Ne vous sentez pas contraint de pardonner, cela vient comme une bénédiction (Matthieu 18:21-35 ; Exode 34:5-7)

Vous aimerez aussi...

8 réponses

  1. Quentin dit :

    Bonjour monsieur Pernot. Je suis désolé de vous dire ça. Ma volonté n’est pas de vous offenser ou bien même de dire que vous faites une mauvaise interprétation de la bible mais j’ai l’impression, en lisant vos articles, que votre interprétation de la bible et vision de dieu est trop douce et un peu trop bisounourse. Ce que je veux dire c’est que quand vous dites que dieu pardonne même quand on ne se repens pas, quand vous dites que dieu se contente d’éliminer le mauvais qui existe et que c’est une histoire imagée dès que un passage de la bible présente un dieu vengeur ou qui punit et châtie, quand vous dites que dieu pardonne toujours même quand on semble pas très désireux de se tourner vers lui…. j’ai du mal à y croire. Pas plus tard qu’hier vous avez écrit un article sur le pardon et le fait de devoir tout pardonner. Je suis d’accord zvec l’idée que ce n’est pas simple pour nous les hommes de pardonner des choses parfois très graves mais les versets de la bible sont bien réels et ne peuvent être oubliés pour délivrer une vision des choses plus bienveillante. Comment peut on alors considérer que dieu ne condamne pas vraiment ceux qui ne pardonnent pas complètement ou ne font pas preuve de compassion ? Ça ne semble pas trop facile de dire qu’on peut faire n’importe quoi, replonger sans cesse vers le péché, désobéir ouvertement à dieu en sachant très bien ce qu’on fait et être pardonné sous prétexte qu’on dit pardon à dieu ?? Une phrase ne me plait pas beaucoup mais elle dit « Le Seigneur sait que je suis en train de pécher et le péché n’est pas bon. Mais moi et le Bon Dieu, nous allons avoir une bonne petite causerie ce soir ». Je trouve qu’elle résume assez bien mes craintes sur le fait que ça me paraît trop simple. J’espère que vous ne prendrez pas mon mail comme une attaque personnelle mais je veux comprendre votre vision des choses. Mon intention n’est pas du tout d’écouter des visions plus radicales et fermées mais je veux m’assurer que vous avez raison et je ne suis pas convaincu.. Merci.

    • Marc Pernot dit :

      Cher Quentin

      Bonjour, merci et bravo pour cette attention exigeante.
      Le mode d’emploi de ces prédications est de se poser des questions. Pas nécessairement d’être du même avis. Manifestement, c’est ce que vous faites et c’est un encouragement pour moi. Je ne prétends pas avoir LA seule lecture possible. Par définition, une prédication est un témoignage offert.
      Je ne pense sincèrement pas offrir une théologie bisounours.
      • C’est vrai que je pense qu’en Christ il n’y a plus de condamnation, que nous ne sommes plus dans la crainte et que l’amour parfait (de Dieu) chasse la crainte (comme il est écrit souvent dans le Nouveau Testament). Cela fonde la fin de tout chantage.
      • En même temps, comme vous le dites, Dieu est une présence et une parole responsabilisante, exigeante. Les Ecritures sont un miroir où nous nous découvrons nous-même, si nous y plongeons notre visage avec sincérité, par l’Esprit. Et comme vous le dites très bien cela donne lieu à de bonnes petites conversations dans la prière, quand on se penche vers ce que l’on a fait, ce que l’on a pas fait, et ce que l’on découvre comme motivation derrière.
      C’est donc loin d’être « bisounours », mais c’est sans chantage, sans crainte. Je pense que l’Evangile du Christ est comme cela et que c’est ce qui permet d’avancer dans les meilleures dispositions possibles. Car la menace d’un Dieu terrible engendre la peur de ce Dieu. Cela a deux conséquences très nocives.
      • La première c’est que cela trouble notre confiance en Dieu, cela crispe notre cœur face à celui que l’on suppose pouvoir nous griller, torturer, rejeter, abandonner si nous ne sommes pas au niveau (nous ne sommes jamais au niveau, bien sûr, face à lui).
      • La seconde est que dans cette peur, nous cherchons à sauver notre avenir qui est menacé, et nous voilà penchant vers l’égoïsme à cause de cette menace. Alors que si nous sommes serein, déjà aimé et sauvé, que Dieu a promis de nous bénir, de nous accompagner, de nous faire du bien, alors nous pouvons avancer et si nous faisons un peu de bien ce n’est pas en étant motivé par la pensée de notre propre avenir, mais simplement pour faire le bien. Et cela change tout. Et devant Dieu nous pouvons nous ouvrir en toute sincérité car il n’y a plus de peur.
      Pour ce qui est du pardon gratuit, sans condition et sans repentance, c’est ce que l’on voit Jésus faire tout le temps, quelques exemples parmi tant et tant d’autres :
      • Jésus pardonne et prie pour le pardon des soldats romains qui viennent de le crucifier, et qui sont en train de voler ses affaires et de se moquer de lui. Aucun début de repentance en vue. Cela dit, Jésus ne dit pas que leurs actes n’ont pas d’importance, ce n’est donc pas du relativisme. Mais de l’amour. (Luc 23:34)
      • Devant la femme adultère, Jésus la libère de ceux qui la condamnaient à mort, Jésus dit clairement qu’il ne la condamne pas, et qu’il l’envoie vivre. En même temps, il n’y a pas trace d’un début de repentance de cette femme. En même temps, après ce pardon, cette fin de toute condamnation, Jésus l’appelle à ne plus pécher, ce que je pense nous recevons dans une prière sincère, comme je vous le disais plus faut. Ce n’est donc pas non plus du laxiste, comem si l’infidélité n’était pas grand chose. (Jean 8:11).
      • Quand les apôtres menacent de demander à Dieu de faire tomber la foudre sur ceux qui ne les reçoivent pas, Jésus leur dit que c’est n’importe quoi, que c’est l’inverse de la volonté de l’Esprit (Lu 9:55)
      • Le chef pharisien Simon est peu sympathique, il examine Jésus avec suspicion, doute, et est prêt à l’accuser. Pourtant Jésus va manger chez lui, et lui parle afin de le faire avancer.
      • Quand Pierre, plein d’arrogance, cherche à s’opposer au courage de Jésus pour avancer en prenant des risques, il est une occasion de chute pour Jésus lui-même. Il n’y a pas un début de repentance de Pierre, il continuera après dans la même arrogance, mais Jésus ne le condamne pas et reste pour lui amical, proche, et patiente.
      • Quand quatre hommes descendent par le toit un paralytique devant Jésus, ce monsieur n’a pas un mot de repentance, pas un geste non plus. Et Jésus lui annonce son pardon et le délivre de son mal.
      Donc, oui, je pense que le pardon de Dieu et son amour son garantis sans chantage ni condition. Pour la simple bonne raison que Dieu aime et que quand on aime on ne calcule pas les fautes.
      Et oui, Dieu n’ignore pas le mal que nous faisons. Comme je le soulignes dans Exode 34, Dieu est d’une miséricorde et d’un amour infini pour nous, cependant il ne tient pas le coupable pour innocent, et il visite (ce qui n’est pas punir), car il doit avoir une bonne petite conversation avec nous, et nous soigner de la racine du mal.
      Dieu vous bénit et vous accompagne
      • Marc Pernot dit :

        De plus. Il y a un vrai problème, à mon avis quand on dit que le pardon devrait attendre la repentance :
        Alors, la victime serait suspendue dans l’attente d’une hypothétique demande de pardon de la part de son bourreau. C’est insupportable d’être ainsi, encore et peut-être indéfiniment dépendant de cette personne.
        La logique de la grâce n’a, au contraire, pas besoin d’attendre le moindre geste de l’agresseur pour s’autoriser à avancer, la victime n’a rien à attendre de lui pour commencer son chemin de résurrection. Si l’agresseur rentrant en lui-même, vient à reconnaître sa faute, ce sera un plus, une aide, mais en rien indispensable.

  2. Paule dit :

    Cher Monsieur,
    Une fois de plus merci pour votre prédication d’hier, dont je suis ressortie allégée et soulagée, même si le noeud reste, il est moins pesant.
    Vous avez l’art de désamorcer des textes bibliques littéralement inaudibles: MERCI !
    Bonne semaine et respectueuse salutations.

    • Marc Pernot dit :

      Chère Madame
      C’est moi qui vous remercie grandement pour ce message si encourageant pour moi.
      Bonne route, bon cheminement, bravo pour ce premier pas courageux, pour ce nœud qui commence à se desserrer.
      Dieu vous bénit et vous accompagne
      Marc

  3. Pascale dit :

    Pour revenir au premier commentaire, je trouve que, si on est sincère, vivre dans la grâce n’est pas si simple que cela. Dans la vie on est très souvent dans une logique de donnant donnant. Accepter le pardon de Dieu sans pouvoir sacrifier un bœuf, mettre un billet dans une corbeille, faire une bonne action en échange, …, ce qui nous rendrait en fait acteur de notre pardon, demande une certaine dose d’humilité et de reconnaissance de la grandeur de Dieu. Et finalement, je pense que cela nous responsabilise davantage.

    • Marc Pernot dit :

      Je comprends ce que vous dites.
      Seulement, il me semble que c’est précisément là l’essentiel : arriver peu à peu de vivre dans la grâce, de la grâce. C’est précisément ce d »saisissement qui est hyper important, hyper salutaire. Cela change complètement noter regard sur la dignité de la personne, sur notre propre dignité, sur le sens de la vie.
      C’est pourquoi, même si cela est troublant au début, il me semble fort utile de chercher à s’ouvrir à cette logique. Elle ne nous est pas si étrangère que cela, car nous avons la vivre, quand même, avec quelques rares personnes avec qui nous avons une vraie relation d’amour ou d’amitié. Il nous semble alors naturel de donner de bon cœur, sans que l’autre se sente en dette. Nous savons alors, avec ces personnes, qu’introduire une notion de donnant-donnant vient troubler la qualité de cette belle relation.

      • Pascale dit :

        Oui, je suis d’accord. Ce que je voulais dire par  » vivre dans la grâce n’est pas si simple que cela », c’est qu’il est plus facile (en tout cas pour moi) de donner sans rien attendre en retour que de recevoir sans rien pouvoir donner en retour.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *