par un traité où Jésus aurait exposé sa méthode d’interprétation de la Bible. Mais tout cela aurait été qu’un piège pour l’homme l’interrogeant. Alors qu’avec cet appel à non seulement exercer lui-même sa recherche mais à réfléchir sur sa propre façon de chercher, Jésus montre que Dieu nous en pense capable.

C’est vrai que c’est à un spécialiste de la Bible que Jésus conseille de s’interroger sur sa propre pratique. Faut-il en conclure qu’il a la même ambition pour des personnes qui n’ont pas fait d’études supérieures ? C’est en tout cas l’avis de ceux qui ont mis ce récit dans l’Évangile, car dès lors, le lecteur ou l’auditeur de ce texte est appelé à se mettre ici à la place de l’homme à qui Jésus s’adresse. C’est donc tout autant au laboureur, à la boulangère, à la professeure ou au cosmonaute que ce texte s’adresse en l’appelant un « nomikos » : une personne de la Bible, digne d’aller lire ces textes complexes et pour cela de travailler sur sa propre façon de les interpréter.

Cette ambition de Jésus pour chacune et chacun peut sembler très imprudente. Cela l’étonne lui-même et le transporte de joie : « Je te célèbre, Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as révélé ces choses aux tout-petits » (Luc 10:21)

C’est pourquoi Calvin a encouragé l’apprentissage de la lecture de chaque personne. Et c’est pourquoi, nous avons dans le culte protestant une prédication délibérément complexe, apportant plus de questions que de réponses. C’est vrai que c’est un petit peu fatiguant, c’est souvent troublant. Mais c’est pour nous libérer, c’est pour permettre une authenticité, une sincérité dans notre façon de chercher la vie, et donc Dieu.

« Que dois-je faire pour hériter la vie ? » C’est bien cela : en même temps nous « héritons » la vie et la vie éternelle : c’est un pur don de notre Père qui est aux cieux, c’est un don de ceux qui nous ont précédé sur terre. Mais en même temps, pour vivre la richesse de la vie, il y a quelque chose à faire. Mais quoi ?

L’homme a une réponse géniale, et Jésus le souligne. Elle est tirée de la Bible, mais elle rejoint aussi la sagesse de Socrate et Platon affirmant que c’est l’amour qui fait vivre car il élève au dessus des simples contingences.

L’homme n’a pas fini de se questionner, et cela aussi est génial : « Qui est mon prochain ? » Seconde excellente question, et là encore, Jésus va répondre sans donner ni la réponse (comme s’il y en avait une seule), ni même sa réponse. Jésus va encore une fois aider l’homme à forger ses outils, à travailler sa démarche pour chercher sa propre réponse : celle qui sera fidèle à l’instant précis, à l’intersection de trajectoires humaines particulières et de l’espérance de Dieu.

« Qui est mon prochain ? » : tout le monde connaissait cette question à l’époque, puisque « tu aimeras ton prochain comme toi-même » est une citation célébrissime du livre du Lévitique (19:18). Nous avons dans le Talmud des échos des débats pour savoir qui est ce fameux prochain que l’on devrait aimer, c’est à dire aider à s’élever. Comme dans toute religion, il y a des traditionnalistes pour dire que ce prochain qu’il faut aider est le bon juif bien pratiquant comme il faut, et que même l’étranger que le Lévitique commande juste après d’aimer également comme soi-même (Lév 19:34) est le non juif qui ne manque pas une réunion à la synagogue. Cette crispation identitaire peut se comprendre, car au temps de Jésus les juifs subissaient une très dure occupation et avaient déjà connu des siècles et des siècles de persécutions.

Mais cette lecture est loin d’être une évidence, et c’est là qu’il est important de se demander comment on interprète la Bible, et ce qui est réellement écrit. En effet, le mot qui est utilisé dans le Lévitique pour dire « le prochain » n’est pas le mot pour dire celui qui est voisin (comme en Exode 12 :4) ou le compatriote, mais le mot maladroitement traduit par « prochain » est er (réa) qui vient de her (roé) le berger. La question n’est donc pas dans ce texte de savoir de qui nous sommes proches, ni de qui nous nous devrions nous approcher ni de qui se serait approché de nous. Mais par définition même : « le prochain » est toute personne que Dieu considère comme faisant partie des siens. Israël a certes une vocation particulière comme peuple-prêtre, mais c’est bien parce que Dieu a pour ambition que tous les peuples soient bénis, c’est ce que soutien en tout cas le récit de la vocation d’Abraham (Genèse 12:3), et c’est bien entendu la mission qui était attendue du Messie, du Christ.

C’est ce que Rachi, l’immense savant du XIe siècle, explique en lisant le récit de création de l’humain dans la Genèse. Il explique de le mot « adam » qui veut dire simplement « homme » a deux étymologies possibles en hébreu :

– « Adam » peut venir de hmda « adamah », la terre, comme dans ce verset « L’Eternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant . » (Genèse 2:7)

– Mais « Adam » peut venir aussi de hmd « damah », la ressemblance, comme dans le verset « Dieu dit: Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. » (Genèse 1:26)

Nous sommes tous les prochains les uns des autres par ces deux côtés, à la fois parce que nous sommes tirés de cette même terre, et que nous sommes tous faits pour être créés à la ressemblance de Dieu. Chacun de nous est à la fois du sol et de Dieu. Nous sommes frères et sœurs avec cette double ascendance. À la fois pécheurs mais aussi aimés par Dieu, il est donc le berger de tous et toutes. Pour ce qui est de la ressemblance, c’est vrai qu’elle est sous certains aspects parfois bien cachée, mais c’est en espérance que nous sommes « à la ressemblance de Dieu » et Dieu y travaille encore, et il espère y travailler avec nous.

Cette lecture est délibérément universaliste quant à la notion de « prochain », ce qui est sympa intellectuellement mais qui n’est pas sans poser un problème concret. Comment aider la terre entière ? Même Jésus n’a pas pu. Ce n’est tout simplement pas possible puisque nous sommes « de la terre » avec des capacités et des ressources limitées. Si l’homme pose la question à Jésus « Qui est mon prochain ? », c’est bien qu’il sent que Jésus est universaliste et qu’il attend de voir comment il va surmonter cette difficulté. Jésus ne va pas répondre à cette question, mais il va chercher à nous rendre capable de faire face nous-même à cette excellente question. Hic et nunc, qui est le prochain que je dois aimer en particulier, au singulier, pour l’aider à vivre ? Comment en avoir le vouloir et le faire ?

 

Jésus raconte une petite histoire qui prend bien en compte la complexité de la vie, car Jésus lui-même n’est pas 24 heures/24 7jours/7 au service de l’autre : il nous est souvent montré renvoyant la foule assoiffée pour prendre lui-même un temps de prière et de repos. Jésus aussi est donc parfois le prêtre et le scribe qui passent leur chemin et il est parfois le Samaritain qui prend le temps de sauver celui qui en avait besoin. Désigner l’un des personnages comme étant le bon serait donc simpliste. Ce n’est pas ce que fait Jésus. À la suite de sa parabole quelle est la réponse à la question : qui est mon prochain que je dois aimer ? ce n’est pas l’homme blessé, mais le prochain que je dois aimer : « c’est celui qui a agi avec miséricorde pour (moi) ».

Il y a là un excellent retournement. Au lieu de me dire que je dois aider l’humanité entière (ce qui n’a pas de sens), ni de me dire qui je dois aimer (ce qu’il ne peut pas dire non plus), le Christ nous donne ainsi une méthode qui nous permettra non seulement de savoir qui je pourrais aimer, mais encore d’avoir la capacité de l’aimer. Cette méthode : c’est la gratitude. C’est chercher qui nous a un petit peu aimé dans le passé, pour en avoir de la gratitude. Le reste coulera de source.

Ce homme blessé à qui Jésus nous propose de nous identifier vit dans un monde bien réel, il connaît la méchanceté des brigands, il connait l’indifférence des hommes, il connaît sa propre faiblesse qui le faisait descendre, s’enfoncer, perdre même la foi (comme l’indique son chemin de Jérusalem à Jéricho). Il connaît la faiblesse qui nous rend incapable d’avancer. Mais cet homme a connu aussi un geste de miséricorde. Même celui qui a eu la plus dure des existences a connu au moins un geste de miséricorde de temps en temps, comme par éclairs. Par exemple, quand nous étions bébé, puis enfant, quelqu’un nous a un peu soigné, nourri, aimé, sinon nous ne serions pas là. Et même si nous ne nous en souvenions pas, il y a Dieu qui a soufflé en nous le fait même d’être une personne et non une chose. Alors, au soir d’une journée, nous pouvons tenter de nous remémorer un geste de miséricorde que nous avons reçu. Et aimer celui qui en a été l’auteur au moins pour ce geste. Par la force de cette gratitude, en faire notre prochain pour l’aimer. Aimer ce petit air de ressemblance avec Dieu qui est apparu dans son geste de miséricorde.

La gratitude nous fait boire à cette source de la grâce qu’est Dieu. La gratitude engendre ainsi, et fait grandir notre ressemblance à Dieu : avec cette motivation d’aimer un peu. Non parce que nous le devrions, mais parce que nous avons trouvé que ce geste que nous avons reçu était beau et que nous aimerions porter un petit peu quelque chose de cet ordre.

C’est ainsi que la gratitude nous fait regarder le monde avec une autre acuité, cela nous fait prier différemment. Et la réponse à cette question « qui est mon prochain ? » a bien des chances de nous sauter alors aux yeux. Nous tâtonnerons certainement, et nous nous relèverons.

Amen

pasteur Marc Pernot, église protestante de Genève

Textes de la Bible

Évangile selon Luc 10:21-37

Jésus fut transporté d’allégresse, sous l’action de l’Esprit saint, et il dit : Je te célèbre, Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux gens intelligents, et que tu les as révélées aux tout-petits. Oui, Père, parce que tel a été ton bon plaisir. 22Tout m’a été remis par mon Père, et personne ne sait qui est le Fils, sinon le Père, ni qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils décide de le révéler.

23 Se tournant vers les disciples, il leur dit en privé : Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! 24Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que, vous, vous regardez, et ils ne l’ont pas vu ; ils ont voulu entendre ce que vous entendez, et ils ne l’ont pas entendu.

25 Un spécialiste des Écritures se leva et lui dit, pour le mettre à l’épreuve : Maître, que faire pour hériter la vie éternelle ?

26 Jésus lui dit : Qu’est-il écrit dans les Écritures ? Comment lis-tu ?

27 Il répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain, comme toi-même. 28Tu as bien répondu, lui dit Jésus ; fais cela, et tu vivras.

29 Mais lui voulut se justifier et dit à Jésus : Et qui est mon prochain ?

30 Jésus reprit : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba aux mains de bandits qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s’en allèrent en le laissant à demi-mort. 31Par hasard, un prêtre descendait par le même chemin ; il le vit et passa à distance. 32Un lévite arriva de même à cet endroit ; il le vit et passa à distance. 33Mais un Samaritain qui voyageait arriva près de lui et fut ému lorsqu’il le vit. 34Il s’approcha et banda ses plaies, en y versant de l’huile et du vin ; puis il le plaça sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie et prit soin de lui. 35Le lendemain, il sortit deux deniers, les donna à l’hôtelier et dit : « Prends soin de lui, et ce que tu dépenseras en plus, je te le paierai moi-même à mon retour. »

36 Lequel de ces trois te semble être devenu le prochain de celui qui était tombé aux mains des bandits ?

37 Il répondit : C’est celui qui a agi avec miséricorde pour lui.

Jésus lui dit : Va, et toi aussi, fais de même.

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3 Commentaires

  1. Turritopsis nutricula dit :

    Bonjour,

    merci pour cette prédication qui donne une suggestion précieuse digne d’augmenter la Foi ! (les évangiles sont souvent si profonds que s’en est surprenant en soi…)

    Néanmoins il me semble qu’il s’agit d’une déduction à partir du texte, et non du sens direct de la parabole.

    En effet, Jésus prend l’exemple de deux religieux bien en phase avec la norme religieuse et qui dans la pratique ne portent pas assistance à quelqu’un en danger de mort alors que cela ne les mettrait pas eux-même en danger physique, même si cela coûte beaucoup d’efforts, d’énergie et de temps sans doute de se mettre à porter assistance à quelqu’un ; puis l’exemple d’un hérétique du point de vue de la religion juive à son époque (un Samaritain), mais tout hérétique qu’il est il porte assistance à personne en danger (en employant un vocabulaire contemporain, et agir comme ce Samaritain est aujourd’hui obligatoire d’un point de vue légal), et en plus le fait de façon complète, généreuse et discrète, et s’en va une fois que le nécessaire est accompli. Jésus suggère alors au spécialiste des Ecritures de faire de même (« va et toi agis de même »). Si je comprends bien il propose de faire de même que le Samaritain : porter assistance à ceux qui en ont vraiment besoin, et c’est cela qui serait être le proche ou le prochain pour quelqu’un, en réponse à la question du spécialiste des Ecritures : « Qui est mon prochain ? ».
    On peut en déduire alors, mais il s’agit d’une déduction, que si l’on se met cette fois à la place de la personne qui a besoin d’une assistance, le prochain est celui qui nous secourt.

    Concernant le passage « Il y a là un excellent retournement. Au lieu de me dire que je dois aider l’humanité entière (ce qui n’a pas de sens), ni de me dire qui je dois aimer (ce qu’il ne peut pas dire non plus), le Christ nous donne ainsi une méthode qui nous permettra non seulement de savoir qui je pourrais aimer, mais encore d’avoir la capacité de l’aimer. Cette méthode : c’est la gratitude. C’est chercher qui nous a un petit peu aimé dans le passé, pour en avoir de la gratitude. »
    Je suis tout à fait d’accord, et c’est merveilleux, concernant la gratitude et le discernement de qui nous a rendu service comme le Samaritain (si on est au courant car la personne blessée du récit de Jésus ne sera finalement peut-être même pas au courant de qui lui a porté secours). Je proposerai juste une retouche au tout début du passage : il me semble que Jésus nous invite quand même à porter assistance à ceux qui en ont vraiment besoin dans la mesure de nos moyens, et charge ensuite à chacun de l’interpréter selon son point de vue et ses convictions et sa volonté propre, et son accord ou non avec cette suggestion : il me semble qu’il nous dit « pour hériter de la vie éternelle, va, et toi, agis de même », sous-entendu, comme ce Samaritain qui porte assistance aux personnes en danger.

    A ce propos, voici un documentaire sur les Samaritains d’aujourd’hui :
    https://www.arte.tv/fr/videos/084690-000-A/samaritain/

    1. Marc Pernot dit :

      Un texte biblique, et particulièrement une parabole, n’a pas un « sens direct ». Toute lecture est une interprétation personnelle, contextuelle. Mais est fait pour susciter le questionnement de chacun.
      Bravo pour vos propres déductions à partir du texte. Sans que cela épuise les multiples autres sens possibles.

      1. Coelacanthe dit :

        Merci, oui, une bonne partie des déductions sont reprises à partir de l’interprétation que vous avez proposée.
        Au final je verrais pour ma part au moins quatre sens possibles de façon schématique (et il y en a sans doute d’autres bien sûr):
        1. va, et toi, agis de même que ce Samaritain (même hérétique) qui a agi avec miséricore et porté assistance à quelqu’un qui en avait vraiment besoin (aujourd’hui c’est d’ailleurs une obligation légale si cette personne est à proximité) ; si on est secouriste, à ce moment là c’est l’affaire du travail quotidine, mais sinon cela pourrait mener plus loin : soutenir d’une façon ou d’une autre une association de solidarité ou un projet professionnel ou autre en ce sens… même si tout le monde n’a pas vocation à devenir secouriste ni Mère Théresa même à plus petite échelle, il ne faut pas non plus culpabiliser, il me semble que c’est plutôt selon la vie comme elle se présente… ;
        2. va, et toi, agis de même que ce Samaritain (même hérétique) qui a agi avec miséricore envers quelqu’un qui en avait vraiment besoin au sens figuré : le risque de mort est lu au sens figuré d’absence de perspective qui va dans le sens de la vie, au sens d’une assistance à quelqu’un en difficulté pour lui suggérer peut-être une option bénéfique sur un plan plus personnel de point de vue sur un sujet pour lequel la personne rencontre un obstacle, et ce qui irait a priori dans le sens d’une solution pour plus de vie
        3. comme vous dîtes, en renversant la perspective, identifier ceux qui ont joué pour nous un rôle de prochain (par exemple lorsque nous étions en difficulté), spontanément, gratuitement… dans un sens physique comme dans 1. : besoin d’eau, de soins de santé…
        4. comme vous dîtes, en renversant la perspective, identifier ceux qui ont joué pour nous un rôle de prochain (par exemple lorsque nous étions en difficulté au sens figuré), spontanément, gratuitement… dans un sens figuré comme dans 2. : besoin de réconfort, de nouvelle perspective qui va plus dans le sens de la vie…

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