Question pourquoi les Protestants des églises réformées n´ont pas d´évêque ?

Vous aimerez aussi...

1 réponse

  1. Antoine ADAM dit :

    Bonjour,

    Juste pour ajouter un grain de sel, je pense qu’il est important de souligner ce qu’un évêque implique pour les uns et pour les autres, car pour les Catholiques, les Orthodoxes et les Anglicans (jusqu’à un certain point), ce type d’organisation est lié à un point de dogme : la succession apostolique (soit la croyance en une légitimité de l’Église qui repose sur une “lignée” d’évêques qui remonterait jusqu’aux apôtres).

    Pour les Luthériens et les Réformés, en revanche, la seule forme de “succession” est le sacerdoce universel transmis par le baptême, et quand évêque il y a (ou “surintendant”, ou “inspecteur ecclésiastique”, en fonction des traditions), il ne peut être qu’un élément de l’organisation de l’Église particulière, au même titre que les autres ministères personnels ou collégiaux.

    L’une des meilleures preuves de la déconnexion, chez les Protestants, entre dénomination et type d’organisation, est que l’Église Réformée de Hongrie a des évêques. Cependant, ce titre n’est pas à vie, mais lié à un mandat (électif et temporaire) et, contrairement à certains épiscopats luthériens du Nord de l’ Europe, il n’existe pas de “primat” ou d'”archevêque” ; la comparaison avec les inspecteurs ecclésiastiques des Luthériens français est plus pertinente.

    Concernant le coût de l’épiscopat réformé hongrois, je pense qu’il n’est pas prohibitif : l’apparat n’est pas sensiblement différent de ce qu’il en est pour les autres pasteurs, et je peux même préciser, pour avoir visité l’appartement de fonction de l’évêque de Debrecen, qu’il est comparable, par la taille et le confort, à bien des presbytères protestants français (et comme eux prévu pour l’accueil d’une famille raisonnablement nombreuse, le cas échéant).

    Pour ajouter un point de vue français, l’Église Protestante Unie de France dispose déjà, dans sa « sphère réformée », de présidents de conseils régionaux qui sont des pasteurs affectés à plein temps aux instance régionales. Les remplacer par des inspecteurs ecclésiastiques ou des évêques ne devrait donc guère occasionner un surcoût. C’est par conséquent une simple question de choix, les Réformés français restant très attachés (comme l’Église Protestante de Genève, depuis son origine je pense) à un fonctionnement collégial des instance décisionnelles. L’existence d’inspecteurs ecclésiastiques se limite donc en France à la « sphère luthérienne », leur généralisation n’étant pas vraiment un sujet d’actualité.

    Bien fraternellement

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *